Prévoyance des indépendants
Le 91e jour d'arrêt : le moment où six caisses sur dix vous lâchent
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Mis à jour le 31 août 2026
Au 91e jour d'arrêt, les indemnités journalières de la CPAM s'arrêtent pour toutes les professions libérales réglementées. Ce qui prend le relais dépend entièrement de votre section : 197,51 €/jour au maximum à la CARMF, 130 € à la CAVEC, 113,22 € pour un chirurgien-dentiste, 55,44 € à la CARPIMKO — et 0 € pour six des dix sections de la CNAVPL (CIPAV, CAVP, CARPV, CPRN, CAVAMAC, CAVOM). Les artisans et commerçants, eux, ne connaissent pas cette rupture, mais leurs indemnités plafonnent à 65,84 €/jour du premier au 360e jour. Voici le tableau complet des relais 2026, et ce qui vient après.
Pas envie de tout lire ? Un courtier chiffre votre trou de couverture et met les assureurs en concurrence sur votre métier. Gratuit, sans engagement.
Recevoir mon comparatif chiffré Ou calculer mes indemnités →Pourquoi le 91e jour, et pas un autre
Depuis le 1er juillet 2021, toutes les professions libérales réglementées bénéficient d'un socle commun d'indemnités journalières servi par l'Assurance maladie. Ce socle a une mécanique simple, et une borne nette.
- Trois jours de carence, jamais indemnisés.
- Versement du 4e au 90e jour, soit 87 jours indemnisés au maximum par arrêt, et 360 indemnités journalières au maximum sur trois ans.
- 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, ce revenu étant retenu dans la limite de 3 PASS, soit 144 180 € en 2026. Résultat : entre 26,33 € (plancher lié à l'assiette minimale de 40 % du PASS) et 197,51 €/jour.
Le 90e jour n'est pas une durée médicale. C'est une frontière administrative : l'Assurance maladie couvre l'incapacité temporaire courte, et le législateur a laissé à chaque section professionnelle le soin de traiter la suite. Chaque caisse a répondu comme elle l'entendait — ou n'a pas répondu du tout. D'où trois situations très différentes au 91e jour.
- La caisse prend le relais. Quatre sections de la CNAVPL versent une indemnité journalière propre, de 49,70 à 197,51 €/jour, généralement jusqu'au 1 095e jour d'arrêt.
- La caisse ne verse rien. Six sections sur dix. Le revenu de remplacement tombe à zéro le 91e jour au matin, et ne peut reprendre qu'au titre de l'invalidité — un tout autre régime, avec un tout autre seuil.
- Il n'y a pas de rupture du tout. Les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs (SSI), les exploitants agricoles (MSA) et les dirigeants assimilés salariés restent indemnisés sans à-coup jusqu'à 360 jours sur trois ans. Leur problème est ailleurs : le plafond.
Un cas à part : les avocats. La CNBF est hors CNAVPL, donc hors socle CPAM. Un avocat ne perçoit aucune indemnité journalière de l'Assurance maladie pendant les 90 premiers jours — la couverture dépend du barreau et du contrat de groupe éventuel. Son régime obligatoire, lui, démarre précisément au 91e jour, à 90 €/jour. C'est la seule caisse pour laquelle le 91e jour est une bonne nouvelle.
Le tableau : ce que verse votre caisse au 91e jour
Les lignes sont classées par ce qui se passe au 91e jour : d'abord les caisses qui prennent le relais, puis celles qui ne versent rien, enfin les régimes sans rupture. La dernière colonne compte autant que les autres : elle dit à quelle condition, et au bout de combien de temps, quelque chose peut recommencer.
