Assurance et risque de santé

Hernie discale, mal de dos et assurance de prêt : négocier l'exclusion

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le

Une hernie discale, une lombalgie ou une sciatique ne figurent pas dans la grille AERAS et n'ouvrent aucun droit à l'oubli : elles se déclarent si le questionnaire pose la question. Le risque n'est pas le refus, mais l'exclusion du dos sur la garantie arrêt de travail, celle qui compte le plus pour un métier physique. Elle se négocie : dans le champ de la convention AERAS, jamais de surprime et d'exclusion cumulées pour la même maladie sur une même garantie, et une exclusion doit être formelle et limitée. Pour un logement sous 200 000 € assurés et avant 60 ans, aucune question n'est posée.

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Hernie discale, lombalgie : sont-elles dans la grille AERAS, et quels textes s'appliquent ?

Non : il n'existe aucune règle propre au dos. La grille de référence AERAS de septembre 2023 ne comporte aucune pathologie rachidienne, et l'article L.1141-5 du code de la santé publique réserve le droit à l'oubli aux cancers et à l'hépatite C. Quatre textes encadrent pourtant ce que l'assureur peut faire d'un antécédent de dos, et ils ne jouent pas tous au même endroit.

Antécédent de dos : les textes qui s'appliquent, au 17 septembre 2026
TexteCe qu'il prévoitContrats concernés
Convention AERAS, titre IILa question sur les arrêts de travail porte sur ceux de plus de 21 jours consécutifs ; celle sur les traitements, sur ceux de plus de 21 jours, au maximum sur les 10 dernières annéesQuestionnaires des prêts entrant dans la convention
Convention AERAS, titre IIIPas de surprime et d'exclusion conjointes au titre d'une même pathologie, garantie par garantie ; trois niveaux d'examen ; garantie invalidité spécifiquePrêts immobiliers ; prêts professionnels pour des locaux, du matériel ou un fonds de commerce immatériel
Art. L.113-1 du code des assurancesUne exclusion doit être « formelle et limitée »Tous les contrats d'assurance
Loi Évin du 31 décembre 1989, art. 3L'assureur prend en charge les suites des maladies antérieures, sauf si elles sont clairement mentionnées au contrat et s'il prouve leur antérioritéContrats individuels et collectifs non obligatoires couvrant le décès, l'incapacité ou l'invalidité : prévoyance, assurance de prêt
Art. L.113-2-1 du code des assurancesAucune question de santé sous 200 000 € assurés par personne et avant 60 ans en fin de prêtCrédits immobiliers d'habitation ou mixtes uniquement

Le chiffre clé Selon la Haute Autorité de santé, une lombalgie sur cinq entraîne un arrêt de travail, et la lombalgie est devenue la première cause d'exclusion du travail avant 45 ans. Côté assurance de prêt, tous risques aggravés confondus, la garantie incapacité-invalidité a été accordée avec une exclusion ou une limitation dans 24 % des dossiers en 2024 (France Assureurs).

Exclusion du dos : comment se rédige-t-elle, et quand est-elle valable ?

Une exclusion du dos n'est valable que si elle est « formelle et limitée » (article L.113-1 du code des assurances) ; dans le champ de la convention AERAS, elle vous est notifiée par un courrier du service médical. Le code de bonne conduite annexé à la convention AERAS décrit les décisions possibles, garantie par garantie : acceptation au tarif normal, surprime, « exclusion d'une ou plusieurs pathologies particulières et de ses suites », ajournement ou refus. Les exclusions sont portées à votre connaissance par un courrier du service médical. Pour un antécédent de dos, c'est le plus souvent l'incapacité de travail et l'invalidité qui sont en jeu, pas le décès.

Les juges appliquent cette exigence au dos. Le 4 avril 2024, la Cour de cassation (2e chambre civile, n° 22-18.186) a jugé applicable, dans un contrat de prévoyance versant des indemnités journalières, l'exclusion des « suites et conséquences éventuelles des pathologies disco-vertébrales du rachis lombo-sacré », précisée par une lettre confidentielle dont l'assuré avait reconnu, par sa signature, la réception : elle visait une seule pathologie, ne nécessitait pas d'interprétation et ne vidait pas la garantie de sa substance. L'assuré a été débouté de sa demande d'indemnités journalières. À l'inverse, la Médiation de l'assurance a écarté une clause visant « les affections psychiques » faute de précision : une rédaction vague se conteste.

