Assurance et risque de santé
Lymphome, leucémie et assurance de prêt : les règles en 2026
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Mis à jour le
Après un lymphome ou une leucémie, la règle générale est le droit à l'oubli : 5 ans après la fin des traitements actifs, sans rechute, vous n'avez plus rien à déclarer pour assurer un prêt. Avant cette date, la grille de référence AERAS de septembre 2023 ne vise que quatre hémopathies : la leucémie aiguë promyélocytaire (tarif normal après 3 ans), la leucémie myéloïde chronique (surprime plafonnée à 150 %), le lymphome de Burkitt (50 %) et la leucémie lymphoïde chronique de stade A (100 %). Le lymphome de Hodgkin et les autres lymphomes n'y figurent pas.
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Faire étudier mon dossier Ou vérifier mes droits en 2 minutes →Quelles leucémies et quels lymphomes figurent dans la grille AERAS ?
Quatre lignes, et seulement quatre, dans la grille de référence AERAS de septembre 2023, la seule en vigueur au 17 septembre 2026 : la leucémie aiguë promyélocytaire en partie I (sans surprime ni exclusion après 3 ans), puis la leucémie myéloïde chronique, la leucémie ou le lymphome de Burkitt et la leucémie lymphoïde chronique en partie II (surprime plafonnée). Les critères de chaque ligne sont cumulatifs.
| Ligne de la grille | Critères, tous exigés | Délai d'accès | Conditions par garantie |
|---|---|---|---|
| Leucémie aiguë promyélocytaire / LAP / LAM3 (partie I) | Quel que soit le nombre de leucocytes au diagnostic ; traitement réalisé | 3 ans à compter de la fin du protocole thérapeutique et sans rechute | Ni surprime ni exclusion au titre de cette pathologie |
| Leucémie myéloïde chronique (LMC) (partie II) | Traitement en cours ; transcrit bcr-abl strictement indétectable avec les techniques de détection en vigueur au jour de la souscription, et durant une période de 36 mois continus précédant la souscription | 5 ans à compter du diagnostic | Décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) : surprime plafonnée à 150 %. Garantie invalidité spécifique (GIS) : surprime plafonnée à 150 % |
| Leucémie de Burkitt / lymphome de Burkitt / LAL3 (partie II) | Âge ≤ 60 ans ; Performance Status (définition de l'OMS) 0 ou 1 ; traitement réalisé | 5 ans à compter du diagnostic | Décès et PTIA : surprime plafonnée à 50 %. GIS : surprime plafonnée à 50 % |
| Leucémies lymphoïdes chroniques (LLC) (partie II) | LLC détectée chez une personne dont l'âge est compris entre 25 et 70 ans ; ne nécessitant aucun traitement à la date de la souscription ; classification de Binet : stade A ; lymphocytose strictement inférieure à 15 000/mm³ ; profil IGHV muté | Aucun délai indiqué | Décès : garantie accordée pour une durée maximale de couverture du prêt de 15 ans, surprime plafonnée à 100 %. PTIA et GIS : accordées dans les mêmes termes |
Ces lignes ne jouent que dans le champ de la grille : prêt immobilier, ou prêt professionnel finançant des locaux ou du matériel ; part assurée de 420 000 € au plus ; contrat d'assurance terminé avant le 71e anniversaire. Elles supposent l'absence d'autres facteurs de risque ou pathologies, que l'assureur apprécie séparément. La grille recommande de vérifier chaque critère avec votre médecin ; la décision appartient ensuite au médecin-conseil de l'assureur.
Deux lectures utiles. Pour la ligne Burkitt, le délai court du diagnostic, alors que le droit à l'oubli court de la fin du protocole : la ligne sert donc pendant l'intervalle entre le 5e anniversaire du diagnostic et celui de la fin du traitement ; ensuite, sans rechute, plus rien n'est à déclarer. Pour la LLC, l'âge maximal de 70 ans se combine avec la fin du contrat avant 71 ans : à 66 ans, la couverture possible est de moins de 5 ans, bien en deçà des 15 ans de la ligne.
