Prévoyance des indépendants

Arrêt maladie du président de SASU : des IJSS plafonnées à 42,97 € par jour

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le 29 août 2026

Un président de SASU en arrêt maladie relève du régime général : il perçoit des indemnités journalières égales à 50 % de son salaire, après 3 jours de carence, dans la limite d'un salaire plafonné à 1,4 SMIC — soit 42,97 € bruts par jour au maximum en 2026, environ 1 289 € sur trente jours, quel que soit son niveau de rémunération. Encore faut-il que ses droits soient ouverts : il faut avoir cotisé sur au moins 12 494,65 € au cours des six mois civils précédents, soit environ 2 082 €/mois. En dessous, ou si la rémunération passe par les dividendes, le montant versé n'est pas faible : il est nul. Et un mandataire social n'a droit à aucun maintien de salaire.

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La réponse : 42,97 €/jour au maximum, et seulement si vos droits sont ouverts

L'affiliation du président de SASU au régime général en tant qu'assimilé salarié est réelle, et c'est ce qui trompe. Elle donne accès aux mêmes indemnités journalières maladie que celles d'un salarié — exactement les mêmes règles, y compris les moins avantageuses. Quatre paramètres résument la situation.

  • Carence de 3 jours. L'indemnisation démarre au 4e jour d'arrêt. Ces trois jours ne sont compensés par personne : ni par l'employeur, puisqu'il n'y en a pas au-dessus de vous, ni par une convention collective, puisque le mandat social n'en relève d'aucune.
  • Montant : 50 % du gain journalier de base, obtenu en divisant la moyenne des trois derniers salaires bruts par 91,25.
  • Plafond : 1,4 SMIC mensuel, soit 2 613,83 € en 2026. Le salaire retenu ne dépasse jamais ce chiffre, d'où une indemnité maximale de 42,97 €/jour pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026 (41,95 € de février à juin).
  • Durée : 360 indemnités journalières sur 3 ans, portées à 3 ans de versement continu en affection de longue durée.

Le paramètre décisif n'est aucun des quatre : c'est la condition d'ouverture des droits, examinée avant tout calcul. C'est elle qui transforme une indemnité modeste en absence totale d'indemnité, et c'est elle que les présidents de SASU découvrent au mauvais moment. Le cadre général du statut est traité sur notre page prévoyance du président de SASU ; cette page-ci ne traite que l'arrêt de travail, en détail.

Les conditions d'ouverture que personne ne vérifie avant l'arrêt

L'article R313-3 du code de la sécurité sociale pose, pour un arrêt de moins de six mois, deux critères alternatifs — l'un suffit :

  1. avoir effectué au moins 150 heures de travail salarié ou assimilé au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l'arrêt ;
  2. ou avoir cotisé, au cours des 6 mois civils précédents, sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire — soit 12 494,65 € en 2026, environ 2 082,44 € bruts par mois en moyenne.

Le point que les guides passent sous silence : pour un mandataire social, les heures ne se présument pas. Le bulletin remis à un président de SASU est un bulletin de mandat : il ne comporte aucune référence horaire, parce qu'un mandat social ne se mesure pas en heures de travail. La déclaration sociale nominative ne remonte donc, le plus souvent, aucune heure travaillée. Résultat : le critère des 150 heures n'est pas opposable à la caisse, même si le président travaille cinquante heures par semaine. C'est l'assiette cotisée qui décide — et elle seule.

Trois conséquences pratiques en découlent.

  • La rémunération irrégulière est un piège. Le seuil s'apprécie sur les six mois civils qui précèdent, pas sur l'année. Un président qui se verse 30 000 € en janvier puis plus rien jusqu'en septembre a largement dépassé le seuil sur l'année — et ne l'atteint pas sur la fenêtre de référence d'un arrêt prescrit en septembre. Une prime annuelle unique ne protège pas : elle protège six mois.
  • Les dividendes ne comptent pas. Ils ne sont pas soumis aux cotisations de sécurité sociale ; les prélèvements sociaux qu'ils supportent relèvent des revenus du capital et n'ouvrent aucun droit à prestation. Ni pour le seuil, ni pour le calcul.
  • Au-delà de six mois d'arrêt continu, la barre monte : il faut 12 mois d'affiliation, plus 600 heures sur 12 mois ou une cotisation sur 2 030 fois le SMIC horaire, soit 24 989,30 € sur les 12 mois civils précédents. Un arrêt long peut donc s'interrompre au 181e jour pour un président faiblement rémunéré, alors même que les premiers mois avaient été indemnisés.