Ce qui se négocie, avant de signer. Le périmètre : une exclusion limitée au segment opéré (rachis lombaire, par exemple) laisse couvertes une cervicalgie ou une fracture. L'alternative : dans le champ de la convention, demandez ce que donnerait une surprime à la place de l'exclusion, puisque les deux ne peuvent pas se cumuler. La durée et la révision : demandez par écrit si l'exclusion peut être réexaminée après un délai sans récidive — c'est une faculté de l'assureur, pas un droit. Le rachat : certains contrats de prévoyance proposent une option levant leurs exclusions générales du dos, distincte d'une exclusion personnelle posée après questionnaire (voir exclusions dos et psy en prévoyance).

Franchise, durée des arrêts : que vous coûte vraiment une exclusion du dos ?

Une exclusion ne pèse que sur les arrêts qu'elle empêche d'indemniser. Or la plupart des épisodes sont courts : selon la HAS, la douleur se résorbe en moins de six semaines dans 90 % des cas, et la lombalgie ne devient chronique que dans 3 à 6 % des cas. Dans les contrats de prêt immobilier, relève le CCSF dans son avis du 26 mai 2026, les franchises « atteignent fréquemment 90 jours » et peuvent aller jusqu'à 120 ou 180 jours : avec une telle franchise, un arrêt de quatre semaines ne déclenche aucune indemnisation, exclusion ou pas.

L'exclusion compte pour les arrêts longs et l'invalidité. L'INRS (données publiées en 2018) indique que les arrêts pour accident du travail liés à une lombalgie durent en moyenne deux mois, un an pour une lombalgie reconnue en maladie professionnelle, et que les lombalgies sont la troisième cause d'admission en invalidité. Pour une hernie discale, l'Assurance Maladie précise que la chirurgie est en général efficace sur la sciatique, mais que des douleurs lombaires persistent le plus souvent ; 20 971 personnes ont été opérées d'une hernie discale lombaire en 2022. Arbitrez donc la franchise et l'exclusion ensemble : une franchise courte ne sert à rien sur un risque exclu.

Étape suivante

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Faut-il déclarer une hernie discale ou un mal de dos au questionnaire de santé ?

Oui, dès que la question est posée : l'article L.113-2 du code des assurances impose de répondre exactement aux questions de l'assureur, et aucun droit à l'oubli ne couvre le dos. Le questionnaire encadré par la convention AERAS (titre II) vise les arrêts de travail de plus de 21 jours consécutifs, les traitements de plus de 21 jours sur 10 ans au plus et les ALD des 15 dernières années : une opération, un arrêt de quatre mois ou un traitement de fond y entrent ; un lumbago de huit jours sans traitement prolongé n'est pas demandé par ces questions. Vous répondez à ce qui est demandé, ni plus ni moins. Seul un crédit immobilier d'habitation de 200 000 € assurés au plus par personne, terminé avant 60 ans, échappe à toute question (article L.113-2-1).

Et si l'arrêt de travail survient pendant le prêt ? C'est alors la garantie incapacité du contrat qui joue, avec sa franchise et ses exclusions : voir assurance emprunteur et arrêt maladie en cours de prêt.

Cas type : Julien, 41 ans, maçon, hernie discale opérée

Julien, 41 ans, artisan maçon affilié à la Sécurité sociale des indépendants, a été opéré d'une hernie discale lombaire en 2022, après un arrêt de quatre mois ; il a repris sans restriction. En septembre 2026, il emprunte 120 000 € sur 6 ans pour une mini-pelle et un camion. Son revenu annuel moyen des trois dernières années est de 38 000 €.