| Caisse (professions) | Relais au 91e jour | Durée | Ensuite : invalidité (seuil et montant) |
|---|---|---|---|
| CARMF Médecins |
65,84 à 197,51 €/j Classe A (revenu ≤ 48 060 €) : 65,84 € · classe B : 1/730e du revenu net N-2 · classe C (≥ 144 180 €) : 197,51 € |
36 mois (1 095 j), continus ou non. De 62 à 69 ans, le taux décroît selon l'année d'arrêt : plein la 1re, 75 % la 2e, 50 % la 3e | Invalidité totale et définitive uniquement : 23 662 €/an (classe A) à 31 549 €/an (classe C). Invalidité partielle non couverte |
| CAVEC Experts-comptables, commissaires aux comptes |
130 €/j Montant unique, non lié à la classe de cotisation |
36 mois (1 095 j) cumulés | Invalidité de 66 à 100 %, pension proratisée : 12 465 à 49 860 €/an selon la classe |
| CARCDSF Chirurgiens-dentistes |
113,22 €/j Rechute pour la même pathologie sous 1 an : reprise sans nouvelle carence de 90 jours |
3 ans | Incapacité totale reconnue, avant 62 ans : 31 824,20 €/an (+ 9 314,40 €/an par enfant) |
| CNBF Avocats |
90 €/j Régime propre : les 90 premiers jours ne relèvent pas de la CPAM |
Du 91e au 1 095e jour | Impossibilité totale d'exercer, après épuisement des 3 ans d'IJ, jusqu'à 62 ans : ≈ 9 577 €/an |
| CARPIMKO Infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes, podologues |
55,44 €/j forfaitaires, quel que soit le revenu + 8,06 €/j par enfant à charge · + 20,16 €/j en cas de tierce personne |
Jusqu'au 1 095e jour | Invalidité ≥ 66 %, à partir du 366e jour : 10 080 €/an (partielle), 20 160 €/an (totale) |
| CARCDSF Sages-femmes |
49,70 €/j forfaitaires | 3 ans | Incapacité totale reconnue : 13 460 €/an, sans majoration par enfant |
| CIPAV Architectes, ostéopathes, psychologues, moniteurs de ski, guides… |
0 € | — | Capacité réduite d'au moins 2/3 : 2 403 €/an forfaitaires + part en points (exemple officiel : 10 120,94 €/an pour 20 000 € de revenu) |
| CAVP Pharmaciens titulaires, biologistes |
0 € | — | Allocation d'invalidité : 16 872 €/an (+ 16 872 €/an par enfant, + 8 436 €/an conjoint) |
| CARPV Vétérinaires |
0 € | — | Invalidité > 66 % reconnue depuis plus d'un an, soit jamais avant le 365e jour : 8 560 à 25 680 €/an (66 %), 13 375 à 40 125 €/an (100 %) selon la classe |
| CPRN Notaires |
0 € La caisse ne publie aucune indemnité journalière |
— | Invalidité permanente et totale uniquement, jusqu'à 62 ans : 26 400 €/an, soit 2 200 €/mois |
| CAVAMAC Agents généraux d'assurance |
0 € La caisse ne publie aucune indemnité journalière |
— | Régime invalidité-décès : invalidité ≥ 66 % → 25 % des commissions ; invalidité de 33 à 65 % → pension proratisée |
| CAVOM Commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires |
0 € La caisse ne publie aucune indemnité journalière |
— | Invalidité permanente d'au moins 66 % : rente de 2 450 à 14 700 fois la valeur du point de service selon la classe (A à D) |
| SSI Artisans, commerçants, micro-entrepreneurs |
Aucune rupture : les IJ se poursuivent, 1/730e du revenu moyen, plafond 65,84 €/j (0 € si revenu moyen < 4 582 €) | 360 j indemnisés sur 3 ans (ALD : jusqu'à 3 ans par affection) | Capacité réduite d'au moins 66 % : 530,21 à 1 201,50 €/mois (partielle), 747 à 2 002,50 €/mois (totale) |
| MSA Exploitants agricoles |
Aucune rupture : forfait de 34,66 €/j à partir du 29e jour (26,00 €/j du 4e au 28e) | 360 j sur 3 ans (ALD : 3 ans) | 30 % du revenu moyen (partielle) : 4 465,69 à 7 209 €/an · 50 % (totale) : 7 916,45 à 12 015 €/an |
| Régime général Présidents de SASU/SAS, gérants minoritaires (assimilés salariés) |
Aucune rupture : 50 % du gain journalier, salaire retenu plafonné à 1,4 SMIC — 42,97 €/j au maximum | 360 j sur 3 ans (ALD : 3 ans) | Catégorie 1 : max 1 201,50 €/mois · catégorie 2 : max 2 002,50 €/mois · catégorie 3 : max 3 300,94 €/mois |
Montants bruts en vigueur en août 2026. IJ CPAM des libéraux jusqu'au 90e jour : 1/730e du revenu moyen des 3 dernières années, plancher 26,33 €, plafond 197,51 € (revenu retenu dans la limite de 3 PASS). MSA : montants applicables du 01/04/2026 au 31/03/2027. La comparaison de toutes les garanties, invalidité et décès compris, figure dans le baromètre IJ des indépendants.
