Prévoyance des indépendants

Questionnaire médical prévoyance : bien le remplir, sans se pénaliser

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 17 septembre 2026

Le questionnaire médical décide de tout : acceptation, surprime, exclusion, ajournement ou refus. Une seule règle absolue : la vérité — une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (art. L.113-8 du Code des assurances), cotisations perdues et sinistre refusé. La bonne stratégie n'est pas d'omettre, mais de pré-sonder anonymement plusieurs assureurs via un courtier avant de déposer un dossier officiel : à antécédents identiques, les décisions varient du refus à l'acceptation avec 15 % de surprime. Aucun questionnaire médical sur prevoya.fr.

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Ce que l'assureur demande — et pourquoi

Le questionnaire de santé (ou déclaration d'état de santé) est le socle de la sélection médicale : l'assureur évalue le risque qu'il accepte de couvrir. Les questions types :

  • Antécédents médicaux et chirurgicaux : maladies, opérations, hospitalisations, en général sur les 5 à 10 dernières années ;
  • Traitements en cours et suivis médicaux réguliers ;
  • ALD (affection de longue durée) reconnue par l'Assurance maladie ;
  • Arrêts de travail passés — durée, cause, séquelles ; c'est la question la plus discriminante en prévoyance, plus encore que pour un prêt ;
  • Sports à risque : plongée, parapente, sports mécaniques, alpinisme… (surprime ou exclusion spécifique) ;
  • Tabac, parfois taille/poids (IMC).

Au-delà de certains montants garantis ou d'un certain âge, s'ajoutent des formalités médicales : rapport du médecin traitant, bilan sanguin, examens ciblés. À l'inverse, sous certains seuils d'âge et de garanties, beaucoup de contrats se contentent d'une sélection allégée — quelques questions fermées en guise de déclaration de bonne santé. Plus simple, mais avec des montants assurables limités.

Les cinq issues possibles

Les 5 décisions possibles de l'assureur après le questionnaire médical (prévoyance TNS, 2026)
Décision Ce que ça signifie Votre marge de manœuvre
Acceptation normale Garanties et tarif standards Aucune — signez si le contrat vous convient
Surprime Cotisation majorée (souvent +10 à +50 %) pour un risque aggravé Comparer : la surprime varie fortement d'un assureur à l'autre
Exclusion La pathologie déclarée (et ses suites) est écartée de la garantie Négocier un rachat d'exclusion, ou une clause de révision après X années sans récidive
Ajournement Décision reportée (ex. 12 mois après une intervention) Re-déposer à l'échéance, ou sonder un assureur moins strict
Refus L'assureur décline le risque Un refus n'est jamais général : d'autres compagnies acceptent le même dossier

La vérité, toujours : ce que dit la loi

L'article L.113-8 du Code des assurances est sans appel : la fausse déclaration intentionnelle qui change l'objet du risque entraîne la nullité du contrat. Concrètement : le sinistre est refusé, le contrat est réputé n'avoir jamais existé, et les cotisations versées restent acquises à l'assureur. L'omission ou déclaration inexacte non intentionnelle (art. L.113-9) est moins brutale mais coûteuse : l'indemnité est réduite en proportion des primes payées par rapport aux primes qui auraient été dues.

Et l'assureur vérifie après le sinistre : c'est au moment de l'arrêt long que le médecin-conseil épluche le dossier médical. « Oublier » une lombalgie traitée il y a 3 ans pour éviter une exclusion dos, c'est financer pendant des années un contrat qui ne versera rien. Toutes nos pages le répètent : un contrat avec une exclusion dos ou psy assumée vaut infiniment mieux qu'un contrat nul.

Le chiffre clé

5 ans : depuis la loi du 28 février 2022, un cancer ou une hépatite C dont le protocole thérapeutique est achevé depuis 5 ans, sans rechute, n'a plus à être déclaré pour une assurance emprunteur dont le contrat se termine avant le 71e anniversaire — c'est le droit à l'oubli. En prévoyance individuelle, il ne s'applique pas : l'assureur peut vous interroger sur un antécédent ancien, dans la limite des questions qu'il pose.

