Prévoyance des indépendants

Le 91e jour d'arrêt : le moment où six caisses sur dix vous lâchent

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 31 août 2026

Au 91e jour d'arrêt, les indemnités journalières de la CPAM s'arrêtent pour toutes les professions libérales réglementées. Ce qui prend le relais dépend entièrement de votre section : 197,51 €/jour au maximum à la CARMF, 130 € à la CAVEC, 113,22 € pour un chirurgien-dentiste, 55,44 € à la CARPIMKO — et 0 € pour six des dix sections de la CNAVPL (CIPAV, CAVP, CARPV, CPRN, CAVAMAC, CAVOM). Les artisans et commerçants, eux, ne connaissent pas cette rupture, mais leurs indemnités plafonnent à 65,84 €/jour du premier au 360e jour. Voici le tableau complet des relais 2026, et ce qui vient après.

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Pourquoi le 91e jour, et pas un autre

Depuis le 1er juillet 2021, toutes les professions libérales réglementées bénéficient d'un socle commun d'indemnités journalières servi par l'Assurance maladie. Ce socle a une mécanique simple, et une borne nette.

  • Trois jours de carence, jamais indemnisés.
  • Versement du 4e au 90e jour, soit 87 jours indemnisés au maximum par arrêt, et 360 indemnités journalières au maximum sur trois ans.
  • 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, ce revenu étant retenu dans la limite de 3 PASS, soit 144 180 € en 2026. Résultat : entre 26,33 € (plancher lié à l'assiette minimale de 40 % du PASS) et 197,51 €/jour.

Le 90e jour n'est pas une durée médicale. C'est une frontière administrative : l'Assurance maladie couvre l'incapacité temporaire courte, et le législateur a laissé à chaque section professionnelle le soin de traiter la suite. Chaque caisse a répondu comme elle l'entendait — ou n'a pas répondu du tout. D'où trois situations très différentes au 91e jour.

  1. La caisse prend le relais. Quatre sections de la CNAVPL versent une indemnité journalière propre, de 49,70 à 197,51 €/jour, généralement jusqu'au 1 095e jour d'arrêt.
  2. La caisse ne verse rien. Six sections sur dix. Le revenu de remplacement tombe à zéro le 91e jour au matin, et ne peut reprendre qu'au titre de l'invalidité — un tout autre régime, avec un tout autre seuil.
  3. Il n'y a pas de rupture du tout. Les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs (SSI), les exploitants agricoles (MSA) et les dirigeants assimilés salariés restent indemnisés sans à-coup jusqu'à 360 jours sur trois ans. Leur problème est ailleurs : le plafond.

Un cas à part : les avocats. La CNBF est hors CNAVPL, donc hors socle CPAM. Un avocat ne perçoit aucune indemnité journalière de l'Assurance maladie pendant les 90 premiers jours — la couverture dépend du barreau et du contrat de groupe éventuel. Son régime obligatoire, lui, démarre précisément au 91e jour, à 90 €/jour. C'est la seule caisse pour laquelle le 91e jour est une bonne nouvelle.

Le tableau : ce que verse votre caisse au 91e jour

Les lignes sont classées par ce qui se passe au 91e jour : d'abord les caisses qui prennent le relais, puis celles qui ne versent rien, enfin les régimes sans rupture. La dernière colonne compte autant que les autres : elle dit à quelle condition, et au bout de combien de temps, quelque chose peut recommencer.

