Prévoyance des indépendants

Invalidité CARCDSF : une caisse, deux barèmes — 31 824,20 € pour les dentistes, 13 460 € pour les sages-femmes

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 2 septembre 2026

La rente d'invalidité CARCDSF ne se déclenche qu'en incapacité professionnelle totale et permanente — reconnue par une commission d'inaptitude, avant 62 ans, cabinet vendu ou fermé. Elle vaut alors 31 824,20 €/an pour un chirurgien-dentiste en 2026 (plus 9 314,40 € par enfant), et 13 460 €/an pour une sage-femme au barème 2025, dernier publié — sans aucune majoration enfant. En dessous de l'incapacité totale, la caisse verse 0 € : l'invalidité partielle n'existe pas dans ce régime. Attention aux chiffres qui circulent : le « 32 463,80 € » affiché par plusieurs courtiers pour 2026 est faux.

Pas envie de tout lire ? Le baromètre montre, caisse par caisse, ce que verse réellement chaque régime obligatoire — CARCDSF comprise. Gratuit, sans e-mail.

Voir ce que verse chaque caisse

Une caisse, deux régimes : le tableau 2026

La CARCDSF est née de la fusion des caisses des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, mais la fusion s'est arrêtée à la porte du régime invalidité-décès : les deux professions conservent des barèmes distincts, sans commune mesure. Même caisse, mêmes conditions d'accès, mais un rapport du simple au double — et davantage dès qu'il y a des enfants.

Rente d'invalidité CARCDSF : chirurgiens-dentistes vs sages-femmes (barèmes en vigueur, montants bruts annuels)
Élément Chirurgiens-dentistes Sages-femmes
Rente d'invalidité 31 824,20 €/an (820 points × 38,81 €, tableau officiel janvier 2026) 13 460 €/an (barème 2025, dernier publié par la caisse)
Majoration par enfant à charge 9 314,40 €/an (240 points ; jusqu'à 18 ans, 25 ans si études) Aucune
Conjoint collaborateur Majoration de 25 % ou 50 % selon la classe de cotisation 6 730 €/an (barème 2025)
Majoration tierce personne Non prévue Non prévue
Invalidité partielle 0 € — incapacité totale exigée 0 € — incapacité totale exigée
IJ en amont (du 91e jour, 3 ans max) 113,22 €/j en 2026 49,70 €/j en 2026

Ce tableau appelle une lecture honnête : la rente dentiste est l'une des plus élevées des caisses libérales — au-dessus du plafond CARMF des médecins (31 549 €). La rente sage-femme, elle, se situe dans le bas du champ. Le détail des autres prestations de la caisse (IJ, décès, cotisations) est sur notre page CARCDSF, la caisse.

Les conditions : commission, cessation totale, moins de 62 ans

Les conditions d'ouverture sont communes aux deux professions, et elles sont dures. Le régime ne raisonne pas en taux d'invalidité : il raisonne en sortie définitive du métier.

  • Incapacité professionnelle totale et permanente. L'interruption d'activité doit être totale et définitive. Il n'existe aucun étage partiel : le praticien qui conserve une activité réduite ne touche rien.
  • Reconnaissance par la commission d'inaptitude de la caisse — pas par votre médecin traitant, pas par la CPAM.
  • Moins de 62 ans à l'ouverture du droit.
  • À jour de l'intégralité des cotisations.
  • Justifier la vente ou la fermeture du cabinet (pour les sages-femmes, la cessation est constatée auprès de l'Ordre). Toute reprise d'activité suppose un nouvel accord de la caisse.

Zone grise sur l'âge de sortie. Les pages de la caisse conditionnent l'entrée à « moins de 62 ans » mais datent la fin du versement à « l'âge minimum légal » de la retraite — deux notions qui ne coïncident plus depuis que l'âge légal est devenu mouvant. Les pages de la CARCDSF ne sont pas cohérentes entre elles sur ce point : demandez une confirmation écrite de votre date de fin de versement avant toute décision.

Dentistes : 31 824,20 € — pas 32 463,80 €

Le tableau officiel de la CARCDSF daté de janvier 2026 fixe la rente du chirurgien-dentiste à 820 points × 38,81 € = 31 824,20 €/an, et la majoration par enfant à charge à 240 points = 9 314,40 €/an (jusqu'aux 18 ans de l'enfant, 25 ans en cas d'études).

Écartez le « 32 463,80 € + 9 501,60 €/enfant » que plusieurs sites de courtiers affichent pour 2026. Ces montants résultent d'une revalorisation de 2 % appliquée par anticipation au barème 2025 — revalorisation que la caisse n'a pas pratiquée sur ces valeurs. La seule référence opposable est le tableau publié par la CARCDSF, et il dit 31 824,20 €.

S'y ajoute, le cas échéant, une majoration pour conjoint collaborateur de 25 % ou 50 % selon la classe de cotisation choisie. En revanche, aucune majoration pour tierce personne n'est prévue — là où la CARMF accorde +35 % au médecin dont l'état exige une assistance quotidienne.

