Prévoyance maçon : 41,10 €/jour de la SSI et la clause qui exclut votre dos
Un maçon à 30 000 € de bénéfice annuel gagne 82,19 € par jour (30 000 ÷ 365). En arrêt de travail, la Sécurité sociale des indépendants lui verse 41,10 € par jour (30 000 ÷ 730), à partir du 4e jour seulement. Il manque 41,09 € par jour, soit environ 1 233 € par mois d'arrêt. Et pour un maçon, le sujet numéro un n'est pas ce montant : c'est de vérifier que le contrat complémentaire couvre bien les pathologies du dos, que la plupart des formules d'entrée de gamme excluent.
Le dos d'un maçon s'use : c'est une donnée du métier
Parpaings, sacs de ciment, banches, brouettes chargées : un maçon manipule plusieurs tonnes par semaine, souvent en torsion, souvent en fin de journée quand la vigilance baisse. L'usure lombaire n'est pas un accident improbable, c'est la trajectoire normale d'une carrière de vingt ou trente ans sur les chantiers. Hernie discale, lombosciatique, arthrose lombaire : ces pathologies arrivent, et elles arrivent longtemps avant la retraite.
Cette évidence de terrain a une conséquence contractuelle brutale. Les assureurs le savent aussi, et beaucoup de contrats standards traitent le rachis comme un risque quasi certain — donc à exclure, ou à ne couvrir qu'au prix fort. Un maçon qui signe une prévoyance sans lire la clause dorso-vertébrale achète une couverture pour tout, sauf pour ce qui va réellement lui arriver.
La clause à lire avant le prix. Dans un contrat courant, les affections dorso-vertébrales ne sont indemnisées qu'en cas d'hospitalisation ou d'intervention chirurgicale. Or l'immense majorité des lombalgies se soignent sans bloc opératoire : repos, kinésithérapie, infiltrations. Résultat : deux mois d'arrêt pour lombosciatique, 0 € versé par l'assureur, alors que la cotisation, elle, a bien été prélevée. Le mécanisme, les formulations à repérer et le coût du rachat sont détaillés sur la page exclusions dos et psy.
Ce que verse la SSI à un maçon, du premier jour à l'invalidité
| Période | Règle SSI 2026 | Montant pour 30 000 € de revenu moyen |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Carence : aucune indemnisation | 0 € — 246,57 € de revenu déjà perdus (3 × 82,19 €) |
| Jours 4 à 90 | 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années, plafond 65,84 €/j | 41,10 €/jour, soit 1 233 € pour 30 jours |
| Jours 91 à 360 | Même montant, aucune revalorisation liée à la durée | 41,10 €/jour — le manque atteint 41,09 €/jour |
| Au-delà de 360 jours sur 3 ans | Plus d'IJ, sauf affection de longue durée (jusqu'à 3 ans) | 0 € tant que l'invalidité n'est pas reconnue |
| Invalidité (capacité réduite d'au moins 66 %) | Partielle : 30 % du revenu moyen (530,21 à 1 201,50 €/mois). Totale : 50 % (747 à 2 002,50 €/mois) | 750 €/mois ou 1 250 €/mois |
| Décès | Capital 9 612 € + 2 403 € par orphelin, aucune rente | Environ 3,8 mois de revenu, versés une seule fois |
Source : barèmes SSI 2026 (ameli.fr). Calculs Prevoya sur un revenu annuel moyen de 30 000 €, revenu médian indicatif du métier.
14 796 € : le total maximum que la SSI versera à ce maçon sur les 360 jours d'arrêt indemnisables en 3 ans (360 × 41,10 €). Soit l'équivalent de 180 jours de revenu pour trois années de couverture — et rien du tout entre l'épuisement du compteur et la reconnaissance éventuelle d'une invalidité.
Chutes de hauteur : 16 % des accidents, environ 4 mois d'arrêt
Le dos est le risque chronique ; la chute est le risque brutal. Le BTP a enregistré 72 633 accidents du travail en 2024, avec un indice de fréquence de 38,1 accidents pour 1 000 salariés contre 26,4 tous secteurs confondus. Les chutes de hauteur représentent 16 % de ces accidents et immobilisent en moyenne 4 mois, contre 2,5 mois pour les autres accidents. Échafaudage, banche, toiture, trémie non protégée : la maçonnerie concentre ces situations.
Ces statistiques portent sur les salariés du secteur, mais l'artisan travaille sur les mêmes chantiers — sans la branche accidents du travail. Pour un indépendant, une chute d'échafaudage et une grippe produisent exactement la même indemnisation : 41,10 €/jour, à partir du quatrième jour. Quatre mois d'arrêt, soit 120 jours dont 117 indemnisés, représentent 4 808,70 € versés par la SSI pour 9 862,80 € de revenu perdu : un trou de 5 054,10 €.
