Calculateur fiscal — barèmes 2026 vérifiés
Plafond PER 2026 : calculez votre déduction
Le plafond de déduction d'un plan d'épargne retraite dépend de votre statut, et les deux régimes n'ont ni la même assiette ni le même PASS. Un travailleur non salarié au réel déduit jusqu'à 88 911 € en 2026, calculés sur le bénéfice de l'année en cours. Un président de SASU ou un salarié déduit jusqu'à 37 680 €, calculés sur les revenus de l'an dernier. Un micro-entrepreneur, exclu du Madelin, garde lui aussi accès au PER.
Votre plafond en 4 champs
Deux régimes, deux calculs — l'erreur la plus répandue
La quasi-totalité des simulateurs en ligne applique une seule formule au PER. C'est faux : le Code général des impôts prévoit deux régimes distincts, qui ne diffèrent pas seulement par le taux, mais aussi par l'année de référence.
| Critère | TNS au réel (art. 154 bis) | Salarié, assimilé, micro (art. 163 quatervicies) |
|---|---|---|
| Assiette | Bénéfice imposable de l'année en cours | Revenus professionnels de l'année précédente, nets de cotisations et de frais |
| PASS retenu | Celui de l'année en cours : 48 060 € | Celui de l'année précédente : 47 100 € |
| Formule | 10 % du bénéfice (limité à 8 PASS) + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS | 10 % des revenus, retenus dans la limite de 8 PASS |
| Plancher | 4 806 € | 4 710 € |
| Plafond | 88 911 € | 37 680 € |
| Revenu saturant | 384 480 € | 376 800 € |
Sources : articles 154 bis et 163 quatervicies du CGI, doctrine BOFiP, plafond annuel de la Sécurité sociale fixé par arrêté du 22 décembre 2025.
À bénéfice égal de 120 000 €, un TNS au réel déduit 22 791 € quand un président de SASU rémunéré au même niveau ne déduit que 12 000 €. L'écart de 10 791 € ne tient pas au montant versé, mais à la tranche supplémentaire de 15 % réservée aux non-salariés.
Exemple : Claire, kinésithérapeute, 72 000 € de BNC
Claire exerce en libéral et relève de la CARPIMKO. Son bénéfice imposable 2026 s'établit à 72 000 €. Son plafond PER se calcule ainsi : 10 % de 72 000 € donnent 7 200 €, auxquels s'ajoutent 15 % de la fraction comprise entre 48 060 € et 72 000 €, soit 15 % de 23 940 € ou 3 591 €. Son disponible de l'année atteint donc 10 791 €.
Avec une tranche marginale à 30 %, verser l'intégralité de ce disponible lui fait économiser 3 237 € d'impôt : elle place 10 791 € pour un effort net de 7 554 €. Et ce plafond ne consomme rien de son disponible Madelin prévoyance, qui s'élève de son côté à 6 064,20 € — les deux enveloppes sont indépendantes.
Reste l'ordre des priorités, et c'est là que le conseil diverge du discours habituel. Claire relève d'une caisse qui ne verse rien avant le 91e jour d'arrêt, puis 55,44 € par jour. Placer 10 791 € sur un PER pendant qu'un arrêt de six mois lui coûterait plus de 20 000 € de revenu net serait un arbitrage discutable. La séquence qui protège : sécuriser d'abord le revenu, optimiser ensuite.
Ce qui change en 2026
- Plus de déduction à partir de 70 ans. La loi de finances pour 2026 supprime l'avantage fiscal à l'entrée pour les versements effectués à compter du jour du soixante-dixième anniversaire. Les anciens contrats PERP et Madelin retraite ne sont pas visés — et leur régime de sortie reste plus favorable.
- Report des plafonds porté à cinq ans, contre trois auparavant — mais sans effet rétroactif : pour un versement en 2026, les reliquats mobilisables restent ceux de 2023, 2024 et 2025. C'est le plafond constaté au titre de 2026 qui deviendra reportable jusqu'en 2031.
