Assurance et risque de santé
Maladie psychiatrique et assurance de prêt : schizophrénie, TCA, TDAH
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Publié le
Schizophrénie, troubles anxieux sévères, anorexie mentale, TDAH, autisme : aucune de ces maladies ne figure dans la grille AERAS et aucune n'ouvre de droit à l'oubli. L'assureur d'un prêt instruit chaque dossier au cas par cas, avec des questions bornées par la convention AERAS : traitements de plus de 21 jours sur 10 ans au plus, ALD sur 15 ans au plus, arrêts de plus de 21 jours consécutifs. En 2024, toutes pathologies confondues, 93,6 % des demandes à risque aggravé ont reçu une proposition couvrant au moins le décès (France Assureurs). Pour un logement sous 200 000 € assurés par personne et un prêt fini avant 60 ans, aucune question n'est posée.
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Quelles règles s'appliquent à toutes les maladies psychiatriques en assurance de prêt ?
Les mêmes cinq, quel que soit le trouble. Aucune ligne de la grille de référence AERAS de septembre 2023 ne concerne une maladie psychiatrique ; l'article L.1141-5 du code de la santé publique réserve le droit à l'oubli aux cancers et à l'hépatite C ; la convention AERAS borne les questions et impose trois niveaux d'examen ; l'article L.113-2 du code des assurances impose de répondre exactement ; l'article L.113-2-1 dispense de questionnaire sous 200 000 € et 60 ans en immobilier.
| Question | Réponse | Texte |
|---|---|---|
| Faut-il déclarer ? | Oui, à toute question précise qui vise un traitement de plus de 21 jours (10 ans), une ALD (15 ans), un arrêt de plus de 21 jours consécutifs, une hospitalisation ou un suivi | Art. L.113-2 c. assur. ; convention AERAS, titre II |
| Quelle surprime ? | Aucun barème : tarification individuelle. Repères 2024, toutes pathologies : décès sans surprime 65 %, incapacité-invalidité sans surprime ni exclusion 54 %, refusée 10 % | France Assureurs, statistiques AERAS 2024 |
| Droit à l'oubli ? | Non, pour aucun trouble psychiatrique | Art. L.1141-5 CSP |
| Que faire en cas de refus ? | Niveau du refus, motif médical par courrier au médecin de l'assureur, réexamen automatique (3 niveaux), autres assureurs, garanties alternatives, médiation AERAS | Convention AERAS, titre III |
| Couvert pendant un arrêt de travail ? | Selon la clause « affections psychiatriques » de l'ITT (sans ou avec condition d'hospitalisation) et une éventuelle exclusion personnelle ; franchise fréquemment de 90 jours | Critères CCSF 2015 ; avis CCSF du 26 mai 2026 ; art. L.113-1 c. assur. |
Ce qui change d'un trouble à l'autre, c'est ce que le médecin-conseil regarde : stabilité, traitement, hospitalisations, capacité de travail. Les sections qui suivent décrivent ces critères tels que les documentent l'Inserm, la Haute Autorité de santé et l'Assurance maladie. Ce ne sont pas des barèmes : la décision appartient au médecin-conseil de l'assureur.
Schizophrénie et assurance de prêt : que regarde l'assureur ?
La stabilité sous traitement, la date du dernier épisode, les hospitalisations et l'activité exercée. La schizophrénie concerne environ 600 000 personnes en France et se révèle généralement entre 15 et 25 ans ; « environ un tiers des patients sont en rémission durable après quelques années de traitement », les autres voyant la maladie persister « avec des symptômes à peu près contrôlés grâce à un suivi médical » (Inserm). Elle peut relever de l'ALD 23 « affections psychiatriques de longue durée ».
Pour le questionnaire, un traitement antipsychotique au long cours et l'ALD entrent dans les questions harmonisées ; une hospitalisation se déclare si la question est posée. Un dossier daté — courrier du psychiatre précisant le traitement, l'absence d'hospitalisation depuis une date donnée et l'activité à temps plein — est ce qui distingue une demande instruite d'une demande refusée au premier niveau. Si l'invalidité standard est refusée, la convention prévoit la garantie invalidité spécifique à 70 % d'incapacité fonctionnelle, sans exclusion de la pathologie déclarée ; pour un indépendant, elle suppose aussi une inaptitude totale à la profession.
Troubles anxieux sévères, TOC, stress post-traumatique : faut-il les déclarer ?
Oui si un traitement de plus de 21 jours, un arrêt de plus de 21 jours consécutifs, une ALD ou un suivi visé par une question s'y rattachent ; sinon, il n'y a rien à écrire. Un trouble anxieux traité par psychothérapie seule, sans arrêt ni médicament, n'entre dans aucune question harmonisée ; il peut entrer dans une question sur un suivi spécialisé, que le questionnaire doit formuler de façon « précise » (convention AERAS, annexe 1).