Lymphome de Hodgkin, lymphome non hodgkinien, autres leucémies : que se passe-t-il hors grille ?
Le lymphome de Hodgkin, les lymphomes non hodgkiniens autres que le Burkitt (diffus à grandes cellules B, folliculaire…), les leucémies aiguës autres que la LAP et la LAL3, comme le myélome, n'ont aucune ligne dans la grille de septembre 2023. Avant cinq ans, l'assureur tarifie au cas par cas — mais la convention AERAS s'applique toujours à un prêt de son champ.
- Trois niveaux d'examen automatiques : un refus au contrat standard passe à un réexamen individualisé, puis au pool des risques très aggravés (part assurée de 420 000 € au plus, contrat terminé avant 71 ans). La lettre de refus indique le niveau atteint.
- Cinq semaines au plus pour un dossier complet : trois côté assureur, deux côté banque.
- Pas de cumul d'une surprime et d'une exclusion au titre de la même pathologie sur une même garantie.
- Invalidité : à défaut de garantie standard, la garantie invalidité spécifique, sans exclusion de la pathologie déclarée ; au minimum la PTIA.
Ce que regarde le médecin-conseil se déduit des critères que la grille retient pour les hémopathies qu'elle traite : le type exact de la maladie, l'âge, le traitement réalisé ou en cours, la profondeur et l'ancienneté de la réponse, l'état général, la nécessité ou non d'un traitement. Les pièces à réunir avant le rendez-vous bancaire sont des documents, pas un avis médical : compte rendu anatomopathologique ou d'hématologie posant le diagnostic, compte rendu de la réunion de concertation pluridisciplinaire, compte rendu de fin de traitement avec ses dates, dernier bilan de surveillance (imagerie, biologie), et le cas échéant compte rendu de greffe. Nous ne publions ni barème ni surprime « moyenne » par maladie : il n'en existe pas d'officiels hors grille.
Le chiffre clé Environ 45 000 nouveaux cas d'hémopathies malignes ont été estimés en France métropolitaine en 2018, soit 12 % des nouveaux cancers ; les deux tiers sont des hémopathies lymphoïdes (Santé publique France, réseau Francim). Parmi elles : 4 674 leucémies lymphoïdes chroniques, un peu moins de 22 000 lymphomes non hodgkiniens et 2 127 lymphomes de Hodgkin, qui touchent surtout l'adulte jeune (Institut national du cancer).
Faut-il déclarer un lymphome ou une leucémie au questionnaire de santé ?
Oui, tant que le droit à l'oubli n'est pas acquis : l'article L.113-2 du code des assurances impose de répondre exactement aux questions posées, et le questionnaire encadré par la convention AERAS (titre II) porte sur les ALD des 15 dernières années, les arrêts de plus de 21 jours consécutifs et les traitements de plus de 21 jours sur 10 ans au plus. Cinq ans après la fin du protocole, sans rechute, plus rien n'est à déclarer. Et pour un crédit immobilier d'habitation de 200 000 € assurés au plus par personne, terminé avant 60 ans, aucune question n'est permise (article L.113-2-1). L'Institut national du cancer résume ces règles dans sa fiche emprunter après un cancer.
Et si l'arrêt de travail survient pendant le prêt ? C'est alors la garantie incapacité du contrat qui joue, avec sa franchise et ses exclusions : voir assurance emprunteur et arrêt maladie en cours de prêt.
Quand n'a-t-on plus à déclarer un lymphome ou une leucémie ?
Cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, en l'absence de rechute, quel que soit votre âge au diagnostic : c'est le droit à l'oubli (article L.1141-5 du code de la santé publique, délai ramené à cinq ans par la loi du 28 février 2022). Il vaut pour un prêt immobilier ou un prêt professionnel finançant des locaux ou du matériel, sans plafond de montant, si le contrat se termine avant vos 71 ans.
En hématologie, le point de départ demande une lecture attentive :
- Chimiothérapie ou radiothérapie terminée, puis surveillance. Le délai part de la fin de ce traitement actif. C'est le cas, par exemple, d'un lymphome de Hodgkin traité par chimiothérapie puis simplement surveillé.
