Assurance de prêt professionnel
Crédit vendeur : fonctionnement, garanties, fiscalité et assurance
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Mis à jour le
Le crédit vendeur est un paiement échelonné d'une partie du prix de cession, consenti par le cédant : en général 30 à 50 % du prix, sur 1 à 3 ans, à un taux négocié (Bpifrance Création, septembre 2026). Le cédant se protège par le privilège du vendeur, à inscrire dans les 30 jours de l'acte (article L.141-6 du code de commerce), un nantissement ou une caution. Mais ces sûretés ne règlent rien d'elles-mêmes si le repreneur décède : seule une assurance décès-invalidité sur sa tête, au profit du cédant, solde la dette. Côté impôt, la plus-value reste imposable l'année de la cession ; l'article 1681 F du CGI permet d'en étaler le paiement, sur 5 ans au plus.
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Comparer les assurances de prêt Ou calculer le coût de mon assurance de prêt →Comment fonctionne un crédit vendeur : part du prix, durée, taux ?
Le cédant accepte d'être payé en plusieurs fois : une partie du prix comptant, grâce à l'apport et au prêt bancaire, le reste selon un échéancier. Selon Bpifrance Création (septembre 2026), ce crédit porte généralement sur 30 à 50 % du prix et dure 1 à 3 ans, pour un fonds de commerce comme pour des titres de société. Ce sont des usages, pas des règles.
- Est-ce légal ? Oui. Le monopole bancaire interdit les opérations de crédit « à titre habituel » (article L.511-5 du code monétaire et financier), mais l'article L.511-7, I, 1 autorise toute entreprise à « consentir à ses contractants des délais ou avances de paiement » dans l'exercice de son activité.
- Le taux se négocie. Bpifrance Création observe qu'il est en pratique proche de celui des banques, et qu'un taux zéro peut être convenu. S'il y a des intérêts, leur taux doit être fixé par écrit (article 1907 du code civil).
- L'écrit : le crédit vendeur s'insère dans le protocole puis dans l'acte de cession, ou dans un acte séparé, de préférence notarié. Ses conditions se négocient dès la lettre d'intention.
Sa durée courte est son principal piège : à montant égal, une dette sur 3 ans pèse bien plus lourd chaque mois qu'une dette sur 7 ans.
| Durée | Mensualité | Intérêts perçus par le cédant |
|---|---|---|
| 12 mois | 6 163,74 € | 1 965 € |
| 24 mois | 3 158,74 € | 3 810 € |
| 36 mois | 2 157,90 € | 5 685 € |
| 36 mois, à taux zéro | 2 000,00 € | 0 € |
Le chiffre clé 72 000 € de crédit vendeur sur 3 ans coûtent 2 157,90 € par mois à 5 % : davantage que les 1 865,68 € d'un prêt bancaire de 132 000 € sur 7 ans au même taux. Pendant trois ans, le repreneur porte les deux. C'est sur cette période que son décès ou son arrêt de travail coûterait le plus cher, au cédant comme à sa famille.
Quelles garanties le cédant peut-il prendre ?