Pour l'assureur, le sujet n'est pas le diagnostic mais la capacité de travail : c'est sur la garantie incapacité que se concentrent les restrictions. Sur un crédit immobilier, la liste des critères du CCSF (avis du 13 janvier 2015) distingue la « couverture des affections psychiatriques » sans condition d'hospitalisation, ou avec condition d'hospitalisation de moins de 10 jours ou de 10 jours et plus ; le même vocabulaire figure dans les notices des contrats de prêt professionnel. Une clause imprécise — « affections psychiques » sans autre définition — a été jugée inapplicable par le Médiateur de l'assurance en 2021, sur le fondement de l'exigence d'exclusion « formelle et limitée » (article L.113-1).
Anorexie mentale, boulimie : quel dossier après un trouble des conduites alimentaires ?
Un dossier daté, souvent ancien, et dont une partie sort des périodes des questions. L'anorexie mentale débute le plus souvent entre 14 et 17 ans ; elle a concerné 0,5 % des filles de 12 à 17 ans, et sa prévalence au cours de la vie serait de 1,4 % chez les femmes et 0,2 % chez les hommes ; « après cinq ans d'évolution, deux tiers des patients sont guéris » (Inserm).
Conséquence pratique pour un emprunteur de 30 ou 35 ans : un traitement terminé depuis plus de dix ans ne relève plus de la question sur les traitements, une ALD levée depuis plus de quinze ans ne relève plus de la question sur l'ALD, et une hospitalisation ancienne ne se déclare que si une question la vise dans sa période. Un trouble encore actif, ou une prise en charge récente, se déclare et s'instruit comme tout risque aggravé, avec un courrier du médecin ou du psychiatre précisant le poids stabilisé, la fin du suivi et l'activité. Ce sont les critères documentés par la recommandation de la HAS de 2010 sur la prise en charge, pas un barème.
TDAH de l'adulte et assurance de prêt : un traitement à déclarer, pas un risque en soi
Le TDAH se déclare par son traitement, quand il existe : un médicament pris plus de 21 jours dans les dix dernières années entre dans la question harmonisée ; un TDAH diagnostiqué sans traitement médicamenteux, sans arrêt ni ALD, ne relève d'aucune question harmonisée. Le trouble « concerne 5 % des moins de 18 ans et 3 % des adultes » et « persiste à l'adolescence et à l'âge adulte » (ameli.fr, 27 mars 2025).
Pour l'assureur, un TDAH isolé, sans comorbidité déclarée, n'est pas un motif documenté d'exclusion ou de surprime ; ce sont les troubles associés éventuellement déclarés — anxieux, dépressifs, addictifs — qui orientent l'instruction. Répondez aux questions posées, exactement, sans commentaire sur un diagnostic que le questionnaire ne demande pas.
Autisme, trouble du spectre de l'autisme : quelles questions, quelles garanties ?
Les mêmes questions que pour tout assuré : le trouble du spectre de l'autisme n'est ni une maladie évolutive ni, en lui-même, un traitement de plus de 21 jours. Environ 700 000 personnes vivent avec un trouble du spectre de l'autisme en France (Inserm, 2024). Ce qui se déclare, ce sont les faits que le questionnaire vise : un traitement, une ALD, une reconnaissance d'invalidité ou une allocation aux adultes handicapés (question harmonisée par la convention).
Un adulte autiste qui exerce une activité indépendante et emprunte pour un local ou un logement instruit son dossier sur ces faits-là ; une reconnaissance de handicap (RQTH, AAH) a ses propres conséquences, détaillées dans invalidité, AAH, handicap et assurance de prêt. Pour la garantie incapacité, la question de fond est la définition de l'incapacité de travail retenue par le contrat : l'avis du CCSF du 26 mai 2026 demande qu'elle soit appréciée « au regard de l'activité effectivement exercée ».
Le chiffre clé En 2024, sur 220 599 demandes d'assurance de prêt présentant un risque aggravé de santé, 6 190 sont parvenues au troisième niveau de la convention AERAS et 42,1 % d'entre elles ont reçu une proposition (France Assureurs).
Étape suivante
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Cas type : Sarah, 29 ans, orthophoniste, ouvre son cabinet
Sarah, orthophoniste affiliée à la CARPIMKO, a été soignée pour une anorexie mentale de 2012 à 2015, avec une hospitalisation de six semaines en 2013 et une prise en charge en ALD levée en 2015 ; elle n'a plus aucun suivi ni traitement depuis. En novembre 2026, elle emprunte 60 000 € sur 7 ans pour aménager et équiper son cabinet.