Étape suivante
Savoir ce qui vous reste au 91e jour, sur vos chiffres
Nous reprenons votre caisse, votre revenu et vos charges fixes, et nous chiffrons le trou exact — jour par jour, du 91e jour jusqu'à l'invalidité. Vous repartez avec un montant, pas avec une brochure.
- Jusqu’à 2 à 3 fois moins cher, à garanties équivalentes : les tarifs varient autant d’un assureur à l’autre pour un même profil.
- Des garanties sur mesure : invalidité jugée sur votre métier, exclusions dos et psy rachetées, franchise calée sur votre trésorerie.
- 0 € de frais de courtage : nous sommes rémunérés par l’assureur retenu, jamais par vous.
Sans engagement · Recommandation écrite · Rappel sous 24 h ouvrées
Les six régimes à zéro, un par un
CIPAV. C'est la plus grande des six, et la plus exposée : architectes, ostéopathes, psychologues, guides, moniteurs de ski, une vingtaine de professions réglementées. Après le 90e jour, ni le SSI, ni la CIPAV, ni aucun autre organisme ne verse quoi que ce soit — il faut atteindre une capacité réduite d'au moins deux tiers pour qu'une pension d'invalidité s'ouvre. Un ostéopathe arrêté six mois pour une hernie discale opérée traverse donc trois mois entiers à revenu nul, puis reprend sans avoir jamais eu droit à l'invalidité.
CAVP. Même règle pour les pharmaciens titulaires d'officine et les biologistes, alors que ce sont, en moyenne, les revenus les plus élevés du tableau — donc les IJ CPAM les plus proches du plafond de 197,51 €/jour pendant les 90 premiers jours, et la chute la plus verticale ensuite. L'allocation d'invalidité de 16 872 €/an ne compense pas un revenu d'officine.
CARPV. Le cas le plus dur du tableau, et il est écrit noir sur blanc dans le livret officiel 2026 de la caisse : le régime ne couvre ni la maladie de longue durée, ni les invalidités inférieures à 66 %, ni les invalidités constatées avant le 365e jour. Autrement dit, un vétérinaire peut traverser 275 jours consécutifs sans percevoir un euro, entre la fin des IJ CPAM au 90e jour et la première date à laquelle son invalidité peut seulement être examinée. Une rubrique « indemnités journalières longues » figure sur le site de la caisse, mentionnant en août 2026 un décret en cours de validation par la tutelle : à suivre, mais rien n'est acquis.
CPRN. La caisse des notaires ne publie aucune indemnité journalière. Elle verse en revanche, en cas d'invalidité permanente et totale reconnue par son médecin-conseil, une rente forfaitaire de 26 400 €/an — 2 200 €/mois — jusqu'à 62 ans. Le forfait est net et il est loin d'être négligeable ; il reste sans commune mesure avec les revenus de la profession, dont la pension de retraite moyenne dépasse à elle seule 44 000 €/an. Et l'invalidité partielle n'existe pas dans ce régime.