Ce que verse chaque régime obligatoire à partir du 91e jour d'arrêt — barèmes 2026 (montants bruts)
Caisse (professions) Relais au 91e jour Durée Ensuite : invalidité (seuil et montant)
CARMF
Médecins
65,84 à 197,51 €/j
Classe A (revenu ≤ 48 060 €) : 65,84 € · classe B : 1/730e du revenu net N-2 · classe C (≥ 144 180 €) : 197,51 €
36 mois (1 095 j), continus ou non. De 62 à 69 ans, le taux décroît selon l'année d'arrêt : plein la 1re, 75 % la 2e, 50 % la 3e Invalidité totale et définitive uniquement : 23 662 €/an (classe A) à 31 549 €/an (classe C). Invalidité partielle non couverte
CAVEC
Experts-comptables, commissaires aux comptes
130 €/j
Montant unique, non lié à la classe de cotisation
36 mois (1 095 j) cumulés Invalidité de 66 à 100 %, pension proratisée : 12 465 à 49 860 €/an selon la classe
CARCDSF
Chirurgiens-dentistes
113,22 €/j
Rechute pour la même pathologie sous 1 an : reprise sans nouvelle carence de 90 jours
3 ans Incapacité totale reconnue, avant 62 ans : 31 824,20 €/an (+ 9 314,40 €/an par enfant)
CNBF
Avocats
90 €/j
Régime propre : les 90 premiers jours ne relèvent pas de la CPAM
Du 91e au 1 095e jour Impossibilité totale d'exercer, après épuisement des 3 ans d'IJ, jusqu'à 62 ans : ≈ 9 577 €/an
CARPIMKO
Infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes, podologues
55,44 €/j forfaitaires, quel que soit le revenu
+ 8,06 €/j par enfant à charge · + 20,16 €/j en cas de tierce personne
Jusqu'au 1 095e jour Invalidité ≥ 66 %, à partir du 366e jour : 10 080 €/an (partielle), 20 160 €/an (totale)
CARCDSF
Sages-femmes
49,70 €/j forfaitaires 3 ans Incapacité totale reconnue : 13 460 €/an, sans majoration par enfant
CIPAV
Architectes, ostéopathes, psychologues, moniteurs de ski, guides…
0 € Capacité réduite d'au moins 2/3 : 2 403 €/an forfaitaires + part en points (exemple officiel : 10 120,94 €/an pour 20 000 € de revenu)
CAVP
Pharmaciens titulaires, biologistes
0 € Allocation d'invalidité : 16 872 €/an (+ 16 872 €/an par enfant, + 8 436 €/an conjoint)
CARPV
Vétérinaires
0 € Invalidité > 66 % reconnue depuis plus d'un an, soit jamais avant le 365e jour : 8 560 à 25 680 €/an (66 %), 13 375 à 40 125 €/an (100 %) selon la classe
CPRN
Notaires
0 €
La caisse ne publie aucune indemnité journalière
Invalidité permanente et totale uniquement, jusqu'à 62 ans : 26 400 €/an, soit 2 200 €/mois
CAVAMAC
Agents généraux d'assurance
0 €
La caisse ne publie aucune indemnité journalière
Régime invalidité-décès : invalidité ≥ 66 % → 25 % des commissions ; invalidité de 33 à 65 % → pension proratisée
CAVOM
Commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires
0 €
La caisse ne publie aucune indemnité journalière
Invalidité permanente d'au moins 66 % : rente de 2 450 à 14 700 fois la valeur du point de service selon la classe (A à D)
SSI
Artisans, commerçants, micro-entrepreneurs
Aucune rupture : les IJ se poursuivent, 1/730e du revenu moyen, plafond 65,84 €/j (0 € si revenu moyen < 4 582 €) 360 j indemnisés sur 3 ans (ALD : jusqu'à 3 ans par affection) Capacité réduite d'au moins 66 % : 530,21 à 1 201,50 €/mois (partielle), 747 à 2 002,50 €/mois (totale)
MSA
Exploitants agricoles
Aucune rupture : forfait de 34,66 €/j à partir du 29e jour (26,00 €/j du 4e au 28e) 360 j sur 3 ans (ALD : 3 ans) 30 % du revenu moyen (partielle) : 4 465,69 à 7 209 €/an · 50 % (totale) : 7 916,45 à 12 015 €/an
Régime général
Présidents de SASU/SAS, gérants minoritaires (assimilés salariés)
Aucune rupture : 50 % du gain journalier, salaire retenu plafonné à 1,4 SMIC — 42,97 €/j au maximum 360 j sur 3 ans (ALD : 3 ans) Catégorie 1 : max 1 201,50 €/mois · catégorie 2 : max 2 002,50 €/mois · catégorie 3 : max 3 300,94 €/mois

