Assurance et risque de santé

Obésité, sleeve, bypass et assurance de prêt : ce qui s'applique

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le

L'obésité et la chirurgie bariatrique — sleeve, bypass, anneau — ne figurent pas dans la grille de référence AERAS et n'ouvrent aucun droit à l'oubli : l'assureur tarifie au cas par cas. Les autres garanties de la convention AERAS s'appliquent pourtant : trois niveaux d'examen, réponse sous 5 semaines pour un dossier complet, jamais de surprime et d'exclusion cumulées pour une même pathologie sur une garantie. Pour un logement, sous 200 000 € assurés par personne et avec un prêt terminé avant 60 ans, l'assureur ne peut même pas demander votre poids. Aucune de ces règles ne vaut pour la prévoyance.

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Obésité, sleeve, bypass : quels textes s'appliquent ?

Aucun texte ne traite l'obésité à part. La grille de référence AERAS de septembre 2023 — la seule en vigueur au 17 septembre 2026, il n'existe pas d'édition 2025 ou 2026 — ne comporte ni ligne « obésité », ni ligne « chirurgie bariatrique ». Votre situation relève donc des règles générales, qui changent selon le prêt.

Obésité et chirurgie bariatrique : ce que prévoient les textes, au 17 septembre 2026
DispositifS'applique ?Effet concretTexte
Grille de référence AERASNonPas de délai ni de surprime plafonnée : tarification individuelleGrille, édition de septembre 2023
Droit à l'oubliNonRéservé aux cancers et à l'hépatite CArt. L.1141-5 du code de la santé publique
Dispense de questionnaire (loi Lemoine)Prêt immobilier seulementAucune question de santé si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant 60 ansArt. L.113-2-1 du code des assurances
Trois niveaux d'examen, pool des risques très aggravésOui, prêt immobilier ou professionnelUn refus déclenche automatiquement un réexamen individualisé ; le 3e niveau suppose une part assurée de 420 000 € au plus et un contrat terminé avant 71 ansConvention AERAS, titre III
Non-cumul surprime et exclusionOuiPas de surprime et d'exclusion au titre de la même pathologie, garantie par garantieConvention AERAS, titre III
Garantie invalidité spécifique (GIS)Oui, si l'invalidité standard n'est pas possibleInvalidité couverte sans exclusion de pathologie : incapacité fonctionnelle d'au moins 70 % couplée à une incapacité professionnelle ; à défaut, au minimum la perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA)Convention AERAS, titre III et annexe 2

Dernière précision : l'obésité n'étant pas dans la grille, aucun délai « officiel » ne court après une sleeve ou un bypass. Une offre qui vous dirait « revenez dans deux ans » relève de la politique propre de cet assureur, pas d'une règle commune.

Qu'examine le médecin-conseil de l'assureur ?

Les questionnaires de santé de l'assurance de prêt demandent en général votre taille et votre poids, dont l'assureur déduit l'indice de masse corporelle (IMC) : le poids divisé par la taille au carré. Aucun texte ne fixe de seuil d'IMC en assurance. Le médecin-conseil apprécie un ensemble : le niveau d'obésité, les complications associées, l'évolution du poids et le suivi médical.

Ce vocabulaire est celui des sources médicales. L'Assurance maladie classe l'obésité en trois niveaux : modérée (IMC de 30,0 à 34,9), sévère (35,0 à 39,9) et massive (40 et plus). Elle cite parmi les maladies associées le diabète de type 2, l'hypertension, l'apnée du sommeil, l'arthrose de la hanche ou du genou et certains cancers. Ce sont ces éléments, bien plus que le chiffre de la balance, que le dossier doit documenter. Un surpoids sans chirurgie relève de la même logique d'appréciation : voir surpoids, IMC et assurance de prêt.

Après une chirurgie, la Haute Autorité de santé recommande, dans ses recommandations validées le 8 février 2024, un suivi la vie durant : au moins quatre consultations la première année, puis à 18 et 24 mois, puis une à deux par an. Un suivi régulier, tracé, est donc aussi un élément de dossier.

Le chiffre clé 18,1 % des adultes vivant en France sont en situation d'obésité, soit près de 10 millions de personnes, selon l'étude épidémiologique OFÉO publiée en 2024 par la Ligue nationale contre l'obésité.

