Assurance de prêt professionnel

Assurance de prêt d'installation libérale : médecin, dentiste, kiné

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le

S'installer en libéral, c'est souvent emprunter plusieurs fois : patientèle, matériel, travaux, parts de société, murs. Chaque prêt passe par un questionnaire de santé, quel que soit son montant, car la loi Lemoine ne vise pas les prêts professionnels. Le point décisif est ailleurs : la CPAM ne verse d'indemnités journalières qu'après 12 mois d'affiliation, du 4e au 90e jour, puis votre caisse prend le relais — 113,22 € par jour pour un chirurgien-dentiste, 55,44 € pour un kinésithérapeute, rien pour un pharmacien ou un vétérinaire. Franchise et invalidité de votre assurance de prêt se choisissent à partir de là.

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Quels prêts pour une installation, et lesquels entrent dans la convention AERAS ?

Tous ces prêts financent une activité professionnelle : l'article L.313-2 du code de la consommation les exclut du régime du crédit immobilier. Aucun n'échappe donc au questionnaire. La convention AERAS, elle, en couvre la plupart, ce qui compte si vous avez un antécédent de santé.

Prêts d'installation d'un libéral de santé : qui emprunte, qui est assuré, convention AERAS (au 17 septembre 2026)
PrêtEmprunteurAssuréConvention AERAS
Patientèle ou clientèleLe praticienLe praticienClientèle citée dans l'extension du 7 octobre 2024, mais une patientèle n'est pas un fonds de commerce : à faire confirmer par écrit
Matériel (fauteuil, imagerie, table, échographe)Le praticien ou la sociétéLe praticienOui
Travaux d'aménagementLe praticien ou la sociétéLe praticienNon mentionnés en tant que tels : à faire confirmer
Parts d'une société d'exercice libéralLe praticien ou sa holdingLe praticienNon mentionnées : instruction hors garanties de la convention
Locaux ou matériel d'une société civile de moyensLa sociétéLes associés, selon leurs quotitésOui (locaux, matériel)
Murs du cabinet via une société civile immobilièreLa sociétéLes associés, selon leurs quotitésOui (locaux)
Officine de pharmacieLe pharmacien ou sa sociétéLe ou les pharmaciensVoir rachat d'officine

Dans la convention, le troisième niveau d'examen, la grille et l'écrêtement supposent une part assurée de 420 000 € au plus, en ajoutant vos autres prêts garantis par le même assureur, et un contrat d'assurance terminé avant 71 ans. Les montages en société sont détaillés dans nos pages quotités entre associés et murs professionnels en SCI.

Que demande la banque pour un prêt d'installation ?

Aucune loi n'impose d'assurer un prêt professionnel ; la banque en fait une condition du crédit. Elle exige en général le décès et la perte totale et irréversible d'autonomie, qui protègent sa créance, et peut demander l'incapacité et l'invalidité. Elle peut aussi exiger d'autres garanties, comme une caution ou un nantissement. Ses exigences varient selon le projet : lisez la fiche d'exigences avant de comparer.

Ce que vous devez négocier, vous, tient en quatre lignes du contrat :

  • la définition de l'invalidité : professionnelle ou fonctionnelle ;
  • la franchise de l'incapacité, couramment de 90 à 180 jours, à caler sur votre caisse ;
  • le mode de versement : forfaitaire (la mensualité, au prorata de la quotité) ou indemnitaire (limité à votre perte de revenu, sur la base des revenus déclarés) ;
  • les exclusions, notamment du dos et des affections psychiques, dans des métiers physiquement et psychiquement exposés.

Que verse votre caisse, et quelle franchise en déduire ?

Le régime obligatoire verse sans sélection médicale. Pour toutes les professions ci-dessous, la CPAM indemnise du 4e au 90e jour, à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, entre 26,33 € et 197,51 € par jour en 2026, après au moins 12 mois d'affiliation. Ensuite, tout dépend de la caisse.

Libéraux de santé : relais de la caisse après le 90e jour et invalidité, barèmes 2026 publiés par les caisses, et conséquence sur la franchise de la garantie incapacité du prêt
ProfessionCaisseIndemnités à partir du 91e jourInvalidité de la caisseFranchise du prêt
MédecinCARMF65,84 € à 197,51 € par jour selon la classe, 36 moisTotale uniquement : 23 662 € à 31 549 € par an ; partielle non couverte90 ou 180 jours selon la trésorerie ; invalidité partielle à couvrir
Chirurgien-dentisteCARCDSF113,22 € par jour, 3 ansTotale : 31 824,20 € par an, avant 62 ans90 ou 180 jours selon la trésorerie
Sage-femmeCARCDSF49,70 € par jour, 3 ansTotale : 13 460 € par an90 jours conseillés si la mensualité dépasse le relais
Infirmier, kinésithérapeute, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologueCARPIMKO55,44 € par jour, jusqu'au 1 095e jour20 160 € par an (totale), 10 080 € (partielle)90 jours conseillés si la mensualité dépasse le relais
Pharmacien titulaire, biologisteCAVPAucuneAllocation de 16 872 € par an90 jours : au-delà, rien ne tombe
VétérinaireCARPVAucune (décret sur des indemnités longues « en cours de validation »)Au-delà de 66 %, reconnue depuis plus d'un an : 8 560 € à 25 680 € par an selon la classe90 jours
Ostéopathe, psychologueCIPAVAucuneÀ partir de 66 %, part forfaitaire de 2 403 € par an plus une part en points90 jours

Le chiffre clé 12 mois : c'est la durée d'affiliation qu'exige l'Assurance maladie avant de verser la première indemnité journalière à un libéral. Un praticien qui s'installe sans avoir déjà été affilié comme libéral n'a donc en principe droit à aucune indemnité de la CPAM pendant sa première année, alors que ses premières mensualités tombent.