Montants bruts en vigueur en août 2026. IJ CPAM des libéraux jusqu'au 90e jour : 1/730e du revenu moyen des 3 dernières années, plancher 26,33 €, plafond 197,51 € (revenu retenu dans la limite de 3 PASS). MSA : montants applicables du 01/04/2026 au 31/03/2027. La comparaison de toutes les garanties, invalidité et décès compris, figure dans le baromètre IJ des indépendants.

Étape suivante

Savoir ce qui vous reste au 91e jour, sur vos chiffres

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Les six régimes à zéro, un par un

CIPAV. C'est la plus grande des six, et la plus exposée : architectes, ostéopathes, psychologues, guides, moniteurs de ski, une vingtaine de professions réglementées. Après le 90e jour, ni le SSI, ni la CIPAV, ni aucun autre organisme ne verse quoi que ce soit — il faut atteindre une capacité réduite d'au moins deux tiers pour qu'une pension d'invalidité s'ouvre. Un ostéopathe arrêté six mois pour une hernie discale opérée traverse donc trois mois entiers à revenu nul, puis reprend sans avoir jamais eu droit à l'invalidité.

CAVP. Même règle pour les pharmaciens titulaires d'officine et les biologistes, alors que ce sont, en moyenne, les revenus les plus élevés du tableau — donc les IJ CPAM les plus proches du plafond de 197,51 €/jour pendant les 90 premiers jours, et la chute la plus verticale ensuite. L'allocation d'invalidité de 16 872 €/an ne compense pas un revenu d'officine.

CARPV. Le cas le plus dur du tableau, et il est écrit noir sur blanc dans le livret officiel 2026 de la caisse : le régime ne couvre ni la maladie de longue durée, ni les invalidités inférieures à 66 %, ni les invalidités constatées avant le 365e jour. Autrement dit, un vétérinaire peut traverser 275 jours consécutifs sans percevoir un euro, entre la fin des IJ CPAM au 90e jour et la première date à laquelle son invalidité peut seulement être examinée. Une rubrique « indemnités journalières longues » figure sur le site de la caisse, mentionnant en août 2026 un décret en cours de validation par la tutelle : à suivre, mais rien n'est acquis.

CPRN. La caisse des notaires ne publie aucune indemnité journalière. Elle verse en revanche, en cas d'invalidité permanente et totale reconnue par son médecin-conseil, une rente forfaitaire de 26 400 €/an — 2 200 €/mois — jusqu'à 62 ans. Le forfait est net et il est loin d'être négligeable ; il reste sans commune mesure avec les revenus de la profession, dont la pension de retraite moyenne dépasse à elle seule 44 000 €/an. Et l'invalidité partielle n'existe pas dans ce régime.

CAVAMAC. Les agents généraux d'assurance ne perçoivent, eux non plus, aucune indemnité journalière de leur caisse. Leur régime invalidité-décès, renforcé au 1er octobre 2025 par l'instauration de pensions minimales et la suppression du délai d'attente entre la reconnaissance et le versement, sert une pension égale à 25 % des commissions pour une invalidité d'au moins 66 %, proratisée entre 33 et 65 %. C'est l'un des rares régimes de la liste à reconnaître l'invalidité partielle — mais toujours pas l'arrêt de travail long.

CAVOM. Commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires : la caisse ne publie aucune indemnité journalière et concentre ses prestations sur l'invalidité permanente d'au moins 66 % — une rente de 2 450 à 14 700 fois la valeur du point de service selon la classe — et sur le capital décès. Entre le 91e jour et cette reconnaissance, le régime obligatoire ne prévoit rien.

Ces trois dernières caisses n'ont pas de page dédiée sur ce site, faute de barème complet vérifiable en source primaire pour l'ensemble de leurs prestations. Les montants ci-dessus proviennent des sites institutionnels des caisses, consultés en août 2026 et listés dans les sources. Pour toute décision, faites confirmer votre situation par écrit par votre caisse.