Pièces à préparer avec votre médecin, à adresser au seul médecin-conseil de l'assureur :

  • le compte rendu opératoire, si vous avez été opéré, et la date de l'intervention ;
  • la courbe de poids depuis l'intervention ou depuis le début de la prise en charge ;
  • le dernier bilan de suivi et les derniers résultats biologiques ;
  • les comptes rendus relatifs aux maladies associées éventuelles (tension, glycémie, sommeil) et leur traitement.

Faut-il déclarer une obésité ou une sleeve au questionnaire de santé ?

Oui, dès qu'un questionnaire est posé : l'article L.113-2 du code des assurances impose de répondre exactement aux questions de l'assureur — taille et poids du jour, date de l'intervention si elle est demandée —, et aucun droit à l'oubli ne couvre l'obésité ni la chirurgie bariatrique. Le questionnaire encadré par la convention AERAS (titre II) porte aussi sur les arrêts de plus de 21 jours consécutifs, les traitements de plus de 21 jours sur 10 ans au plus et les ALD des 15 dernières années. Seul un crédit immobilier d'habitation de 200 000 € assurés au plus par personne, terminé avant 60 ans, échappe à toute question (article L.113-2-1).

Et si l'arrêt de travail survient pendant le prêt ? C'est alors la garantie incapacité du contrat qui joue, avec sa franchise et ses exclusions : voir assurance emprunteur et arrêt maladie en cours de prêt.

Prêt professionnel avec une obésité ou après une sleeve : le questionnaire de santé est-il obligatoire ?

Oui, et la convention AERAS s'applique. Pour un prêt professionnel, le questionnaire de santé est toujours à remplir, même pour 30 000 €. L'article L.113-2-1 du code des assurances ne dispense de sélection médicale que les crédits immobiliers d'habitation ou mixtes ; l'article L.313-2 du code de la consommation exclut de ce régime les prêts qui financent une activité professionnelle.

La convention AERAS, elle, couvre les prêts professionnels destinés à l'acquisition de locaux ou de matériel et, depuis une décision de sa Commission de suivi du 7 octobre 2024, ceux qui financent un fonds de commerce composé exclusivement d'éléments immatériels. Le 3e niveau d'examen et l'écrêtement des surprimes y sont réservés aux dossiers dont la part assurée ne dépasse pas 420 000 € sur l'encours cumulé, avec un contrat terminé avant votre 71e anniversaire.

Cas type : Mehdi, 41 ans, plombier, opéré d'une sleeve

Mehdi, 41 ans, artisan plombier, a subi une sleeve en mars 2024. Il a perdu du poids, est suivi par l'équipe qui l'a opéré, et n'a pas d'autre traitement. Il emprunte 90 000 € sur 7 ans pour un utilitaire et de l'outillage. Marié, deux enfants, trois parts fiscales.

  1. Questionnaire ? Oui : c'est un prêt professionnel, la loi Lemoine ne s'applique pas, quel que soit le montant.
  2. Convention AERAS ? Oui : du matériel, 90 000 € assurés, sous le plafond de 420 000 €, et un contrat terminé à 48 ans, bien avant 71 ans.
  3. Grille ? Non : ni l'obésité ni la sleeve n'y figurent. Tarification individuelle, avec réexamen automatique au 2e puis au 3e niveau en cas de refus.
  4. Garantie arrêt de travail ? C'est elle qui compte pour un artisan et c'est là qu'une exclusion ou une surprime est la plus probable. La convention interdit de cumuler les deux au titre de l'obésité sur cette garantie. Si l'invalidité standard est refusée, l'assureur doit proposer la GIS lorsque c'est possible, et au minimum la PTIA.
  5. Écrêtement ? Possible si l'offre intervient au 2e ou 3e niveau et si le revenu du foyer ne dépasse pas 1,5 fois le plafond de la sécurité sociale pour trois parts, soit 72 090 € en 2026 (1,5 × 48 060 €) : l'assurance ne peut alors pas peser plus de 1,4 point de taux effectif global.

Le calendrier compte autant que le dossier : le fournisseur de l'utilitaire n'attendra pas. L'assureur s'engage à répondre en trois semaines à compter d'un dossier complet, et la banque en deux semaines ensuite. Des examens médicaux passés depuis moins de six mois pour un autre assureur sont réutilisables, et une proposition reste valable quatre mois.

