Prévoyance des indépendants

Arrêt maladie du gérant majoritaire de SARL : le piège des dividendes

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le 29 août 2026

Le gérant majoritaire de SARL n'est pas salarié : il relève du régime des artisans et commerçants. En arrêt maladie, son indemnité journalière vaut 1/730e de son revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années, versée à partir du 4e jour, plafonnée à 65,84 €/jour en 2026 — soit 1 975 € par mois d'arrêt, au mieux. Elle se calcule sur ce qui a été cotisé : sous 4 582 € de revenu moyen, elle tombe à zéro. Un gérant qui se verse 1 000 € par mois et prend le reste en dividendes non cotisés touche donc 16,44 €/jour — ou rien. Si vous êtes gérant minoritaire ou égalitaire, vous êtes assimilé salarié : la règle applicable est celle du président de SASU.

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La réponse : vos indemnités sortent de votre rémunération, pas de votre société

Dès que vous détenez, seul ou avec votre conjoint, votre partenaire de PACS et vos enfants mineurs, plus de 50 % des parts de la SARL, vous êtes gérant majoritaire — donc travailleur non salarié, rattaché au régime des artisans et commerçants, géré par l'Assurance maladie. Pas de fiche de paie, pas de prévoyance collective d'entreprise, pas d'assurance chômage. En arrêt de travail, une seule ligne compte : votre rémunération de gérance déclarée, celle de l'article 62 du CGI.

La formule est publiée par ameli.fr et ne souffre aucune interprétation :

  • Indemnité journalière = revenu d'activité annuel moyen ÷ 730, le revenu moyen étant celui des trois années civiles précédentes.
  • Versement à partir du 4e jour d'arrêt : trois jours de carence à zéro.
  • Revenu retenu plafonné à un PASS, soit 48 060 € en 2026 — d'où un maximum de 65,84 €/jour.
  • Indemnité nulle si le revenu d'activité annuel moyen est inférieur à 4 582 €.
65,84 €Indemnité journalière maximale en 2026, atteinte dès 48 060 € de revenu moyen
3 joursCarence : l'indemnisation démarre au 4e jour d'arrêt
4 582 €Revenu moyen sous lequel l'indemnité journalière vaut 0 €

Deux conséquences que la plupart des gérants n'anticipent pas. La première : le plafond mord vite. À 48 060 € de rémunération annuelle, vous êtes au maximum ; à 100 000 €, vous touchez exactement la même chose. La seconde, plus grave : le calcul regarde trois ans en arrière. Une année de rémunération volontairement basse continue de peser sur vos droits pendant trois exercices, longtemps après que l'optimisation fiscale a produit son effet. C'est le même mécanisme, appliqué à tous les régimes, que nous détaillons sur la page indemnités journalières des indépendants.

Si vous êtes gérant minoritaire ou égalitaire et rémunéré, rien de ce qui précède ne s'applique : vous êtes assimilé salarié, avec une fiche de paie et les indemnités journalières du régime général. Le raisonnement, les montants et le trou à combler sont traités sur notre page arrêt maladie du président de SASU. Pour trancher entre les deux formes juridiques avant de créer ou de transformer, voyez gérant majoritaire ou président de SASU.

Trois gérants à 40 000 €, trois indemnités différentes

Voici le cœur du sujet, et la raison pour laquelle deux gérants qui gagnent la même chose ne sont pas assurés de la même façon. Prenons trois dirigeants qui sortent chacun 40 000 € de leur société sur l'année, et faisons varier le seul paramètre qui change : la répartition entre rémunération de gérance et dividendes.

