Assurance et risque de santé

Grille AERAS 2023 : pathologies, critères et délais, ligne à ligne

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le

La grille de référence AERAS en vigueur est l'édition de septembre 2023 : il n'existe ni grille 2025 ni grille 2026. Elle compte 23 lignes. En partie I, 10 pathologies — certains cancers à des stades précis, l'hépatite C, le VIH, une forme d'épilepsie — n'entraînent plus ni surprime ni exclusion après un délai de 24 semaines à 4 ans. En partie II, 13 situations ouvrent une assurance à conditions encadrées : sans surprime pour certaines, avec une surprime plafonnée — de 50 % à 400 % — pour d'autres. Elle vaut pour un prêt immobilier ou un prêt professionnel pour des locaux ou du matériel, jusqu'à 420 000 € de part assurée, avec un contrat terminé avant 71 ans. Le diabète, les maladies cardiovasculaires, la sclérose en plaques ou la dépression n'y figurent pas.

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Quelle grille AERAS est en vigueur en 2026 ?

Au 17 septembre 2026, c'est l'édition de septembre 2023, entrée en application le 1er septembre 2023 selon l'historique de la convention. C'est la version publiée sur aeras-infos.fr, et celle que citent France Assureurs dans ses statistiques de décembre 2025 comme la Commission de médiation AERAS dans son rapport 2025. Une mise à jour doit être approuvée par la Commission de suivi et de propositions avant d'être publiée.

La grille est prévue par l'article L.1141-5 du code de la santé publique, qui impose qu'elle soit « rendue publique », et par le titre IV de la convention. Elle s'ajoute au droit à l'oubli : elle concerne les personnes qui, avant les cinq ans du droit à l'oubli ou pour une maladie qui n'en relève pas, doivent déclarer leur pathologie.

Les éditions de la grille de référence AERAS : dates vérifiées sur les textes officiels
DateCe qui a changéSource
2 septembre 2015Avenant à la convention créant le droit à l'oubli et la grille de référenceCommission de médiation AERAS
4 février 2016Entrée en vigueur de la première grilleCommission de médiation AERAS, rapport 2024
1er octobre 2022Grille publiée en août 2022 : le VIH passe de la partie II à la partie I, avec une observation ramenée de 2 ans à 1 an ; délai de l'hépatite C ramené de 48 à 24 semaines ; plafond AERAS porté de 320 000 € à 420 000 €Convention AERAS, historique
1er septembre 2023Édition en vigueur : l'épilepsie entre dans les parties I et IIConvention AERAS, historique
5 juillet 2024Signature de l'avenant qui intègre ces évolutions au texte de la conventionaeras-infos.fr

Toutes les lignes de cette page sont aussi disponibles en données ouvertes au format JSON, réutilisables avec citation de la source. En cas de doute, seul le PDF officiel fait foi.

À quels prêts la grille s'applique-t-elle ?

La grille ne vaut que pour certains prêts et sous trois conditions cumulatives, posées en tête du document et au titre IV de la convention (prêts concernés, aeras-infos.fr) : la nature du prêt, le montant assuré, l'âge en fin de contrat. Hors de ce champ, l'assureur n'est pas tenu par ses délais ni par ses plafonds de surprime.

  • Nature du prêt : un prêt immobilier, ou un prêt professionnel destiné à l'acquisition de locaux et/ou de matériel. Le crédit à la consommation n'est pas concerné par la grille.
  • Montant : pour la résidence principale, une part assurée de 420 000 € au plus, hors prêt relais. Pour un prêt professionnel ou un autre prêt immobilier, 420 000 € au plus après avoir ajouté la part assurée des capitaux restant dus sur les crédits précédents, de toute nature, que le même assureur garantit déjà.
  • Âge : un contrat d'assurance qui arrive à échéance avant votre 71e anniversaire.

