Assurance et risque de santé

Cancer et assurance de prêt : droit à l'oubli de 5 ans et grille AERAS

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le

Oui, on peut assurer un prêt après un cancer, et trois règles fixent à quelles conditions au 18 septembre 2026. Sans aucun questionnaire de santé si la part assurée sur l'encours cumulé de vos contrats de crédit ne dépasse pas 200 000 € par assuré et si le crédit immobilier — au sens du 1° de l'article L.313-1 du code de la consommation — se termine avant votre 60e anniversaire (article L.113-2-1 du code des assurances). Sinon, le droit à l'oubli vaut pour tous les cancers : 5 ans après la fin des traitements actifs, sans rechute, plus rien à déclarer (article L.1141-5 du code de la santé publique). Avant cette date, la grille de référence AERAS de septembre 2023 ouvre le tarif normal dès 1 à 4 ans pour certains cancers à un stade précis, et plafonne la surprime pour d'autres. Ces règles valent pour un prêt immobilier comme pour un prêt professionnel finançant des locaux ou du matériel, jamais pour la prévoyance.

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Droit à l'oubli ou grille : quelle règle s'applique à votre cancer ?

La date de fin de vos traitements décide de tout. La convention AERAS définit la fin du protocole thérapeutique comme la fin du traitement actif — chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie — « hormis la possibilité d'une thérapeutique persistante de type hormonothérapie ou immunothérapie ». À partir de là, trois situations au 17 septembre 2026 :

  1. Plus de 5 ans, sans rechute : droit à l'oubli (article L.1141-5 du code de la santé publique). L'assureur ne peut demander aucune information sur ce cancer ; si vous le mentionnez, il ne peut appliquer ni surprime ni exclusion.
  2. Moins de 5 ans, mais votre cancer correspond à une ligne de la grille : le tarif normal ou une surprime plafonnée, après le délai fixé pour cette ligne.
  3. Moins de 5 ans, hors grille : tarification individuelle, avec les protections générales de la convention.

Le droit à l'oubli et la grille ne jouent que si le contrat d'assurance se termine avant votre 71e anniversaire. La grille exige en plus une part assurée de 420 000 € au plus ; le droit à l'oubli n'a pas de plafond de montant. Restent toujours à déclarer, si le questionnaire les demande : vos autres pathologies et toute incapacité, invalidité ou inaptitude au travail en cours, même liée à l'ancien cancer — voir emprunter en invalidité ou avec un handicap.

Le chiffre clé 433 136 nouveaux cas de cancer ont été estimés en France en 2023, et environ 3,8 millions de personnes de 15 ans et plus vivaient avec un antécédent de cancer selon la dernière estimation, qui date de 2018 (Institut national du cancer). Les plus fréquents : la prostate chez l'homme et le sein chez la femme, suivis du poumon et du côlon-rectum.

Quel cancer, quelle règle, quelle page ?

Huit cancers ont leur page sur ce site, chacune avec la ou les lignes exactes de la grille, un calendrier daté et un cas type d'indépendant. Le tableau ci-dessous résume la règle applicable à chacun au 18 septembre 2026 ; le droit à l'oubli à 5 ans vaut dans tous les cas.

