Assurance et risque de santé

Cholestérol, statines et assurance emprunteur : ce qui compte en 2026

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le

Un cholestérol élevé, traité ou non par statine, est un facteur de risque cardiovasculaire, pas une maladie de la grille AERAS : il se déclare si le questionnaire pose la question — un traitement de plus de 21 jours en fait partie —, mais il ne relève d'aucun délai, d'aucun plafond de surprime ni du droit à l'oubli. Seul, il est rarement un dossier « en risque aggravé » ; associé à un tabagisme, une hypertension, un diabète ou un antécédent cardiaque, il pèse dans l'appréciation. En 2015, 19,3 % des adultes avaient un LDL-cholestérol supérieur à 1,6 g/l et 8,8 % prenaient un hypolipémiant (Santé publique France, étude Esteban).

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Le cholestérol est-il une maladie ou un facteur de risque pour l'assureur ?

Un facteur de risque. L'Assurance Maladie définit l'hypercholestérolémie par « des concentrations trop élevées de cholestérol dans le sang » et la range, avec les dyslipidémies mixtes, parmi « des facteurs de risque majeurs d'athérosclérose » — la maladie, ce sont l'infarctus, l'AVC ou l'artérite qui peuvent en découler. La distinction compte pour l'assureur : un questionnaire interroge sur les maladies et les traitements, et un cholestérol traité y apparaît par la statine, pas par un diagnostic de maladie.

Il n'est pas une affection de longue durée : la liste de l'article D.160-4 du code de la sécurité sociale ne le mentionne pas, à la différence de la maladie coronaire. Et il ne figure pas dans la grille de référence AERAS de septembre 2023, seule en vigueur au 18 septembre 2026, qui ne contient aucune maladie cardiovasculaire ni aucun facteur de risque : l'appréciation est individuelle, dans le cadre général de la convention.

Cholestérol et assurance de prêt : ce qui s'applique au 18 septembre 2026
DispositifS'applique ?Ce que cela change pour vousTexte
Grille de référence AERASNonNi délai ni plafond de surprime : appréciation individuelleGrille, édition de septembre 2023
Droit à l'oubliNonLe traitement se déclare si la question est posée, quelle que soit son anciennetéArt. L.1141-5 du code de la santé publique
Dispense de questionnaireImmobilier seulementPart assurée ≤ 200 000 € par personne et prêt terminé avant 60 ans : aucune question, aucun examenArt. L.113-2-1 du code des assurances
Trois niveaux d'examen, non-cumul, écrêtement, GISOui, pour tout prêt immobilier ou professionnel du champUtiles surtout si le cholestérol s'ajoute à un antécédent cardiovasculaireConvention AERAS, titre III

Faut-il déclarer son cholestérol ou sa statine au questionnaire ?

Oui, si la question est posée. L'article L.113-2 du code des assurances impose de répondre exactement aux questions de l'assureur. Les questionnaires conformes à la convention AERAS peuvent demander les traitements de plus de 21 jours sur les dix dernières années : une statine, un ézétimibe ou un anticorps anti-PCSK9 pris au long cours en font partie. Certains questionnaires demandent aussi directement si vous avez « une anomalie lipidique » ou « un excès de cholestérol » : répondez à la question telle qu'elle est écrite.

À l'inverse, un cholestérol un peu élevé constaté sur une prise de sang, sans diagnostic ni traitement, n'est ni une maladie ni un traitement : si aucune question ne le vise, vous n'avez pas à l'ajouter. Et pour un crédit immobilier d'habitation ou mixte dont la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et qui se termine avant vos 60 ans, l'article L.113-2-1 interdit toute question de santé : rien à déclarer, statine ou pas. Hors de ces cas, une omission volontaire entraîne la nullité du contrat (article L.113-8).

Statine, LDL, hypercholestérolémie familiale : que regarde le médecin-conseil ?

Le contexte plus que le chiffre. Aucun assureur ne publie de seuil de LDL ni de surprime par taux, et nous n'en inventons pas. Ce qui se lit dans un dossier est documenté par l'Assurance Maladie et Santé publique France.

