CIPAV et arrêt de travail : aucune indemnité journalière après 90 jours
La CIPAV ne verse aucune indemnité journalière en propre. En 2026, un architecte, un ostéopathe ou un psychologue en arrêt de travail perçoit uniquement les IJ de la CPAM : 26,33 à 197,51 €/jour, du 4e au 90e jour, soit 87 jours indemnisés au maximum. À partir du 91e jour, il ne touche plus rien — jusqu'à une éventuelle reconnaissance d'invalidité d'au moins 66 %. C'est le trou de couverture le plus long de toutes les caisses d'indépendants.
Qui dépend de la CIPAV ?
La CIPAV est la caisse de retraite et de prévoyance d'une vingtaine de professions libérales réglementées : architectes, ostéopathes, psychologues, guides de haute montagne, moniteurs de ski, entre autres. Beaucoup de consultants et de développeurs freelances installés avant 2019 y sont également restés affiliés, alors que les créations d'activité récentes relèvent désormais de la SSI. Si vous cotisez à la CIPAV, cette page décrit exactement ce que vous toucherez — et surtout ce que vous ne toucherez pas — en cas d'arrêt de travail.
La chronologie d'un arrêt de travail à la CIPAV, jour par jour
Depuis le 1er juillet 2021, toutes les professions libérales rattachées à la CNAVPL bénéficient d'un socle commun d'indemnités journalières versées par la CPAM. Ce socle s'arrête au 90e jour. Pour un affilié CARMF, CARPIMKO ou CAVEC, la caisse de retraite prend alors le relais. Pour un affilié CIPAV, personne ne prend le relais.
| Période | Qui verse ? | Montant journalier |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne (carence) | 0 € |
| Jours 4 à 90 (87 jours max) | CPAM (socle commun des libéraux) | 1/730e du revenu moyen 3 ans : 26,33 à 197,51 € (revenu retenu dans la limite de 3 PASS, 144 180 €) |
| Jour 91 et au-delà | Personne — la CIPAV n'a aucun dispositif d'IJ | 0 €, jusqu'à une éventuelle pension d'invalidité (capacité réduite d'au moins 66 %) |
Les IJ CPAM sont limitées à 360 jours indemnisés sur 3 ans, tous arrêts confondus. L'absence d'IJ CIPAV au-delà du 90e jour est confirmée par la caisse elle-même et par des sources tierces (Apicil, Previssima, 2026).
87 jours. C'est la durée maximale d'indemnisation d'un affilié CIPAV par arrêt, quelle que soit la durée réelle de l'arrêt. Un arrêt de 8 mois est indemnisé moins de 3 mois ; les 5 mois suivants sont à 0 €.
Exemple : Karim, architecte, 48 000 € de revenu annuel
Karim, 41 ans, architecte affilié CIPAV, dégage un revenu de 48 000 €/an, soit 131,51 €/jour (48 000 ÷ 365). Une hernie discale l'arrête 8 mois (environ 240 jours). Son IJ CPAM vaut 1/730e de son revenu moyen : 48 000 ÷ 730 = 65,75 €/jour.
| Période | Indemnisation | Perçu sur la période | Perte cumulée depuis J1 |
|---|---|---|---|
| J1 – J3 (carence) | 0 €/j | 0 € | ≈ 395 € |
| J4 – J90 (87 jours) | 65,75 €/j (CPAM) | 87 × 65,75 = 5 720,25 € | ≈ 6 115 € au 90e jour |
| J91 – J240 (150 jours) | 0 €/j | 0 € | ≈ 26 280 € au 240e jour |
Perte = revenu non réalisé (48 000 € × 8/12 = 32 000 €) moins IJ perçues (5 720,25 €), soit 26 279,75 €. Les charges du cabinet (loyer, logiciels, assurances, cotisations) continuent de courir en parallèle.
Sur 8 mois d'arrêt, Karim perçoit 5 720,25 € pour 32 000 € de revenu perdu : un taux de couverture global de 18 %. Et à partir du 4e mois, son revenu de remplacement est strictement nul, alors qu'il est encore loin d'une éventuelle reconnaissance d'invalidité — qui exige une capacité réduite d'au moins 66 %.
Invalidité et décès : les seules prestations de la CIPAV
La prévoyance CIPAV se limite à deux garanties, financées par une cotisation de 0,50 % du revenu (les classes de cotisation ont disparu depuis 2023) :
| Garantie | Déclenchement | Montant |
|---|---|---|
| Indemnités journalières | Jamais | Aucune (socle CPAM uniquement, J4-J90) |
| Pension d'invalidité | Capacité réduite d'au moins 2/3 (66 %) | Part forfaitaire 2 403 €/an (5 % du PASS) + part proportionnelle (1/3 des points prévoyance × 3,01 €). Exemple officiel : revenu 20 000 € → 10 120,94 €/an (843,41 €/mois) en invalidité totale |
| Capital décès | Décès de l'affilié | 7 209 € (15 % du PASS) + part proportionnelle en points. Exemple officiel : revenu 20 000 € → capital total 30 362,82 € |
| Rentes aux proches | Décès de l'affilié | Rente conjoint : 3 036,28 €/an pour un revenu de 20 000 € (exemple officiel) ; rente par enfant selon le même calcul, jusqu'à 21 ans (25 ans si études) |
| Cotisation | — | 0,50 % du revenu (invalidité-décès, 2026) |
Deux limites sont à comprendre. D'abord, le seuil de 66 % : une invalidité de 30 ou 50 % — suffisante pour amputer durablement l'activité d'un ostéopathe ou d'un architecte de chantier — ne déclenche rien. Ensuite, les montants : même en invalidité totale, l'exemple officiel de la caisse (10 120,94 €/an pour 20 000 € de revenu) représente environ la moitié du revenu antérieur, sans rapport avec le train de vie d'un professionnel à 48 000 € ou 80 000 €.