Quel cancer, quelle page : ce que prévoit la grille AERAS de septembre 2023, et où lire le détail
CancerLigne(s) de la grilleDélai après la fin du protocolePage détaillée
SeinIn situ (partie I) ; infiltrant stade I pT1N0M0, surprime plafonnée à 100 % (partie II)1 an ; 3 ansCancer du sein
ProstateSurveillance active, surprime limitée à 75 % ; forme localisée traitée, tarif normal (partie II)Sans délai ; 1 anCancer de la prostate
Lymphomes, leucémiesLAP/LAM3 (partie I) ; LMC ≤ 150 %, Burkitt ≤ 50 %, LLC ≤ 100 % (partie II)3 ans ; 5 ans après le diagnostic ; aucun délai indiqué pour la LLCLymphomes et leucémies
Mélanome de la peauIn situ pur ou niveau I de Clark, exérèse complète (partie I)1 anMélanome
Côlon et rectumStade Tis (> 50 ans) ; stade I T1N0M0 adénocarcinome (> 50 ans) (partie I)1 an ; 4 ansCancer colorectal
ThyroïdePapillaire ou vésiculaire, stade I avant 45 ans, stade I ou II à 45 ans et plus (partie I)3 ansCancer de la thyroïde
PoumonAucune ligne : tarification individuelle, trois niveaux, non-cumul, GIS, écrêtement— (droit à l'oubli à 5 ans)Cancer du poumon
TesticuleSéminome pur, stade I (partie I)3 ansCancer du testicule
Col de l'utérus, méningiomes, astrocytome pilocytiqueCIN III / in situ (partie I) ; méningiome grade I opéré, astrocytome (partie II)1 an ; 2 ans ; 4 ansLa grille ligne à ligne
Tout autre cancer (pancréas, estomac, rein, vessie, ORL, cerveau…)Aucune ligne— (droit à l'oubli à 5 ans)Section « hors grille » ci-dessous

Que dit la grille AERAS pour votre cancer ?

La grille de référence en vigueur est l'édition de septembre 2023 : il n'existe pas de grille 2025 ou 2026. Sa partie I liste les cancers qui ouvrent le tarif normal, sans surprime ni exclusion au titre de ce cancer, après un délai compté à partir de la fin du protocole thérapeutique et sans rechute. Les conditions sont cumulatives ; en voici un résumé fidèle, à vérifier ligne à ligne dans le texte officiel.

Grille AERAS de septembre 2023, partie I : cancers donnant accès au tarif normal
CancerCritères de la grilleDélai après la fin du protocole
TesticuleSéminome pur, stade I3 ans — détail dans notre page cancer du testicule
Sein in situCarcinome lobulaire ou canalaire in situ strict, ou canalaire in situ avec micro-invasion de 1 mm au plus sans atteinte ganglionnaire ; traitement selon le consensus HAS/INCa1 an — détail dans notre page cancer du sein
Mélanome de la peauIn situ pur sans caractère micro-infiltrant ou niveau I de Clark ; exérèse complète ; absence de syndrome des nævi dysplasiques1 an — détail dans notre page mélanome
Col de l'utérusCIN III (ou HSIL) ou in situ pur sans caractère micro-infiltrant ; traitement de référence et surveillance selon les recommandations HAS1 an
Côlon et rectum, stade Tis (stade 0)Plus de 50 ans au diagnostic1 an
Côlon et rectum, stade I (T1N0M0)Plus de 50 ans au diagnostic ; adénocarcinome4 ans — détail dans notre page cancer colorectal
ThyroïdePapillaire ou vésiculaire : moins de 45 ans au diagnostic et stade I, ou 45 ans et plus et stade I ou II3 ans — détail dans notre page cancer de la thyroïde ; pour une maladie de la thyroïde sans cancer, voir thyroïde
Leucémie aiguë promyélocytaire (LAP, LAM3)Quel que soit le nombre de leucocytes au diagnostic ; traitement réalisé3 ans — détail dans notre page lymphomes et leucémies

La partie II vise des situations où l'assureur peut appliquer une surprime, mais plafonnée, garantie par garantie. Le point de départ du délai n'est pas le même partout : la grille l'écrit ligne par ligne. Deux familles ont leur page : le cancer de la prostate, et les lymphomes et leucémies.