- Fiscalité de sortie alourdie. Les gains d'un PER sortis en capital supportent désormais un prélèvement forfaitaire de 31,4 % et non plus 30 %, la CSG sur les revenus du capital étant passée de 9,2 % à 10,6 %. L'assurance-vie est expressément exclue de cette hausse ; le PER ne l'est pas.
- Huit cas de déblocage anticipé désormais, et non plus six : s'ajoutent l'affection grave ou l'accident d'une particulière gravité touchant un enfant à charge, et le cas du titulaire mineur.
Le PER n'est pas une couverture. Il prépare un revenu futur ; il ne verse rien en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès prématuré — et les sommes y sont bloquées jusqu'à la retraite, hors les huit cas de déblocage. Avant d'optimiser sa fiscalité, mieux vaut vérifier ce que verse réellement sa caisse : le simulateur d'indemnités journalières donne la réponse en deux minutes.
L'économie d'impôt à l'entrée n'est qu'un report d'imposition
C'est le biais de tous les simulateurs de PER en ligne : ils affichent l'économie d'impôt de l'année du versement et s'arrêtent là. Or cette économie est un report d'imposition. À la sortie, la part du capital issue de vos versements déduits est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, catégorie pensions, sans l'abattement de 10 % dont bénéficient les retraites. Les gains, eux, subissent le prélèvement forfaitaire unique.
Le prélèvement forfaitaire sur les gains d'un PER est de 31,4 % en 2026, et non de 30 %. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %, auxquels s'ajoutent 12,8 % d'impôt. L'assurance-vie et les contrats de capitalisation sont expressément exclus de cette hausse et restent à 17,2 % — le PER, lui, est concerné.
La conséquence est simple à formuler : le PER gagne quand votre tranche marginale baisse entre aujourd'hui et la retraite, et perd son intérêt fiscal quand elle reste identique. Un indépendant imposé à 41 % en activité et à 11 % à la retraite fait une opération très favorable. Le même indépendant qui anticipe de rester à 30 % ne gagne plus rien sur l'impôt — il conserve un effet de capitalisation sur la somme non fiscalisée, ce qui reste positif, mais l'argument de défiscalisation tombe.
Le simulateur ci-dessus applique ce raisonnement complet : il demande votre tranche anticipée à la retraite, calcule l'impôt de sortie poste par poste, et affiche votre gain fiscal net en pourcentage des versements.
PER ou assurance-vie : l'arbitrage à effort net identique
La comparaison honnête ne met pas en regard 10 000 € versés sur un PER et 10 000 € versés sur une assurance-vie. Elle compare le même effort net : si verser 10 000 € sur un PER vous coûte réellement 5 900 € après économie d'impôt à 41 %, la bonne question est de savoir ce que donneraient ces 5 900 € placés directement.
Deux forces s'opposent alors. La déduction fait travailler une somme plus importante pendant toute la durée du placement, ce qui joue en faveur du PER. À l'inverse, la fiscalité de sortie est plus lourde : 31,4 % sur les gains contre 24,7 % en assurance-vie après huit ans, et cette dernière bénéficie en outre d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple.
Sur un horizon long et avec un écart de tranche significatif, le PER l'emporte nettement. Sur un horizon court ou à tranche constante, l'écart se resserre jusqu'à s'inverser — et l'assurance-vie conserve un avantage que le calcul ne chiffre pas : les sommes y restent disponibles à tout moment, là où le PER reste bloqué jusqu'à la retraite en dehors des huit cas de déblocage anticipé.
Contre-discours : trois profils pour lesquels le PER n'est pas la bonne réponse
- La tranche à 11 % ou à 0 %. À 11 %, la déduction rapporte 11 centimes par euro versé, pour un capital bloqué jusqu'à la retraite. L'assurance-vie ou un simple compte-titres offrent la même capitalisation sans le blocage.
- Le besoin de liquidité à court terme. Une activité en développement, un projet d'acquisition de locaux, une trésorerie tendue : le PER est l'enveloppe la moins adaptée, ses cas de déblocage étant limitativement énumérés.
- La couverture prévoyance absente. C'est l'ordre qui compte. Un PER ne verse rien si vous vous arrêtez de travailler demain, et vos versements cessent au moment précis où votre revenu s'effondre. Se couvrir d'abord, défiscaliser ensuite — vérifiez ce que verse votre caisse avant d'arbitrer.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de déduction PER en 2026 ?