Trois gérants majoritaires à 40 000 € de revenus annuels : l'indemnité journalière selon l'arbitrage rémunération/dividendes (barème 2026, carence de 3 jours)
Profil Rémunération de gérance Dividendes IJ certaine (base : rémunération) Sur 3 mois d'arrêt
A — Tout en rémunération 40 000 € 0 € 54,79 €/jour 87 j × 54,79 € = 4 766,73 €
B — Arbitrage classique
SARL au capital de 1 000 €
15 000 € 25 000 €, dont 24 900 € au-dessus du seuil de 10 % et donc soumis à cotisations 20,55 €/jour 87 j × 20,55 € = 1 787,85 €
C — Rémunération minimale
Capital et compte courant élevés : seuil de 10 % non franchi
4 200 € 35 800 €, intégralement hors cotisations 0 €/jour
revenu moyen sous 4 582 €
0 €

Même revenu, même train de vie, même société : de 4 766 € à 0 € sur un arrêt de trois mois. L'écart n'est pas produit par le niveau de revenu, il est produit par l'arbitrage comptable. Et il est décidé une fois par an, en fin d'exercice, par quelqu'un qui optimise votre fiscalité et non votre protection sociale.

Reste la question que personne ne traite proprement, et qui mérite d'être posée à voix haute.

Ce que les dividendes ouvrent, et ce qu'ils n'ouvrent pas. La base des indemnités journalières est le revenu d'activité cotisé. Il faut donc distinguer deux fractions. La part de dividendes qui n'excède pas 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant ne supporte que les prélèvements sociaux : elle est hors cotisations, donc elle n'ouvre aucun droit — ni indemnité journalière, ni retraite, ni invalidité. Sur ce point, aucune ambiguïté. Pour la fraction supérieure à ce seuil, l'Urssaf écrit qu'elle est soumise aux cotisations « suivant les mêmes modalités » que la rémunération de dirigeant ; mais ameli.fr ne précise nulle part si elle entre dans le revenu d'activité annuel moyen servant au calcul des indemnités. Notre position de courtier est celle de la prudence : ne construisez pas votre couverture sur cette hypothèse. Retenez le chiffre certain — votre rémunération de gérance —, et demandez par écrit à votre caisse le revenu annuel moyen retenu pour vous. Ce qui est acquis, en tout état de cause, c'est que l'arbitrage en faveur des dividendes se paie en droits.

Le profil B illustre bien l'inconfort : selon la lecture retenue, son indemnité vaut 20,55 € ou 54,66 € par jour. Du simple au triple, sur une règle qu'aucune page officielle ne tranche noir sur blanc, et qui ne sera arbitrée qu'après l'arrêt — c'est-à-dire trop tard pour décider quoi que ce soit. Le profil C, lui, ne connaît pas cette incertitude : ses dividendes échappent aux cotisations, donc son indemnité est nulle, sans discussion possible.

Étape suivante

Faire chiffrer votre indemnité réelle sur vos trois dernières déclarations

Nous reprenons vos rémunérations de gérance des trois derniers exercices, nous calculons l’indemnité que votre caisse verserait vraiment, et nous la confrontons à vos charges fixes. Vous savez alors s’il manque quelque chose, et combien.

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Carence, démarches, durée : le calendrier de votre arrêt

Le montant n'est que la moitié du sujet. L'autre moitié, ce sont les conditions d'ouverture — celles qui font qu'un gérant parfaitement en règle sur le papier ne touche rien dans les faits.

  1. Avant même l'arrêt : douze mois d'affiliation. L'Assurance maladie exige au moins douze mois d'affiliation continue au titre de l'activité indépendante. Un gérant qui vient de créer sa SARL n'est pas indemnisé, quelle que soit sa rémunération. Il faut aussi être à jour de ses cotisations.
  2. Jour 0 : l'arrêt est prescrit. Vous disposez de 48 heures pour transmettre le volet destiné à votre caisse. Au-delà, l'indemnisation peut être réduite. Prévenez également votre expert-comptable : la rémunération de gérance et les indemnités journalières ne se cumulent pas librement.
  3. Jours 1 à 3 : la carence. Trois jours à zéro, systématiquement. Deux exceptions utiles à connaître : la carence n'est pas réappliquée en cas de prolongation lorsque la reprise a duré moins de 48 heures, ni dans certaines situations d'affection de longue durée.
  4. Jour 4 : le versement commence. À 1/730e du revenu d'activité annuel moyen, plafonné à 65,84 €/jour. Les indemnités sont versées par quinzaine et sont imposables ; elles supportent CSG et CRDS.
  5. Jusqu'au 360e jour. La durée maximale est de 360 jours indemnisés sur une période de trois ans, tous arrêts confondus. En affection de longue durée, le compteur est étendu jusqu'à trois ans par affection. Au-delà, la question devient celle de la pension d'invalidité, dont les montants n'ont rien à voir.