Grille AERAS de septembre 2023, partie II : cancers et tumeurs avec surprime plafonnée
PathologieCritères de la grille (résumé)DélaiConditions par garantie
Sein infiltrant, stade I (pT1N0M0)20 mm au plus, pas d'envahissement ganglionnaire (ou cellules isolées de 0,2 mm au plus), pas de métastase, grade SBR I ou II, activité reprise sans restriction depuis au moins 1 an3 ansDécès, perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), incapacité et invalidité : surprime plafonnée à 100 %
Prostate en surveillance active55 ans ou plus au diagnostic, stade clinique T1c au plus, PSA de 10 ng/mL au plus, score de Gleason de 6 au plus, 2 biopsies positives au plus avec 50 % au plus de tissu malin par carotte, adénocarcinome pur intra-glandulaire, aucun traitement dont hormonothérapieSans délaiDécès et PTIA : surprime limitée à 75 % ; garantie invalidité spécifique (GIS) non proposée
Prostate traitéeT1N0M0 ou T2aN0M0, PSA inférieur à 10 ng/mL et Gleason de 6 au plus ; PSA de moins de 6 mois inférieur à 0,1 ng/mL après prostatectomie radicale, ou à 1,5 ng/mL après radiothérapie conformationnelle ou curiethérapie1 an (colonne « à compter du diagnostic »)Tarif normal : décès et PTIA sans surprime ; GIS sans surprime en l'absence de complications ou de séquelles
Leucémie myéloïde chroniqueTraitement en cours ; transcrit bcr-abl strictement indétectable pendant les 36 mois continus précédant la souscription5 ans après le diagnosticDécès, PTIA et GIS : surprime plafonnée à 150 %
Leucémie ou lymphome de Burkitt, LAL360 ans au plus ; indice de performance OMS 0 ou 1 ; traitement réalisé5 ans après le diagnosticDécès, PTIA et GIS : surprime plafonnée à 50 %
Leucémie lymphoïde chroniqueEntre 25 et 70 ans ; aucun traitement à la souscription ; stade A de Binet ; lymphocytose inférieure à 15 000/mm³ ; profil IGHV mutéAucun délai indiquéDécès, PTIA et GIS : surprime plafonnée à 100 %, couverture du prêt limitée à 15 ans
Astrocytome pilocytique de grade I21 à 60 ans au diagnostic ; chirurgie exclusive avec exérèse complète4 ans après la chirurgieDécès et PTIA sans surprime ; GIS sans surprime en l'absence de complications ou de séquelles
Méningiome cérébral de grade I opéréRésection complète, pas de récidive à l'imagerie, pas de radiothérapie, pas de déficit cognitif ou neurologique2 ans après la fin du traitement chirurgicalExtra-mortalité de 6 ‰ par an du capital restant dû jusqu'à 5 ans après la chirurgie ; PTIA et GIS aux mêmes conditions
Méningiome « non évolutif »Stabilité à l'imagerie depuis 5 ans ; pas de déficit cognitif ou neurologiqueDurée du contrat dans les limites d'âge AERASExtra-mortalité de 6 ‰ par an du capital restant dû « jusqu'à 10 ans après le traitement chirurgical » ; PTIA et GIS aux mêmes conditions

Comment lire la grille. Le stade est celui retenu par la réunion de concertation pluridisciplinaire : stade « p » TNM du compte rendu anatomopathologique définitif en cas de chirurgie première, stade « c » TNM sinon. Un traitement d'entretien institué après le protocole n'a pas d'influence sur les délais, et le trastuzumab n'est pas pris en compte. Les conditions de la grille supposent l'absence d'autres facteurs de risque ou pathologies, appréciés séparément. Pour les méningiomes, la grille intègre ceux induits par Androcur®, Lutenyl® ou Luteran® et leurs génériques. Vérifiez avec votre médecin, compte rendu en main, que votre situation répond à chaque critère : la décision appartient ensuite au médecin-conseil de l'assureur.

Poumon, pancréas, lymphome : que se passe-t-il pour un cancer hors grille ?

La plupart des cancers n'ont pas de ligne dans la grille, ou pas à votre stade — c'est le cas du cancer du poumon, le plus fréquent des cancers sans aucune ligne, et des lymphomes autres que celui de Burkitt. Avant cinq ans, l'assureur tarifie donc au cas par cas, mais la convention AERAS continue de protéger votre prêt immobilier ou professionnel :

  • Trois niveaux d'examen automatiques : un refus au contrat standard passe à un réexamen individualisé, puis au pool des risques très aggravés, sous conditions de 420 000 € et 71 ans pour ce dernier. La lettre de refus doit indiquer le niveau atteint.
  • Pas de cumul : surprime et exclusion ne peuvent pas frapper la même garantie au titre du même cancer.
  • Invalidité : à défaut de garantie standard, une garantie invalidité spécifique (GIS), sans exclusion de la pathologie déclarée ; au minimum, la perte totale et irréversible d'autonomie.
  • Écrêtement : aux 2e et 3e niveaux, pour une résidence principale ou un prêt professionnel de 420 000 € au plus, si le revenu du foyer ne dépasse pas 48 060 € pour une part fiscale en 2026 (1,25 fois ce plafond de 1,5 à 2,5 parts, 1,5 fois à partir de 3 parts) : l'assurance ne peut pas peser plus de 1,4 point de taux effectif global.