CAVAMAC. Les agents généraux d'assurance ne perçoivent, eux non plus, aucune indemnité journalière de leur caisse. Leur régime invalidité-décès, renforcé au 1er octobre 2025 par l'instauration de pensions minimales et la suppression du délai d'attente entre la reconnaissance et le versement, sert une pension égale à 25 % des commissions pour une invalidité d'au moins 66 %, proratisée entre 33 et 65 %. C'est l'un des rares régimes de la liste à reconnaître l'invalidité partielle — mais toujours pas l'arrêt de travail long.
CAVOM. Commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires : la caisse ne publie aucune indemnité journalière et concentre ses prestations sur l'invalidité permanente d'au moins 66 % — une rente de 2 450 à 14 700 fois la valeur du point de service selon la classe — et sur le capital décès. Entre le 91e jour et cette reconnaissance, le régime obligatoire ne prévoit rien.
Ces trois dernières caisses n'ont pas de page dédiée sur ce site, faute de barème complet vérifiable en source primaire pour l'ensemble de leurs prestations. Les montants ci-dessus proviennent des sites institutionnels des caisses, consultés en août 2026 et listés dans les sources. Pour toute décision, faites confirmer votre situation par écrit par votre caisse.
Six caisses sur dix : zéro euro au 91e jour
6 sur 10. Sur les dix sections professionnelles de la CNAVPL, six ne versent aucune indemnité journalière au-delà du 90e jour : CIPAV, CAVP, CARPV, CPRN, CAVAMAC, CAVOM. Quatre seulement prennent le relais — CARMF, CAVEC, CARCDSF, CARPIMKO —, de 49,70 à 197,51 €/jour. Un libéral réglementé sur deux ignore de quel côté de cette ligne il se trouve.
Deux précisions pour lire ce chiffre correctement. D'abord, il compte des caisses, pas des assurés : la CIPAV pèse à elle seule plusieurs centaines de milliers d'affiliés, ce qui déplace la statistique dans le mauvais sens. Ensuite, il ne dit rien de la qualité des autres garanties : la CAVP et la CARPV versent des capitaux décès et des pensions d'invalidité substantiels. Le trou n'est pas général, il est localisé — et il est toujours au même endroit : l'arrêt de travail long qui ne débouche pas sur une invalidité. C'est-à-dire le scénario le plus fréquent.
Deux voisins de palier, dix mois d'arrêt
Nadia et Marc partagent le même immeuble de cabinets, à Nantes. Nadia, 41 ans, est kinésithérapeute et relève de la CARPIMKO. Marc, 43 ans, est ostéopathe et relève de la CIPAV. Tous deux déclarent 42 000 € de revenu annuel. Tous deux sont arrêtés dix mois — 305 jours — pour la même raison : une opération de l'épaule suivie d'une rééducation longue. Ni l'un ni l'autre n'atteindra le seuil d'invalidité : ils reprendront.
Leur indemnité journalière CPAM est identique : 42 000 ÷ 730 = 57,53 €/jour.
| Période | Nadia — CARPIMKO | Marc — CIPAV |
|---|---|---|
| J1 à J3 — carence | 0 € | 0 € |
| J4 à J90 — CPAM (87 j × 57,53 €) | 5 005,11 € | 5 005,11 € |
| J91 à J305 — la caisse (215 j) | 215 × 55,44 € = 11 919,60 € | 0 € |
| Total perçu sur 10 mois | 16 924,71 € | 5 005,11 € |
| Revenu d'activité perdu (42 000 € × 305/365) | 35 095,89 € | 35 095,89 € |
| Taux de remplacement · manque à gagner | 48 % · −18 171,18 € | 14 % · −30 090,78 € |
L'écart entre deux voisins de palier, à revenu égal et pour le même arrêt, est de 11 919,60 €. Il ne tient ni à leur prudence, ni à leurs cotisations, ni à la gravité de leur pathologie : il tient au sigle inscrit sur leur appel de cotisation.