Cholestérol : les éléments documentés qui se lisent dans un dossier d'assurance (sans barème)
ÉlémentCe que disent les sourcesPièce qui le documente
Traitement et réponseMesures hygiéno-diététiques d'abord ; statines en première intention, ézétimibe en deuxième, anticorps monoclonaux pour les cas insuffisamment contrôlés ; « le traitement doit être suivi sans interruption » (Assurance Maladie)Ordonnance, dernier bilan lipidique
Forme familialeL'hypercholestérolémie familiale est l'une des formes héréditaires les plus fréquentes ; elle expose plus tôt à l'athérosclérose (Assurance Maladie)Compte rendu du médecin, antécédents familiaux, bilan cardiovasculaire
Autres facteurs de risqueTabac, hypertension, diabète, surpoids, sédentarité : ils s'additionnent (Assurance Maladie)Autres réponses du questionnaire
Maladie déjà survenueInfarctus, AVC, artérite : le dossier devient celui de la maladie, pas du facteur de risqueVoir infarctus et stent, AVC

Autrement dit : une statine bien tolérée avec un LDL revenu dans l'objectif fixé par votre médecin, sans autre facteur de risque, se documente en deux pièces. Une hypercholestérolémie familiale avec un parent infarctus avant 50 ans, ou un cholestérol associé à un tabagisme et une hypertension, appelle un bilan cardiovasculaire que le médecin-conseil peut demander — le code de bonne conduite annexé à la convention l'y autorise, des pièces de votre dossier pouvant le remplacer.

Le chiffre clé En 2015, le LDL-cholestérol moyen des adultes de France métropolitaine était de 1,30 g/l ; 19,3 % dépassaient 1,6 g/l, 6 % dépassaient 1,9 g/l, et seuls 51,3 % des personnes concernées le savaient. 8,8 % des adultes avaient pris un hypolipémiant dans l'année, en baisse d'environ 30 % depuis 2006 (Santé publique France, étude Esteban, BEH du 6 novembre 2018). Un assureur voit donc passer ce facteur de risque tous les jours.

Cas type : Julie, 36 ans, graphiste micro-entrepreneure, hypercholestérolémie familiale

Julie, 36 ans, graphiste micro-entrepreneure affiliée à la Sécurité sociale des indépendants, a une hypercholestérolémie familiale diagnostiquée à 28 ans, sous statine, LDL dans l'objectif, sans autre facteur de risque ; son père a eu un infarctus à 55 ans. Elle emprunte seule 150 000 € sur 20 ans pour un appartement, puis 12 000 € sur 3 ans pour du matériel informatique. Chiffre d'affaires moyen : 40 000 €.

  1. L'appartement : aucun questionnaire. Crédit immobilier d'habitation, 150 000 € assurés, dernier remboursement à 56 ans : l'article L.113-2-1 interdit toute question de santé. Ni la statine ni l'antécédent paternel n'entrent en ligne de compte. Elle vérifie que le contrat n'exclut pas les « états pathologiques antérieurs », clause que le CCSF juge contraire à l'esprit de la loi dans son avis du 26 mai 2026.
  2. Le matériel : questionnaire obligatoire. Prêt professionnel, hors crédit immobilier : elle déclare le traitement de plus de 21 jours et, si la question est posée, l'hypercholestérolémie familiale. La convention AERAS s'applique (matériel, 12 000 € sous le plafond de 420 000 €, fin du prêt à 39 ans).
  3. Le dossier. Dernier bilan lipidique, ordonnance, compte rendu du médecin traitant ; un bilan cardiovasculaire si le médecin-conseil le demande. Sous pli confidentiel, jamais à la banque.
  4. Son revenu en cas d'arrêt. Micro-entrepreneure en prestation de services BNC, son revenu retenu est son chiffre d'affaires après abattement de 34 % : 40 000 × 0,66 = 26 400 €, soit 26 400 ÷ 730 = 36,16 € par jour dès le 4e jour, sans sélection médicale. C'est le socle à connaître avant de discuter la garantie incapacité d'un prêt.

Exemple construit à partir des textes et des barèmes 2026, ni dossier réel ni promesse de résultat.

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Quelle surprime pour un cholestérol, et le prêt professionnel change-t-il la règle ?

Aucun texte n'en fixe, et rien n'en impose. Le cholestérol étant absent de la grille, tout dépend de la politique médicale de l'assureur interrogé ; aucune statistique publique ne détaille les décisions par facteur de risque. Pour l'ensemble des dossiers en risque aggravé, France Assureurs relève en 2024 une garantie décès accordée sans surprime ni exclusion dans 65 % des cas et une garantie incapacité-invalidité sans surprime ni exclusion dans 54 % des cas — mais un cholestérol isolé sous traitement n'est le plus souvent même pas compté parmi les 7,4 % de demandes « en risque aggravé ».