Le 7 octobre 2024, la Commission de suivi et de propositions a approuvé l'inclusion dans le champ de la convention des prêts professionnels finançant un fonds de commerce composé exclusivement d'éléments immatériels — clientèle, achalandage, nom commercial, enseigne, propriétés intellectuelles, droit au bail, licences —, selon le rapport 2024 de la Commission de médiation. Le PDF de la grille, antérieur, ne le mentionne pas : faites-le confirmer par écrit à l'assureur. Le rachat de parts sociales et les prêts de trésorerie ne figurent pas dans le champ tel qu'il est rédigé.

Ce que la grille ne concerne jamais. La prévoyance individuelle, l'assurance homme clé et la complémentaire santé. La grille et le droit à l'oubli sont des règles de l'assurance de prêt, et d'elle seule. Pour un logement, vérifiez aussi la dispense de questionnaire de la loi Lemoine : si elle s'applique, la question de la grille ne se pose même pas.

Comment lire une ligne de la grille sans se tromper ?

Chaque ligne est une liste de critères cumulatifs : il suffit qu'un seul manque pour que la ligne ne s'applique pas. La grille le dit en toutes lettres et recommande de faire vérifier votre situation par votre médecin avant la demande. L'application relève ensuite du service médical de l'assureur, qui peut demander des pièces complémentaires.

  • Le stade retenu est celui du diagnostic. En cas de chirurgie première, c'est le stade « p » TNM du compte rendu anatomopathologique définitif ; sinon, le stade « c » ou « u / us » TNM établi par l'imagerie initiale. Pour le cancer du sein infiltrant, la classification de référence est celle de l'AJCC de 2018.
  • Le délai part de la date indiquée dans la colonne. Pour les cancers, c'est la fin du protocole thérapeutique : la fin du traitement actif par chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie, hormis une hormonothérapie ou une immunothérapie persistante. Pour d'autres lignes, c'est le diagnostic, la chirurgie, la fin du traitement ou la fin des crises.
  • Un traitement d'entretien ne décale pas le délai, et le Trastuzumab n'est pas pris en compte, qu'il fasse partie du protocole initial ou de l'entretien.
  • La ligne ne couvre que la pathologie qu'elle décrit. Les conditions sont « conditionnées à l'absence d'autres facteurs de risques ou pathologies existantes qui sont appréciés séparément ». Un diabète ou un tabagisme associés se tarifent à part.
  • Un plafond n'est pas un tarif. En partie II, l'assureur peut proposer moins que la surprime maximale, jamais plus.

Partie I : quelles pathologies n'entraînent ni surprime ni exclusion ?

Après le délai indiqué, et si tous les critères sont remplis, ces 10 pathologies donnent accès à l'assurance aux conditions standard : ni surprime ni exclusion au titre de la pathologie. Elles restent à déclarer au questionnaire de santé, sauf droit à l'oubli. Restitution intégrale de la partie I de l'édition de septembre 2023 :