Le point que les gérants découvrent le plus souvent trop tard : la SARL, elle, ne s'arrête pas. Loyer, leasing du véhicule, salaires des collaborateurs, échéances d'emprunt et honoraires courent pendant que le chiffre d'affaires s'effondre. L'Assurance maladie n'indemnise que la personne, jamais l'entreprise. C'est un budget distinct, traité sur notre page maintien du salaire du dirigeant.

Le seuil à 4 582 € : le point où l'indemnité tombe à zéro

Le chiffre clé

0 €/jour. C'est ce que rapportent vos dividendes non cotisés en arrêt maladie — quel qu'en soit le montant. Sous 4 582 € de revenu d'activité annuel moyen, l'indemnité journalière n'est pas réduite : elle est nulle. Juste au-dessus du seuil, elle vaut 6,28 €/jour. Un gérant qui se verse 350 € par mois et 60 000 € de dividendes est, aux yeux du régime obligatoire, un assuré sans revenu.

Ce seuil est la ligne de faille de tout l'édifice. Il n'est pas progressif : on ne passe pas d'une indemnité faible à une indemnité un peu plus faible, on passe d'une indemnité faible à rien. Et il se compare à un revenu moyen sur trois ans, ce qui signifie qu'une seule bonne année ne suffit pas toujours à le franchir, et qu'une mauvaise année continue de vous tirer vers le bas longtemps après.

Trois précisions pratiques. D'abord, le seuil s'apprécie sur le revenu cotisé, pas sur la trésorerie que vous percevez : un gérant peut vivre confortablement et être sous le seuil. Ensuite, il vaut aussi pour les indemnités de maternité et de paternité, ce qui frappe durement les gérantes qui viennent d'installer leur société. Enfin, il ne dispense de rien : les cotisations minimales restent dues, et l'on paie donc pour une garantie qui ne se déclenchera pas. Le détail des montants figure sur la fiche du régime des artisans et commerçants ; le cadre global du statut, cotisations, invalidité et décès compris, est traité sur la page prévoyance du gérant majoritaire.

Exemple : Nadia, 48 ans, gérante d'une SARL de services

Nadia dirige depuis onze ans une petite société de conseil en organisation, au capital de 1 000 €, qui emploie deux salariées. Son comptable a mis en place l'arbitrage classique : 18 000 € de rémunération de gérance par an, soit 1 500 € par mois, et environ 30 000 € de dividendes. Le foyer vit donc sur 48 000 € nets par an, soit 4 000 € par mois, dont environ 2 600 € de charges fixes incompressibles — crédit immobilier, charges courantes, scolarité, assurances.

En mars, une opération du dos l'immobilise huit semaines, soit 56 jours.

Ce qu'elle perçoit, sur la base certaine :

  • Indemnité journalière : 18 000 ÷ 730 = 24,66 €/jour.
  • Trois jours de carence, puis 53 jours indemnisés : 53 × 24,66 € = 1 306,98 €.
  • Son train de vie sur la même période : environ 7 361 €. Ses seules charges fixes : environ 4 784 €.
  • Taux de couverture réel : 18 %. Il manque 3 477 € rien que pour tenir les charges fixes.

L'hypothèse haute, si toute sa part cotisée était retenue : ses dividendes dépassant très largement 10 % d'un capital de 1 000 €, 29 900 € ont supporté les cotisations. Le revenu cotisé complet atteindrait alors 47 900 €, soit 65,62 €/jour, et 53 jours donneraient 3 477,86 €. C'est mieux — et cela reste 3 883 € en dessous de son train de vie sur la période. Autrement dit : même dans la lecture la plus favorable, la couverture obligatoire de Nadia est insuffisante, et elle ne saura laquelle des deux s'applique qu'après avoir reçu son décompte.