Et ce calcul ignore les charges du cabinet, qui continuent de courir pendant les 305 jours : loyer, crédit-bail du matériel, assurances, honoraires du comptable. Chez Marc, elles s'imputent intégralement sur les 5 005 € perçus. C'est l'objet d'une garantie distincte, les frais généraux, que beaucoup de contrats individuels ne comportent pas par défaut. Le simulateur de reste à vivre en arrêt de travail intègre les deux.
La trésorerie couvre 90 jours, jamais 900
Nous sommes courtier, et nous avons donc intérêt à ce que vous concluiez qu'il faut acheter de la garantie. Voici pourtant l'argument le plus honnête : sur les 90 premiers jours, vous n'avez souvent besoin de rien. Un libéral réglementé qui perçoit 57 à 197 €/jour de la CPAM et dispose de trois mois de trésorerie absorbe un arrêt court sans assurance. Payer une prime pour couvrir cette fenêtre-là, c'est acheter cher un risque que votre compte en banque encaisse déjà.
Le problème n'est pas le 30e jour. C'est le 300e. Aucune trésorerie d'indépendant ne tient dix mois à revenu nul, et c'est précisément l'étage que le régime obligatoire laisse vide pour six sections sur dix.
D'où la seule décision technique qui compte vraiment dans un contrat individuel : le réglage de la franchise, c'est-à-dire le nombre de jours d'arrêt avant que l'assureur ne commence à payer.
- Libéral réglementé : franchise de 90 jours en maladie. C'est le réglage cohérent avec votre régime. La CPAM tient l'étage 1 jusqu'au 90e jour ; le contrat démarre exactement là où elle s'arrête. Et parce que l'assureur ne paie rien sur la période statistiquement la plus fréquente — les arrêts courts —, la prime est nettement plus basse qu'avec une franchise de 15 ou 30 jours. Vous achetez le risque qui ruine, pas celui qui gêne.
- Avocat (CNBF) : surtout pas 90 jours. Vous ne percevez rien de la CPAM avant le 91e jour. Une franchise de 90 jours vous laisserait à zéro pendant trois mois pleins, puis prendrait le relais au moment précis où votre caisse commence enfin à verser ses 90 €/jour. C'est le contresens le plus coûteux que nous corrigions.
- Artisan, commerçant, micro-entrepreneur : ce n'est pas la franchise, c'est le montant. Vous n'avez pas de rupture au 91e jour, mais un plafond de 65,84 €/jour dès le 4e. Le levier utile est le niveau d'indemnité complémentaire, pas la date de déclenchement.
- Une franchise n'est pas un délai de carence. La franchise est contractuelle et se compte en jours d'arrêt ; la carence est la période initiale d'adhésion pendant laquelle certains sinistres ne sont pas couverts. Les deux se cumulent, et la confusion coûte des refus d'indemnisation. Le détail est traité sur notre page franchise et délai de carence.
Enfin, trois situations où nous vous dirons de ne rien souscrire de plus : une épargne réellement liquide couvrant douze mois de charges personnelles et professionnelles ; un foyer dont le second revenu suffit seul ; une structure qui continue de produire sans vous, avec des associés ou des salariés. Dans ces cas, la prime coûte plus cher que le risque qu'elle couvre. Dans tous les autres, le 91e jour est la date à faire figurer noir sur blanc dans vos conditions particulières.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il après 90 jours d'arrêt de travail ?
Les indemnités journalières de la CPAM cessent. Pour une profession libérale réglementée, elles sont versées du 4e au 90e jour, soit 87 jours indemnisés au maximum par arrêt, à hauteur de 1/730e du revenu moyen des trois dernières années, entre 26,33 et 197,51 €/jour en 2026. À partir du 91e jour, c'est votre section de la CNAVPL qui prend le relais — ou ne le prend pas. Quatre sections sur dix versent une indemnité journalière propre : CARMF de 65,84 à 197,51 €/jour selon la classe, CAVEC 130 €/jour, CARCDSF 113,22 €/jour pour un chirurgien-dentiste et 49,70 €/jour pour une sage-femme, CARPIMKO 55,44 €/jour. Les six autres — CIPAV, CAVP, CARPV, CPRN, CAVAMAC, CAVOM — ne versent rien. Les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs ne connaissent pas cette rupture : leurs indemnités journalières se poursuivent jusqu'à 360 jours sur trois ans, mais plafonnées à 65,84 €/jour.