  1. Questionnaire ? Oui : prêt professionnel, la loi Lemoine ne s'applique pas. L'arrêt de quatre mois dépasse 21 jours consécutifs, l'intervention se déclare aussi.
  2. Convention AERAS ? Oui : prêt pour l'acquisition de matériel, 120 000 € assurés, contrat terminé à 47 ans. Trois niveaux d'examen, réponse de l'assureur sous 3 semaines une fois le dossier complet.
  3. Les réponses possibles. Décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) peuvent être accordés sans lien avec le dos ; sur l'incapacité et l'invalidité, une exclusion des suites de la hernie ou une surprime, jamais les deux. Julien demande la rédaction exacte de l'exclusion et son périmètre (rachis lombaire ou tout le rachis).
  4. Son socle en cas de nouvel arrêt pour le dos. La SSI lui verse 38 000 ÷ 730 = 52,05 € par jour à partir du 4e jour, dans la limite de 360 jours sur 3 ans, sans aucune exclusion. Pour 30 jours indemnisés à 52,05 €, 1 561,50 €. C'est ce montant qui paiera ses échéances si l'assurance du prêt exclut le rachis.
  5. Et sa prévoyance ? Même logique, sans convention : l'assureur peut exclure le dos, ajourner ou majorer, à condition d'écrire clairement l'exclusion. Un contrat qui exclut le rachis lombaire continue de couvrir une chute, une fracture, un accident de chantier touchant un autre membre, une maladie.

Exemple construit à partir des textes, ni dossier réel ni promesse de résultat.

Prêt immobilier avec une hernie discale : peut-on éviter le questionnaire de santé ?

Oui, sous deux conditions. Pour un logement ou un local mixte, l'article L.113-2-1 du code des assurances interdit toute question de santé quand la part assurée sur vos crédits immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le prêt se termine avant vos 60 ans. Votre hernie discale n'entre alors pas en ligne de compte. Dans son avis du 26 mai 2026, le CCSF a relevé que 24 contrats appliquaient une exclusion des « états pathologiques antérieurs » aux emprunteurs assurés sans sélection médicale, et estimé que ces clauses ne sont pas conformes à l'objectif de la loi Lemoine.

Le même avis prévoit pour les contrats de prêt immobilier, à partir du 1er septembre 2026 pour les affaires nouvelles, une incapacité professionnelle appréciée, pour la garantie invalidité, au regard de l'activité exercée au moment du sinistre et des seuils d'invalidité harmonisés à 66 % (totale) et 33 % (partielle). Pour un maçon, un couvreur ou une infirmière, la première mesure compte. Au-delà des seuils Lemoine, la convention AERAS s'applique : voir prêt immobilier avec un antécédent de santé. Sur un prêt immobilier en cours, vous pouvez changer d'assurance à tout moment : voir faire réviser une surprime ou une exclusion.

Régime obligatoire, mutuelle : le dos peut-il être exclu ?

Non. Les régimes obligatoires indemnisent un arrêt pour lombalgie ou hernie discale comme n'importe quel arrêt, sans sélection médicale. La mutuelle santé responsable ne pose aucune question de santé et ne tarife pas selon l'état de santé (articles L.862-4 et L.871-1 du code de la sécurité sociale). Ce qui varie, c'est le montant et la durée, selon votre caisse :

Arrêt de travail : ce que verse le régime obligatoire, pour six régimes, en 2026
RégimeÀ partir deMontantDurée
SSI (artisans, commerçants, micro-entrepreneurs)4e jour1/730e du revenu annuel moyen, jusqu'à 65,84 € par jour360 jours sur 3 ans (ALD : jusqu'à 3 ans par affection)
MSA (exploitants agricoles)4e jour26 € par jour jusqu'au 28e jour, puis 34,66 € (montants forfaitaires depuis le 1er avril 2026)360 jours sur 3 ans (ALD : 3 ans)
Assurance Maladie des professions libérales4e jour1/730e du revenu, de 26,33 € à 197,51 € par jourJusqu'au 90e jour
CARPIMKO (infirmiers, kinés…), après la CPAM91e jour55,44 € par jour, forfaitaireJusqu'au 1 095e jour
CIPAV (ostéopathes, architectes…), après la CPAMAucune indemnité journalière propreRien entre le 91e jour et une éventuelle invalidité
Régime général (président de SAS ou SASU)4e jour50 % du gain journalier, jusqu'à 42,97 € par jour360 jours sur 3 ans (ALD : 3 ans)

Chiffrez votre cas avec le simulateur d'indemnités journalières avant d'arbitrer une exclusion : c'est l'écart entre ce socle et vos charges qui dit si une exclusion du dos est supportable. Pour la prévoyance elle-même, où aucune convention ne joue, voir prévoyance d'un indépendant avec un antécédent de dos.

Faut-il accepter une exclusion du dos, ou la refuser ?