Grille AERAS de septembre 2023, partie I : pathologies sans surprime ni exclusion après délai (critères cumulatifs)
PathologieCritères (types histologiques, stades, conditions)Délai d'accès
Cancers du testiculeSéminomes purs, stade I3 ans après la fin du protocole, sans rechute
Cancers du sein in situSoit carcinome lobulaire ou canalaire in situ strict, sans caractère micro-infiltrant, traitement selon le consensus HAS/INCa réalisé. Soit carcinome canalaire in situ présentant à l'exérèse une ou plusieurs zones de micro-invasion (rupture de la membrane basale) n'excédant pas 1 mm dans le plus grand axe, avec une exploration axillaire (ganglion sentinelle ou curage) sans envahissement des ganglions prélevés, traitement selon le consensus HAS/INCa réalisé1 an après la fin du protocole, sans rechute
Mélanome de la peauMélanome in situ pur sans caractère micro-infiltrant ou de niveau I de Clark ; exérèse complète ; absence de syndrome des nævi dysplasiques1 an après la fin du protocole, sans rechute
Cancer du col de l'utérusClasse CIN III (ou HSIL) ou in situ pur sans caractère micro-infiltrant ; traitement de référence en vigueur au moment de la prise en charge et surveillance selon les recommandations HAS1 an après la fin du protocole, sans rechute
Cancers du côlon et du rectumStade Tis (stade 0) ; plus de 50 ans au diagnostic1 an après la fin du protocole, sans rechute
Stade I : T1N0M0 ; plus de 50 ans au diagnostic ; type histologique adénocarcinome4 ans après la fin du protocole, sans rechute
Cancers de la thyroïdePapillaire ou vésiculaire, moins de 45 ans au diagnostic, stade I3 ans après la fin du protocole, sans rechute
Papillaire ou vésiculaire, 45 ans ou plus au diagnostic, stade I ou II3 ans après la fin du protocole, sans rechute
Leucémie aiguë promyélocytaire (LAP / LAM3)Quel que soit le nombre de leucocytes au diagnostic ; traitement réalisé3 ans après la fin du protocole, sans rechute
Hépatite virale CScore de fibrose initiale inférieur ou égal à F2, confirmé par au moins 2 tests non invasifs ou par examen histologique ; réponse virale soutenue quel que soit le traitement ; pas d'épisode antérieur d'infection par le VHC ; pas de co-infection par le VIH ou le virus de l'hépatite B ; échographie hépatique normale, sans dysmorphie ni stéatose24 semaines après la fin du protocole, sans rechute
Infection par le VIHCharge virale indétectable un an après l'instauration du traitement ; CD4 ≥ 500/mm3 et charge virale indétectable dans les 12 derniers mois précédant la souscription ; absence d'infection opportuniste en cours ; absence de co-infection actuelle par le VHB ou le VHC ; « absence de co-infection passée par le VHC, sans stade de fibrose strictement supérieurs à F2 » ; absence de maladie coronarienne et d'AVC ; absence de cancer en cours ou dans les antécédents des 10 années antérieures ; absence d'arrêt de travail en cours et d'invalidité à la souscription ; bilan biologique de moins de 6 mois dans les normes du laboratoire (hépatique : ALAT, ASAT, GGT ; fonction rénale : DFG ; glycémie à jeun et bilan lipidique) ; marqueurs VHB : Ag HBs négatif, ADN viral négatif ; marqueurs VHC : ARN viral négatif avec un recul de 24 semaines1 an. Durée entre le début du traitement et la fin du contrat d'assurance plafonnée à 35 ans ; durée maximale de couverture du prêt : 25 ans
Épilepsie sans lésion causale évolutive identifiéeAbsence de crise depuis au moins 5 ans et absence de traitement antiépileptique depuis au moins 2 ans2 ans

Le chiffre clé En 2024, 220 599 demandes d'assurance de prêts immobiliers et professionnels présentaient un risque aggravé de santé, soit 7,4 % des 3,0 millions de demandes instruites (France Assureurs, statistiques AERAS 2024). La grille ne concerne qu'une partie d'entre elles : ses 23 lignes décrivent des situations précises, pas des familles de maladies.

Étape suivante

Votre pathologie est dans la grille : faites-la appliquer

La grille ne joue que si le dossier prouve chaque critère. Nous interrogeons plusieurs assureurs, vérifions que la proposition respecte le plafond prévu et vous remettons une recommandation écrite. Aucune pièce médicale sur ce site : elles vont au seul médecin-conseil.

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Partie II : quelles pathologies ont une surprime plafonnée ?

Pour ces 13 situations, l'assureur propose une assurance « se rapprochant des conditions standard » : la surprime ne peut pas dépasser le plafond indiqué, garantie par garantie, et certaines garanties peuvent être limitées ou non proposées. La PTIA est la perte totale et irréversible d'autonomie ; la GIS, la garantie invalidité spécifique de la convention. Restitution intégrale de la partie II :