Les montants de votre caisse, jour par jour, se calculent avec notre simulateur d'indemnités journalières. Les conditions propres à chaque caisse (cotisations à jour, déclaration dans les délais) sont à vérifier auprès d'elle. Et si l'arrêt de travail survient pendant le prêt ? Franchise, définition de l'incapacité et déclaration du sinistre sont détaillées dans assurance emprunteur et arrêt maladie en cours de prêt.

Étape suivante

Caler franchise, invalidité et quotités sur votre caisse

Nous partons de ce que verse votre caisse, puis nous interrogeons plusieurs assureurs sur vos prêts d'installation et votre prévoyance, et nous vous remettons une recommandation écrite. Aucun questionnaire médical en ligne : vos pièces ne vont qu'au médecin-conseil de l'assureur.

  • Souvent 2 à 3 fois moins cher que le contrat groupe de la banque, à garanties exigées identiques.
  • Des garanties au niveau exigé par la banque, ni plus ni moins, et une quotité répartie au mieux entre co-emprunteurs.
  • 0 € de frais de courtage : nous sommes rémunérés par l’assureur retenu, jamais par vous.

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Pourquoi l'invalidité professionnelle compte plus qu'ailleurs ?

Un geste précis, une main, une épaule, le dos : un libéral de santé peut être empêché d'exercer avec un taux d'invalidité fonctionnelle modeste. Les garanties d'invalidité se déclenchent souvent à 33 % (partielle) et 66 % (totale) ; tout dépend du barème qui fixe ce taux. Un barème professionnel apprécie l'incapacité au regard de votre métier, un barème fonctionnel au regard de la vie courante.

Deux précisions. Les engagements pris en 2026 devant le Comité consultatif du secteur financier sur l'appréciation de l'incapacité au regard de l'activité exercée visent le crédit immobilier, pas vos prêts professionnels : lisez votre contrat. Et si, avec un antécédent de santé, l'assureur ne propose pas l'invalidité standard, la garantie invalidité spécifique de la convention AERAS se déclenche à 70 % d'incapacité fonctionnelle, avec pour un non-salarié une notification d'inaptitude totale à l'exercice de la profession. Le détail est dans notre page invalidité professionnelle ou fonctionnelle.

Faut-il remplir un questionnaire de santé pour un prêt d'installation ?

Oui, toujours, quel que soit le montant. La dispense de l'article L.113-2-1 du code des assurances (200 000 € de part assurée, fin du prêt avant 60 ans), en vigueur depuis le 1er juin 2022, ne vise que le logement ou le local mixte acheté par un particulier. Quatre points à connaître avant de vous installer :

  • Chaque prêt a le sien : patientèle, matériel, travaux, parts de société, murs — chaque prêt d'installation passe par un questionnaire, même pour un petit montant.
  • Le droit à l'oubli s'applique aux prêts du champ AERAS : un cancer ou une hépatite C terminés depuis 5 ans, sans rechute, ne se déclarent plus, si le contrat se termine avant 71 ans.
  • Votre prêt immobilier personnel ne devrait plus en pâtir : selon l'avis du CCSF de 2026, les assureurs se sont engagés à apprécier le seuil de 200 000 € de la dispense sur les seuls crédits immobiliers.
  • Vos pièces médicales ne vont qu'au médecin-conseil de l'assureur, jamais à la banque. Une omission volontaire expose à la nullité du contrat (article L.113-8 du code des assurances).

Avec un antécédent, lisez notre page prêt professionnel et risque aggravé de santé.

Remplaçant, collaborateur, installé : qu'est-ce qui change ?

L'installation change l'échelle des charges, pas les règles d'indemnisation : en 2026, la CPAM verse ses indemnités journalières du 4e au 90e jour, après au moins 12 mois d'affiliation, à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années. Trois points à vérifier avant de signer les offres :

  1. Votre ancienneté d'affiliation. Si vous exerciez déjà en libéral comme remplaçant ou collaborateur, les 12 mois exigés par la CPAM peuvent être acquis ; si vous sortez du salariat, ils ne le sont pas. Faites-le confirmer par votre CPAM.
  2. Votre revenu de référence. Les indemnités de la CPAM se calculent sur le revenu moyen des trois dernières années : des années de remplacement à revenu modeste donnent des indemnités modestes, même si votre revenu d'installé sera plus élevé. Une garantie indemnitaire assise sur vos revenus déclarés peut buter sur la même difficulté : demandez comment le contrat traite vos premières années.
  3. Vos contrats existants. Une prévoyance souscrite en bonne santé comme remplaçant ne repasse pas par le questionnaire pour ses garanties acquises. Révisez-la plutôt que de la résilier : voir prévoyance du médecin remplaçant et installé depuis moins d'un an.