- Questionnaire ? Oui : du matériel et des travaux dans un local professionnel n'entrent jamais dans la dispense de la loi Lemoine.
- AERAS ? Oui : matériel et locaux professionnels, 60 000 € assurés, prêt terminé à 36 ans.
- Question sur les traitements de plus de 21 jours, 10 dernières années. Son dernier traitement date de 2015, soit plus de dix ans avant novembre 2026 : cette question ne le vise plus.
- Question sur l'ALD, 15 dernières années. Son ALD, ouverte en 2012 et levée en 2015, entre dans la période : elle répond oui, avec les dates.
- Question sur les hospitalisations. Si le questionnaire la pose sur une période qui inclut 2013, elle déclare l'hospitalisation de six semaines ; si la période est plus courte, non.
- Ce qu'elle joint. Un courrier de son médecin : fin de la prise en charge en 2015, aucun suivi depuis, activité à temps plein. Sous pli confidentiel, au seul médecin-conseil.
- Son socle. En cas d'arrêt, l'Assurance maladie lui verse de 26,33 à 197,51 € par jour du 4e au 90e jour, puis la CARPIMKO 55,44 € par jour jusqu'au 1 095e jour, quelle que soit la cause.
Exemple construit à partir des textes, ni dossier réel ni promesse de résultat.
Prêt immobilier, prêt professionnel, prévoyance, mutuelle : qu'est-ce qui change avec une maladie psychiatrique ?
L'assurance de prêt est encadrée par la convention AERAS ; la prévoyance individuelle ne l'est par aucun texte comparable ; la mutuelle santé ne peut ni interroger ni tarifer selon l'état de santé. Au 18 septembre 2026 :
| Contrat | Questionnaire de santé | Protection applicable | Ce qui ne s'applique pas |
|---|---|---|---|
| Prêt immobilier (habitation ou mixte) | Non sous 200 000 € assurés par personne et fin avant 60 ans ; oui au-delà | Loi Lemoine ; convention AERAS : questions bornées, trois niveaux, non-cumul, écrêtement, GIS | Grille AERAS, droit à l'oubli |
| Prêt professionnel (local, matériel, fonds immatériel) | Oui, toujours | Convention AERAS jusqu'à 420 000 € et 71 ans | Loi Lemoine, grille, droit à l'oubli |
| Prévoyance individuelle | Oui, sans période bornée | Exclusion « formelle et limitée » (art. L.113-1) ; maladie antérieure exclue clairement mentionnée, antériorité prouvée par l'assureur (loi Évin, art. 3) ; après deux ans, maintien des garanties incapacité-invalidité (art. 6) | Ni AERAS, ni droit à l'oubli, ni loi Lemoine : refus, ajournement, exclusion, surprime possibles |
| Mutuelle santé responsable | Interdit (art. L.110-2 du code de la mutualité, L.862-4 II du code de la sécurité sociale) | Couvre le forfait hospitalier, les dépassements, la chambre particulière ; l'ALD 23 exonère du ticket modérateur les soins liés | Rien à déclarer |
| Régime obligatoire | Non | Indemnités journalières et invalidité selon la caisse, sans distinction de cause | Aucune sélection, montants limités |
En prévoyance, AERAS, droit à l'oubli et loi Lemoine ne s'appliquent pas : pour une maladie psychiatrique chronique, l'ajournement, le refus ou l'exclusion des affections psychiques sont des réponses courantes, qu'aucune statistique publique ne mesure. Le socle de votre caisse et la lecture des clauses sont dans prévoyance après une dépression ou un burn-out et prévoyance refusée ou ajournée. Et si l'arrêt survient pendant le prêt : arrêt maladie en cours de prêt.
Quand vaut-il mieux attendre, ou se contenter du décès ?
Quand un épisode ou une hospitalisation est récent, quand la banque n'exige que le décès et la PTIA, ou quand la seule garantie arrêt de travail proposée exclut précisément votre risque.
- Épisode ou hospitalisation de moins d'un an. L'ajournement est la réponse la plus probable ; il se déclare ensuite. Si le projet le permet, une stabilité documentée change le dossier.
- Prêt professionnel court. Décès et PTIA suffisent souvent à la banque ; une ITT avec exclusion psy couvre peu du risque réel d'un métier intellectuel. Comparez avec votre caisse.
- Contrat antérieur au diagnostic. Gardez-le : un nouveau contrat passerait par un questionnaire où le trouble devrait être déclaré.
- Ne déposez pas partout. Un refus se déclare dans beaucoup de questionnaires ; un dossier complet, présenté aux bons assureurs dans le bon ordre, vaut mieux que trois refus.
Pour une question sur vos droits, la ligne Santé Info Droits de France Assos Santé répond au 01 53 62 40 30 (prix d'un appel normal).