Sages-femmes : 13 460 €, et pas un euro par enfant

Pour les sages-femmes, le dernier barème publié par la caisse est celui de 2025 : 13 460 €/an, plus 6 730 € pour un conjoint collaborateur. La caisse n'a pas publié de barème 2026 à la date de rédaction de cette page : le « 13 729 € » qui circule pour 2026 est une extrapolation à +2 % jamais confirmée. Nous affichons donc 13 460 € au barème 2025, dernier publié — pas un chiffre plausible.

Surtout, l'inégalité avec les dentistes ne s'arrête pas au montant. Aucune majoration pour enfant n'existe dans le régime des sages-femmes. Une sage-femme invalide avec trois enfants perçoit 13 460 € ; un dentiste invalide avec trois enfants perçoit 31 824,20 € + 27 943,20 € de majorations, soit 59 767,40 € — quatre fois et demie plus, dans la même caisse. Ce n'est pas un jugement, c'est le barème : la protection de la famille d'une sage-femme repose entièrement sur un contrat privé.

La maternité relève d'un autre circuit (CPAM, allocation forfaitaire de repos maternel et IJ) : le détail est sur notre page congé maternité d'une profession libérale.

Étape suivante

Faire chiffrer ce que la commission d'inaptitude ne verra jamais

La CARCDSF couvre un seul scénario : l'arrêt total et définitif, cabinet vendu. Tous les autres — la main qui perd sa précision, le dos qui limite les journées, l'activité réduite de moitié — valent 0 €. Nous chiffrons ce trou sur votre revenu réel et mettons les assureurs en concurrence sur un barème professionnel. Étude écrite, gratuite.

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Avant la rente : le parcours du 91e jour

La rente d'invalidité n'arrive qu'en bout de chaîne. Le parcours complet d'un praticien qui s'arrête :

  • Jours 1 à 3 : carence, rien.
  • Jours 4 à 90 : IJ de la CPAM (régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, depuis le 1er juillet 2021) — 1/730e du revenu, plafonnées à 197,51 €/j au 1er janvier 2026.
  • Du 91e jour, pendant 3 ans maximum : IJ de la CARCDSF — 113,22 €/j pour un dentiste, 49,70 €/j pour une sage-femme en 2026. La caisse recommande de déclarer l'arrêt dans les 90 jours qui suivent le 90e jour.
  • Au-delà, si l'incapacité est totale et définitive et avant 62 ans : rente d'invalidité, sur décision de la commission d'inaptitude.

Pendant le service de la rente, le praticien est exonéré de cotisations et continue d'acquérir des droits retraite gratuits : 400 points par an au régime de base, plus 6 points au régime complémentaire pour les dentistes et 5 points pour les sages-femmes. La mécanique complète du passage IJ → invalidité est détaillée sur notre page arrêt de plus de 90 jours.

Exemple : Dr Morel, 48 ans, chirurgien-dentiste

Dr Morel, 48 ans, chirurgien-dentiste, BNC de 110 000 €/an, deux enfants de 14 et 16 ans. Un syndrome du canal carpien bilatéral sévère, opéré deux fois, le prive de la précision nécessaire aux soins.

Dr Morel : ce que verse la CARCDSF selon le scénario (barème janvier 2026 — calculs rédactionnels)
Scénario Rente CARCDSF Taux de remplacement
Il réduit son activité de 60 % (plus de soins longs, garde les consultations) 0 € — l'incapacité n'est pas totale 0 %
Incapacité totale reconnue, cabinet vendu 31 824,20 € + 2 × 9 314,40 € = 50 453,00 €/an ≈ 46 % de son BNC
Même scénario, une fois les enfants sortis d'études 31 824,20 €/an ≈ 29 % de son BNC

La ligne du haut est la plus probable statistiquement — et c'est celle qui vaut zéro. La CARCDSF traite bien le scénario catastrophe complet, surtout avec enfants à charge ; elle ignore totalement le scénario intermédiaire. C'est exactement le profil de risque qu'un contrat à barème professionnel, indemnisant dès 33 % d'invalidité, est conçu pour couvrir : voyez notre page barème croisé et l'analyse métier prévoyance du chirurgien-dentiste.

Ce que le régime couvre bien — et le trou qui reste

Soyons précis sur ce qui fonctionne. Pour un dentiste avec enfants à charge frappé d'une incapacité totale, la CARCDSF est l'un des régimes obligatoires les plus généreux : 50 453 € par an pour deux enfants, c'est plus que ce que versent la CARMF, la CARPIMKO ou la CIPAV dans le même scénario. Un dentiste en fin de carrière, sans emprunt et avec un patrimoine constitué, peut légitimement décider que ce socle suffit pour le seul risque « incapacité totale ».