Six caisses sur dix : zéro euro au 91e jour

Le chiffre clé

6 sur 10. Sur les dix sections professionnelles de la CNAVPL, six ne versent aucune indemnité journalière au-delà du 90e jour : CIPAV, CAVP, CARPV, CPRN, CAVAMAC, CAVOM. Quatre seulement prennent le relais — CARMF, CAVEC, CARCDSF, CARPIMKO —, de 49,70 à 197,51 €/jour. Un libéral réglementé sur deux ignore de quel côté de cette ligne il se trouve.

Deux précisions pour lire ce chiffre correctement. D'abord, il compte des caisses, pas des assurés : la CIPAV pèse à elle seule plusieurs centaines de milliers d'affiliés, ce qui déplace la statistique dans le mauvais sens. Ensuite, il ne dit rien de la qualité des autres garanties : la CAVP et la CARPV versent des capitaux décès et des pensions d'invalidité substantiels. Le trou n'est pas général, il est localisé — et il est toujours au même endroit : l'arrêt de travail long qui ne débouche pas sur une invalidité. C'est-à-dire le scénario le plus fréquent.

Deux voisins de palier, dix mois d'arrêt

Nadia et Marc partagent le même immeuble de cabinets, à Nantes. Nadia, 41 ans, est kinésithérapeute et relève de la CARPIMKO. Marc, 43 ans, est ostéopathe et relève de la CIPAV. Tous deux déclarent 42 000 € de revenu annuel. Tous deux sont arrêtés dix mois — 305 jours — pour la même raison : une opération de l'épaule suivie d'une rééducation longue. Ni l'un ni l'autre n'atteindra le seuil d'invalidité : ils reprendront.

Leur indemnité journalière CPAM est identique : 42 000 ÷ 730 = 57,53 €/jour.

Même revenu, même arrêt de 305 jours, deux caisses différentes — barèmes 2026
Période Nadia — CARPIMKO Marc — CIPAV
J1 à J3 — carence 0 € 0 €
J4 à J90 — CPAM (87 j × 57,53 €) 5 005,11 € 5 005,11 €
J91 à J305 — la caisse (215 j) 215 × 55,44 € = 11 919,60 € 0 €
Total perçu sur 10 mois 16 924,71 € 5 005,11 €
Revenu d'activité perdu (42 000 € × 305/365) 35 095,89 € 35 095,89 €
Taux de remplacement · manque à gagner 48 % · −18 171,18 € 14 % · −30 090,78 €

L'écart entre deux voisins de palier, à revenu égal et pour le même arrêt, est de 11 919,60 €. Il ne tient ni à leur prudence, ni à leurs cotisations, ni à la gravité de leur pathologie : il tient au sigle inscrit sur leur appel de cotisation.

Et ce calcul ignore les charges du cabinet, qui continuent de courir pendant les 305 jours : loyer, crédit-bail du matériel, assurances, honoraires du comptable. Chez Marc, elles s'imputent intégralement sur les 5 005 € perçus. C'est l'objet d'une garantie distincte, les frais généraux, que beaucoup de contrats individuels ne comportent pas par défaut. Le simulateur de reste à vivre en arrêt de travail intègre les deux.

La trésorerie couvre 90 jours, jamais 900

Nous sommes courtier, et nous avons donc intérêt à ce que vous concluiez qu'il faut acheter de la garantie. Voici pourtant l'argument le plus honnête : sur les 90 premiers jours, vous n'avez souvent besoin de rien. Un libéral réglementé qui perçoit 57 à 197 €/jour de la CPAM et dispose de trois mois de trésorerie absorbe un arrêt court sans assurance. Payer une prime pour couvrir cette fenêtre-là, c'est acheter cher un risque que votre compte en banque encaisse déjà.

Le problème n'est pas le 30e jour. C'est le 300e. Aucune trésorerie d'indépendant ne tient dix mois à revenu nul, et c'est précisément l'étage que le régime obligatoire laisse vide pour six sections sur dix.