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Prêt immobilier : l'assureur peut-il vous interroger sur votre poids ?

Pas toujours. Pour acheter un logement, la loi Lemoine interdit à l'assureur toute question de santé si la part assurée sur l'ensemble de vos crédits immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant vos 60 ans. Ni taille, ni poids, ni antécédent de chirurgie.

Reprenons Mehdi, né en juin 1985. Avec son épouse, il achète une maison de 260 000 €, assurée à 50 % chacun : 130 000 € sur sa tête. Sur 20 ans, à partir d'octobre 2026, le prêt se termine en octobre 2046, à 61 ans : questionnaire obligatoire. Sur 18 ans, il se termine en octobre 2044, à 59 ans : plus aucune question de santé pour lui. Les conditions s'apprécient assuré par assuré : son épouse en bénéficie si elle les remplit elle aussi. La durée du prêt est donc un levier à chiffrer avec votre banque.

Dans son avis adopté le 26 mai 2026, le Comité consultatif du secteur financier juge contraires à l'esprit de la loi les clauses qui excluent les antécédents de santé dans les contrats souscrits sans questionnaire. Selon ce même avis, le seuil de 200 000 € s'apprécie sur les seuls crédits immobiliers : un prêt professionnel n'entre pas dans le calcul. Mise en œuvre à partir du 1er septembre 2026, généralisée au plus tard en 2027.

Au-delà de ces seuils, vous retrouvez la tarification individuelle et les protections de la convention AERAS décrites plus haut. Le détail par type d'opération est dans notre page prêt immobilier avec un antécédent de santé.

Prévoyance, mutuelle, régime obligatoire : qu'est-ce qui change avec une obésité ou après une chirurgie ?

La convention AERAS s'arrête à l'assurance de prêt. Pour vos revenus en cas d'arrêt de travail, les règles sont celles du contrat, sans filet.

Obésité ou chirurgie bariatrique : la sélection médicale, contrat par contrat
ContratSélection médicaleProtection légaleEn pratique
Assurance de prêt immobilierNon sous 200 000 € par personne et fin avant 60 ans ; oui au-delàLoi Lemoine, convention AERASLa durée et les quotités peuvent faire entrer le dossier dans la dispense
Assurance de prêt professionnelOui, toujoursConvention AERAS (locaux, matériel, fonds immatériel)Tarification individuelle, trois niveaux d'examen
Prévoyance individuelle (arrêt de travail, invalidité, décès)OuiAucuneAccord standard, surprime, exclusion ciblée, ajournement ou refus
Mutuelle santé responsableInterditeArt. L.862-4 et L.871-1 du code de la sécurité socialeNi questionnaire ni tarif selon la santé
Régime obligatoire (ici la SSI)NonDroits ouverts par l'affiliationIndemnités journalières dès le 4e jour, jusqu'à 65,84 € par jour en 2026

Une prévoyance qui exclut les suites de l'obésité continue de couvrir une fracture, un accident de chantier, un cancer ou une infection : pour un indépendant manuel, ce contrat mérite d'être examiné avant d'être écarté. Chiffrez d'abord ce que verse votre caisse, puis comparez. La méthode est détaillée dans nos pages prévoyance avec antécédents de santé et prévoyance refusée ou ajournée.

Quelles erreurs éviter quand on emprunte avec une obésité ou après une chirurgie bariatrique ?

Cinq erreurs reviennent : arrondir son poids, déposer le même dossier partout à la fois, signer une surprime pour quinze ans sans calendrier de révision, accepter une garantie décès seule sans comparer avec les garanties alternatives, et envoyer ses comptes rendus à la banque.