S'ajoute ce que le calcul ne montre pas. Dans une société de services de cette taille, la gérante est l'outil de production : huit semaines d'absence, ce sont des missions décalées, un exercice dégradé, et donc les dividendes de l'année suivante qui fondent — la seconde perte, invisible et non assurée par le régime obligatoire. Pour reproduire ce calcul avec vos chiffres, utilisez le simulateur d'indemnités journalières puis le simulateur de reste à vivre en arrêt.

Quand l'arbitrage dividendes reste rationnel — et ce qu'il faut assurer en face

Nous sommes courtier : nous avons un intérêt évident à conclure qu'il faut tout basculer en rémunération et souscrire un contrat. Ce serait un mauvais conseil dans plusieurs situations parfaitement identifiables. L'arbitrage en faveur des dividendes reste défendable dans au moins quatre cas.

  1. L'écart de cotisations est réellement placé. La différence entre les deux schémas se compte en milliers d'euros par an. Si elle alimente une épargne liquide qui couvre six mois de charges fixes, vous êtes votre propre assureur sur les arrêts courts — et vous conservez le capital, ce qu'aucune prime ne permet.
  2. Le conjoint est salarié et bien couvert. Un foyer où le second revenu absorbe les charges fixes change complètement l'analyse. Un arrêt de huit semaines devient une contrariété budgétaire, pas un accident de vie. Assurez ce qui ruine, financez ce qui gêne.
  3. La société tourne sans vous. Une SARL de négoce avec des salariés autonomes et des marges récurrentes continue de produire pendant l'absence du gérant. Le risque réel n'est alors pas l'arrêt de huit semaines, c'est l'invalidité durable.
  4. L'horizon est court. À trois ans d'une cession déjà engagée, avec un patrimoine constitué, la question posée n'est plus celle du revenu de remplacement mais celle de la valeur de l'entreprise.

Mais si vous maintenez l'arbitrage, alors il faut savoir précisément ce qu'il faut mettre en face. Trois points, dans cet ordre :

  • Une indemnité journalière privée calibrée sur le train de vie, pas sur la rémunération déclarée. C'est la difficulté centrale du gérant optimisé : les assureurs justifient les garanties sur les revenus déclarés. Il faut donc préparer le dossier — liasses, comptes de résultat, distribution de dividendes — avant de demander un montant que la seule ligne « article 62 » ne soutiendrait pas.
  • L'invalidité et le décès avant l'arrêt court. Un arrêt de deux mois se finance avec de la trésorerie ; une invalidité à 50 ans, non. C'est le point où le régime obligatoire est le plus faible, et celui que les gérants regardent en dernier.
  • Les charges de la société, séparément. Un contrat de frais généraux ne remplace pas une prévoyance personnelle : il paie le loyer et les salaires pendant que l'autre paie votre foyer. Voir maintien du salaire du dirigeant.

Une réserve, toujours la même : ce raisonnement suppose une épargne réellement mobilisable en trois mois. Un patrimoine composé de la résidence principale et des parts de la SARL ne finance pas huit semaines d'arrêt. Et si vous révisez votre couverture, faites-le au même rendez-vous que votre mutuelle santé de gérant majoritaire : la déduction Madelin s'apprécie sur une enveloppe commune, et payer deux fois des frais de dossier n'a aucun intérêt.

Questions fréquentes

Un gérant de SARL a-t-il droit aux arrêts maladie ?

Oui. Le gérant majoritaire est un travailleur non salarié affilié au régime des artisans et commerçants, géré par l'Assurance maladie. Trois conditions : justifier d'au moins douze mois d'affiliation continue, être à jour de ses cotisations, et transmettre l'arrêt de travail sous 48 heures. L'indemnité journalière vaut alors 1/730e du revenu d'activité annuel moyen des trois années civiles précédentes, versée à partir du 4e jour d'arrêt après trois jours de carence, plafonnée à 65,84 €/jour en 2026, dans la limite de 360 jours indemnisés sur trois ans (jusqu'à trois ans en affection de longue durée). En revanche, le mandat de gérance n'ouvre aucun droit à l'assurance chômage.