Quelles caisses ne versent rien après 90 jours ?
Six des dix sections professionnelles de la CNAVPL ne publient aucune indemnité journalière : la CIPAV (architectes, ostéopathes, psychologues, consultants et une vingtaine d'autres professions), la CAVP (pharmaciens et biologistes), la CARPV (vétérinaires), la CPRN (notaires), la CAVAMAC (agents généraux d'assurance) et la CAVOM (commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires). Pour leurs affiliés, le revenu de remplacement tombe à zéro au 91e jour et n'est susceptible de reprendre qu'au titre de l'invalidité, laquelle suppose presque partout une incapacité d'au moins 66 % — et, à la CARPV, une reconnaissance qui ne peut intervenir avant le 365e jour.
Combien verse la CARMF ou la CARPIMKO après 90 jours ?
La CARMF verse une indemnité journalière à partir du 91e jour, pendant 36 mois au maximum, égale à 65,84 €/jour pour un médecin de classe A (revenu inférieur à 48 060 €), 197,51 €/jour pour la classe C (revenu supérieur à 144 180 €), et 1/730e du revenu net N-2 entre les deux. Entre 62 et 69 ans, le taux décroît selon l'année d'arrêt et non selon l'âge : taux plein la première année, 75 % la deuxième, 50 % la troisième. La CARPIMKO verse un forfait de 55,44 €/jour, identique quel que soit le revenu, du 91e au 1 095e jour, majoré de 8,06 €/jour par enfant à charge et de 20,16 €/jour en cas de recours à une tierce personne.
Et l'invalidité, à partir de quand ?
Plus tard qu'on ne le croit, et sous une condition de taux que peu d'arrêts atteignent. La plupart des régimes exigent une incapacité d'au moins 66 %, c'est-à-dire une réduction des deux tiers de la capacité de travail — un arrêt long qui se termine par une guérison n'y donne jamais droit. Les délais diffèrent : la CARPIMKO ouvre la pension d'invalidité à partir du 366e jour, la CARPV exige une invalidité supérieure à 66 % reconnue depuis plus d'un an, la CNBF n'ouvre l'invalidité qu'après épuisement des trois ans d'indemnités journalières. La CARMF et la CPRN ne couvrent que l'invalidité totale et définitive, jamais l'invalidité partielle. Entre la fin des indemnités journalières et la première date à laquelle l'invalidité peut être reconnue, il existe donc une zone où rien n'est versé : 275 jours pour un vétérinaire. Le détail des seuils figure sur notre page invalidité.
Les artisans et commerçants sont-ils concernés par le seuil des 90 jours ?
Non. Les artisans, commerçants et micro-entrepreneurs relèvent du régime général via la Sécurité sociale des indépendants : leurs indemnités journalières commencent au 4e jour après trois jours de carence et se poursuivent sans rupture jusqu'à 360 jours indemnisés sur une période de trois ans, portés à trois ans par affection en cas d'affection de longue durée. Leur problème n'est pas le 91e jour, c'est le plafond : 65,84 €/jour au maximum en 2026, soit environ 2 000 €/mois quel que soit le revenu, et zéro si le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 €. Un commerçant à 60 000 € de revenu est indemnisé à hauteur de 40 % de ce qu'il gagne, dès le premier jour indemnisé et non à partir du 91e.
Comment couvrir le trou du 91e jour ?