Le cédant d'un fonds de commerce dispose d'une sûreté légale, le privilège du vendeur (articles L.141-5 et suivants du code de commerce, rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2023), souvent complétée par une caution ou un nantissement. Pour une cession de titres, ce privilège n'existe pas : tout repose sur l'acte. État du droit au 17 septembre 2026 :
| Garantie | Texte | Condition à ne pas manquer | Limite |
|---|---|---|---|
| Privilège du vendeur (fonds de commerce) | Art. L.141-5 et L.141-6 c. com. | Acte authentique ou sous seing privé enregistré ; inscription au registre du greffe du tribunal de commerce ; prise dans les 30 jours de l'acte, elle prime toute inscription prise dans ce délai du chef de l'acquéreur. Des prix distincts sont établis pour les éléments incorporels, le matériel et les marchandises | Les paiements partiels s'imputent d'abord sur les marchandises, puis sur le matériel : le privilège se concentre vite sur l'incorporel |
| Action résolutoire (reprendre le fonds faute de paiement) | Art. 1654 c. civ. ; L.141-6 à L.141-9 c. com. | Elle doit être « mentionnée et réservée expressément dans l'inscription ». Notification aux créanciers inscrits, puis un mois d'attente, y compris avec une clause résolutoire de plein droit (art. L.141-9 ; art. 1225 c. civ.) | Le vendeur reprend tous les éléments vendus et doit compte du matériel et des marchandises (art. L.141-7). Il récupère un fonds qui a pu perdre sa clientèle |
| Nantissement du fonds | Art. L.142-1 à L.142-5 c. com. | Acte écrit et inscription au greffe ; le rang suit la date d'inscription | Pas de droit de se faire attribuer le fonds en paiement (art. L.142-1) ; souvent en second rang derrière la banque |
| Nantissement des titres cédés | Art. 2355 c. civ. ; art. L.211-20 c. monétaire et financier (compte-titres) | Formalités propres à chaque type de titres | Des titres nantis ne valent que ce que vaut la société |
| Caution personnelle du repreneur ou d'un tiers | Art. 2288 et s. c. civ. | Mention apposée par la caution personne physique, montant en toutes lettres et en chiffres, à peine de nullité (art. 2297) | Au décès de la caution, ses héritiers ne sont tenus que des dettes nées avant (art. 2317) — le prix de cession en fait partie |
| Garantie bancaire (caution de la banque, garantie autonome) | Art. 2321 c. civ. pour la garantie autonome | À négocier avec la banque du repreneur ; selon Bpifrance Création, Bpifrance peut garantir à 60 % la banque qui se porte caution du crédit vendeur | Elle a un coût, et la banque en tient compte dans son analyse du dossier |
Toutes ces sûretés ont un point commun : elles donnent au cédant le droit de poursuivre, de saisir ou de reprendre. Aucune ne verse d'argent le jour où le repreneur disparaît. Toutes supposent une procédure contre une entreprise privée de son exploitant, ou contre sa famille.
Comment le crédit vendeur s'articule-t-il avec le prêt bancaire ?
La banque veut être remboursée avant le cédant. Or le code de commerce favorise le vendeur : son privilège inscrit dans les 30 jours prime les inscriptions prises dans ce délai du chef de l'acquéreur (article L.141-6). Et le vendeur payé en partie passe avant la banque subrogée dans ses droits, pour ce qui lui reste dû (article 1346-3 du code civil).
D'où la pratique : la banque conditionne souvent son prêt à un accord avec le cédant — cession de rang, subordination du crédit vendeur à ses propres échéances, limitation des dividendes tant que les deux dettes courent. Rien de cela n'est fixé par la loi : c'est une négociation à trois, à écrire dans l'acte. Bpifrance Création le dit ainsi : le cédant risque de n'être remboursé qu'après la banque lorsque celle-ci dispose de garanties prioritaires.
Un cédant subordonné a encore plus besoin de l'assurance. S'il passe derrière la banque sur le fonds, ses sûretés réelles ne valent que ce qu'il reste après elle. L'assurance décès-invalidité du repreneur à son profit ne dépend d'aucun rang : le capital lui est versé directement.
Le cédant est-il imposé sur un prix qu'il n'a pas encore touché ?
Oui. Le crédit vendeur ne reporte pas l'imposition de la plus-value. Le BOFiP y voit une « simple modalité de paiement du prix » : toute la plus-value est imposable au titre de l'année de la cession, « voire en cas de non-versement, total ou partiel, du prix convenu » (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-10, § 10, à propos des cessions de titres).
L'article 1681 F du code général des impôts (version en vigueur depuis le 16 février 2025) n'étale pas la plus-value : il étale le paiement de l'impôt sur le revenu qui s'y rapporte. Le plan de règlement échelonné se demande au plus tard à la date limite de paiement figurant sur l'avis d'imposition. Conditions cumulatives :
- Cessions visées : par une entreprise individuelle, l'ensemble de l'actif immobilisé professionnel, une branche complète d'activité, un fonds de commerce, un fonds artisanal ou une clientèle (plus-values à long terme) ; ou des droits sociaux relevant de l'article 150-0 A du CGI, si la cession porte sur la majorité du capital et que le cédant ne contrôle plus la société ensuite.