Pour un prêt professionnel, le questionnaire est toujours obligatoire : la dispense de la loi Lemoine ne vise que le crédit immobilier du 1° de l'article L.313-1 du code de la consommation, et l'article L.313-2 exclut tout prêt finançant une activité professionnelle. La convention AERAS s'applique aux prêts pour des locaux, du matériel et, depuis le 7 octobre 2024, un fonds de commerce immatériel : si une surprime était notifiée aux 2e ou 3e niveaux, elle serait écrêtée à 1,4 point de TAEG sous conditions de revenus, et ne pourrait pas se cumuler avec une exclusion. Méthode : prêt professionnel avec un risque aggravé.

Prévoyance, mutuelle, régime obligatoire : quelles règles avec du cholestérol ?

Trois cadres différents. La convention AERAS, la loi Lemoine et le droit à l'oubli s'arrêtent au crédit : ils ne s'appliquent ni à une prévoyance individuelle, ni à une assurance décès seule, ni à un contrat homme clé. La mutuelle santé n'a pas le droit de vous interroger ; le régime obligatoire vous couvre sans sélection.

Cholestérol et statines : ce qui s'applique, contrat par contrat, au 18 septembre 2026
ContratSélection médicaleProtectionEn pratique
Prêt immobilier (habitation ou mixte)Aucune sous 200 000 € assurés et fin avant 60 ans ; questionnaire au-delàArt. L.113-2-1 ; convention AERAS jusqu'à 420 000 € et 71 ansUn cholestérol isolé change rarement le tarif
Prêt professionnel (local, matériel, fonds)Questionnaire toujoursConvention AERAS : locaux et matériels ; fonds immatériels depuis le 7 octobre 2024Déclarer le traitement de plus de 21 jours
Prévoyance individuelle (arrêt de travail, invalidité, décès)Questionnaire, libre appréciationAucune protection AERAS ; exclusion « formelle et limitée » (art. L.113-1), antériorité à prouver par l'assureur (loi Évin, art. 3), garanties maintenues après deux ans (art. 6)Un cholestérol traité est un antécédent banal ; l'assureur peut demander un bilan
Mutuelle santé responsable et solidaireInterditeArt. L.110-2 du code de la mutualité et L.862-4 II du code de la sécurité socialeJamais un obstacle ; le cholestérol n'est pas une ALD
Régime obligatoire (SSI, caisses libérales)AucuneDroits ouverts par l'affiliationLe socle à chiffrer en premier

En prévoyance, la question utile n'est pas le cholestérol mais ce qui l'accompagne : un antécédent d'infarctus ou d'AVC change tout, et relève de notre page prévoyance avec un antécédent cardiaque. Passé deux ans, l'assureur ne peut plus refuser de maintenir vos garanties incapacité et invalidité ni majorer votre tarif à cause de votre santé (loi Évin, article 6).

Que faire en cas de refus, d'exclusion ou de surprime ?

D'abord comprendre le motif : un refus pour cholestérol isolé est peu probable, et la lettre de l'assureur doit indiquer le niveau d'examen atteint ; les raisons médicales s'obtiennent par courrier auprès de son médecin, directement ou par le médecin de votre choix. Elles tiennent souvent à un autre élément — tabac, tension, antécédent familial lourd, bilan cardiovasculaire demandé et non fourni. Ensuite, la convention joue pour un prêt immobilier ou professionnel : réexamen individualisé automatique, pool des risques très aggravés si la part assurée ne dépasse pas 420 000 € et si le contrat finit avant 71 ans, garantie invalidité spécifique, garanties alternatives, Commission de médiation. Procédure : refus d'assurance de prêt : que faire. Et si l'arrêt de travail survient pendant le prêt : assurance emprunteur et arrêt maladie.

Quand le cholestérol ne mérite pas qu'on s'en inquiète, et quand il faut préparer le dossier ?

Il ne mérite pas d'inquiétude pour un prêt immobilier sous les seuils de dispense, ni, le plus souvent, pour une statine seule avec un bilan dans l'objectif — sans que nous puissions le garantir pour votre dossier. Il mérite un dossier préparé quand il s'ajoute à d'autres facteurs de risque, quand la forme est familiale avec des antécédents cardiaques précoces, ou quand un événement cardiovasculaire a déjà eu lieu : là, ce sont les pages infarctus et stent, AVC et hypertension qui répondent.