Par un contrat de prévoyance individuelle dont la franchise est calée sur ce que fait réellement votre régime obligatoire. Pour une profession libérale réglementée, une franchise de 90 jours en maladie est le réglage logique : la CPAM couvre le premier étage, le contrat prend exactement le relais là où elle s'arrête, et la prime est nettement plus basse qu'avec une franchise de 15 ou 30 jours. Deux exceptions. Les avocats affiliés à la CNBF ne perçoivent aucune indemnité journalière de la CPAM : une franchise de 90 jours les laisserait sans rien pendant trois mois. Les artisans et commerçants n'ont pas de rupture au 91e jour mais un plafond de 65,84 €/jour dès le début : chez eux, le levier utile est le montant de l'indemnité, pas la franchise. Le montant à garantir se calcule sur le revenu net à remplacer, auquel s'ajoutent, le cas échéant, les frais généraux du cabinet.
Vous ne savez pas de quel côté de la ligne se trouve votre caisse ? Un courtier vous rappelle et vous répond sur votre dossier — gratuitement, même si vous ne souscrivez rien.
Être rappelé par un courtierZéro euro au 91e jour : est-ce votre cas ?
Six sections de la CNAVPL sur dix ne versent rien au-delà du 90e jour. Nous vérifions la vôtre, nous chiffrons le trou sur votre revenu réel et vos charges fixes, et nous vous disons aussi quand la trésorerie suffit et qu'il ne faut rien souscrire.
Courtier indépendant, ORIAS n° 26004449 — étude gratuite, sans engagement, réponse sous 24 h ouvrées.
Pour aller plus loin
- Arrêt de travail d'un indépendant : la chronologie complète
- Arrêt de travail en profession libérale
- Arrêt de travail d'un artisan ou d'un commerçant
- Franchise et délai de carence : comment les régler
Sources
- ameli.fr — arrêt maladie d'une profession libérale : IJ du 4e au 90e jour, 1/730e du revenu moyen, plafond 3 PASS (197,51 €/j), 360 IJ sur 3 ans — consulté en août 2026.
- ameli.fr — arrêt maladie des artisans et commerçants (plafond 65,84 €/j, 360 j sur 3 ans) — consulté en août 2026.
- carmf.fr — indemnités journalières (91e jour, classes A/B/C, dégressivité de 62 à 69 ans) et invalidité — consultés en août 2026.
- cavec.fr — la prévoyance CAVEC (130 €/j à partir du 91e jour, 36 mois) — consulté en août 2026.
- carcdsf.fr — indemnités journalières (113,22 €/j chirurgien-dentiste, 49,70 €/j sage-femme) — consulté en août 2026.
- carpimko.com — ma prévoyance et ma cotisation invalidité-décès (55,44 €/j du 91e au 1 095e jour, invalidité au 366e jour) — consulté en août 2026.
- cnbf.fr — barème 2026 (90 €/j du 91e au 1 095e jour) et l'invalidité-décès — consultés en août 2026.
- lacipav.fr — dispositif d'indemnités journalières et pension d'invalidité — consultés en août 2026.
- cavp.fr — vos droits en cas de problème de santé durant l'activité — consulté en août 2026.
- carpv.fr — livret « Comprendre vos cotisations et prestations » 2026 (ni maladie de longue durée, ni invalidité avant le 365e jour) — consulté en août 2026.
- cprn.fr — tout savoir sur ma prévoyance : rente d'invalidité permanente et totale de 26 400 €/an jusqu'à 62 ans ; aucune indemnité journalière publiée — consulté en août 2026.
- cavamac.fr — ma prévoyance : pension d'invalidité de 25 % des commissions (≥ 66 %), proratisée de 33 à 65 % ; aucune indemnité journalière publiée et le régime invalidité-décès renforcé au 1er octobre 2025 — consultés en août 2026.
- cavom.net — la prévoyance : rente d'invalidité (≥ 66 %) de 2 450 à 14 700 fois la valeur du point de service selon la classe ; aucune indemnité journalière publiée — consulté en août 2026.
- msa.fr — indemnités journalières AMEXA (26,00 € puis 34,66 €/j, du 01/04/2026 au 31/03/2027) — consulté en août 2026.
- Données consolidées du site, avec la liste complète des sources croisées : méthodologie & données · fichier caisses.json.