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Droit à l'oubli et grille AERAS : ce qui s'applique en prévoyance

Le droit à l'oubli (loi Lemoine du 28 février 2022) et la convention AERAS (« s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ») ont été construits pour l'assurance emprunteur : cancers et hépatite C ne sont plus à déclarer 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, et la grille de référence AERAS plafonne ou interdit surprimes et exclusions pour une liste de pathologies. En prévoyance individuelle, ces textes ne s'appliquent pas. Un assureur prévoyance peut vous interroger sur un cancer ancien et proposer une surprime, une exclusion, un ajournement ou un refus. Ce qui varie d'un assureur à l'autre, c'est la profondeur des questions posées et la décision prise sur un même dossier : c'est ce qu'un courtier compare, questionnaire en main.

Côté assurance de prêt, les règles propres au questionnaire — quand il est interdit, quand il est toujours exigé (tout prêt professionnel), comment y répondre — sont détaillées dans notre page questionnaire de santé de l'assurance de prêt. Et si votre prévoyance a déjà été refusée, ajournée ou assortie d'une exclusion : prévoyance refusée, que faire.

La bonne méthode : pré-sonder avant de déposer

Un dossier officiel refusé ou ajourné laisse une trace : certains questionnaires demandent « avez-vous déjà fait l'objet d'un refus ou d'une surprime ? ». La méthode propre consiste à pré-sonder anonymement plusieurs compagnies : le courtier décrit le profil (âge, métier, antécédent, garanties visées) sans transmettre l'identité du client, recueille les positions de principe, puis ne dépose le dossier officiel que chez l'assureur le mieux disposé.

Cas type : Marc, 41 ans, artisan menuisier (affilié SSI), hernie discale opérée il y a 4 ans, sans récidive. Exemple construit pour illustrer la méthode : ce n'est ni un dossier réel, ni une promesse de résultat, et les réponses et surprimes ci-dessous sont hypothétiques. Devis standard pour son profil : ≈ 90 €/mois (fourchette artisan BTP relevée : 45 à 130 €/mois). Pré-sondage sur trois compagnies :

  • Assureur A : refus — politique stricte sur le rachis opéré de moins de 5 ans ;
  • Assureur B : acceptation avec exclusion disco-vertébrale + surprime 25 % (≈ 112 €/mois) — inacceptable pour un menuisier, dont le dos est le risque n°1 ;
  • Assureur C : acceptation avec surprime 15 % sans exclusion (≈ 103,50 €/mois), révisable après 3 ans sans arrêt lié au dos.

Même dossier, trois réponses. Dans ce scénario, un dépôt direct chez A aurait produit un refus — à déclarer ensuite si un questionnaire le demande. Avec le pré-sondage, Marc signe chez C, dos couvert, pour 13,50 €/mois de plus que le tarif standard.

Et vos données de santé ? Rien en ligne, jamais

Conformité : prevoya.fr ne fait remplir aucun questionnaire médical en ligne. Ni les simulateurs, ni le formulaire de contact ne posent de question médicale. Le questionnaire de santé intervient dans un second temps : d'abord un échange avec le courtier (pré-sondage anonymisé), puis le questionnaire officiel directement auprès de l'assureur, sous consentement explicite, dans le respect du RGPD et du secret médical. Le médecin-conseil de l'assureur est le seul destinataire des pièces médicales.

La prévoyance « sans questionnaire médical » existe-t-elle ?

Oui — et c'est rarement la bonne réponse. Les contrats « à adhésion simplifiée » suppriment le questionnaire, mais le risque ne disparaît pas : il est tarifé autrement. En pratique, ces contrats combinent généralement des capitaux faibles, l'exclusion des pathologies antérieures à l'adhésion, des délais d'attente qui peuvent atteindre deux ans, et parfois des conditions d'éligibilité déguisées (aucun arrêt de plus de 15 jours dans les 36 derniers mois, par exemple). Autrement dit : ce que le questionnaire aurait exclu nommément, le contrat l'exclut en bloc.

