Prévoyance du chauffeur VTC : ce que la SSI verse vraiment en arrêt de travail (2026)

Un chauffeur VTC en micro-entreprise touche de la SSI une indemnité journalière calculée sur son chiffre d'affaires après abattement de 50 % : pour 45 000 € de CA annuel moyen, le revenu retenu est de 22 500 € et l'IJ de 30,82 €/jour, versée à partir du 4e jour d'arrêt (3 jours de carence), dans la limite de 360 jours sur 3 ans. Sous 9 164 € de CA moyen, l'IJ est nulle. Et en micro, la cotisation d'une prévoyance complémentaire n'est pas déductible (pas de Madelin).

Le calcul qui change tout : votre CA compte pour moitié

La plupart des chauffeurs VTC exercent en micro-entreprise, rattachés à la Sécurité sociale des indépendants. La formule d'indemnisation est la même que pour tous les artisans-commerçants : 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années (le « Raam »), plafonné à 65,84 €/jour en 2026. Mais pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu n'est pas le chiffre d'affaires encaissé : c'est le CA après abattement forfaitaire de 50 % (services BIC, la catégorie du transport de personnes).

Autrement dit, l'administration considère que la moitié de vos courses part en frais — et calcule vos droits sur l'autre moitié. Un CA de 45 000 € devient un revenu de 22 500 €, et 22 500 ÷ 730 = 30,82 €/jour. C'est moins qu'un SMIC journalier, pour un chauffeur qui encaisse 123 € de courses par jour ouvré ou non.

Chronologie d'un arrêt de travail — chauffeur VTC en micro (SSI, 2026)
PériodeCe que verse le régime obligatoire
Jours 1 à 30 € — carence de 3 jours
Jour 4 → 360e IJ (sur 3 ans)1/730e du CA moyen abattu de 50 %, plafonné à 65,84 €/j — ex. : 30,82 €/j pour 45 000 € de CA
CA moyen < 9 164 €0 € (Raam sous le seuil de 4 582 €)
Au-delà de 360 IJPlus rien, sauf invalidité ≥ 66 % : 530,21 à 1 201,50 €/mois (partielle), 747 à 2 002,50 €/mois (totale)
DécèsCapital de 9 612 € + 2 403 € par enfant à charge — aucune rente de conjoint
30,82 €/jIJ pour 45 000 € de CA (micro, abattement 50 %)
0 €d'IJ sous 9 164 € de CA annuel moyen
3 joursde carence avant le premier euro versé

L'accident de la route : la double peine du VTC

Votre premier risque professionnel est la route — et c'est là que le régime est le plus dur. D'abord parce que, contrairement aux salariés, les indépendants n'ont pas de régime « accident du travail » distinct : accident de la circulation ou lumbago, ce sont les mêmes IJ, la même carence de 3 jours, le même plafond. Ensuite parce qu'un accident vous inflige une double peine : vous êtes en arrêt, et votre véhicule — votre outil de travail — est au garage. Même remis sur pied, sans voiture conforme, vous ne roulez pas. L'assurance auto répare la carrosserie ; elle ne remplace jamais votre revenu.

Ajoutez la sédentarité et les lombalgies des journées de 10 heures au volant, et vous avez le profil type du métier exposé avec la couverture la plus mince.

Exemple : Karim, 34 ans, 45 000 € de CA

Karim conduit à plein temps en micro-entreprise, avec un CA stable de 45 000 €/an sur les 3 dernières années, soit 123,29 € de recettes par jour calendaire (45 000 ÷ 365). Une fracture du poignet après un accrochage l'arrête 45 jours.

  • Revenu retenu (Raam) : 45 000 × 50 % = 22 500 €.
  • IJ : 22 500 ÷ 730 = 30,82 €/jour, du 4e au 45e jour, soit 42 jours × 30,82 € = 1 294,44 € perçus.
  • Recettes perdues : 3 jours à 123,29 € (carence) + 42 jours à 92,47 € de différentiel = 4 253,61 € de manque à gagner sur 45 jours.

Et ces 123,29 €/jour sont des recettes brutes : la commission de plateforme, la location ou le crédit du véhicule et l'assurance continuent de courir pendant l'arrêt. Les 1 294,44 € de la SSI n'y suffisent évidemment pas.