Le trou est ailleurs, et il est double. D'abord l'invalidité partielle : entre 33 et 66 % d'incapacité, une seule caisse verse quelque chose — la CAVAMAC, pour les agents généraux d'assurance — et la CARCDSF pas davantage, puisqu'elle ne connaît que le tout-ou-rien. Un contrat privé indemnise en général dès 33 %, proportionnellement au taux. Ensuite les sages-femmes : 13 460 € par an, zéro majoration enfant, des IJ à 49,70 €/j — pour cette profession, le régime obligatoire n'est pas un socle, c'est un filet symbolique. L'analyse complète est sur la page prévoyance de la sage-femme libérale, et le panorama toutes caisses sur le pilier invalidité de l'indépendant.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la rente d'invalidité CARCDSF en 2026 ?

Il y a deux réponses, parce que la CARCDSF gère deux régimes distincts. Pour les chirurgiens-dentistes, la rente 2026 vaut 820 points à 38,81 €, soit 31 824,20 € par an, plus 9 314,40 € par enfant à charge (240 points, jusqu'à 18 ans ou 25 ans en cas d'études). Pour les sages-femmes, le dernier barème publié par la caisse est celui de 2025 : 13 460 € par an, sans aucune majoration pour enfant. Dans les deux cas, la rente n'est versée qu'en incapacité professionnelle totale et permanente, reconnue par la commission d'inaptitude, avant 62 ans, cabinet vendu ou fermé.

La CARCDSF verse-t-elle une rente pour invalidité partielle ?

Non. Le régime invalidité de la CARCDSF ne connaît que l'incapacité professionnelle totale et permanente : l'interruption doit être totale et définitive. Un chirurgien-dentiste qui ne peut plus faire de chirurgie mais garde une activité de consultation, ou une sage-femme qui réduit son activité de moitié, ne touchent rien de la caisse. Entre 33 et 66 % d'invalidité, une seule caisse verse quelque chose : la CAVAMAC des agents généraux d'assurance, qui sert une pension partielle égale à une fois et demie le taux d'invalidité. Partout ailleurs, seul un contrat de prévoyance privé, qui indemnise en général dès 33 % avec un barème professionnel, couvre ce scénario — statistiquement le plus probable.

Faut-il vendre son cabinet pour toucher la rente d'invalidité CARCDSF ?

Oui. La caisse exige de justifier la vente ou la fermeture du cabinet pour verser la rente : la rente d'invalidité CARCDSF n'est pas un complément de revenu, c'est une allocation de sortie définitive du métier. Toute reprise d'activité suppose un nouvel accord de la caisse. Ajoutez les autres conditions : être à jour de l'intégralité de ses cotisations, avoir moins de 62 ans à l'ouverture du droit, et faire reconnaître l'incapacité par la commission d'inaptitude de la caisse.

Pourquoi certains sites annoncent-ils 32 463,80 € pour les dentistes en 2026 ?

Parce qu'ils ont appliqué une revalorisation de 2 % au barème 2025 sans attendre la publication officielle. Le tableau publié par la CARCDSF et daté de janvier 2026 donne 820 points à 38,81 €, soit 31 824,20 € par an, et 9 314,40 € par enfant — pas 32 463,80 € ni 9 501,60 €. Même mécanique pour les sages-femmes : le « 13 729 € » qui circule pour 2026 est une extrapolation à +2 % que la caisse n'a jamais confirmée ; le dernier barème publié reste 13 460 € (2025).

Les sages-femmes ont-elles une majoration de rente par enfant ?

Non, et c'est l'une des inégalités les plus nettes entre les deux régimes de la CARCDSF. Un chirurgien-dentiste invalide perçoit 9 314,40 € par an et par enfant à charge en 2026, en plus de sa rente de 31 824,20 €. Une sage-femme invalide perçoit 13 460 € par an au barème 2025 — et pas un euro de plus, quel que soit le nombre d'enfants. Aucune majoration pour tierce personne n'existe non plus, dans aucun des deux régimes. Une sage-femme mère de famille doit donc construire la protection de ses enfants entièrement en dehors de la caisse.

Jusqu'à quel âge la rente d'invalidité CARCDSF est-elle versée ?

La caisse conditionne l'ouverture du droit au fait d'avoir moins de 62 ans, et indique que le versement prend fin à « l'âge minimum légal » de la retraite. Ces deux formulations coexistent sur les pages de la caisse sans être parfaitement articulées — l'âge légal étant devenu mouvant avec la réforme des retraites, nous signalons cette zone grise plutôt que de la trancher. Avant toute décision, demandez à la CARCDSF une confirmation écrite de votre date de fin de versement et des conditions de bascule vers la retraite.

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0 € en dessous de l'incapacité totale : c'est le vrai chiffre de cette page

31 824,20 € pour un dentiste, 13 460 € pour une sage-femme — mais uniquement cabinet vendu, incapacité totale reconnue. Tous les scénarios intermédiaires valent zéro. Nous chiffrons ce trou sur votre revenu réel et comparons les contrats à barème professionnel qui indemnisent dès 33 %.

Courtier indépendant, ORIAS n° 26004449 — étude gratuite, sans engagement, réponse sous 24 h ouvrées.

Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.