Et la date du droit à l'oubli reste la même pour tous : cinq ans après la fin du protocole, un cancer du poumon ou du pancréas n'a pas plus à être déclaré qu'un mélanome in situ.

Prêt professionnel après un cancer : loi Lemoine ou convention AERAS ?

La convention AERAS s'applique, la loi Lemoine jamais. La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé pour un crédit immobilier d'habitation ou mixte, sous 200 000 € de part assurée par personne et avec un remboursement terminé avant 60 ans (article L.113-2-1 du code des assurances). Elle ne vise jamais un prêt professionnel : un fonds de commerce, une patientèle, du matériel ou un local strictement professionnel se financent toujours avec un questionnaire, quel que soit le montant.

La convention AERAS, elle, couvre les prêts professionnels pour l'acquisition de locaux et de matériels — droit à l'oubli, grille, trois niveaux — et, depuis une décision du 7 octobre 2024, ceux qui financent un fonds de commerce composé exclusivement d'éléments immatériels : clientèle, achalandage, enseigne, droit au bail, licences. Le rachat de parts sociales ne figure pas dans ce champ tel qu'il est rédigé : en pratique, les assureurs instruisent ces dossiers, mais sans que les garanties de la convention s'imposent à eux.

Cas type : Marc, 56 ans, boulanger, reprend une boulangerie

Exemple construit pour illustrer le raisonnement, à partir des textes : ce n'est ni un dossier réel, ni une promesse de résultat. À 52 ans, Marc a été opéré d'un adénocarcinome du côlon de stade I (T1N0M0), sans autre traitement ; son chirurgien date la fin du protocole au 12 avril 2022. En septembre 2026, il reprend une boulangerie — un fonds que les cessions de 2025 valorisaient en moyenne à 258 604 € selon Altares — et emprunte 200 000 € sur 7 ans pour le fonds et le matériel, assuré à 100 %.

  1. Le prêt est-il dans le champ ? Oui pour le matériel : 200 000 € assurés, sous le plafond de 420 000 € (sans autre prêt garanti par le même assureur), contrat terminé à 63 ans, avant le 71e anniversaire. Pour la part du fonds, la décision de 2024 vise les fonds composés exclusivement d'éléments immatériels : Marc fait préciser par écrit comment l'assureur qualifie un fonds qui comprend aussi du matériel. La loi Lemoine, elle, ne s'applique pas : Marc remplit le questionnaire.
  2. La grille ? Oui. Stade I T1N0M0, adénocarcinome, plus de 50 ans au diagnostic : délai de 4 ans, atteint le 12 avril 2026. Aucune surprime ni exclusion au titre de ce cancer, sur le décès, la PTIA et l'incapacité-invalidité, sauf autre facteur de risque apprécié à part.
  3. Le droit à l'oubli ? Après le 12 avril 2027, Marc n'aura plus à mentionner ce cancer. Inutile d'attendre cette date pour signer : sur ce cancer, la grille lui ouvre déjà le tarif normal.
  4. Et s'il avait eu 48 ans au diagnostic ? La ligne ne s'appliquerait pas (plus de 50 ans exigés) : tarification individuelle jusqu'en avril 2027, avec les trois niveaux d'examen et le non-cumul. C'est là qu'une demande préparée tôt compte.

Côté calendrier, la convention prévoit 5 semaines au plus à compter d'un dossier complet : un délai à caler sur la date de la condition suspensive de prêt du compromis de cession. Le compte rendu anatomopathologique et le compte rendu de fin de traitement se rassemblent avant le rendez-vous bancaire.