Cas type : Léa, kinésithérapeute, s'installe — quelle franchise choisir ?

Léa, 31 ans, remplace en libéral depuis trois ans avec un revenu annuel moyen de 45 000 €. Elle reprend une patientèle et le matériel d'un cabinet : 90 000 € sur 7 ans. À un taux hypothétique de 5 %, la mensualité atteint 1 272 € hors assurance.

  • Du 4e au 90e jour : si son affiliation est confirmée, la CPAM lui verse 45 000 € ÷ 730 = 61,64 € par jour, soit 1 849,32 € pour 30 jours.
  • À partir du 91e jour : la CARPIMKO verse 55,44 € par jour, soit 1 663,20 € pour 30 jours. Mensualité payée, il resterait 391,15 € pour vivre et couvrir le loyer du cabinet.
  • Sa décision : une garantie incapacité avec franchise de 90 jours, qui prend en charge la mensualité quand la CPAM s'arrête, et une invalidité professionnelle. Son questionnaire est rempli comme pour tout prêt professionnel.
  • Le reste : loyer, charges et remplaçant éventuel relèvent d'une garantie frais généraux, pas de l'assurance du prêt. Voir frais généraux des professions de santé.

Exemple construit pour illustrer le raisonnement : ce n'est ni un dossier réel, ni une promesse de résultat.

Quand ne pas surassurer un prêt d'installation ?

La garantie incapacité d'un prêt ne paie que la mensualité, et seulement pendant la durée du prêt. Si votre prévoyance verse déjà, après la même franchise, de quoi couvrir mensualités, charges et revenu, une incapacité coûteuse sur un petit prêt de matériel de courte durée fait double emploi — sous réserve que la banque ne l'exige pas.

À l'inverse, pour un pharmacien, un vétérinaire ou un ostéopathe dont la caisse ne verse rien après le 90e jour, c'est souvent la garantie qu'il ne faut pas sacrifier. Mesurez avant de trancher : le coût de chaque garantie se calcule sur vos prêts avec notre calculateur.

Questions fréquentes

L'assurance est-elle obligatoire pour un prêt d'installation de médecin, de dentiste ou de kiné ?

Aucune loi ne l'impose, mais la banque en fait presque toujours une condition du prêt, au minimum sur le décès et la perte totale et irréversible d'autonomie. Pour un libéral de santé, les garanties incapacité et invalidité se négocient au même moment. Le questionnaire de santé reste exigé quel que soit le montant : la dispense de la loi Lemoine ne vise que les crédits immobiliers d'habitation ou mixtes, pas les prêts qui financent une activité professionnelle.

Un professionnel de santé qui vient de s'installer touche-t-il des indemnités journalières ?

Pas tout de suite. Selon l'Assurance maladie, les indemnités journalières des professions libérales supposent au moins 12 mois d'affiliation et des cotisations à jour. Elles sont versées du 4e au 90e jour d'arrêt et valent 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, au plus 197,51 € par jour en 2026. Ensuite, le relais dépend de la caisse : 113,22 € par jour à la CARCDSF pour un dentiste, rien à la CAVP ou à la CARPV.

Quelle franchise choisir pour l'assurance d'un prêt d'installation ?

Celle qui s'emboîte avec votre régime obligatoire. La CPAM couvre du 4e au 90e jour ; une franchise de 90 jours prend donc le relais sans trou. Si votre caisse ne verse aucune indemnité après le 90e jour, comme la CAVP pour les pharmaciens, la CARPV pour les vétérinaires ou la CIPAV pour les ostéopathes, une franchise de 180 jours laisse trois mois de mensualités à votre charge. Pendant vos 12 premiers mois d'affiliation, même les 90 premiers jours ne sont pas couverts par la CPAM.

Les prêts d'installation d'un libéral de santé entrent-ils dans la convention AERAS ?

En grande partie. La convention couvre les prêts professionnels finançant des locaux et du matériel et, depuis le 7 octobre 2024, les fonds de commerce composés exclusivement d'éléments immatériels, dont la clientèle. Une patientèle libérale n'étant pas un fonds de commerce, faites confirmer l'application par écrit. L'achat de parts d'une société d'exercice libéral n'est pas mentionné. Conditions : 420 000 € assurés au plus sur l'encours cumulé et fin du contrat avant 71 ans.

Faut-il garder la prévoyance souscrite comme remplaçant au moment de s'installer ?

Souvent, oui, à condition de la réviser. Un contrat souscrit en bonne santé ne repasse pas par le questionnaire pour les garanties déjà acquises, alors qu'un nouveau contrat en exigera un. En revanche, les montants d'indemnités, la franchise et la définition de l'invalidité doivent suivre vos nouvelles charges : mensualités, loyer, salariés. Faites relire le contrat avant de le résilier et avant de signer les offres de prêt.

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.