- Taille : moins de 50 salariés, total de bilan ou chiffre d'affaires n'excédant pas 10 millions d'euros sur l'exercice de la cession, et définition européenne de la petite entreprise.
- Garanties constituées auprès du comptable public, obligations fiscales courantes respectées, imposition ne résultant pas d'une rectification.
- Durée : celle du paiement du prix, sans dépasser le 31 décembre de la cinquième année qui suit celle de la cession ; les échéances d'impôt suivent celles du prix. La majoration de retard est alors plafonnée à l'intérêt légal.
Le texte ne vise que l'impôt sur le revenu : une société cédante soumise à l'impôt sur les sociétés n'entre pas dans ce dispositif. Et si le repreneur cesse de payer, l'impôt reste dû sur un prix jamais encaissé. C'est une raison de plus, pour le cédant, d'exiger que le solde soit assuré. L'éligibilité se vérifie avec un conseil fiscal avant la signature.
Étape suivante
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Faut-il assurer le repreneur au profit du cédant, et comment ?
Aucun texte n'impose d'assurer un crédit vendeur : c'est l'acte de cession qui le prévoit, et l'assurance du prêt bancaire ne rembourse que la banque. La solution est un contrat distinct : une assurance temporaire décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) sur la tête du repreneur, de la durée du crédit vendeur, dont le cédant reçoit le capital à hauteur du solde.
| Question | Montage A : le repreneur souscrit | Montage B : le cédant souscrit |
|---|---|---|
| Qui est assuré ? | Le repreneur (ou le dirigeant de la société qui achète) | Le même |
| Qui paie la prime ? | Le repreneur ou sa société | Le cédant, qui peut en tenir compte dans le taux |
| Qui reçoit le capital ? | Le cédant, désigné bénéficiaire à hauteur des sommes restant dues ; le surplus éventuel aux proches du repreneur | Le cédant |
| Point de droit à respecter | L'acceptation du bénéficiaire rend la désignation irrévocable (art. L.132-9 c. assur.) ; le contrat peut aussi être nanti au profit du cédant (art. L.132-10) | Le repreneur consent par écrit, avec indication du capital garanti, à peine de nullité du contrat (art. L.132-2 c. assur.) |
| Risque à surveiller | Une prime impayée met fin à la garantie : prévoir dans l'acte la justification périodique du paiement | Le cédant maîtrise le contrat et le paiement des primes |
- Quel capital ? Au minimum le solde restant dû. Un capital constant laisse un surplus aux proches ; un capital décroissant suit l'échéancier au plus près.
- Quelle quotité ? 100 % du solde sur la tête de celui dont dépend l'exploitation. À deux repreneurs, la question est la même que pour le prêt bancaire : voir quotités entre associés.
- Quelles garanties ? Le décès et la PTIA forment le socle. Une invalidité ou un arrêt de travail long peuvent aussi rendre les échéances impayables : la couverture de ces risques se discute contrat par contrat, avec celle du prêt bancaire et de votre prévoyance. Définitions dans notre page garanties de l'assurance de prêt.
- Le questionnaire de santé est toujours exigé. La dispense de l'article L.113-2-1 du code des assurances ne vise que le crédit immobilier d'habitation ou mixte (200 000 € par assuré, fin avant 60 ans). Répondez exactement aux questions posées : une fausse déclaration intentionnelle annule le contrat (article L.113-8), et le cédant ne toucherait rien.