Étape suivante

Faire instruire votre dossier avant de signer le compromis

Droit à l'oubli, ligne de la grille ou tarification individuelle : la stratégie n'est pas la même. Nous qualifions votre prêt, interrogeons plusieurs assureurs et vous remettons une recommandation écrite. Aucun questionnaire médical en ligne : vos comptes rendus ne vont qu'au médecin-conseil de l'assureur.

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Prêt immobilier après un cancer : peut-on emprunter sans questionnaire de santé ?

Oui, sous deux conditions : pour un logement, une porte supplémentaire existe. Si la part assurée sur vos crédits immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant vos 60 ans, l'assureur ne peut vous poser aucune question de santé : un cancer récent n'entre pas en ligne de compte. À deux emprunteurs assurés chacun à 50 %, un prêt de 400 000 € peut y entrer. Selon le bilan de la loi remis au Parlement par le Comité consultatif du secteur financier, 58,5 % des contrats portaient sur moins de 200 000 €, mais seuls 23 % d'entre eux remplissaient aussi la condition d'âge.

Hors dispense, on retombe sur le droit à l'oubli, la grille et la convention. Vous payez déjà une surprime liée à un cancer terminé depuis plus de cinq ans ? Sur un prêt immobilier, vous pouvez changer d'assurance à tout moment : voyez comment faire sauter une surprime ancienne, sans jamais résilier avant l'accord écrit de la banque sur le nouveau contrat.

Prévoyance, mutuelle, régime obligatoire : qu'est-ce qui change après un cancer ?

Le droit à l'oubli et la grille AERAS s'arrêtent à l'assurance de prêt. Un assureur de prévoyance individuelle peut vous interroger sur un cancer ancien, puis accepter, majorer, exclure, ajourner ou refuser. Une mutuelle santé responsable, elle, ne pose aucune question de santé, et votre régime obligatoire vous couvre sans sélection médicale. État des règles au 17 septembre 2026 :

Après un cancer : sélection médicale et protections, contrat par contrat, au 17 septembre 2026
ContratSélection médicaleProtection légaleEn pratique
Assurance de prêt (immobilier, professionnel)Oui, sauf dispense Lemoine en immobilierConvention AERAS, grille, droit à l'oubli à 5 ansLe contrat le mieux encadré
Prévoyance individuelle (arrêt de travail, invalidité, décès)OuiNi grille ni droit à l'oubli ; une exclusion d'un antécédent doit être clairement mentionnée au contrat (loi Évin, article 3)Accord, surprime, exclusion ciblée, ajournement ou refus
Homme clé, garantie croisée d'associésOuiAucuneMêmes issues que la prévoyance
Mutuelle santé responsableNonPas de questionnaire, pas de tarif selon l'état de santéJamais un obstacle
Contrat collectif obligatoire de l'entreprisePas de sélection individuelleLoi Évin, article 2 : suites des états antérieurs prises en chargeConcerne le dirigeant assimilé salarié affilié au contrat de sa société
Régime obligatoire (SSI, caisses libérales)NonDroits ouverts par l'affiliationLe socle : jusqu'à 65,84 € par jour d'indemnités pour un artisan ou un commerçant en 2026

Une prévoyance qui exclut les suites de votre cancer continue de payer pour un accident ou une autre maladie : elle mérite examen. Chiffrez d'abord ce que verse votre caisse obligatoire, puis voyez notre page prévoyance d'un indépendant après un cancer, droit à l'oubli et prévoyance et, si la réponse est négative, prévoyance refusée ou ajournée.

Quelles erreurs éviter quand on emprunte après un cancer ?

Quatre erreurs reviennent dans les dossiers : taire un cancer qui ne relève pas encore du droit à l'oubli, supposer qu'une ligne de la grille s'applique sans en vérifier chaque critère, multiplier les demandes à l'aveugle, et envoyer ses comptes rendus médicaux ailleurs qu'au médecin-conseil de l'assureur.