Cédric, 38 ans : 70 jours de lombosciatique, au centime près
Cédric, 38 ans, maçon en entreprise individuelle, bénéfice stable de 30 000 €/an. En posant un linteau, il déclenche une lombosciatique aiguë. Traitement médical, kinésithérapie, reprise progressive : 70 jours d'arrêt, sans hospitalisation ni chirurgie.
- Revenu journalier réel : 30 000 ÷ 365 = 82,19 €.
- IJ SSI : 30 000 ÷ 730 = 41,10 €/jour, versée du 4e au 70e jour, soit 67 jours × 41,10 € = 2 753,70 €.
- Revenu qu'auraient produit ces 70 jours : 70 × 82,19 € = 5 753,30 €.
- Manque à gagner : 2 999,60 € — auxquels s'ajoutent les cotisations URSSAF, le crédit du camion et la location de la bétonnière, qui ne s'arrêtent pas.
Si Cédric avait souscrit un contrat premier prix avec exclusion dorso-vertébrale, son assureur aurait versé 0 € : pas d'hospitalisation, pas d'opération, donc pas de garantie. Il aurait payé une cotisation pendant des années pour se retrouver au même point que sans contrat. Avec le rachat d'exclusion négocié à la souscription, la complémentaire aurait pris le relais dès la fin de la franchise contractuelle et comblé tout ou partie des 2 999,60 €.
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Un métier qu'on n'exerce pas diminué : exigez un barème professionnel
Un comptable avec un dos abîmé continue de travailler. Un maçon, non. C'est toute la différence entre les deux façons de mesurer une invalidité dans un contrat :
- Barème fonctionnel : mesure la perte de capacité dans la vie courante, indépendamment du métier. Une atteinte lombaire y est souvent évaluée à 20 ou 30 %, très en dessous des seuils d'indemnisation.
- Barème professionnel : mesure l'impossibilité d'exercer votre métier. Un dos qui interdit définitivement le port de charges peut y donner un taux très élevé, parce qu'il rend la maçonnerie inexerçable.
Le régime obligatoire, lui, ne connaît qu'un seuil : la pension SSI suppose une capacité de travail réduite d'au moins 66 %. En dessous, rien. Un maçon de 45 ans qui ne peut plus porter mais reste capable d'une activité sédentaire ne touchera donc probablement aucune pension — tout en ayant perdu son métier. C'est exactement le trou qu'un contrat en barème professionnel est censé combler ; la distinction est développée sur la page invalidité des indépendants.
Deux mots à chercher dans les conditions générales : « barème professionnel » (et non « fonctionnel » ou « croisé ») et « rachat des affections dorso-vertébrales ». Un contrat de maçon qui n'a ni l'un ni l'autre couvre surtout l'assureur.
Maçon en micro-entreprise : l'IJ fond avec l'abattement
Beaucoup de maçons démarrent seuls, en micro-entreprise. La SSI ne retient alors pas le chiffre d'affaires, mais le CA moyen des 3 dernières années après abattement de 50 % (prestations de services artisanales). Un CA de 36 000 € donne un revenu retenu de 18 000 €, soit une IJ de 24,66 €/jour. Sous 9 164 € de CA annuel moyen, le revenu retenu passe sous le seuil de 4 582 € et l'indemnité tombe à 0 € — un cas fréquent les deux premières années, puisque la moyenne intègre les années civiles à zéro. Les autres conséquences du statut (pas de déduction Madelin, notamment) sont détaillées sur la page prévoyance de l'auto-entrepreneur.
Prix : 45 à 130 €/mois, 150 à 200 € sans exclusion dos
Pour un artisan du bâtiment de 35 à 45 ans, une prévoyance IJ + invalidité + décès se négocie entre 45 et 130 € par mois. Les formules renforcées destinées aux métiers à risque, avec rachat des exclusions, montent à 150 à 200 € par mois. La maçonnerie étant en haut de l'échelle de risque des assureurs, un maçon se situe rarement au plancher de la fourchette. Deux réflexes utiles : déclarer précisément son activité (gros œuvre, travail en hauteur, démolition) pour éviter un refus de prise en charge, et jouer sur la franchise plutôt que sur les garanties pour faire baisser la note. Les leviers sont détaillés sur la page prix d'une prévoyance.
Rappel qui évite bien des malentendus : une mutuelle santé rembourse des soins, elle ne remplace aucun revenu. Les deux contrats ne se substituent pas l'un à l'autre — voir mutuelle ou prévoyance.
Le cas où il vaut mieux ne pas signer
Un contrat de maçon avec exclusion dorso-vertébrale non rachetée se situe dans le bas de la fourchette de 45 à 130 €/mois — et laisse le risque principal découvert. Dans ce cas précis, mieux vaut ne rien signer, mettre cette cotisation de côté et attendre d'avoir le budget d'une formule complète à 150-200 €/mois : payer pour une garantie qui exclut ce qui va vous arriver n'est pas une demi-protection, c'est une dépense sans contrepartie sur le risque majeur.