Convention AERAS et droit à l'oubli : à manier avec réserve. La convention engage les établissements de crédit, les sociétés de financement et les assureurs, pour les prêts professionnels finançant des locaux, du matériel ou, depuis le 7 octobre 2024, un fonds exclusivement immatériel. Un crédit consenti par un cédant n'y est pas mentionné, et le droit à l'oubli de l'article L.1141-5 du code de la santé publique vise les crédits « relevant de ladite convention ». À notre lecture, les trois niveaux d'examen, la grille et le délai de 5 semaines ne s'imposent donc pas à l'assureur d'un crédit vendeur. Le prêt bancaire de la même reprise, lui, peut en relever : voir prêt professionnel et risque aggravé de santé. Si votre santé complique le dossier, faites instruire les deux assurances ensemble, avant le protocole.
Le questionnaire de santé est-il obligatoire pour assurer un crédit vendeur ?
Oui, quel que soit le montant. La dispense de l'article L.113-2-1 du code des assurances (part assurée ≤ 200 000 € par assuré, fin avant 60 ans) ne vise que les crédits immobiliers du 1° de l'article L.313-1 du code de la consommation : une temporaire décès souscrite pour garantir un crédit vendeur, comme l'assurance du prêt bancaire de la même reprise, passe par la sélection médicale. Seuls les cancers et l'hépatite C couverts par le droit à l'oubli n'ont pas à être déclarés, sur les prêts qui relèvent de la convention AERAS.
Et si l'arrêt de travail survient pendant le prêt ? Ce que couvre la garantie incapacité du prêt bancaire, après quelle franchise, est détaillé dans assurance emprunteur et arrêt maladie en cours de prêt.
Que se passe-t-il si le repreneur décède sans assurance ? Cas type chiffré
La dette envers le cédant ne disparaît pas. Si le repreneur a acheté en son nom, elle entre dans sa succession : les héritiers sont « tenus des dettes et charges de la succession » (article 873 du code civil), sauf à y renoncer ou à l'accepter à concurrence de l'actif net (article 768).
S'il a acheté par une société, celle-ci reste débitrice, sans son dirigeant ; et les héritiers de la caution restent tenus des dettes nées avant le décès (article 2317) — le prix de cession est né le jour de la vente.
Julien, 41 ans, reprend en nom propre un fonds de vente et réparation de cycles pour 240 000 €, un prix proche du prix moyen des cessions de fonds en 2025 (241 781 € selon Altares). Il apporte 36 000 € (15 %). La banque prête 132 000 € sur 7 ans ; le cédant accorde un crédit vendeur de 72 000 € (30 % du prix) sur 3 ans. Taux retenu pour les deux : 5 %, une hypothèse.
- La charge mensuelle. 1 865,68 € pour la banque + 2 157,90 € pour le cédant = 4 023,58 € par mois pendant 36 mois. Si la banque avait tout prêté (204 000 € sur 7 ans), la mensualité serait de 2 883,32 € : le crédit vendeur ajoute 1 140 € par mois les trois premières années.
- Un arrêt de travail. Julien, commerçant, relève de la SSI : au plus 65,84 € par jour en 2026, soit 1 975,20 € pour 30 jours indemnisés. Moins que la seule échéance du cédant.
- Un décès après 12 mois. Il reste 115 845 € dus à la banque et 49 187 € dus au cédant. L'assurance du prêt bancaire, souscrite à 100 %, solde la banque. Rien ne solde le cédant.
- Sans assurance du crédit vendeur. L'épouse et les enfants de Julien héritent d'un fonds sans exploitant et d'une dette de 49 187 €, à 2 157,90 € par mois. Le cédant peut faire jouer son privilège ou demander la résolution de la vente, après notification aux créanciers inscrits et un mois d'attente au moins, en devant compte du matériel et du stock repris.
- Avec une assurance temporaire décès de 72 000 €, cédant bénéficiaire à hauteur du solde : l'assureur lui verse 49 187 €, et 22 813 € reviennent aux proches de Julien. La famille garde un fonds libre de dettes, à exploiter ou à revendre.
Exemple construit pour illustrer le raisonnement : ce n'est ni un dossier réel, ni une promesse de résultat.
Crédit vendeur, prêt bancaire, prêt d'honneur : quelles différences ?
