Régime obligatoire

CARCDSF : prévoyance obligatoire des dentistes et sages-femmes (2026)

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 31 août 2026

La CARCDSF applique deux barèmes très différents. En 2026, à partir du 91e jour d'arrêt, un chirurgien-dentiste perçoit 113,22 €/jour d'IJ, une sage-femme 49,70 €/jour — soit 2,3 fois moins. La rente d'invalidité (totale uniquement) va de 13 460 €/an pour une sage-femme à 31 824,20 €/an pour un dentiste. Les 90 premiers jours, c'est la CPAM qui verse 1/730e du revenu (26,33 à 197,51 €/j).

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J4 – J90CPAM : 26,33 à 197,51 €/j
Dentiste, dès J91113,22 €/j
Sage-femme, dès J9149,70 €/j

Qui dépend de la CARCDSF ?

La CARCDSF (Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes) couvre deux professions aux réalités économiques opposées : les chirurgiens-dentistes libéraux, dont le BNC dépasse souvent 90 000 €, et les sages-femmes libérales, dont le revenu se situe fréquemment autour de 35 000 €. La caisse en tire deux régimes de prévoyance distincts — deux cotisations, deux niveaux de prestations. Les deux s'appuient sur le même socle : les IJ CPAM des professions libérales du 4e au 90e jour, puis le relais de la caisse au 91e jour.

Les deux barèmes CARCDSF en un tableau

Prestations CARCDSF 2026 : déclenchement, montants, durées — chirurgiens-dentistes et sages-femmes
Garantie Déclenchement Chirurgien-dentiste Sage-femme
IJ CPAM (socle commun) J4 – J90 (carence 3 jours) 1/730e du revenu moyen 3 ans : 26,33 à 197,51 €/j (87 jours max par arrêt)
IJ de la caisse Dès le 91e jour, pendant 3 ans max 113,22 €/j 49,70 €/j
Rente d'invalidité (totale uniquement) Incapacité totale reconnue, avant 62 ans 31 824,20 €/an + 9 314,40 €/an par enfant 13 460 €/an, sans majoration par enfant
Capital décès Décès de l'affilié 19 605 € + rente conjoint 20 859,72 €/an + rente éducation 14 115,60 €/an par enfant 15 128 €
Cotisation annuelle 2026 — 1 235 € (394 € invalidité-décès + 841 € IJ) 384 € (forfaitaire)

Transparence sur les montants décès : les valeurs 2026 (19 605 €, 20 859,72 €, 14 115,60 €, 15 128 €) sont extrapolées à +2 % à partir des barèmes 2025, la page officielle de la caisse n'étant pas encore mise à jour ; l'ordre de grandeur est confirmé par MetLife. IJ et cotisations sont, elles, les valeurs officielles 2026. Particularité utile : en cas de rechute pour la même pathologie dans l'année, les IJ du dentiste reprennent sans nouvelle carence de 90 jours.

Le chiffre clé

2,3 fois. C'est l'écart entre l'IJ du chirurgien-dentiste (113,22 €/j) et celle de la sage-femme (49,70 €/j) au sein de la même caisse. Deux professions, deux régimes — et deux stratégies de complément très différentes.

Exemple 1 : Julien, chirurgien-dentiste, BNC 95 000 €

Julien, 45 ans, chirurgien-dentiste, dégage 95 000 €/an, soit 260,27 €/jour (95 000 ÷ 365). Une tendinopathie sévère de la main droite l'arrête 9 mois (environ 270 jours). Son IJ CPAM vaut 95 000 ÷ 730 = 130,14 €/jour.

Arrêt de 9 mois de Julien (chirurgien-dentiste, BNC 95 000 €) : indemnisation détaillée
Période Indemnisation Perçu sur la période
J1 – J3 (carence) 0 €/j 0 €
J4 – J90 (87 jours) 130,14 €/j (CPAM) 87 × 130,14 = 11 322,18 €
J91 – J270 (180 jours) 113,22 €/j (CARCDSF) 180 × 113,22 = 20 379,60 €
Total sur 270 jours — 31 701,78 €, pour 71 250 € de revenu non réalisé

Taux de couverture global : environ 44 %. Notez que l'IJ de la caisse (113,22 €) est inférieure à l'IJ CPAM de Julien (130,14 €) : au 91e jour, son indemnisation baisse. Les charges du cabinet (fauteuil, assistante, loyer) continuent de courir.

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La main du dentiste : l'angle mort du régime

Le patrimoine professionnel d'un dentiste tient dans ses mains. Or la rente d'invalidité CARCDSF exige une incapacité totale reconnue, avant 62 ans. Un praticien qui perd 40 % de la dextérité d'une main ne peut plus exercer la dentisterie — mais il n'est pas en incapacité totale au sens de la caisse, et peut donc percevoir 0 € de rente obligatoire.