Cela dépend de trois choses : votre métier, le périmètre exact de l'exclusion, et ce que verse votre caisse pendant un arrêt. Quatre repères :

  • Acceptable : un métier sédentaire, un épisode ancien sans récidive, une exclusion limitée au segment opéré, une garantie décès et invalidité par ailleurs complète, et un socle obligatoire qui couvre vos échéances pendant la franchise.
  • À négocier ou à comparer : un métier de port de charges (voir aussi métier ou sport à risque), une exclusion de « tout le rachis », une exclusion qui porte aussi sur l'invalidité. Demandez la surprime à la place, interrogez un autre assureur, ou vérifiez qu'une garantie alternative prévue par la convention — caution, nantissement — est acceptable par la banque.
  • À ne jamais faire : taire l'arrêt ou l'opération. Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L.113-8 du code des assurances) ; un sinistre dorsal serait alors refusé, mais aussi un décès ou un cancer.
  • À ne pas oublier : envoyer vos comptes rendus d'imagerie et opératoires au seul médecin-conseil de l'assureur, sous pli confidentiel ; jamais à la banque.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer une hernie discale opérée à l'assurance de prêt ?

Oui, si le questionnaire de santé pose la question, quelle que soit l'ancienneté de l'opération : aucun droit à l'oubli ne couvre les maladies du dos, il est réservé aux cancers et à l'hépatite C. Dans la convention AERAS, la question sur les arrêts de travail porte sur ceux de plus de 21 jours consécutifs. Seule exception : un crédit immobilier dispensé de questionnaire par la loi Lemoine, sous 200 000 € assurés et avant 60 ans.

L'assureur peut-il exclure le dos et appliquer une surprime ?

Pas pour la même pathologie sur la même garantie, dans le champ de la convention AERAS : une majoration de tarif et une exclusion ne peuvent pas être appliquées conjointement au titre d'une même maladie, principe apprécié garantie par garantie. L'assureur peut en revanche exclure le rachis de l'incapacité de travail tout en couvrant normalement le décès, ou proposer une surprime à la place de l'exclusion. Demandez à comparer les deux.

Une exclusion des pathologies disco-vertébrales est-elle valable ?

Oui si elle est formelle et limitée, comme l'exige l'article L.113-1 du code des assurances. Le 4 avril 2024 (pourvoi n° 22-18.186), la Cour de cassation a jugé applicable, dans un contrat de prévoyance, l'exclusion des « suites et conséquences éventuelles des pathologies disco-vertébrales du rachis lombo-sacré » notifiée par lettre confidentielle. Une clause imprécise, à l'inverse, peut être écartée : faites-la relire avant tout litige.

Un mal de dos ancien empêche-t-il d'assurer un prêt immobilier sans questionnaire ?

Non. Si la part assurée sur vos crédits immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt finit avant vos 60 ans, l'article L.113-2-1 du code des assurances interdit toute question de santé. Dans son avis du 26 mai 2026, le Comité consultatif du secteur financier a jugé que les clauses excluant les états pathologiques antérieurs dans ces contrats ne sont pas conformes à l'objectif de la loi Lemoine.

Combien de lombalgies entraînent un arrêt de travail long ?

Selon la Haute Autorité de santé (avril 2019), la douleur se résorbe en moins de six semaines dans 90 % des cas et la lombalgie ne devient chronique que dans 3 à 6 % des cas ; une lombalgie sur cinq entraîne un arrêt de travail. L'INRS indique que la durée moyenne des arrêts pour accident du travail lié à une lombalgie est de deux mois, et que les lombalgies sont la troisième cause d'admission en invalidité.

La Sécurité sociale indemnise-t-elle un arrêt pour hernie discale d'un indépendant ?

Oui, sans aucune exclusion liée au dos : les régimes obligatoires ne sélectionnent pas sur la santé. Un artisan ou un commerçant affilié à la SSI perçoit 1/730e de son revenu annuel moyen, dans la limite de 65,84 € par jour en 2026, à partir du 4e jour d'arrêt. Un libéral perçoit de l'Assurance Maladie entre 26,33 € et 197,51 € par jour du 4e au 90e jour, puis, selon sa caisse, un relais ou rien.

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Une lombalgie sur cinq entraîne un arrêt de travail

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.