Même raisonnement pour un maçon de moins de 30 ans, sans crédit, sans salarié, avec deux à trois mois de revenu d'épargne et un conjoint salarié : la SSI couvre environ la moitié du revenu dès le 4e jour, et un arrêt de dix jours se traverse sans assurance. Différer est alors rationnel — à condition de souscrire avant le premier épisode lombaire, car une lombalgie déjà déclarée se retrouve ensuite exclue nommément par le questionnaire médical.
À l'inverse, dès qu'il y a un prêt professionnel, des enfants ou un salarié, les trois trous du régime obligatoire deviennent structurels : l'arrêt long à 41,10 €/jour, l'invalidité à 750 €/mois et le capital décès de 9 612 € sans aucune rente de conjoint ni rente éducation.
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Quand il ne faut pas souscrire davantage
Un maçon salarié relève du régime général et de la prévoyance de la branche BTP : rien à souscrire individuellement. Cette page vise l'artisan à son compte.
Un artisan qui travaille seul, sans emprunt, sans local et avec une trésorerie couvrant plusieurs mois de charges, peut se contenter d'une franchise de 90 jours et d'une garantie centrée sur l'invalidité. L'écart de prime est substantiel.
En revanche, deux économies sont fausses sur ce métier. Renoncer au rachat de l'exclusion dorso-lombaire revient à exclure la cause la plus probable de votre arrêt. Et se contenter d'une invalidité en barème fonctionnel, alors qu'un dos abîmé vous empêche d'exercer bien avant d'atteindre les taux exigés, vide la garantie de son objet.
Questions fréquentes
Un maçon a-t-il droit aux indemnités journalières ?
Oui. Le maçon indépendant relève de la SSI : 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années, plafonné à 65,84 €/jour, dès le 4e jour (3 jours de carence), 360 jours maximum sur 3 ans. Pour 30 000 € de bénéfice : 41,10 €/jour, contre 82,19 €/jour de revenu réel. Sous 4 582 € de revenu annuel moyen, l'IJ est nulle.
Qu'est-ce que l'exclusion dos dans un contrat de prévoyance ?
Une clause qui ne couvre les pathologies dorso-vertébrales (lombalgie, sciatique, hernie discale) qu'en cas d'hospitalisation ou de chirurgie. Comme la plupart des lombalgies se traitent sans opération, un arrêt de deux mois est alors indemnisé 0 €. Pour un maçon, c'est l'exclusion du risque n° 1 du métier : le rachat se négocie à la souscription — voir exclusions dos et psy.
La prévoyance est-elle obligatoire pour un maçon ?
Non. Seules les cotisations SSI sont obligatoires ; elles ouvrent droit aux IJ, à la pension d'invalidité et au capital décès de 9 612 €. La complémentaire est facultative — mais le régime obligatoire ne couvre qu'environ la moitié du revenu, et rien du tout après 360 jours d'arrêt sur 3 ans.
Combien coûte une prévoyance pour un maçon ?
45 à 130 €/mois pour un artisan du bâtiment de 35-45 ans (IJ + invalidité + décès), 150 à 200 €/mois en formule renforcée sans exclusion dos. La maçonnerie étant classée en risque élevé, comptez plutôt le haut de la fourchette — détails sur la page prix d'une prévoyance.
Que verse la SSI à un maçon qui ne peut plus porter de charges ?
Rien, tant que la capacité de travail n'est pas réduite d'au moins 66 %. Au-delà de ce seuil : 30 % du revenu moyen en incapacité partielle (530,21 à 1 201,50 €/mois) soit 750 €/mois pour 30 000 € de revenu, et 50 % en invalidité totale (747 à 2 002,50 €/mois) soit 1 250 €/mois. D'où l'intérêt d'un barème d'invalidité professionnelle dans le contrat complémentaire.
Maçon auto-entrepreneur : quelles indemnités journalières ?
Sur le CA moyen des 3 dernières années après abattement de 50 % (services artisanaux). CA 36 000 € → revenu retenu 18 000 € → IJ 24,66 €/jour. Sous 9 164 € de CA moyen, l'IJ est de 0 € — voir prévoyance auto-entrepreneur.
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Calculer mes indemnités Parler à un courtierSources
- ameli.fr — Arrêt maladie des artisans et commerçants — consulté en août 2026.
- previssima.fr — IJ des artisans-commerçants — consulté en août 2026.
- ameli.fr — Pension d'invalidité — consulté en août 2026.
- ameli.fr — Capital décès — consulté en août 2026.
- preventionbtp.fr — Sinistralité du BTP 2024 — consulté en août 2026.
- coover.fr — Prévoyance artisan : tarifs — consulté en août 2026.