- Traitement d'entretien. La convention fixe la fin du protocole à la fin du traitement actif, « hormis la possibilité d'une thérapeutique persistante de type hormonothérapie ou immunothérapie ». La grille ajoute qu'un traitement d'entretien institué après le protocole est « sans influence sur le délai d'accès ». Faites écrire par votre hématologue la date de fin du protocole et la nature du traitement poursuivi.
- Maladie chronique traitée en continu ou simplement surveillée. Une LMC sous traitement, une LLC ou un lymphome indolent surveillés sans traitement : aucun traitement actif ne s'est terminé. Le texte ne fixe pas de point de départ et, à notre lecture, le délai de cinq ans ne court pas. Pour la LMC et la LLC de stade A, c'est la ligne de la grille qui protège. Ne présumez rien : faites poser la question par écrit.
- Rechute. La convention la définit comme « toute nouvelle manifestation médicalement constatée du cancer », par un examen clinique, biologique ou d'imagerie. Après une rechute, le délai de cinq ans ne peut courir, à notre lecture, que de la fin du nouveau traitement.
Calculez votre date avec notre outil droit à l'oubli ; le détail des règles est dans la page droit à l'oubli et assurance de prêt.
Étape suivante
Faire qualifier votre dossier avant le rendez-vous bancaire
Ligne de la grille, droit à l'oubli proche ou tarification individuelle : nous vérifions d'abord ce que les textes vous garantissent, puis nous interrogeons plusieurs assureurs avant votre rendez-vous bancaire. Aucun questionnaire médical en ligne : vos comptes rendus d'hématologie ne vont qu'au médecin-conseil de l'assureur.
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- Surprimes et exclusions négociées, convention AERAS et droit à l’oubli appliqués quand ils jouent en votre faveur.
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Greffe de moelle osseuse ou de cellules souches : faut-il la déclarer ?
Oui, tant que vous ne relevez pas du droit à l'oubli. Une autogreffe ou une allogreffe fait partie du traitement de l'hémopathie ; le questionnaire de santé interroge sur les événements de santé, les traitements de plus de 21 jours et les prises en charge en affection de longue durée. Y répondre inexactement expose à la nullité du contrat (article L.113-8 du code des assurances).
Une fois le droit à l'oubli acquis — cinq ans après la fin du protocole, greffe comprise, sans rechute —, l'hémopathie n'a plus à être mentionnée et, si elle l'est par erreur, l'assureur n'en tient pas compte. Deux limites, écrites dans la convention : restent à déclarer « les autres pathologies, associées ou non à une prise en charge en ALD », et les situations actuelles d'incapacité, d'invalidité ou d'inaptitude au travail, « en lien ou non avec l'affection relevant du droit à l'oubli ».
Un point que les textes n'ont pas tranché. Une complication durable de la greffe, ou un traitement qui se poursuit, est-il une « autre pathologie » à déclarer ou une suite du cancer couverte par le droit à l'oubli ? Le rapport 2025 de la Commission de médiation AERAS indique que les travaux de la Commission de suivi « se poursuivent » sur « la déclaration des affections pouvant constituer des séquelles ou conséquences d'un cancer éligible au droit à l'oubli ». D'ici là : répondez exactement aux questions posées, faites-vous aider de votre médecin pour remplir le questionnaire — la Commission le recommande — et, en cas de désaccord, saisissez la médiation AERAS.
Prêt professionnel, prêt immobilier : les mêmes règles ?
La grille et le droit à l'oubli couvrent les deux. La différence tient au questionnaire : pour un crédit immobilier d'habitation ou mixte, la loi Lemoine interdit toute question de santé si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt est remboursé avant 60 ans (article L.113-2-1 du code des assurances). Elle ne vise jamais un prêt professionnel.
Pour un lymphome de Hodgkin, qui touche surtout l'adulte jeune, cette dispense compte beaucoup. À 35 ans, un prêt immobilier de 200 000 € sur 20 ans se termine à 55 ans : l'assureur ne peut poser aucune question, et un lymphome de Hodgkin traité l'an dernier n'entre pas en ligne de compte. À deux emprunteurs assurés chacun à 50 %, un prêt de 400 000 € peut y entrer. Le détail, y compris pour le locatif et le prêt relais, est dans notre page prêt immobilier avec un antécédent de santé.