Grille AERAS de septembre 2023, partie II : surprimes maximales et conditions par garantie (critères cumulatifs)
PathologieCritèresDélai d'accèsConditions par garantie et surprime maximale
Hépatite virale chronique à VHC, fibrose F3Fibrose F3 au début du traitement : Fibroscan 9,5 à 12,5 kPa, Fibrotest 0,59 à 0,72, Fibromètre 0,72 à 0,84 ; réponse virale soutenue ; pas d'épisode antérieur d'infection par le VHC ni de carcinome hépatocellulaire ; pas de co-infection VIH ou VHB ; pas d'évolution vers une cirrhose ; pas de manifestation extra-hépatique résiduelle (lymphome, cryoglobulinémie mixte, vascularite systémique, glomérulonéphrite membrano-proliférative, neuropathies périphériques, polyarthrites inflammatoires) ; échographie hépatique de moins de 6 mois sans stéatose ; bilan de moins de 6 mois : ASAT, ALAT, gamma GT normales, plaquettes ≥ 150 000/mm3, TP ≥ 80 %, albuminémie ≥ 40 g/l, alphafœtoprotéinémie < 10 ng/ml24 semaines après la fin du traitementDécès et PTIA : surprime plafonnée à 125 %. GIS : non proposée
Astrocytome pilocytiqueÂge au diagnostic ≥ 21 ans et ≤ 60 ans ; astrocytome pilocytique de grade I uniquement ; chirurgie exclusive avec exérèse complète de la tumeur4 ans après la chirurgieDécès et PTIA : sans surprime. GIS : sans surprime, sous réserve de l'absence de complications ou séquelles
Leucémie myéloïde chronique (LMC)Traitement en cours ; transcrit bcr-abl strictement indétectable au jour de la souscription et pendant 36 mois continus avant la souscription, avec les techniques validées sur cette période5 ans après le diagnosticDécès et PTIA : surprime plafonnée à 150 %. GIS : plafonnée à 150 %
Leucémie de Burkitt, lymphome de Burkitt, LAL3Âge ≤ 60 ans ; Performance Status (OMS) 0 ou 1 ; traitement réalisé5 ans après le diagnosticDécès et PTIA : surprime plafonnée à 50 %. GIS : plafonnée à 50 %
MucoviscidoseConditions cumulatives : âge ≥ 18 ans et ≤ 40 ans ; non transplanté ; IMC ≥ 17 kg/m² ; VEMS ≥ 25 % de la valeur théorique ; absence de diabète ; pas de pneumothorax dans l'année écoulée ; pas de colonisation à Burkholderia cepacia ni à mycobactérie atypique ; corticothérapie systémique de moins de 3 mois dans l'année écoulée ; pas d'oxygénothérapie de longue durée (au moins 15 heures par jour) ni de ventilation non invasive de longue durée. Et, en plus : soit absence de colonisation à P. aeruginosa, soit colonisation à P. aeruginosa sans insuffisance pancréatique exocrinePour une durée de prêt de 10 ans maximumDécès : surprime plafonnée à 400 %. PTIA et GIS : non proposées
Adénocarcinome de la prostate en surveillance activeÂge au diagnostic ≥ 55 ans ; stade clinique ≤ T1c ; PSA ≤ 10 ng/mL ; score de Gleason ≤ 6 ; biopsies positives ≤ 2 et tissu malin ≤ 50 % par carotte ; adénocarcinome pur, strictement intra-glandulaire ; exclusion de tout traitement, notamment d'hormonothérapieSans délaiDécès et PTIA : surprime limitée à 75 %. GIS : non proposée
Adénocarcinome de la prostate traitéStade T1N0M0 ou T2aN0M0 ; PSA < 10 ng/ml et Gleason ≤ 6 ; PSA de moins de 6 mois inférieur à 0,1 ng/ml après prostatectomie radicale, ou inférieur à 1,5 ng/ml après radiothérapie conformationnelle ou curiethérapie1 anTarif normal : décès et PTIA sans surprime ; GIS sans surprime, sous réserve de l'absence de complications ou séquelles
Cancers du sein infiltrantsCarcinome lobulaire ou canalaire infiltrant ; stade I [pT1N0M0] : plus grand diamètre tumoral ≤ 20 mm, pas d'envahissement ganglionnaire ou seulement des cellules isolées ≤ 0,2 mm, pas de métastase à distance ; grade SBR I ou II ; reprise sans restriction médicale de l'activité, sans interruption de plus de 3 mois, depuis 1 an au moins3 ans après la fin du protocole, sans rechuteDécès, PTIA, incapacité et invalidité : surprime plafonnée à 100 % chacune
Leucémie lymphoïde chronique (LLC)LLC détectée chez une personne âgée de 25 à 70 ans ; aucun traitement nécessaire à la souscription ; stade A de Binet ; lymphocytose strictement inférieure à 15 000/mm3 ; profil IGHV mutéAucun délai indiquéDécès : couverture du prêt de 15 ans maximum, surprime plafonnée à 100 %. PTIA et GIS : mêmes termes
Méningiomes cérébraux de grade I opérésRésection chirurgicale complète ; pas de récidive à l'imagerie ; pas de radiothérapie ; pas de déficit cognitif ou neurologique. Toute séquelle (ex. : épilepsie) se tarife séparément2 ans après la fin du traitement chirurgicalDécès : extra-mortalité temporaire de 6 ‰ par an du capital restant dû, jusqu'à 5 ans après la chirurgie. PTIA et GIS : mêmes conditions
Méningiomes cérébraux « non évolutifs »Stabilité à l'imagerie cérébrale depuis 5 ans ; pas de déficit cognitif ou neurologique. Toute séquelle se tarife séparémentDurée du contrat, dans les limites d'âge de la conventionDécès : extra-mortalité temporaire de 6 ‰ par an du capital restant dû, jusqu'à 10 ans après le traitement chirurgical (formulation de la grille). PTIA et GIS : mêmes conditions
Épilepsie sans lésion causale évolutive identifiée (1)Épilepsie traitée ; absence de crise depuis au moins 3 ans3 ans depuis la fin des crisesDécès et PTIA : surprime limitée à 50 %. La GIS n'est pas mentionnée
Épilepsie sans lésion causale évolutive identifiée (2)Épilepsie traitée ; absence de crise avec rupture de contact, ou absence de crise diurne (crises pendant le sommeil possibles), et aucune crise généralisée tonico-clonique depuis au moins 3 ans3 ans depuis la fin des crises avec rupture de contact ou des crises diurnes, et des crises tonico-cloniquesDécès, PTIA et GIS : surprime limitée à 50 %. GIS sous réserve d'exercer effectivement une profession à l'adhésion