La vérification prend cinq minutes et se fait à froid, pas depuis un lit d'hôpital : additionnez vos rémunérations brutes soumises à cotisations des six derniers mois civils et comparez-les à 12 494,65 €.

Le calcul, ligne à ligne : trois zones de rémunération

Le gain journalier de base vaut la moyenne des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25 — soit, pour une rémunération régulière, le salaire mensuel multiplié par 3 puis divisé par 91,25. L'indemnité en représente la moitié, le salaire pris en compte étant plafonné à 2 613,83 €/mois. Trois zones apparaissent.

Indemnités journalières d'un président de SASU selon son salaire brut mensuel (barème 2026, arrêt de moins de 6 mois)
Salaire brut mensuel Cotisé sur 6 mois Droits ouverts ? Gain journalier de base IJSS Sur 30 jours Part du salaire
1 800 € 10 800 € Non — sous 12 494,65 € 59,18 €/j 0 € 0 € 0 %
2 100 € 12 600 € Oui, de justesse 69,04 €/j 34,52 €/j 1 035,60 € 49,3 %
2 613,83 € (1,4 SMIC — le point de bascule) 15 682,98 € Oui 85,93 €/j 42,97 €/j 1 289,10 € 49,3 %
4 500 € 27 000 € Oui 147,95 €/j 42,97 €/j (plafonné) 1 289,10 € 28,6 %
8 000 € 48 000 € Oui 263,01 €/j 42,97 €/j (plafonné) 1 289,10 € 16,1 %

La première zone est celle du droit fermé : sous environ 2 082 € bruts par mois, il n'y a rien à calculer. La deuxième, très étroite — de 2 082 € à 2 613,83 € —, est la seule où le régime fonctionne comme promis, à 50 % du salaire. La troisième est celle du plafond : au-delà de 2 613,83 €, l'indemnité ne bouge plus d'un centime, tandis que les cotisations, elles, continuent de suivre le salaire. Le détail du mécanisme des indemnités journalières, tous régimes confondus, est traité sur notre page indemnités journalières.

Subrogation : impossible en pratique. La subrogation permet à un employeur de verser le salaire habituel et de percevoir les indemnités à la place du salarié. Elle suppose un employeur tiers qui avance la trésorerie. Un président seul dans sa SASU peut techniquement faire subroger sa société, mais l'opération ne crée aucun revenu supplémentaire : la société avance ce qu'elle récupère, et n'a pas d'obligation de compléter. La subrogation est un confort de trésorerie, jamais une garantie.

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Le paradoxe : plus de cotisations, moins d'indemnités qu'un TNS

Le chiffre clé

22,87 €/jour. C'est ce qui sépare le président de SASU du gérant majoritaire de SARL en arrêt maladie : 42,97 €/jour au maximum pour l'assimilé salarié, contre 65,84 €/jour pour un travailleur non salarié affilié au régime des indépendants. Sur un arrêt de quatre mois, l'écart atteint 2 675,79 € — en défaveur de celui qui a payé le plus cher.

Le mot « paradoxe » n'est pas une figure de style. Les cotisations d'un dirigeant assimilé salarié, part salariale et part patronale cumulées, représentent couramment 65 à 80 % du net versé, contre environ 45 % pour un artisan, un commerçant ou un gérant majoritaire au réel. Le président de SASU achète donc, à peu près, le double de protection sociale — pour une indemnité journalière inférieure d'un tiers.

L'explication tient à la nature des plafonds. Le régime général indexe l'indemnité maladie sur le SMIC et non sur le plafond de la Sécurité sociale : depuis l'abaissement du plafond de 1,8 à 1,4 SMIC, il assure des salaires modestes, pas des rémunérations de dirigeant. Le régime des indépendants, lui, calcule sur le revenu professionnel dans la limite du PASS. Deux logiques opposées, appliquées à des dirigeants qui font le même métier. La comparaison complète des deux statuts figure sur notre page gérant majoritaire ou président de SASU.

Une nuance honnête : ces cotisations n'achètent pas que des indemnités journalières. Elles financent aussi la retraite de base et la retraite complémentaire des cadres, nettement plus généreuses que celles d'un TNS. Le président de SASU n'est pas mal loti partout — il l'est sur l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès.