Un prêt professionnel, lui, passe toujours par le questionnaire, quel que soit son montant. La convention AERAS couvre l'acquisition de locaux et de matériels et, depuis une décision du 7 octobre 2024, celle d'un fonds de commerce composé exclusivement d'éléments immatériels. Le rachat de parts sociales ne figure pas dans ce champ tel qu'il est rédigé : les assureurs instruisent ces dossiers, mais sans que les garanties de la convention s'imposent à eux. Voir prêt professionnel et risque aggravé de santé.
Cas type : Sophie, 38 ans, architecte, lymphome de Hodgkin traité en 2023
Sophie, 38 ans, architecte libérale, a été traitée pour un lymphome de Hodgkin diagnostiqué en septembre 2022. Sa dernière cure de chimiothérapie date du 20 mars 2023 ; elle est en rémission, sans traitement d'entretien. En septembre 2026, elle veut acheter en nom propre le local de son agence : 220 000 € sur 15 ans.
- Le prêt est-il dans le champ ? Oui : des locaux professionnels, 220 000 € assurés, contrat terminé à 53 ans. La convention AERAS s'applique. La loi Lemoine, non : le local est strictement professionnel, le questionnaire de santé est à remplir.
- La grille ? Non : le lymphome de Hodgkin n'y figure pas. Tarification individuelle, avec les trois niveaux d'examen, le non-cumul et une réponse en 5 semaines au plus.
- Le droit à l'oubli ? Il sera acquis le 20 mars 2028, sans rechute d'ici là. Dans dix-huit mois, Sophie n'aurait plus rien à déclarer.
- Signer maintenant ou attendre ? Si le local peut attendre, patienter dix-huit mois change tout. S'il ne peut pas, Sophie signe avec la proposition obtenue et négocie avant l'offre de prêt une clause permettant de substituer l'assurance : en prêt professionnel, changer d'assurance n'est pas un droit garanti, tout dépend du contrat et de l'accord écrit préalable de la banque. En mars 2028, elle pourra alors présenter un contrat souscrit sans mention du lymphome.
- L'arrêt de travail. Avec un taux de 4 % retenu comme simple hypothèse, hors assurance, l'échéance est de 1 627,31 € par mois. Si la garantie incapacité lui est refusée ou exclue, Sophie compte sur son socle : les indemnités journalières de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour, puis rien — sa caisse, la CIPAV, ne verse aucune indemnité journalière propre.
Si le même achat avait porté sur sa résidence principale, avec 200 000 € assurés et un prêt soldé avant ses 60 ans, aucun questionnaire ne lui aurait été soumis. La nature du prêt pèse parfois plus lourd que la maladie.
Exemple construit à partir des textes, ni dossier réel ni promesse de résultat.
Prévoyance, mutuelle, régime obligatoire : qu'est-ce qui change après un lymphome ou une leucémie ?
Le droit à l'oubli et la grille s'arrêtent à l'assurance de prêt. En prévoyance individuelle, aucun texte n'interdit à l'assureur de vous interroger sur une hémopathie traitée il y a dix ans, ni ne plafonne sa décision. La mutuelle responsable ne pose aucune question de santé, et le régime obligatoire vous couvre sans sélection.