Pour qui est-ce rationnel ? Pour l'assuré à qui le marché classique a réellement fermé la porte — après avoir fait jouer la concurrence, pas avant. Un antécédent, même lourd, ne se tarife pas pareil d'un assureur à l'autre : le parcours complet est détaillé dans notre page souscrire une prévoyance avec des antécédents de santé, et ce que le droit à l'oubli ne couvre pas en prévoyance dans droit à l'oubli : ce qui ne s'applique pas.

Quand le questionnaire joue pour vous

Le questionnaire médical n'est pas votre ennemi. Si vous êtes jeune et sans antécédent, il est votre meilleur allié : c'est lui qui vous obtient le tarif standard — et c'est précisément pour cela qu'il faut souscrire avant le premier pépin. Un contrat signé à 30 ans en pleine santé fige des conditions qu'aucun questionnaire ne pourra plus dégrader : les antécédents s'apprécient au jour de la souscription. À l'inverse, si vos antécédents sont lourds et les propositions toutes assorties de surprimes majeures, il est parfois plus rationnel de réduire le montant garanti ou d'accepter une exclusion ciblée que de renoncer à toute couverture — voir notre méthode dans le comparatif en 10 critères et les ordres de grandeur dans notre page prix d'une prévoyance TNS.

Questions fréquentes

Que demande le questionnaire médical d'une prévoyance ?

Antécédents médicaux et chirurgicaux, traitements en cours, ALD, arrêts de travail passés (souvent sur 5 à 10 ans), sports à risque, tabac, parfois taille et poids. Au-delà de certains montants ou âges : examens complémentaires (bilan sanguin, rapport médical).

Quelles sont les issues possibles après le questionnaire médical ?

Cinq : acceptation normale, surprime, exclusion d'une pathologie, ajournement (décision reportée), refus. Un refus chez un assureur n'empêche pas une acceptation chez un autre : chaque compagnie a sa propre politique de sélection.

Que risque-t-on en cas de fausse déclaration sur le questionnaire de santé ?

Fausse déclaration intentionnelle : nullité du contrat (art. L.113-8 C. assur.), sinistre refusé, cotisations conservées par l'assureur. Omission non intentionnelle : indemnité réduite proportionnellement (art. L.113-9). Dans les deux cas, vous payez pour un contrat qui ne versera pas.

Qu'est-ce que le droit à l'oubli en assurance ?

Pour l'assurance emprunteur : cancers et hépatite C n'ont plus à être déclarés 5 ans après la fin du protocole, sans rechute, pour un contrat qui se termine avant le 71e anniversaire (loi du 28 février 2022, convention AERAS). En prévoyance individuelle, le droit à l'oubli ne s'applique pas : l'assureur peut interroger sur un antécédent ancien, dans la limite des questions posées — voir droit à l'oubli : ce qui ne s'applique pas.

Peut-on souscrire une prévoyance sans questionnaire médical ?

Sous certains seuils d'âge et de garanties, une sélection allégée (simple déclaration de bonne santé) existe. Montants assurables limités, exclusions générales inchangées. Au-delà, le questionnaire complet est la règle.

Le site prevoya.fr collecte-t-il des données de santé ?

Non. Aucun questionnaire médical ne se remplit en ligne. Le questionnaire se remplit avec le courtier puis auprès de l'assureur, avec votre consentement explicite, conformément au RGPD et au secret médical. Voir notre politique de confidentialité.

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Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il rédige et vérifie l’ensemble des contenus de ce site. Il conseille les indépendants et les dirigeants sur leur prévoyance, leur mutuelle et leur assurance de prêt, à partir des barèmes des treize caisses obligatoires.