Exemple : Thomas, 39 ans, président de SASU de conseil

Thomas dirige seul sa SASU de conseil en organisation et se verse 4 500 € bruts par mois, régulièrement, depuis trois ans. Une opération du genou l'immobilise quatre mois, soit 120 jours.

Vérification des droits d'abord : 6 × 4 500 = 27 000 € cotisés sur les six mois civils précédents, très au-dessus du seuil de 12 494,65 €. Les droits sont ouverts, et l'arrêt restant sous six mois, la condition d'affiliation de 12 mois n'est pas exigée.

Ce qu'il perçoit :

  • Gain journalier de base : (4 500 × 3) ÷ 91,25 = 147,95 €/jour. Mais le salaire retenu est ramené à 2 613,83 €/mois, ce qui ramène le gain de base à 85,93 €/jour.
  • IJSS : 50 % × 85,93 = 42,97 €/jour.
  • 3 jours de carence, puis 117 jours indemnisés : 117 × 42,97 = 5 027,49 €.
  • Salaire brut qu'il n'a pas perçu sur quatre mois : 18 000 €.
  • Trou : 12 972,51 €, soit un taux de remplacement de 28,6 %. Sur trente jours, 1 289,10 € au lieu de 4 500 €.

Aucun complément ne vient s'ajouter : pas de maintien de salaire employeur, pas de convention collective, pas de prévoyance collective obligatoire. Le même arrêt indemnisé au régime des indépendants aurait rapporté 117 × 65,84 = 7 703,28 €, soit 2 675,79 € de plus — les bases de calcul diffèrent, mais l'ordre de grandeur tient.

La variante qui fait mal — Marc, son associé. Marc préside sa propre SASU et se verse 1 200 € bruts par mois, en complétant par des dividendes. Sur six mois, il a cotisé sur 7 200 € : en dessous des 12 494,65 € requis. Son bulletin de mandat ne déclarant aucune heure, il ne peut pas non plus invoquer les 150 heures. Résultat : 0 € d'indemnités journalières. Et même si ses droits avaient été ouverts, l'indemnité aurait valu (1 200 × 3 ÷ 91,25) × 50 % = 19,73 €/jour, soit 591,90 € sur trente jours. Ses dividendes, eux, n'y changent rien : ils ne sont pas soumis à cotisations de sécurité sociale. Chiffrez votre propre cas sur le simulateur d'indemnités journalières, puis mesurez votre reste à vivre en arrêt.

Le contre-discours : quand l'IJSS suffit, et où est le vrai sujet

Nous sommes courtier, et nous avons intérêt à ce que vous concluiez qu'il faut combler ce trou. Dans plusieurs cas, ce serait un mauvais conseil.

  1. Rémunération modeste et régulière. Entre 2 100 € et 2 613,83 € bruts par mois, l'indemnité couvre réellement la moitié du salaire, sans plafonnement. Payer une prime pour garantir un complément sur un revenu déjà à moitié couvert est rarement l'arbitrage le plus rentable — surtout si le conjoint dispose d'un revenu stable.
  2. Épargne réellement mobilisable. Un dirigeant disposant de douze à vingt-quatre mois de train de vie en liquidités s'auto-assure correctement contre l'arrêt court. La réserve est toujours la même : « mobilisable » exclut les murs, le compte-titres bloqué et la trésorerie de la société, qui n'est pas votre argent.
  3. Activité secondaire. Un président de SASU qui exerce à côté d'un emploi salarié couvert n'a pas de trou de revenu à combler sur les premiers mois.

Mais l'arrêt court n'est pas le vrai sujet. Un arrêt de trois mois se finance ; une invalidité de catégorie 2 plafonnée à 2 002,50 €/mois et un capital décès de 4 009 €, forfaitaires et indépendants de votre salaire, ne se financent pas sur un livret. Ce capital représente moins de la moitié de celui d'un TNS, et l'AGIRC-ARRCO ne verse aucun capital décès garanti. Si des proches vivent de votre rémunération ou qu'un emprunt repose sur la société, c'est là qu'il faut regarder d'abord : voir capital décès. Pour organiser un vrai complément côté entreprise, voir maintien de salaire du dirigeant ; pour la santé, la mutuelle du président de SASU se traite au même rendez-vous.