D'où la seule décision technique qui compte vraiment dans un contrat individuel : le réglage de la franchise, c'est-à-dire le nombre de jours d'arrêt avant que l'assureur ne commence à payer.

  • Libéral réglementé : franchise de 90 jours en maladie. C'est le réglage cohérent avec votre régime. La CPAM tient l'étage 1 jusqu'au 90e jour ; le contrat démarre exactement là où elle s'arrête. Et parce que l'assureur ne paie rien sur la période statistiquement la plus fréquente — les arrêts courts —, la prime est nettement plus basse qu'avec une franchise de 15 ou 30 jours. Vous achetez le risque qui ruine, pas celui qui gêne.
  • Avocat (CNBF) : surtout pas 90 jours. Vous ne percevez rien de la CPAM avant le 91e jour. Une franchise de 90 jours vous laisserait à zéro pendant trois mois pleins, puis prendrait le relais au moment précis où votre caisse commence enfin à verser ses 90 €/jour. C'est le contresens le plus coûteux que nous corrigions.
  • Artisan, commerçant, micro-entrepreneur : ce n'est pas la franchise, c'est le montant. Vous n'avez pas de rupture au 91e jour, mais un plafond de 65,84 €/jour dès le 4e. Le levier utile est le niveau d'indemnité complémentaire, pas la date de déclenchement.
  • Une franchise n'est pas un délai de carence. La franchise est contractuelle et se compte en jours d'arrêt ; la carence est la période initiale d'adhésion pendant laquelle certains sinistres ne sont pas couverts. Les deux se cumulent, et la confusion coûte des refus d'indemnisation. Le détail est traité sur notre page franchise et délai de carence.

Enfin, trois situations où nous vous dirons de ne rien souscrire de plus : une épargne réellement liquide couvrant douze mois de charges personnelles et professionnelles ; un foyer dont le second revenu suffit seul ; une structure qui continue de produire sans vous, avec des associés ou des salariés. Dans ces cas, la prime coûte plus cher que le risque qu'elle couvre. Dans tous les autres, le 91e jour est la date à faire figurer noir sur blanc dans vos conditions particulières.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il après 90 jours d'arrêt de travail ?

Les indemnités journalières de la CPAM cessent. Pour une profession libérale réglementée, elles sont versées du 4e au 90e jour, soit 87 jours indemnisés au maximum par arrêt, à hauteur de 1/730e du revenu moyen des trois dernières années, entre 26,33 et 197,51 €/jour en 2026. À partir du 91e jour, c'est votre section de la CNAVPL qui prend le relais — ou ne le prend pas. Quatre sections sur dix versent une indemnité journalière propre : CARMF de 65,84 à 197,51 €/jour selon la classe, CAVEC 130 €/jour, CARCDSF 113,22 €/jour pour un chirurgien-dentiste et 49,70 €/jour pour une sage-femme, CARPIMKO 55,44 €/jour. Les six autres — CIPAV, CAVP, CARPV, CPRN, CAVAMAC, CAVOM — ne versent rien. Les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs ne connaissent pas cette rupture : leurs indemnités journalières se poursuivent jusqu'à 360 jours sur trois ans, mais plafonnées à 65,84 €/jour.

Quelles caisses ne versent rien après 90 jours ?

Six des dix sections professionnelles de la CNAVPL ne publient aucune indemnité journalière : la CIPAV (architectes, ostéopathes, psychologues, consultants et une vingtaine d'autres professions), la CAVP (pharmaciens et biologistes), la CARPV (vétérinaires), la CPRN (notaires), la CAVAMAC (agents généraux d'assurance) et la CAVOM (commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires). Pour leurs affiliés, le revenu de remplacement tombe à zéro au 91e jour et n'est susceptible de reprendre qu'au titre de l'invalidité, laquelle suppose presque partout une incapacité d'au moins 66 % — et, à la CARPV, une reconnaissance qui ne peut intervenir avant le 365e jour.