Mes dividendes comptent-ils pour mes indemnités journalières ?

Il faut distinguer deux fractions. La base des indemnités journalières est le revenu d'activité cotisé. La part de dividendes qui échappe aux cotisations — celle qui n'excède pas 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant — ne supporte que les prélèvements sociaux : elle n'ouvre aucun droit, ni indemnité journalière, ni retraite, ni invalidité. C'est certain. Pour la fraction supérieure à ce seuil, l'Urssaf indique qu'elle est soumise aux cotisations selon les mêmes modalités que la rémunération de dirigeant, mais ameli.fr n'écrit nulle part si elle entre dans le revenu d'activité annuel moyen servant au calcul des indemnités. Notre position de courtier : ne construisez pas votre couverture sur cette hypothèse, et demandez par écrit à votre caisse le revenu annuel moyen retenu pour vous. Ce qui est sûr, c'est que l'arbitrage en faveur des dividendes se paie en droits.

Gérant minoritaire ou majoritaire : quelle différence ?

Le seuil est la détention de plus de 50 % des parts, appréciée avec celles du conjoint, du partenaire de PACS et des enfants mineurs. Au-delà, vous êtes gérant majoritaire, donc travailleur non salarié : régime des artisans et commerçants, indemnité journalière égale à 1/730e du revenu d'activité annuel moyen, plafonnée à 65,84 €/jour en 2026. En dessous, gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré, vous êtes assimilé salarié : fiche de paie, régime général, indemnités journalières calculées sur les salaires bruts des derniers mois selon les règles propres au régime général — la situation détaillée sur notre page arrêt maladie du président de SASU. Le régime dépend du pourcentage de parts, pas du contrat ni de la volonté des associés. Et dans les deux cas, aucune assurance chômage au titre du mandat.

Quel est le plafond des indemnités journalières en 2026 ?

65,84 € par jour. Ce plafond est atteint dès 48 060 € de revenu d'activité annuel moyen, soit un plafond annuel de la Sécurité sociale. Au-delà, l'indemnité n'augmente plus : une rémunération de gérance de 100 000 € donne exactement la même indemnité que 48 060 €. Sur trente jours d'arrêt, cela représente 1 975,20 € — avant CSG, CRDS et impôt sur le revenu, les indemnités journalières étant imposables. Et il s'agit d'un plafond, pas d'une moyenne : la majorité des gérants majoritaires se situent nettement en dessous.

Et si ma rémunération de gérance est très faible ?

Sous 4 582 € de revenu d'activité annuel moyen, l'indemnité journalière est nulle : vous ne touchez rien du tout, quel que soit le montant de vos dividendes non cotisés et quelle que soit la durée de l'arrêt. Juste au-dessus de ce seuil, elle vaut 6,28 €/jour. Un gérant qui se verse 350 € par mois de rémunération de gérance est donc, en pratique, non assuré contre l'arrêt de travail, alors qu'il acquitte des cotisations minimales et se croit couvert. C'est la situation la plus dangereuse, et la plus fréquente chez les gérants qui démarrent ou qui optimisent au maximum.

L'assurance maladie couvre-t-elle mon manque à gagner ?

Non, et sur trois plans distincts. D'abord elle ne couvre qu'une fraction du revenu cotisé : 65,84 €/jour au maximum, quand le train de vie d'un dirigeant en demande souvent le double ou le triple. Ensuite elle ignore totalement la société : loyer, leasing, salaires, échéances d'emprunt continuent de courir pendant que le chiffre d'affaires s'arrête, et aucune indemnité journalière n'est prévue pour cela. Enfin elle n'indemnise jamais la perte de dividendes de l'exercice, qui dépend d'un résultat que votre absence a fait disparaître. Une prévoyance individuelle traite le premier point, un contrat de frais généraux le deuxième ; le troisième ne s'assure pas, il s'anticipe en trésorerie.

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65,84 €/jour au maximum — et souvent bien moins : où en êtes-vous ?

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Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.