Questions fréquentes

Un président de SASU a-t-il droit aux arrêts maladie ?

Oui, à condition de se verser un salaire soumis à cotisations. Le président de SASU est affilié au régime général comme assimilé salarié : il relève des mêmes règles que les salariés pour les indemnités journalières maladie, avec 3 jours de carence, un versement à partir du 4e jour et un maximum de 360 indemnités journalières sur 3 ans. Mais le droit n'est pas automatique : il faut avoir cotisé, au cours des 6 mois civils précédant l'arrêt, sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire, soit 12 494,65 € en 2026 — environ 2 082 € bruts par mois. Un président non rémunéré, ou rémunéré uniquement en dividendes, n'a aucun droit à indemnités journalières.

Quel est le montant maximum des indemnités journalières d'un président de SASU ?

42,97 € bruts par jour pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026, contre 41,95 € de février à juin 2026. L'indemnité vaut 50 % du gain journalier de base, calculé sur la moyenne des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25, mais le salaire retenu est plafonné à 1,4 SMIC mensuel, soit 2 613,83 € en 2026. Au-delà de ce salaire, chaque euro supplémentaire n'ouvre plus aucun droit : un président rémunéré 8 000 € bruts par mois perçoit exactement la même indemnité qu'un président à 2 613,83 €, soit environ 1 289 € sur 30 jours.

Faut-il un minimum d'activité pour être indemnisé en tant que président de SASU ?

Oui, et c'est le point que presque personne ne vérifie avant l'arrêt. L'article R313-3 du code de la sécurité sociale ouvre le droit à celui qui justifie soit d'au moins 150 heures de travail salarié au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédents, soit d'une cotisation assise sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois civils précédents, soit 12 494,65 € en 2026. Pour un mandataire social, le bulletin de mandat ne porte aucune référence horaire et la déclaration sociale nominative ne remonte le plus souvent aucune heure : le critère des 150 heures n'est pas opposable, et c'est le montant cotisé qui décide. Au-delà de 6 mois d'arrêt continu, il faut en plus 12 mois d'affiliation et 2 030 fois le SMIC horaire sur 12 mois, soit 24 989,30 €.

Mes dividendes comptent-ils pour le calcul des indemnités journalières ?

Non, jamais. Les dividendes versés à un président de SASU ne sont pas soumis aux cotisations de sécurité sociale : ils supportent des prélèvements sociaux au titre des revenus du capital, qui n'ouvrent aucun droit à prestation. Ils n'entrent ni dans l'appréciation du seuil de 12 494,65 €, ni dans le gain journalier de base. Un président qui se verse 1 200 € de salaire et 60 000 € de dividendes est traité par l'Assurance maladie comme un salarié à 1 200 € — en pratique, ses droits ne sont pas ouverts du tout.

Un président de SASU a-t-il droit au maintien de salaire pendant son arrêt ?

Non. Le maintien de salaire de l'article L1226-1 du code du travail suppose un salarié titulaire d'un contrat de travail et justifiant d'un an d'ancienneté dans l'entreprise. Un mandataire social qui n'a que son mandat n'est pas salarié au sens du droit du travail : ni l'ancienneté du mandat, ni la fiche de paie ne créent ce droit. S'ajoute l'absence de convention collective applicable au mandat, donc pas de complément conventionnel non plus, et l'impossibilité pratique de la subrogation, puisqu'il n'y a pas d'employeur tiers pour avancer les indemnités. La seule façon d'organiser un vrai maintien de revenu est un contrat de prévoyance, individuel ou souscrit par la société.

SASU ou SARL : qui est le mieux couvert en arrêt de travail ?

Sur ce risque précis, le gérant majoritaire de SARL est mieux couvert que le président de SASU. L'indemnité journalière du régime des indépendants monte jusqu'à 65,84 € par jour en 2026, contre 42,97 € au maximum pour l'assimilé salarié : 22,87 € de plus par jour, soit près de 2 700 € d'écart sur un arrêt de quatre mois. Le paradoxe est que le président de SASU paie beaucoup plus cher pour cette protection plus faible, les cotisations d'un assimilé salarié représentant de l'ordre de 65 à 80 % du net contre environ 45 % pour un travailleur non salarié. La SASU garde d'autres avantages — retraite complémentaire des cadres, souplesse des dividendes — mais l'arrêt de travail n'en fait pas partie.

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Être rappelé par un courtier

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Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.