  • Taire un cancer hors droit à l'oubli. Une fausse déclaration intentionnelle expose à la nullité du contrat (article L.113-8 du code des assurances) : la dette retomberait sur vos proches ou votre entreprise.
  • Supposer que votre cancer « est dans la grille ». Une ligne vise un type histologique, un stade et parfois un âge au diagnostic précis : un critère manquant, et la ligne ne s'applique pas.
  • Multiplier les demandes à l'aveugle. Beaucoup de questionnaires demandent si une proposition a déjà été refusée, ajournée ou majorée. Préparez un dossier complet ; des examens de moins de 6 mois passés pour un assureur sont réutilisables chez un autre.
  • Envoyer vos comptes rendus à la banque ou par e-mail. Ils vont au seul médecin-conseil de l'assureur, sous pli confidentiel ou par sa plateforme sécurisée.

Interlocuteurs neutres : le service AIDEA de la Ligue contre le cancer, gratuit et dédié à l'emprunt, au 0 800 940 939 ; la ligne Santé Info Droits de France Assos Santé, au 01 53 62 40 30 (prix d'un appel normal), pour les questions juridiques liées à la santé.

Questions fréquentes

Combien de temps après un cancer peut-on emprunter sans le déclarer ?

Cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, en l'absence de rechute, pour tous les cancers quelle que soit leur localisation. C'est le droit à l'oubli, prévu par l'article L.1141-5 du code de la santé publique et la convention AERAS. Il vaut pour un prêt immobilier, un crédit à la consommation affecté et un prêt professionnel finançant des locaux ou du matériel, si le contrat d'assurance se termine avant votre 71e anniversaire. Une hormonothérapie persistante ne reporte pas la date.

Quels cancers figurent dans la grille AERAS ?

La grille de référence en vigueur, édition de septembre 2023, vise à des stades précis les cancers du testicule, du sein, du col de l'utérus, du côlon et du rectum, de la thyroïde, le mélanome, la leucémie aiguë promyélocytaire, la leucémie myéloïde chronique, le lymphome de Burkitt, la leucémie lymphoïde chronique et le cancer de la prostate. Elle traite aussi l'astrocytome pilocytique et les méningiomes. Les délais vont de zéro à cinq ans selon la ligne.

Mon cancer n'est pas dans la grille AERAS : vais-je être refusé ?

Pas nécessairement. Hors grille, l'assureur tarifie au cas par cas, mais la convention AERAS continue de s'appliquer : réexamen automatique à un deuxième puis à un troisième niveau, interdiction de cumuler surprime et exclusion pour la même pathologie sur une même garantie, garantie invalidité spécifique. En 2024, toutes pathologies confondues, 93,6 % des demandes en risque aggravé ont reçu une proposition couvrant au moins le décès, selon France Assureurs.

Le droit à l'oubli s'applique-t-il à un prêt pour reprendre une entreprise ?

Oui si le prêt finance des locaux ou du matériel : la convention AERAS le prévoit expressément, à condition que le contrat d'assurance prenne fin avant votre 71e anniversaire. Le fonds de commerce composé d'éléments immatériels est entré dans le champ de la convention le 7 octobre 2024. Le rachat de parts sociales n'y est pas mentionné. Dans tous les cas, la loi Lemoine ne supprime pas le questionnaire de santé d'un prêt professionnel.

Faut-il déclarer un arrêt de travail lié à un ancien cancer ?

Oui s'il est en cours. Même lorsque le cancer relève du droit à l'oubli, la convention AERAS impose de déclarer les situations actuelles d'incapacité, d'invalidité ou d'inaptitude au travail, qu'elles soient liées ou non à ce cancer, ainsi que les autres pathologies. Le cancer lui-même n'a pas à être mentionné, et s'il l'est, l'assureur ne peut en tenir compte ni par une surprime ni par une exclusion.

Le droit à l'oubli vaut-il pour ma prévoyance d'indépendant ?

Non. Le droit à l'oubli et la grille AERAS ne concernent que l'assurance de prêt. Un assureur de prévoyance individuelle peut vous interroger sur un cancer ancien et proposer un accord standard, une surprime, une exclusion, un ajournement ou un refus. Une exclusion doit alors être clairement mentionnée dans votre contrat (loi Évin du 31 décembre 1989, article 3). Votre régime obligatoire vous couvre sans sélection médicale.

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.