Seul un contrat avec barème d'invalidité professionnelle protège le geste. Ce barème apprécie le taux d'invalidité par rapport à votre métier : une main abîmée y vaut une invalidité massive pour un dentiste, quand un barème fonctionnel « toutes professions » n'y verrait qu'un taux modeste. La différence entre les deux se chiffre en dizaines de milliers d'euros de rente — explications détaillées ici.

Exemple 2 : Nadia, sage-femme libérale, 35 000 €

Nadia, 33 ans, sage-femme libérale, dégage 35 000 €/an, soit 95,89 €/jour. Son IJ CPAM vaut 35 000 ÷ 730 = 47,95 €/jour. Un burn-out l'arrête 6 mois (180 jours) : 87 jours à 47,95 € (CPAM) = 4 171,65 €, puis 90 jours à 49,70 € (CARCDSF) = 4 473,00 €. Total : 8 644,65 € pour 17 500 € de revenu non réalisé, soit 49 % de couverture. À ce niveau de revenu, le forfait de la caisse prolonge presque exactement l'IJ CPAM : la continuité est bonne, mais le niveau reste à la moitié du revenu — et attention, beaucoup de contrats standard excluent ou limitent les affections psychiques, précisément le risque n° 1 du métier.

En cas d'invalidité totale, Nadia percevrait 13 460 €/an — sans aucune majoration pour ses enfants, contrairement au barème dentiste (+ 9 314,40 €/an par enfant). En cas de décès, ses proches recevraient un capital d'environ 15 128 €, sans rente conjoint ni rente éducation dans le régime obligatoire de sa section. Pour une mère de famille dont le foyer repose sur deux revenus, c'est le vrai point à couvrir en priorité.

Deux professions, deux stratégies de complément

Le contre-discours d'abord : la CARCDSF n'est pas un mauvais régime. Côté dentiste, une IJ de 113,22 €/j et une rente d'invalidité de 31 824,20 €/an placent la caisse dans le haut du panier des libéraux, loin devant une CIPAV à 0 € d'IJ. Un dentiste célibataire, sans emprunt, avec 12 mois de trésorerie, peut légitimement se contenter d'un complément léger.

Mais les priorités diffèrent radicalement selon la section. Pour le dentiste : combler l'écart entre 113,22 €/j et son revenu réel (260 €/j pour un BNC de 95 000 €), et surtout assurer la main via un barème professionnel. Pour la sage-femme : renforcer le décès (15 128 € de capital ne couvrent même pas une année de son revenu) et l'invalidité (13 460 €/an), en veillant aux exclusions psy et dos. Pour comparer votre caisse aux neuf autres régimes, consultez le baromètre IJ toutes caisses ; pour vos chiffres exacts, le simulateur d'IJ applique votre revenu réel.

Questions fréquentes

Quand la CARCDSF verse-t-elle des indemnités journalières ?

À partir du 91e jour d'arrêt, pendant 3 ans au maximum. Les 90 premiers jours relèvent du socle commun des libéraux : la CPAM verse 1/730e du revenu moyen des 3 dernières années, entre 26,33 et 197,51 €/j, du 4e au 90e jour, après 3 jours de carence.

Quel est le montant des IJ pour un chirurgien-dentiste en 2026 ?

113,22 €/jour dès le 91e jour, pendant 3 ans au maximum. En cas de rechute pour la même pathologie dans l'année, le versement reprend sans nouvelle carence de 90 jours.

Quel est le montant des IJ pour une sage-femme en 2026 ?

49,70 €/jour dès le 91e jour, pendant 3 ans au maximum — 2,3 fois moins que le barème dentiste de la même caisse, pour une cotisation de 384 €/an contre 1 235 €.

La main du dentiste est-elle couverte par la CARCDSF ?

Pas spécifiquement. La rente d'invalidité (31 824,20 €/an) exige une incapacité totale reconnue avant 62 ans. Un dentiste qui perd partiellement l'usage d'une main — assez pour ne plus soigner, pas assez pour être en incapacité totale — peut ne rien percevoir. Seul un barème d'invalidité professionnelle apprécie le taux par rapport au geste du praticien.

Quel capital décès verse la CARCDSF ?

En 2026, environ 19 605 € pour un dentiste (+ rente conjoint 20 859,72 €/an + rente éducation 14 115,60 €/an par enfant) et environ 15 128 € pour une sage-femme. Ces montants décès 2026 sont extrapolés à +2 % des valeurs 2025 (page officielle non encore à jour, ordre de grandeur confirmé par MetLife).

Combien coûte la prévoyance obligatoire CARCDSF ?

En 2026 : 1 235 €/an pour un chirurgien-dentiste (394 € invalidité-décès + 841 € IJ) et 384 €/an, forfaitaires, pour une sage-femme.

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il rédige et vérifie l’ensemble des contenus de ce site. Il conseille les indépendants et les dirigeants sur leur prévoyance, leur mutuelle et leur assurance de prêt, à partir des barèmes des treize caisses obligatoires.

Sources