Faut-il accabler la CIPAV ? Non — mais il faut jouer le jeu jusqu'au bout
Soyons honnêtes : la cotisation prévoyance CIPAV est la plus faible du marché — 0,50 % du revenu, soit 240 €/an pour Karim, quand une infirmière CARPIMKO paie 1 022 € de forfait. C'est un choix de régime assumé : cotiser peu à l'obligatoire et laisser chacun s'assurer en privé. Ce choix n'est pas absurde ; il est même économiquement défendable pour qui utilise l'économie de cotisation pour financer un vrai contrat de prévoyance individuel.
Le problème, c'est l'affilié qui ne fait pas la deuxième moitié du chemin. Un affilié CIPAV sans prévoyance privée est objectivement l'indépendant le plus exposé de France : 87 jours d'indemnisation maximum, puis zéro revenu de remplacement pendant des mois ou des années, jusqu'à une hypothétique pension d'invalidité soumise à un seuil de 66 %. Aucune autre caisse ne laisse un trou aussi long.
Inversement, pas de panique inutile : si vous disposez d'une épargne de précaution couvrant 12 mois de charges et de train de vie, le sujet urgent devient la couverture des arrêts longs et de l'invalidité — les garanties les moins chères à assurer. Un contrat ciblé sur ces risques, souscrit dans le cadre Madelin, coûte souvent moins que l'écart de cotisation avec les autres caisses. Pour situer la CIPAV parmi les dix régimes, consultez le baromètre IJ toutes caisses ; pour votre chiffre exact, le simulateur d'IJ applique votre revenu réel.
Contre-discours : quand le régime CIPAV peut suffire
Trois situations où souscrire davantage aurait peu de sens. Un affilié dont l'activité libérale reste accessoire, à côté d'un emploi salarié qui ouvre déjà des droits au régime général, est couvert par ce dernier pour l'essentiel.
Un professionnel en fin de carrière, dont le patrimoine couvre plusieurs années de revenu et dont l'activité est sans charge fixe, achète surtout du confort en montant en garantie.
Enfin, un affilié à revenu modeste verra une prime peser lourd au regard du revenu protégé : mieux vaut alors une garantie limitée à l'invalidité et au décès, sensiblement moins coûteuse, que rien du tout par découragement devant le prix d'un contrat complet.
Questions fréquentes
Que touche un affilié CIPAV en arrêt maladie ?
Uniquement les indemnités journalières de la CPAM : 1/730e de son revenu moyen des 3 dernières années, entre 26,33 et 197,51 €/jour, du 4e au 90e jour d'arrêt. La CIPAV ne verse aucune IJ en propre : à partir du 91e jour, l'affilié ne perçoit plus rien jusqu'à une éventuelle reconnaissance d'invalidité d'au moins 66 %.
Qui verse les indemnités journalières des professions libérales ?
Depuis le 1er juillet 2021, la CPAM verse un socle commun d'IJ à toutes les professions libérales rattachées à la CNAVPL (dont les affiliés CIPAV), du 4e au 90e jour. Au-delà, c'est la caisse de retraite qui prend — ou non — le relais : la CARMF, la CARPIMKO ou la CAVEC versent des IJ à partir du 91e jour ; la CIPAV ne verse rien.
Combien de jours d'arrêt sont indemnisés à la CIPAV ?
87 jours au maximum par arrêt : les IJ CPAM courent du 4e au 90e jour, après une carence de 3 jours, dans la limite de 360 IJ sur 3 ans. Au-delà du 90e jour, plus aucune indemnité n'est versée, quelle que soit la durée réelle de l'arrêt.
Quel est le montant minimum et maximum des IJ ?
L'IJ CPAM vaut 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années, retenu dans la limite de 3 PASS (144 180 €). En 2026, elle est comprise entre 26,33 € (plancher lié à l'assiette minimale de 40 % du PASS) et 197,51 € par jour.
La CIPAV couvre-t-elle l'invalidité ?
Oui, mais uniquement si la capacité d'exercice est réduite d'au moins deux tiers (66 %). La pension 2026 se compose d'une part forfaitaire de 2 403 €/an et d'une part proportionnelle en points. Exemple officiel : pour 20 000 € de revenu, la pension d'invalidité totale atteint 10 120,94 €/an, soit 843,41 €/mois.
Affilié CIPAV : chiffrez votre trou de couverture
Entrez votre revenu réel : le simulateur affiche vos IJ CPAM au centime près — et ce qu'il vous restera à partir du 91e jour.
Calculer mes indemnités Parler à un courtierSources
- lacipav.fr — Dispositif d'indemnités journalières — consulté en août 2026.
- lacipav.fr — Pension d'invalidité — consulté en août 2026.
- lacipav.fr — Capital décès — consulté en août 2026.
- Apicil — Les prestations de la CIPAV — consulté en août 2026.
- ameli.fr — Arrêt maladie des professions libérales — consulté en août 2026.
- Previssima — IJ des professions libérales — consulté en août 2026.