| Contrat | Sélection médicale | Protection | En pratique |
|---|---|---|---|
| Assurance de prêt (immobilier, professionnel) | Oui, sauf dispense Lemoine en immobilier | Convention AERAS, quatre lignes de la grille, droit à l'oubli à 5 ans | Le contrat le mieux encadré |
| Prévoyance individuelle (arrêt de travail, invalidité, décès) | Oui | Ni grille ni droit à l'oubli ; une exclusion doit être clairement mentionnée au contrat (loi du 31 décembre 1989, article 3) | Accord, surprime, exclusion ciblée, ajournement ou refus, selon l'ancienneté et le type de la maladie |
| Homme clé, garantie croisée d'associés | Oui | Aucune | Mêmes issues que la prévoyance |
| Mutuelle santé responsable | Non | Pas de questionnaire, pas de tarif selon l'état de santé | Jamais un obstacle ; l'hémopathie relève de l'affection de longue durée « tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique » (article D.160-4 du code de la sécurité sociale) |
| Contrat collectif obligatoire de l'entreprise | Pas de sélection individuelle | Loi du 31 décembre 1989, article 2 : suites des états antérieurs prises en charge | Concerne le dirigeant assimilé salarié affilié au contrat de sa société — à faire confirmer par écrit |
| Régime obligatoire (SSI, caisses libérales) | Non | Droits ouverts par l'affiliation | Le socle : au plus 65,84 € par jour pour un artisan ou un commerçant en 2026 ; pour un libéral, les indemnités de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour, puis le relais de sa caisse quand il existe |
Si vous aviez une prévoyance avant le diagnostic, gardez-la : un nouveau contrat repasserait par la sélection médicale, et c'est l'ancien qui couvre une éventuelle rechute, dans les conditions de ses conditions générales. Sinon, un contrat qui exclut les suites de l'hémopathie continue de payer pour un accident ou une autre maladie. La méthode est dans nos pages prévoyance après un cancer et prévoyance refusée ou ajournée ; chiffrez d'abord ce que verse votre caisse obligatoire.
Que faut-il éviter, et quand vaut-il mieux attendre ?
Évitez de présumer : ni que votre maladie « est dans la grille » parce qu'une leucémie y figure, ni que le droit à l'oubli court alors qu'un traitement actif se poursuit. Et si votre date de droit à l'oubli tombe dans les prochains mois, attendre peut être la meilleure décision, surtout pour un prêt professionnel dont l'assurance se change difficilement.
- Ne taisez ni l'hémopathie ni la greffe hors droit à l'oubli. La nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle laisserait la dette à vos proches ou à votre entreprise.
- Ne déclarez pas « par prudence » une maladie couverte par le droit à l'oubli. L'assureur ne peut pas en tenir compte, mais autant ne pas ouvrir le sujet : répondez aux questions posées, rien de plus.
- Ne multipliez pas les demandes à l'aveugle. Beaucoup de questionnaires demandent si une proposition a déjà été refusée, ajournée ou majorée. Des examens de moins de 6 mois passés pour un assureur sont réutilisables chez un autre, et une proposition reste valable 4 mois.
- N'envoyez pas vos comptes rendus à la banque ou par e-mail. Ils vont au seul médecin-conseil de l'assureur, sous pli confidentiel ou par sa plateforme sécurisée.
- Ne souscrivez pas à tout prix. Pour un prêt court, une garantie alternative prévue par la convention — caution, nantissement d'un contrat d'assurance vie, hypothèque — peut remplacer une assurance décès très majorée, si la banque l'accepte. Une caution ne protège pas votre famille : elle déplace la dette.
Interlocuteurs neutres et gratuits : ELLyE (Ensemble Leucémie Lymphomes Espoir, née de la fusion de France Lymphome Espoir et de SILLC — ellye.fr) pour les lymphomes, la LLC et la maladie de Waldenström ; l'association Laurette Fugain (laurettefugain.org) pour les leucémies et les dons de moelle osseuse ; le service AIDEA de la Ligue contre le cancer, dédié à l'emprunt, au 0 800 940 939.
Questions fréquentes
Peut-on assurer un prêt après un lymphome de Hodgkin ?
Oui. Cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, le lymphome de Hodgkin n'a plus à être déclaré : c'est le droit à l'oubli de l'article L.1141-5 du code de la santé publique, si le contrat d'assurance se termine avant votre 71e anniversaire. Avant cinq ans, le lymphome de Hodgkin ne figure pas dans la grille AERAS de septembre 2023 : l'assureur tarifie au cas par cas, avec les protections de la convention, dont trois niveaux d'examen et une réponse en cinq semaines au plus.
La leucémie myéloïde chronique figure-t-elle dans la grille AERAS ?