Combien verse la CARMF ou la CARPIMKO après 90 jours ?

La CARMF verse une indemnité journalière à partir du 91e jour, pendant 36 mois au maximum, égale à 65,84 €/jour pour un médecin de classe A (revenu inférieur à 48 060 €), 197,51 €/jour pour la classe C (revenu supérieur à 144 180 €), et 1/730e du revenu net N-2 entre les deux. Entre 62 et 69 ans, le taux décroît selon l'année d'arrêt et non selon l'âge : taux plein la première année, 75 % la deuxième, 50 % la troisième. La CARPIMKO verse un forfait de 55,44 €/jour, identique quel que soit le revenu, du 91e au 1 095e jour, majoré de 8,06 €/jour par enfant à charge et de 20,16 €/jour en cas de recours à une tierce personne.

Et l'invalidité, à partir de quand ?

Plus tard qu'on ne le croit, et sous une condition de taux que peu d'arrêts atteignent. La plupart des régimes exigent une incapacité d'au moins 66 %, c'est-à-dire une réduction des deux tiers de la capacité de travail — un arrêt long qui se termine par une guérison n'y donne jamais droit. Les délais diffèrent : la CARPIMKO ouvre la pension d'invalidité à partir du 366e jour, la CARPV exige une invalidité supérieure à 66 % reconnue depuis plus d'un an, la CNBF n'ouvre l'invalidité qu'après épuisement des trois ans d'indemnités journalières. La CARMF et la CPRN ne couvrent que l'invalidité totale et définitive, jamais l'invalidité partielle. Entre la fin des indemnités journalières et la première date à laquelle l'invalidité peut être reconnue, il existe donc une zone où rien n'est versé : 275 jours pour un vétérinaire. Le détail des seuils figure sur notre page invalidité.

Les artisans et commerçants sont-ils concernés par le seuil des 90 jours ?

Non. Les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs relèvent du régime général via la Sécurité sociale des indépendants : leurs indemnités journalières commencent au 4e jour après trois jours de carence et se poursuivent sans rupture jusqu'à 360 jours indemnisés sur une période de trois ans, portés à trois ans par affection en cas d'affection de longue durée. Leur problème n'est pas le 91e jour, c'est le plafond : 65,84 €/jour au maximum en 2026, soit environ 2 000 €/mois quel que soit le revenu, et zéro si le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 €. Un commerçant à 60 000 € de revenu est indemnisé à hauteur de 40 % de ce qu'il gagne, dès le premier jour indemnisé et non à partir du 91e.

Comment couvrir le trou du 91e jour ?

Par un contrat de prévoyance individuelle dont la franchise est calée sur ce que fait réellement votre régime obligatoire. Pour une profession libérale réglementée, une franchise de 90 jours en maladie est le réglage logique : la CPAM couvre le premier étage, le contrat prend exactement le relais là où elle s'arrête, et la prime est nettement plus basse qu'avec une franchise de 15 ou 30 jours. Deux exceptions. Les avocats affiliés à la CNBF ne perçoivent aucune indemnité journalière de la CPAM : une franchise de 90 jours les laisserait sans rien pendant trois mois. Les artisans et commerçants n'ont pas de rupture au 91e jour mais un plafond de 65,84 €/jour dès le début : chez eux, le levier utile est le montant de l'indemnité, pas la franchise. Le montant à garantir se calcule sur le revenu net à remplacer, auquel s'ajoutent, le cas échéant, les frais généraux du cabinet.

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Être rappelé par un courtier

Zéro euro au 91e jour : est-ce votre cas ?

Six sections de la CNAVPL sur dix ne versent rien au-delà du 90e jour. Nous vérifions la vôtre, nous chiffrons le trou sur votre revenu réel et vos charges fixes, et nous vous disons aussi quand la trésorerie suffit et qu'il ne faut rien souscrire.

Courtier indépendant, ORIAS n° 26004449 — étude gratuite, sans engagement, réponse sous 24 h ouvrées.

Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.

Sources