Les trois se cumulent dans un même plan de financement : Bpifrance Création le confirme pour le crédit vendeur et le prêt d'honneur. Mais ils n'ont ni le même prêteur, ni le même débiteur, ni le même sort en cas de décès. Repères au 17 septembre 2026 :
| Critère | Crédit vendeur | Prêt bancaire professionnel | Prêt d'honneur |
|---|---|---|---|
| Qui prête ? | Le cédant | Une banque | Un réseau associatif (Initiative France, Réseau Entreprendre), avec le cofinancement de Bpifrance |
| À qui ? | À l'acquéreur : le repreneur ou sa société | Au repreneur ou à sa société | Au repreneur à titre personnel, jamais à l'entreprise |
| Montant usuel | 30 à 50 % du prix | Le solde du plan de financement | 3 000 à 50 000 € (Initiative France), 15 000 à 50 000 € (Réseau Entreprendre) ; prêt d'honneur Création-Reprise de Bpifrance : 1 000 à 80 000 € |
| Durée | 1 à 3 ans | 7 ans en général pour une reprise de fonds | 1 à 7 ans, différé de 0 à 24 mois (Création-Reprise) |
| Garanties prises | Privilège du vendeur, nantissement, caution, garantie bancaire | Nantissement du fonds, caution du dirigeant, garantie Bpifrance | Ni garantie ni caution personnelle |
| Assurance décès-invalidité | Facultative : prévue par l'acte, ou non ; questionnaire de santé | Exigée par l'offre de prêt dans la plupart des cas, sans obligation légale ; questionnaire de santé toujours | Décès et PTIA exigés pour le prêt d'honneur Création-Reprise, à 0 % |
| Convention AERAS | Non mentionné dans son champ | Oui pour les locaux, le matériel et le fonds exclusivement immatériel ; titres de société non mentionnés | Non mentionné dans son champ |
| Au décès, sans assurance | Dette de la succession ou de la société ; le cédant fait jouer ses sûretés | Dette de la société ou de la succession ; la banque appelle les cautions | Dette personnelle, qui entre dans la succession |
Quand éviter le crédit vendeur, ou renoncer à l'assurer ?
Le crédit vendeur n'est pas un apport : c'est une dette courte, qui s'ajoute au prêt bancaire au moment où l'entreprise est la plus fragile. Avant de le demander ou de l'accorder, passez ces quatre tests.
- Il sert à boucler un prix trop élevé. Si l'excédent brut d'exploitation ne couvre pas les deux échéances avec une marge, le crédit vendeur ne finance pas la reprise, il en reporte l'échec. Mieux vaut renégocier le prix ou la durée.
- Le solde est faible et court. Pour quelques milliers d'euros remboursés en douze mois, une assurance dédiée apporte peu. Une caution ou une garantie bancaire peut suffire.
- Une autre couverture existe déjà. Un capital décès personnel du repreneur, suffisant et dont les bénéficiaires sauront régler le cédant, peut jouer le même rôle : vérifiez le montant dans votre prévoyance décès. Une assurance homme clé verse son capital à la société, pas au cédant : elle aide à payer, elle ne le garantit pas.
- La santé du repreneur rend l'assurance très chère ou impossible. Le cédant peut préférer une garantie bancaire, une durée plus courte ou une part comptant plus élevée. Ne signez pas un acte qui fait de l'assurance une condition sans l'avoir obtenue : voir condition suspensive de prêt et assurance.
Dans les autres cas, l'assurance porte sur un capital limité et sur trois ans au plus : elle mérite d'être chiffrée avant d'être écartée. La rédaction de l'acte, des sûretés et de la clause d'assurance revient à l'avocat ou au notaire de la cession ; notre rôle est de trouver le contrat et de le caler sur l'échéancier. Pour la partie bancaire de votre plan, voir reprise de fonds de commerce, rachat de parts via une holding et caution du dirigeant et garantie Bpifrance.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un crédit vendeur ?