Les lignes des deux parties sont reprises, avec le calendrier et les pièces à préparer, dans nos pages cancer du sein, cancer de la prostate, lymphomes et leucémies, autres cancers, VIH et hépatite C et épilepsie.

Deux précisions figurent sous le tableau. Le taux de surprime équivalent aux 6 ‰ des méningiomes se calcule selon les conditions du contrat, notamment sa durée. Les méningiomes induits par Androcur®, Lutenyl® ou Luteran® (ou leurs génériques) sont inclus, et les délais courent après la fin du traitement du méningiome ou l'arrêt de ces médicaments.

Diabète, cœur, sclérose en plaques : pourquoi ne sont-ils pas dans la grille ?

Parce que la grille n'est pas une liste de maladies « acceptées » : c'est une liste courte de situations pour lesquelles le groupe de travail AERAS a jugé les données scientifiques suffisantes. Toute pathologie absente relève d'une tarification individuelle. Beaucoup de pages sur internet affirment le contraire — c'est l'une des dix idées fausses les plus répandues ; le PDF officiel ne contient aucune de ces lignes.

Pour ces pathologies, la convention continue de s'appliquer si le prêt entre dans son champ :

Pathologie hors grille AERAS : les protections qui restent acquises, au 17 septembre 2026
ProtectionCe que dit la conventionPlafonds 420 000 € et 71 ans ?
Réexamen au 2e niveauAutomatique après un refus au 1er niveauNon
Pool des risques très aggravés (3e niveau)Réexamen des dossiers refusés au 2e niveau ; 42,1 % de propositions en 2024Oui
Non-cumulPas de surprime et d'exclusion conjointes au titre d'une même pathologie, garantie par garantieNon
Garantie invalidité spécifiqueProposée lorsque la garantie invalidité standard n'est pas possible ; à défaut, au minimum la PTIANon
Écrêtement des surprimesRésidence principale et prêts professionnels : revenu ≤ 1 PASS (48 060 € en 2026) pour 1 part, ≤ 1,25 PASS (60 075 €) de 1,5 à 2,5 parts, ≤ 1,5 PASS (72 090 €) à partir de 3 parts ; assurance limitée à 1,4 point de taux annuel effectif global (TAEG)Oui
Délais3 semaines pour l'assureur, 2 semaines pour la banque, à compter d'un dossier completNon

