Assurance de prêt professionnel

Quotités d'assurance d'un prêt professionnel entre associés

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le

La quotité est la part du prêt assurée sur chaque associé : au décès de l'un d'eux, l'assureur rembourse à la banque le capital restant dû multiplié par sa quotité, rien de plus. Sur un prêt professionnel de 600 000 € à 7 ans et 4 % (hypothèses), un décès après trois ans solde 181 612,65 € à 50/50 et 363 225,30 € à 100/100, pour une prime environ deux fois plus élevée. Répartir les quotités ne supprime jamais le questionnaire de santé d'un prêt pro ; en revanche, la part assurée peut faire passer un associé sous le plafond AERAS de 420 000 €.

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Qu'est-ce que la quotité, et à quoi s'applique-t-elle ?

Quand plusieurs personnes garantissent un même prêt, chacune est assurée pour une part du capital : sa quotité. La somme des quotités doit couvrir au moins 100 % du prêt. Elle peut aller jusqu'à 200 % à deux, 300 % à trois : chaque tête est alors assurée pour la totalité.

La quotité ne joue pas seulement au décès. Elle s'applique à chaque garantie souscrite : la perte totale et irréversible d'autonomie, l'invalidité et l'incapacité de travail. Un associé assuré à 30 % en arrêt de travail voit en général l'assureur prendre en charge 30 % de l'échéance, après la franchise. Le détail des garanties est dans notre page garanties de l'assurance de prêt professionnel.

50/50, 100/100 ou 70/30 : que rembourse l'assureur au décès d'un associé ?

Le capital restant dû multiplié par la quotité de l'associé décédé, rien de plus. Sur un prêt de 600 000 € à 7 ans et 4 % (hypothèses), un décès après 36 mois laisse 363 225,30 € de capital restant dû : l'assureur en verse la moitié à 50/50, la totalité à 100/100. Aucun texte ne fixe la répartition : c'est l'offre de prêt qui pose un minimum.

Antoine, 48 ans, et Camille, 41 ans, détiennent à parts égales une SAS de mécanique de précision. Antoine apporte l'essentiel du carnet de commandes, Camille dirige l'atelier. La société emprunte 600 000 € sur 7 ans pour acheter des machines. Taux retenu : 4 %, une hypothèse et non un taux de marché.

Mensualité à échéances constantes : 600 000 × r ÷ (1 − (1 + r)−84), avec r = 4 % ÷ 12, soit 8 201,28 €. Capital restant dû après 36 mois : 600 000 × (1 + r)36 − mensualité × ((1 + r)36 − 1) ÷ r, soit 363 225,30 €. Les montants ci-dessous en découlent, sur un tableau d'amortissement théorique.

Décès d'un associé après 36 mois, prêt de 600 000 € à 7 ans et 4 % (hypothèses) : ce que rembourse l'assureur selon la répartition des quotités
Répartition (Antoine / Camille)Total assuréSi Antoine décède : versé / reste dûSi Camille décède : versé / reste dûCoût relatif*
50 % / 50 %100 %181 612,65 € / 181 612,65 € (échéance ramenée à 4 100,64 €)181 612,65 € / 181 612,65 € (échéance ramenée à 4 100,64 €)100
100 % / 100 %200 %363 225,30 € / 0 €363 225,30 € / 0 €200
70 % / 30 %100 %254 257,71 € / 108 967,59 € (échéance ramenée à 2 460,39 €)108 967,59 € / 254 257,71 € (échéance ramenée à 5 740,90 €)100

* Hypothèse de lecture : prime proportionnelle à la quotité et tarif identique pour les deux associés. En réalité, l'âge et l'état de santé de chacun changent la prime : à 70/30, c'est la tête la plus assurée qui pèse le plus. Échéances ramenées calculées en conservant les 48 mois restants.

Exemple construit pour illustrer le raisonnement : ce n'est ni un dossier réel, ni une promesse de résultat.

Le chiffre clé À 50/50, la société continue de payer 4 100,64 € par mois pendant quatre ans après le décès d'un associé. À 70/30, si c'est Camille qui décède, elle paie encore 5 740,90 € par mois, sans la directrice de son atelier. La répartition « au prorata du capital » n'est pas toujours la plus protectrice : c'est le poids dans l'activité qui compte.

La quotité peut-elle faire entrer un dossier dans la convention AERAS ?

Oui, et c'est le seul effet de la quotité sur l'accès à l'assurance d'un prêt professionnel. La convention AERAS apprécie ses conditions sur la part assurée : pour les prêts professionnels et les prêts immobiliers autres que la résidence principale, « la part assurée sur l'encours cumulé de prêts n'excède pas 420 000 euros », avec un contrat terminé avant le 71e anniversaire.

La grille de septembre 2023 précise que l'on compte les capitaux restant dus des précédents crédits garantis par le même assureur.

Dans notre cas, le prêt finance du matériel : il est dans le champ. Supposons qu'Antoine ait un antécédent de santé et aucun autre prêt assuré chez le même assureur. À 50 %, il porte 300 000 € : sous le plafond. À 70 %, il porte exactement 420 000 € : le texte dit « n'excède pas », il reste dans le champ. À 100 %, il porte 600 000 € : hors plafond. Contrat terminé à 55 ans dans les trois cas.