Il dépend du statut. Un travailleur non salarié au réel déduit 10 % de son bénéfice (retenu dans la limite de 8 PASS) plus 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, soit jusqu'à 88 911 €, avec un plancher de 4 806 €. Un salarié, un assimilé salarié ou un micro-entrepreneur déduit 10 % de ses revenus professionnels de l'année précédente, soit jusqu'à 37 680 €, avec un plancher de 4 710 €.
Le plafond PER se calcule-t-il sur le PASS de cette année ou de l'an dernier ?
Les deux, selon le statut. Le travailleur non salarié au réel calcule sur le bénéfice de l'année en cours avec le PASS de l'année en cours, soit 48 060 € en 2026. Le salarié et l'assimilé salarié calculent sur les revenus de l'année précédente avec le PASS de cette année-là, soit 47 100 € pour les versements de 2026. C'est l'erreur la plus fréquente des simulateurs.
Un micro-entrepreneur peut-il déduire des versements sur un PER ?
Oui, et c'est contre-intuitif : la déduction Madelin lui est fermée, parce que l'abattement forfaitaire du régime micro est réputé couvrir toutes ses charges, mais le PER lui reste ouvert par le plafond de droit commun. Son assiette est le chiffre d'affaires de l'année précédente diminué de l'abattement, et il bénéficie au minimum du plancher de 4 710 €.
Le plafond PER et le plafond Madelin prévoyance sont-ils cumulables ?
Ce sont deux enveloppes distinctes et non fongibles. L'article 154 bis du CGI énumère trois limites séparées : retraite, prévoyance et santé, perte d'emploi. Consommer le disponible prévoyance de 11 534,40 € ne réduit donc pas le plafond PER, et inversement.
Peut-on encore déduire ses versements PER après 70 ans ?
Non. La loi de finances pour 2026 supprime la déduction pour les versements effectués à compter du jour du soixante-dixième anniversaire du titulaire. En contrepartie, ces versements non déduits ressortent en capital en franchise d'impôt sur le revenu et bénéficient, en rente, du régime des rentes viagères à titre onéreux.
Que deviennent les plafonds non utilisés des années précédentes ?
Ils restent mobilisables. Pour un versement effectué en 2026, les reliquats des années 2023, 2024 et 2025 peuvent être ajoutés au plafond de l'année, en commençant par le plus ancien. La loi de finances pour 2026 porte ce report de trois à cinq ans, mais sans effet rétroactif : c'est le plafond constaté au titre de 2026 qui deviendra reportable jusqu'en 2031.
Comment est imposé un PER à la sortie ?
En sortie en capital, la part issue des versements déduits est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, catégorie pensions, sans l'abattement de 10 %. Les gains subissent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), avec option pour le barème. Les versements que vous avez choisi de ne pas déduire ressortent en franchise d'impôt sur le revenu, seuls leurs gains étant taxés.
Le PER est-il toujours intéressant ?
Non. Son avantage tient à l'écart entre votre tranche marginale d'aujourd'hui et celle de votre retraite. Si cette tranche reste identique, vous êtes imposé à la sortie autant que vous avez économisé à l'entrée : il ne subsiste qu'un effet de capitalisation sur la somme non fiscalisée. À 11 % ou à 0 % de tranche marginale, la déduction ne justifie généralement pas le blocage des sommes jusqu'à la retraite.
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Pour aller plus loin
Sources
- Légifrance — article 154 bis du CGI (plafond du TNS au réel) — consulté en août 2026.
- Légifrance — article 163 quatervicies du CGI (plafond de droit commun, mutualisation, reports) — consulté en août 2026.
- Loi de finances pour 2026 (n° 2026-103 du 19 février 2026) — articles 9 et 10 — consulté en août 2026.
- BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50-20 (assiette, micro-entrepreneurs) — consulté en août 2026.
- Légifrance — article L. 224-4 du Code monétaire et financier (cas de déblocage anticipé) — consulté en août 2026.
- service-public.gouv.fr — PER individuel — consulté en août 2026.
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