Questions fréquentes
Peut-on obtenir une assurance de prêt immobilier avec une maladie psychiatrique ?
Oui : aucun texte n'exclut un trouble psychiatrique de l'assurance de prêt, et aucune statistique publique ne porte sur ces troubles en particulier. En 2024, toutes pathologies confondues, 93,6 % des 220 599 demandes à risque aggravé ont reçu une proposition couvrant au moins le décès (France Assureurs). Sous 200 000 € assurés par personne et pour un prêt fini avant 60 ans, un crédit immobilier d'habitation n'exige aucun questionnaire. Au-delà, et sur tout prêt professionnel, l'assureur instruit le dossier au cas par cas, avec les trois niveaux d'examen de la convention AERAS.
Faut-il déclarer un trouble psychiatrique à l'assurance emprunteur ?
Oui, dès qu'une question le vise : traitement de plus de 21 jours dans les 10 dernières années, prise en charge en ALD dans les 15 dernières années, arrêt de travail de plus de 21 jours consécutifs, hospitalisation ou suivi spécialisé si la question est posée. L'article L.113-2 du code des assurances impose de répondre exactement aux questions posées ; une omission intentionnelle expose à la nullité du contrat (article L.113-8). Un trouble ancien sans traitement ni ALD dans ces périodes peut ne relever d'aucune question.
Quelle surprime pour une schizophrénie, un TDAH ou un trouble anxieux ?
Aucun barème n'existe : ces troubles sont absents de la grille de référence AERAS de septembre 2023 et chaque assureur tarifie au cas par cas. Les seules données publiques sont celles de France Assureurs pour 2024, toutes pathologies confondues : décès sans surprime ni exclusion dans 65 % des dossiers à risque aggravé ; incapacité-invalidité sans surprime ni exclusion dans 54 %, avec exclusion ou limitation dans 24 %, avec surprime dans 12 %, refusée dans 10 %. Dans le champ AERAS, surprime et exclusion ne se cumulent pas sur une même garantie.
Le droit à l'oubli s'applique-t-il aux maladies psychiatriques ?
Non. L'article L.1141-5 du code de la santé publique le réserve aux cancers et à l'hépatite virale C, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique. Aucune maladie psychiatrique n'y ouvre droit, et aucune extension n'est actée au 18 septembre 2026. Ce sont les périodes des questions harmonisées par la convention AERAS — 10 ans pour les traitements de plus de 21 jours, 15 ans pour l'ALD — qui bornent ce qui doit être déclaré.
Que faire en cas de refus d'assurance de prêt pour maladie psychiatrique ?
Demander le niveau du refus et ses raisons médicales, par courrier au médecin de l'assureur. Dans le champ de la convention AERAS, le refus au premier niveau déclenche automatiquement un réexamen individualisé, puis l'examen du pool des risques très aggravés : 42,1 % des 6 190 dossiers arrivés à ce troisième niveau ont reçu une proposition en 2024. Vérifier ensuite ce que la banque exige (souvent décès et PTIA sur un prêt professionnel), interroger d'autres assureurs avec un dossier daté, et proposer une garantie alternative prévue par la convention.
Suis-je couvert en cas d'arrêt de travail lié à mon trouble pendant le prêt ?
Cela dépend de la clause « affections psychiques » de votre contrat et d'une éventuelle exclusion personnelle posée après le questionnaire. Beaucoup de contrats n'indemnisent un arrêt psychique qu'après une hospitalisation d'une durée minimale, ou l'excluent avec option de rachat ; toute exclusion doit être formelle et limitée (article L.113-1 du code des assurances). La franchise, fréquemment de 90 jours selon le CCSF, s'applique ensuite. Votre caisse, elle, indemnise l'arrêt sans condition liée à sa cause.
Votre question n’y est pas ? Un courtier vous rappelle et y répond sur votre situation réelle — gratuitement, même si vous ne souscrivez rien.
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Sources
- Inserm — dossier « Schizophrénie » (mis à jour le 5 mars 2020) — consulté en septembre 2026.
- Inserm — dossier « Anorexie mentale » (mis à jour le 8 octobre 2020) — consulté en septembre 2026.
- ameli.fr — comprendre le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (27 mars 2025) — consulté en septembre 2026.
- Inserm — dossier « Autisme » (mis à jour le 30 août 2024) — consulté en septembre 2026.
- ameli.fr — le dispositif des affections de longue durée : liste des ALD 30 (9 janvier 2026) — consulté en septembre 2026.
- Convention AERAS, version actualisée 2023 — titres II et III, annexes 1 et 2 — consulté en septembre 2026.
- France Assureurs — statistiques de la convention AERAS, année 2024 — consulté en septembre 2026.