Convention AERAS : ce que conditionne le plafond de 420 000 € de part assurée, selon le texte de la convention (version 2023)
ProtectionSoumise au plafond de 420 000 € et au 71e anniversaire ?
Troisième niveau d'examen (pool des risques très aggravés)Oui
Grille de référence (tarif normal ou surprime plafonnée)Oui
Écrêtement des surprimes (prêts professionnels, revenus modestes)Oui (420 000 €)
Deuxième niveau d'examen, non-cumul surprime et exclusionAucun plafond de montant n'est posé par le texte

Le questionnaire de santé est-il obligatoire pour chaque associé assuré ?

Oui, quelle que soit sa quotité. La dispense de l'article L.113-2-1 du code des assurances (part assurée ≤ 200 000 € par assuré, fin du prêt avant 60 ans) ne vise que les crédits immobiliers du 1° de l'article L.313-1 du code de la consommation ; l'article L.313-2, 2° en exclut les prêts qui financent une activité professionnelle. Et si l'arrêt de travail d'un associé survient pendant le prêt ? Sa quotité fixe la part d'échéance prise en charge : voir assurance emprunteur et arrêt maladie en cours de prêt.

Ce que la quotité ne fait pas. Elle ne supprime pas le questionnaire de santé d'un prêt professionnel : la dispense de l'article L.113-2-1 du code des assurances ne vise que les crédits immobiliers d'habitation ou mixtes. Chaque associé assuré, même à 10 %, remplit son questionnaire. Et baisser la quotité d'un associé malade pour « passer sous le plafond » a un prix : moins de protection pour la société s'il décède. À décider en connaissance de cause, voir prêt professionnel et risque aggravé de santé.

Étape suivante

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Que peut exiger la banque ?

Aucun texte ne fixe de quotité minimale sur un prêt professionnel : c'est l'offre de prêt qui la fixe. En pratique, la somme des quotités doit couvrir au moins 100 % du capital. La banque peut aussi exiger qu'un associé précis soit assuré, souvent celui qui porte l'activité, ou refuser une répartition qui laisserait sans couverture la personne dont dépend le remboursement.

Au-delà de ce minimum, tout est un choix de protection. Il se fait avant l'offre : sur un prêt professionnel, rien ne vous garantit de pouvoir modifier ensuite le contrat sans l'accord de la banque. Et la quotité se discute avec les autres sûretés : caution personnelle des dirigeants, garantie Bpifrance, nantissement, détaillées dans caution du dirigeant et garantie Bpifrance.

Quotités, pacte d'associés, garantie croisée : qui paie quoi au décès ?

Au décès d'Antoine, l'assurance emprunteur allège la dette de la SAS. Elle ne fait rien d'autre. Ses parts entrent dans sa succession et reviennent à ses héritiers, sauf clause d'agrément ; Camille se retrouve associée avec eux. Pour racheter ces parts, il lui faut un financement propre : c'est l'objet de la garantie croisée entre associés, qui ne tient qu'avec un pacte d'associés fixant la promesse de vente et le prix.

Un effet est rarement vu : l'assurance sur la tête d'Antoine réduit la dette d'une société détenue à 50 % par Camille. À 70/30 avec des parts à 50/50, le décès d'Antoine profite davantage à la société, donc à tous ses associés, que celui de Camille. C'est cohérent si Antoine porte le chiffre d'affaires. Ça ne l'est plus si la répartition a été choisie pour faire baisser la prime. Écrivez la logique retenue dans le pacte.

Couple d'entrepreneurs : 50/50 ou 100/100 ?

Quand les deux associés forment un couple, la question change de nature. Au décès de l'un, le survivant perd à la fois son associé et une partie du revenu du foyer, tout en restant parfois caution du prêt. Une répartition 50/50 le laisse rembourser seul la moitié d'une dette calibrée pour deux.

C'est le cas où le 100/100 se justifie le plus souvent, surtout si l'un des deux porte l'essentiel de l'activité. Si l'un des conjoints travaille dans l'entreprise sans en être associé, sa protection se pense aussi côté prévoyance du conjoint collaborateur.

Les quotités d'un couple d'exploitants sont traitées, commerce par commerce, dans nos pages sur la reprise d'une boulangerie, d'un restaurant, d'un bar-tabac et d'un salon de coiffure.

Prêt immobilier du couple et prêt professionnel. Pour votre logement, la quotité compte aussi pour la dispense de questionnaire : 200 000 € de part assurée au plus par assuré, prêt terminé avant 60 ans. Selon l'avis du Comité consultatif du secteur financier adopté le 26 mai 2026, ce seuil s'apprécie sur les seuls crédits immobiliers : vos prêts professionnels n'ont pas à être ajoutés à l'encours. Sa mise en œuvre commence au 1er septembre 2026 et doit être généralisée au plus tard en 2027 : vérifiez-la sur votre offre.

Comment choisir vos quotités, en quatre questions ?