Chaque pathologie hors grille fait l'objet d'une page dédiée : diabète, maladies cardiovasculaires, sclérose en plaques, et les autres situations de la liste ci-dessus. Une invalidité déjà reconnue ou un handicap relèvent d'une page à part : emprunter en invalidité ou avec un handicap. Le fonctionnement complet des niveaux d'examen est dans notre guide de la convention AERAS.

Cas type : Marc, 57 ans, boulanger, cancer de la prostate en surveillance active

Marc, 57 ans, artisan boulanger, a appris en mars 2026 qu'il a un adénocarcinome de la prostate de faible risque, placé en surveillance active sans traitement. Il emprunte 180 000 € sur 10 ans pour un four et la rénovation de son local. Marié, deux parts fiscales, revenu du foyer de 52 000 €.

  1. Le prêt est-il dans le champ ? Oui : prêt professionnel pour du matériel et des locaux, 180 000 € assurés — sans autre prêt garanti par le même assureur —, contrat terminé à 67 ans, avant le 71e anniversaire. La loi Lemoine ne joue pas : le questionnaire de santé est à remplir.
  2. Une ligne de la grille ? Peut-être : « adénocarcinome de la prostate en surveillance active », sans délai. Son urologue doit confirmer chaque critère : 55 ans ou plus au diagnostic, stade ≤ T1c, PSA ≤ 10 ng/mL, Gleason ≤ 6, 2 biopsies positives au plus avec 50 % de tissu malin au plus par carotte, aucun traitement.
  3. Ce que la ligne garantit. Sur le décès et la PTIA, la surprime liée à ce cancer ne peut pas dépasser 75 %. La GIS n'est pas proposée au titre de cette ligne : pour l'arrêt de travail et l'invalidité, la tarification reste individuelle.
  4. L'écrêtement ? Avec deux parts, le seuil est de 1,25 PASS, soit 60 075 € en 2026 : ses 52 000 € y entrent. S'il reçoit une surprime, le coût de l'assurance ne peut pas représenter plus de 1,4 point de taux effectif global.
  5. Le vrai sujet. Pour un boulanger, c'est l'arrêt de travail. S'il est exclu ou refusé, le socle est sa caisse, la Sécurité sociale des indépendants : 65,84 € par jour au plus en 2026. La prévoyance se traite à part, sans grille.

Exemple construit à partir des textes, ni dossier réel ni promesse de résultat.

Et pour la prévoyance, la mutuelle, le régime obligatoire ?

La grille s'arrête à l'assurance de prêt. Un assureur de prévoyance individuelle peut tarifer, exclure ou refuser une pathologie qui figure en partie I : aucun texte ne l'en empêche. Une mutuelle santé responsable ne pose, elle, aucune question de santé.

Pathologie de la grille AERAS : ce qui change selon le contrat
ContratLa grille s'applique ?Ce qui vous protège
Assurance de prêt immobilier ou professionnel (locaux, matériel)Oui, jusqu'à 420 000 € et 71 ansGrille, droit à l'oubli, convention AERAS ; dispense Lemoine pour certains prêts immobiliers
Prévoyance individuelle, homme cléNonAucun dispositif équivalent : le choix de l'assureur et la préparation du dossier
Mutuelle santé responsableSans objetAucune sélection médicale
Régime obligatoire (SSI, caisses libérales)Sans objetIndemnités et pension versées sans sélection médicale

Trois erreurs à éviter. Ne supposez pas que votre situation « ressemble » à une ligne : un sein infiltrant de 22 mm ou de grade III n'en relève pas. Ne tardez pas à faire vérifier vos dates : quelques semaines peuvent faire passer un dossier sous une ligne de la grille, ou sous le droit à l'oubli. Et ne signez pas une proposition qui dépasse le plafond sans avoir demandé sa révision à l'assureur puis, si besoin, saisi la Commission de médiation AERAS : elle a obtenu en 2025 qu'une surprime de 270 % proposée à une assurée relevant de la grille soit ramenée à 100 %. La méthode est dans notre page prévoyance avec antécédents de santé pour la prévoyance, et refus d'assurance de prêt : que faire pour le prêt.