  • Arrondir son poids. Une fausse déclaration intentionnelle expose à la nullité du contrat (article L.113-8 du code des assurances). Déclarez le poids du jour de la signature du questionnaire, avec la date de votre intervention si vous avez été opéré.
  • Déposer le même dossier partout à la fois. Beaucoup de questionnaires demandent si une proposition vous a déjà été refusée, ajournée ou majorée. Un dossier complet, adressé dans le bon ordre, vaut mieux que cinq demandes incomplètes.
  • Signer une surprime pour quinze ans sans calendrier. Pour un prêt immobilier, vous pourrez changer d'assurance à tout moment si votre situation évolue. Pour un prêt professionnel, négociez avec la banque, avant la signature, une clause qui vous permettra de substituer un autre contrat.
  • Accepter une garantie décès seule pour un petit prêt court sans comparer. La convention prévoit des garanties alternatives à l'assurance : caution, nantissement d'un contrat d'assurance vie ou d'un portefeuille, hypothèque. Les banques s'engagent à les accepter lorsqu'elles offrent la même sécurité que l'assurance.
  • Envoyer vos comptes rendus à la banque ou à un courtier. Ils ne vont qu'au médecin-conseil de l'assureur, sous pli confidentiel ou par sa plateforme sécurisée. Nous ne vous demanderons jamais de pièce médicale sur ce site.

Pour un accompagnement neutre sur la maladie elle-même, deux associations de référence : la Ligue nationale contre l'obésité et le Collectif national des associations d'obèses (CNAO).

Questions fréquentes

L'obésité est-elle dans la grille AERAS ?

Non. La grille de référence AERAS en vigueur, édition de septembre 2023, ne comporte aucune ligne consacrée à l'obésité ni à la chirurgie bariatrique. L'assureur tarifie donc au cas par cas. Les autres protections de la convention s'appliquent en revanche à un prêt immobilier ou à un prêt professionnel pour des locaux ou du matériel : trois niveaux d'examen automatiques, pas de surprime et d'exclusion cumulées pour une même pathologie sur une garantie, réponse de l'assureur sous trois semaines pour un dossier complet.

Faut-il déclarer son poids pour un prêt immobilier sous 200 000 € ?

Non, si deux conditions sont réunies : la part assurée sur l'ensemble de vos crédits immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne, et le prêt se termine avant votre 60e anniversaire. L'article L.113-2-1 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er juin 2022, interdit alors toute question de santé et tout examen médical pour un logement ou un local mixte. Cette dispense ne vaut jamais pour un prêt professionnel.

Après une sleeve ou un bypass, peut-on obtenir une assurance emprunteur ?

Oui, rien ne l'interdit, et aucun texte ne fixe de délai après l'opération. Tous risques de santé confondus, 93,6 % des demandes d'assurance de prêt en risque aggravé ont reçu en 2024 une offre couvrant au moins le décès, selon France Assureurs ; il n'existe pas de statistique publique propre à l'obésité. Le médecin-conseil regarde l'évolution du poids, les complications éventuelles et le suivi, que la Haute Autorité de santé recommande d'assurer la vie durant après une chirurgie bariatrique.

Mon IMC est supérieur à 35 : l'assureur peut-il refuser ?

Il peut proposer un tarif normal, une surprime, une exclusion, un ajournement ou un refus : aucun texte ne fixe de seuil d'IMC en assurance de prêt. S'il refuse, la convention AERAS transmet automatiquement votre dossier à un deuxième niveau d'examen, puis, si la part assurée ne dépasse pas 420 000 € et si le contrat se termine avant 71 ans, à un pool des risques très aggravés. La lettre de refus doit indiquer le niveau auquel il est intervenu.

Une mutuelle peut-elle augmenter mon tarif à cause de mon poids ?

Non, pas un contrat solidaire et responsable. Il ne comporte aucun questionnaire de santé et sa cotisation ne peut pas dépendre de votre état de santé, en application des articles L.862-4 et L.871-1 du code de la sécurité sociale. Le prix d'une mutuelle dépend de l'âge, du lieu de résidence et des garanties choisies. La sélection médicale ne concerne que l'assurance de prêt et la prévoyance individuelle.

Peut-on faire retirer une surprime liée au poids après avoir maigri ?

Rien ne l'impose à l'assureur : réviser un contrat en cours est une faculté, pas un droit. Pour un prêt immobilier, la loi du 28 février 2022 permet en revanche de changer d'assurance à tout moment : le nouvel assureur tarifie votre situation actuelle, et la banque doit accepter un contrat aux garanties équivalentes. Pour un prêt professionnel, ce droit n'existe pas : un changement suppose l'accord écrit préalable de la banque.

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18,1 % des adultes : l'obésité n'est pas un cas marginal

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.