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Pas de Madelin en micro : la prévoyance se paie plein pot

Les TNS au régime réel déduisent leurs cotisations de prévoyance de leur bénéfice imposable grâce à la loi Madelin. Le micro-entrepreneur, lui, n'y a pas droit : son abattement forfaitaire est réputé couvrir toutes ses charges. Concrètement, une prévoyance à 75-120 €/mois — la fourchette indicative relevée pour un indépendant comparable de 40 ans (voir les prix détaillés) — se paie sur le revenu net, sans économie d'impôt. C'est un vrai point de budget, à mettre en face du risque : 62 % des indépendants déclarent qu'ils ne pourraient pas maintenir leur niveau de vie au-delà d'un mois d'interruption avec les seules prestations obligatoires (baromètre MetLife/CSA 2026). Le statut est détaillé sur la page prévoyance de l'auto-entrepreneur.

Le chiffre clé

50 % : l'abattement appliqué au CA d'un VTC en micro avant tout calcul d'indemnité. Vos IJ, votre pension d'invalidité et vos droits retraite sont assis sur la moitié de ce que vous encaissez.

Invalidité et décès : le socle SSI reste le même

Si un accident laisse des séquelles réduisant votre capacité de travail d'au moins 66 %, la SSI verse une pension de 30 % du revenu moyen en incapacité partielle (530,21 à 1 201,50 €/mois) ou 50 % en invalidité totale et définitive (747 à 2 002,50 €/mois) — un revenu moyen lui aussi calculé sur le CA abattu pour un micro. En cas de décès, vos proches touchent un capital de 9 612 €, plus 2 403 € par enfant, et aucune rente. Le détail complet du régime est sur la page SSI : indemnités et prévoyance.

Faut-il vraiment souscrire ? Pas dans tous les cas

Soyons directs : si vous conduisez à temps partiel, en complément d'un emploi salarié qui vous ouvre déjà des IJ et une prévoyance d'entreprise, une prévoyance TNS ne s'impose pas — votre couverture salariée fait le travail. De même, un chauffeur sans crédit, sans famille à charge et disposant de 3 à 6 mois de trésorerie d'avance peut légitimement auto-assurer le risque d'arrêt court.

À l'inverse, pour un VTC à temps plein dont le foyer vit des courses, avec un véhicule financé à crédit ou en location, les 30,82 €/jour de l'exemple ci-dessus ne couvrent ni le foyer ni la voiture. Chez les indépendants gagnant moins de 40 000 €, seuls 33 % sont équipés en prévoyance — c'est précisément la tranche qui encaisse le plus mal un arrêt. Attention enfin à ne pas confondre les contrats : la mutuelle rembourse des soins, elle ne remplace pas un revenu — l'explication complète est sur mutuelle ou prévoyance. Pour comparer votre situation avec celle d'un artisan taxi, voyez la page prévoyance du chauffeur de taxi ; si vous roulez en poids lourd ou en véhicule utilitaire pour compte d'autrui, c'est la page prévoyance du transporteur qui traite le cas du leasing pendant l'arrêt.

Questions fréquentes

Quelle indemnité journalière pour un chauffeur VTC en micro-entreprise ?

1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années, plafonné à 65,84 €/j en 2026. En micro services BIC, le revenu retenu est le CA après abattement de 50 % : un CA de 45 000 € donne 22 500 € retenus, soit 30,82 €/j à partir du 4e jour d'arrêt.

Un chauffeur VTC qui débute a-t-il droit aux indemnités journalières ?

Pas toujours. Le Raam est une moyenne sur 3 années civiles : les années à zéro comptent. Sous 4 582 € de revenu moyen — environ 9 164 € de CA après abattement de 50 % — l'IJ est de 0 €.

Un accident de la route est-il mieux indemnisé qu'une maladie ?

Non. Les indépendants SSI n'ont pas de régime accident du travail distinct : mêmes IJ, même carence de 3 jours. L'accident ajoute en revanche la perte du véhicule, votre outil de travail — que l'assurance auto ne compense pas côté revenu.

Un VTC en micro peut-il déduire sa prévoyance avec la loi Madelin ?

Non : le Madelin est réservé aux TNS au régime réel. En micro, la cotisation se paie sur le revenu net, sans avantage fiscal — voir le statut auto-entrepreneur.

Combien coûte une prévoyance pour un chauffeur VTC ?

Fourchette indicative relevée pour un indépendant comparable de 40 ans : 75 à 120 €/mois (arrêt de travail, invalidité, décès). Le tarif dépend de l'âge, du revenu assuré, des franchises et de l'état de santé — voir les prix.

Que touche un chauffeur VTC après 360 jours d'arrêt ?

Plus aucune IJ (plafond : 360 IJ sur 3 ans). Restent les pensions d'invalidité si la capacité est réduite d'au moins 66 % : 530,21 à 1 201,50 €/mois en partielle, 747 à 2 002,50 €/mois en totale.

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