Questions fréquentes

Existe-t-il une grille AERAS 2025 ou 2026 ?

Non. Au 17 septembre 2026, la grille de référence en vigueur est l'édition de septembre 2023, qui a pris effet le 1er septembre 2023 et a intégré l'épilepsie. C'est cette édition que publient le site officiel aeras-infos.fr et France Assureurs dans ses statistiques de décembre 2025. Une nouvelle édition doit être approuvée par la Commission de suivi et de propositions de la convention AERAS avant publication : méfiez-vous de toute liste présentée comme une grille plus récente.

Le diabète est-il dans la grille AERAS ?

Non. La grille de septembre 2023 ne contient aucune ligne sur le diabète, de type 1 ou de type 2, ni sur l'hypertension, l'infarctus, la sclérose en plaques, la maladie de Crohn, l'obésité ou la dépression. Pour ces pathologies, l'assureur tarife au cas par cas. Les autres protections de la convention restent acquises : trois niveaux d'examen automatiques, pas de surprime et d'exclusion cumulées pour une même pathologie sur une même garantie, garantie invalidité spécifique et écrêtement des surprimes sous conditions de revenus.

La grille AERAS s'applique-t-elle à un prêt professionnel ?

Oui, pour les prêts professionnels destinés à l'acquisition de locaux ou de matériel, à deux conditions : une part assurée de 420 000 euros au plus, en tenant compte des capitaux restant dus déjà garantis par le même assureur, et un contrat d'assurance qui se termine avant le 71e anniversaire. La Commission de suivi a aussi approuvé le 7 octobre 2024 l'inclusion des fonds de commerce composés exclusivement d'éléments immatériels. La loi Lemoine, elle, ne supprime jamais le questionnaire sur un prêt professionnel.

Quelle est la différence entre la partie I et la partie II de la grille AERAS ?

La partie I liste des situations qui, une fois le délai écoulé, n'entraînent ni surprime ni exclusion : 10 pathologies, dont certains cancers à des stades précis, l'hépatite C, le VIH et une forme d'épilepsie. La partie II liste 13 situations pour lesquelles l'assurance est proposée avec une surprime plafonnée, garantie par garantie, parfois avec des limites : GIS non proposée, durée de couverture maximale. Dans les deux cas, la pathologie se déclare au questionnaire de santé, hors droit à l'oubli.

L'assureur peut-il appliquer une surprime plus élevée que celle de la grille ?

Pas pour la pathologie concernée, si tous les critères de la ligne sont remplis et si le prêt entre dans le champ de la grille. Dans son rapport d'activité 2025, la Commission de médiation AERAS relate le cas d'une assurée relevant de la grille après un cancer du sein, à qui une surprime de 270 % avait été proposée : après médiation, la surprime a été ramenée à 100 %, le plafond prévu. D'autres pathologies ou facteurs de risque restent, eux, tarifés séparément.

Qui vérifie que je remplis les critères de la grille AERAS ?

Le service médical de l'assureur, qui peut vous demander des informations complémentaires : la convention AERAS le prévoit dans son titre IV. Avant la demande, la convention et la grille recommandent de vérifier avec votre médecin que votre situation répond aux critères précis — stade, histologie, dates, résultats biologiques. Les comptes rendus s'adressent au médecin-conseil de l'assureur sous pli confidentiel ou par une transmission sécurisée, pas à la banque ni à l'intermédiaire.

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23 lignes, et une surprime qui ne peut pas dépasser le plafond

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.