C'est un paiement échelonné d'une partie du prix de cession, accordé par le cédant au repreneur, pour un fonds de commerce comme pour des titres de société. Selon Bpifrance Création (septembre 2026), il porte en général sur 30 à 50 % du prix et se rembourse sur 1 à 3 ans, à un taux négocié entre les parties. Ce n'est pas une opération de banque : l'article L.511-7 du code monétaire et financier autorise une entreprise à consentir des délais de paiement à ses contractants.
Quelles garanties le vendeur peut-il prendre sur un crédit vendeur ?
Pour un fonds de commerce, le privilège du vendeur des articles L.141-5 et suivants du code de commerce : acte enregistré, inscription au greffe dans les 30 jours, prix distincts pour les éléments incorporels, le matériel et les marchandises. S'y ajoutent l'action résolutoire, à réserver expressément dans l'inscription, le nantissement du fonds ou des titres, la caution personnelle du dirigeant ou une garantie bancaire. Aucune de ces sûretés ne règle le solde au décès du repreneur : c'est le rôle d'une assurance décès.
Le cédant paie-t-il l'impôt sur la plus-value avant d'avoir touché tout le prix ?
Oui, en principe. Le BOFiP rappelle que le crédit vendeur est une simple modalité de paiement : la totalité de la plus-value est imposable au titre de l'année de la cession. L'article 1681 F du code général des impôts permet seulement de demander un paiement échelonné de l'impôt sur le revenu, calé sur l'échéancier du prix, au plus tard jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la cession, pour une entreprise de moins de 50 salariés et de 10 millions d'euros au plus de chiffre d'affaires ou de bilan.
Faut-il une assurance décès pour un crédit vendeur ?
Aucun texte ne l'impose : c'est l'acte de cession qui la prévoit, ou non. Sans elle, le solde reste dû par la succession du repreneur ou par sa société, et le cédant doit faire jouer ses sûretés. Une assurance temporaire décès et perte totale d'autonomie sur la tête du repreneur, avec le cédant pour bénéficiaire à hauteur du solde, règle la question en une fois. L'assurance du prêt bancaire, elle, ne rembourse que la banque.
Le questionnaire de santé est-il exigé pour assurer un crédit vendeur ?
Oui. La dispense de questionnaire de l'article L.113-2-1 du code des assurances ne vise que les crédits immobiliers d'habitation ou mixtes, pour 200 000 euros au plus par assuré et un remboursement terminé avant 60 ans. Un crédit vendeur finance une activité professionnelle : la sélection médicale s'applique. La convention AERAS, elle, vise les prêts des banques et des sociétés de financement pour des locaux, du matériel ou un fonds immatériel : à notre lecture, elle ne s'impose pas pour un crédit consenti par un cédant.
Que devient le crédit vendeur si le repreneur décède ?
La dette ne s'éteint pas. Si le repreneur a acheté en son nom, elle entre dans sa succession : les héritiers en sont tenus (article 873 du code civil), sauf à renoncer ou à accepter à concurrence de l'actif net (article 768). S'il a acheté par une société, celle-ci reste débitrice, et les héritiers de la caution restent tenus des dettes nées avant le décès (article 2317). Le prix de cession est né le jour de la vente : seule une assurance décès évite ce scénario.
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Sources
- Légifrance — code de commerce, articles L.141-5 à L.141-22 (privilège du vendeur de fonds de commerce, action résolutoire) — consulté en septembre 2026.
- Légifrance — code de commerce, articles L.142-1 à L.142-5 (nantissement du fonds de commerce) — consulté en septembre 2026.
- Légifrance — article 1681 F du code général des impôts (paiement échelonné de l'impôt sur la plus-value) — consulté en septembre 2026.
- BOFiP — BOI-RPPM-PVBMI-30-10-10, § 10 (crédit vendeur : plus-value imposable l'année de la cession) — consulté en septembre 2026.
- Bpifrance Création — recourir au crédit vendeur pour reprendre une entreprise (septembre 2026) — consulté en septembre 2026.
- Légifrance — article L.132-2 du code des assurances (assurance décès sur la tête d'un tiers : consentement écrit) — consulté en septembre 2026.
- aeras-infos.fr — les prêts concernés par la convention AERAS — consulté en septembre 2026.