Deux erreurs à éviter, quelle que soit la situation : ne pas déclarer la statine « parce que ce n'est pas une maladie » — si la question porte sur les traitements, elle en est un —, et envoyer ses résultats de prise de sang à la banque ou par e-mail à un courtier : ils ne vont qu'au médecin-conseil de l'assureur, sous pli confidentiel. Vue d'ensemble de la famille sur le hub maladies cardiovasculaires et assurance de prêt.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer un cholestérol élevé ou une statine au questionnaire de santé ?

Oui, si la question est posée. Une statine prise au long cours est un traitement de plus de 21 jours, que les questionnaires conformes à la convention AERAS peuvent demander sur les dix dernières années ; certains questionnaires interrogent aussi directement sur les anomalies lipidiques. L'article L.113-2 du code des assurances impose une réponse exacte. Seule exception : le crédit immobilier d'habitation dont la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et qui se termine avant vos 60 ans, où aucune question de santé ne peut être posée (article L.113-2-1).

Le cholestérol entraîne-t-il une surprime d'assurance emprunteur ?

Aucun texte n'en prévoit et aucune statistique publique ne détaille les décisions par facteur de risque. Le cholestérol ne figure pas dans la grille AERAS : chaque assureur l'apprécie, le plus souvent avec les autres facteurs — tabac, hypertension, diabète, surpoids — et les antécédents cardiovasculaires éventuels. Pour l'ensemble des dossiers en risque aggravé en 2024, France Assureurs relève une garantie décès accordée sans surprime ni exclusion dans 65 % des cas ; un cholestérol isolé sous traitement est rarement un dossier « en risque aggravé ».

Le droit à l'oubli s'applique-t-il au cholestérol ?

Non, et la question ne se pose pas dans ces termes. L'article L.1141-5 du code de la santé publique réserve le droit à l'oubli aux cancers et à l'hépatite virale C, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique. Une hypercholestérolémie n'est pas une maladie guérie après un traitement : c'est un facteur de risque, le plus souvent traité à vie. Elle se déclare donc si la question est posée, quelle que soit l'ancienneté du traitement.

L'hypercholestérolémie familiale change-t-elle quelque chose ?

Elle change la lecture du dossier, pas les textes. L'Assurance Maladie la décrit comme l'une des formes héréditaires les plus fréquentes des anomalies lipidiques ; un LDL très élevé dès le jeune âge expose plus tôt à l'athérosclérose, et le médecin-conseil regarde le taux obtenu sous traitement, le bilan cardiovasculaire et les antécédents familiaux. Aucune ligne de la grille AERAS ne la vise : tarification individuelle, avec les trois niveaux d'examen et le non-cumul surprime-exclusion pour un prêt immobilier ou professionnel.

Que faire en cas de refus ou d'exclusion pour cholestérol ?

Un refus fondé sur un cholestérol isolé est peu probable ; s'il survient, la convention AERAS s'applique à un prêt immobilier ou professionnel : réexamen individualisé automatique, puis pool des risques très aggravés si la part assurée ne dépasse pas 420 000 € et si le contrat finit avant 71 ans. Demandez par courrier les motifs médicaux au médecin de l'assureur : ils tiennent souvent à un autre élément du dossier. Restent d'autres assureurs, les garanties alternatives et la Commission de médiation AERAS.

Suis-je couvert en arrêt de travail pendant le prêt si j'ai du cholestérol ?

Oui, dans les conditions du contrat : un cholestérol déclaré et accepté sans exclusion ne limite pas la garantie incapacité. Un arrêt prescrit est indemnisé après la franchise, fréquemment de 90 jours selon le Comité consultatif du secteur financier. Si l'assureur a exclu les affections cardiovasculaires — ce qui vise plutôt un antécédent d'infarctus ou d'AVC —, un arrêt lié à cette cause n'est pas couvert ; l'exclusion doit être formelle et limitée (article L.113-1). Votre caisse obligatoire verse sans sélection médicale.

Votre question n’y est pas ? Un courtier vous rappelle et y répond sur votre situation réelle — gratuitement, même si vous ne souscrivez rien.

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19,3 % des adultes ont un LDL au-dessus de 1,6 g/l : ce n'est pas un dossier rare

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.