Oui, en partie II de la grille de septembre 2023. Conditions : traitement en cours, et transcrit bcr-abl strictement indétectable au jour de la souscription et pendant les 36 mois continus qui précèdent. Le délai d'accès est de 5 ans à compter du diagnostic. La surprime est alors plafonnée à 150 % pour le décès et la perte totale et irréversible d'autonomie, et à 150 % pour la garantie invalidité spécifique. Le prêt doit entrer dans le champ : 420 000 € au plus, contrat terminé avant 71 ans.
J'ai une leucémie lymphoïde chronique surveillée sans traitement : puis-je emprunter ?
La grille AERAS de septembre 2023 prévoit une ligne pour la leucémie lymphoïde chronique : âge compris entre 25 et 70 ans, aucun traitement nécessaire à la souscription, stade A de la classification de Binet, lymphocytose strictement inférieure à 15 000/mm3 et profil IGHV muté. Le décès, la PTIA et la garantie invalidité spécifique sont alors accordés avec une surprime plafonnée à 100 %, pour une durée de couverture du prêt de 15 ans au maximum. La grille n'indique aucun délai d'attente.
Faut-il déclarer une greffe de moelle osseuse à l'assurance de prêt ?
Oui tant que vous ne relevez pas du droit à l'oubli : la greffe fait partie du traitement de votre hémopathie, et le questionnaire interroge sur les événements de santé et les traitements. Cinq ans après la fin du protocole, sans rechute, le cancer n'a plus à être déclaré. Restent à déclarer, selon la convention AERAS, les autres pathologies et toute incapacité ou invalidité en cours, liée ou non à ce cancer. La déclaration des séquelles d'un cancer couvert par le droit à l'oubli fait encore l'objet de travaux.
Un traitement d'entretien retarde-t-il le droit à l'oubli après un lymphome ?
La convention AERAS fixe le point de départ du délai de cinq ans à la fin du traitement actif par chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie, et précise qu'une thérapeutique persistante de type hormonothérapie ou immunothérapie ne le reporte pas. La grille ajoute qu'un traitement d'entretien institué après le protocole est sans influence sur ses délais. Demandez à votre hématologue d'écrire la date de fin du protocole et la nature du traitement poursuivi : c'est ce document qui fera foi auprès du médecin-conseil.
Le droit à l'oubli vaut-il pour la prévoyance d'un indépendant après une leucémie ?
Non. Le droit à l'oubli et la grille AERAS ne concernent que l'assurance de prêt. Un assureur de prévoyance individuelle peut vous interroger sur un lymphome ou une leucémie anciens et proposer un accord, une surprime, une exclusion, un ajournement ou un refus. Une exclusion doit être clairement mentionnée au contrat (loi du 31 décembre 1989, article 3). Le régime obligatoire verse ses prestations sans sélection médicale, et une mutuelle santé responsable ne pose aucune question de santé.
Votre question n’y est pas ? Un courtier vous rappelle et y répond sur votre situation réelle — gratuitement, même si vous ne souscrivez rien.
Être rappelé par un courtier5 ans après la fin des traitements, plus rien à déclarer : où en êtes-vous ?
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Sources
- Convention AERAS — grille de référence, édition de septembre 2023 (pages 3, 6 et 8 : LAP, LMC, Burkitt, LLC) — consulté en septembre 2026.
- Convention AERAS, version actualisée 2023 — titres III et IV — consulté en septembre 2026.
- Commission de médiation AERAS — rapport d'activité 2025 (droit à l'oubli, séquelles : travaux en cours) — consulté en septembre 2026.
- Santé publique France, Francim, INCa — incidence des hémopathies malignes en France métropolitaine, 1990-2018 — consulté en septembre 2026.
- Institut national du cancer — lymphomes hodgkiniens : l'essentiel — consulté en septembre 2026.
- Institut national du cancer — leucémie lymphoïde chronique : l'essentiel (mise à jour du 20 août 2024) — consulté en septembre 2026.
- Institut national du cancer — emprunter après un cancer (mise à jour du 31 août 2026) — consulté en septembre 2026.