En partant de l'activité, pas du capital détenu. La quotité fixe ce que l'assureur rembourse — le capital restant dû multiplié par la quotité — et la convention AERAS apprécie son plafond de 420 000 € sur la part assurée de chaque associé. Quatre questions, dans cet ordre, avant l'offre de prêt :

  1. Sans l'associé, la société rembourse-t-elle ? Chiffrez l'échéance restante dans chaque scénario, comme dans le tableau, et comparez-la au résultat de la société privée de cette personne.
  2. Qui porte le chiffre d'affaires ? La quotité suit le poids dans l'activité, pas forcément la détention du capital.
  3. Un associé a-t-il un antécédent de santé ? Calculez sa part assurée sur l'encours cumulé chez le même assureur, et vérifiez sa position par rapport au plafond de 420 000 € et au 71e anniversaire.
  4. Que coûte chaque option ? Faites tourner le calculateur de coût pour chaque tête, sur capital initial ou restant dû, puis demandez des devis nominatifs.

Quand le 100/100 est-il de l'argent mal placé ?

Quand le remboursement ne dépend pas de la personne assurée. À 100/100, la prime est environ deux fois plus élevée qu'à 50/50, dans l'hypothèse d'une prime proportionnelle à la quotité, pour un risque qui n'existe pas toujours. Quatre cas où le minimum exigé par la banque peut suffire :

  • Un associé financier. Il ne produit pas le chiffre d'affaires : son décès ne met pas le remboursement en danger. Le minimum exigé par la banque suffit souvent sur sa tête.
  • Une société qui a déjà la trésorerie. Si l'entreprise peut rembourser le capital restant dû sans l'associé, surassurer ne protège que la banque.
  • Un prêt court. Sur deux ou trois ans, le capital restant dû fond vite : l'écart entre 50 % et 100 % se réduit chaque mois.
  • Une assurance homme clé déjà en place. Si la société touche un capital au décès de l'associé clé, elle peut rembourser une partie du prêt elle-même : vérifiez que vous ne payez pas deux fois pour le même risque, voir assurance homme clé.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la quotité d'assurance d'un prêt ?

C'est la part du capital emprunté assurée sur la tête de chaque emprunteur ou associé. En cas de décès couvert, l'assureur rembourse à la banque le capital restant dû multiplié par la quotité de la personne décédée. À deux associés assurés à 50 % chacun, un décès solde la moitié du prêt ; à 100 % chacun, soit 200 % au total, il le solde entièrement. La quotité s'applique aussi aux garanties invalidité et incapacité.

Répartir les quotités entre associés permet-il d'éviter le questionnaire de santé ?

Non, pas sur un prêt professionnel. La dispense de questionnaire de l'article L.113-2-1 du code des assurances ne vise que les crédits immobiliers d'habitation ou mixtes, avec une part assurée de 200 000 € au plus par assuré et un prêt terminé avant 60 ans. Un prêt qui finance du matériel, un fonds, des parts sociales ou des murs professionnels reste soumis au questionnaire pour chaque associé assuré, quelle que soit sa quotité.

La quotité compte-t-elle pour le plafond de 420 000 € de la convention AERAS ?

Oui. La convention AERAS apprécie ses conditions sur la part assurée : pour les prêts professionnels, la part assurée sur l'encours cumulé de prêts ne doit pas dépasser 420 000 €, et le contrat doit se terminer avant le 71e anniversaire. Ce plafond conditionne le troisième niveau d'examen, la grille de référence et l'écrêtement des surprimes. Assuré à 50 % sur un prêt de 600 000 €, un associé porte 300 000 € ; à 100 %, il porte 600 000 €.

Quelle quotité minimum la banque exige-t-elle sur un prêt professionnel ?

Aucun texte ne la fixe : c'est l'offre de prêt qui l'indique. La somme des quotités doit au moins couvrir 100 % du capital, réparti entre les personnes dont dépend le remboursement. La banque peut exiger qu'un associé déterminé soit assuré, ou une quotité plus élevée sur celui qui porte l'activité. Au-delà du minimum, la répartition est un choix de protection, à arbitrer avant la signature de l'offre.

Faut-il assurer deux associés à 100 % chacun ?

Si la société ne peut pas rembourser seule le prêt après le départ de l'un d'eux, oui. Sur un prêt de 600 000 € à 7 ans et 4 %, le décès d'un associé après 36 mois laisse 181 612,65 € à rembourser à 50/50, et rien à 100/100. Si les tarifs des deux associés sont proches, l'assurance à 100/100 coûte environ deux fois plus. Pour un associé peu impliqué dans l'activité, une quotité réduite suffit souvent.

La quotité d'assurance règle-t-elle le rachat des parts d'un associé décédé ?

Non. L'assurance emprunteur rembourse la banque : la dette de la société diminue, mais les parts du défunt entrent dans sa succession et reviennent à ses héritiers, sauf clause d'agrément. Pour que l'associé survivant puisse les racheter, il faut un financement dédié, comme une garantie croisée entre associés, et un pacte d'associés qui organise la promesse de vente et le prix. Les deux contrats se complètent, ils ne se remplacent pas.

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.