Prévoyance avocat : 90 €/jour de la CNBF, gelés depuis 2022

Les avocats sont les seuls libéraux hors du socle CPAM : la CNBF n'appartient pas à la CNAVPL, donc les 90 premiers jours d'arrêt ne sont couverts ni par la Sécurité sociale ni par la caisse — seulement, le cas échéant, par le régime collectif du barreau (de l'ordre de 61 €/j, sous conditions, très variable). Du 91e au 1 095e jour, la CNBF verse 90 €/jour forfaitaires, inchangés depuis 2022 : pour un revenu de 70 000 € (191,78 €/jour), cela couvre 46,9 % du revenu — et 0 % pour un avocat à 200 000 €, qui touche exactement la même chose.

J1 – J90Ni CPAM ni CNBF : barreau / LPA
J91 – J1 09590 €/j forfaitaires (CNBF)
Invalidité≈ 9 577 €/an — 798,08 €/mois

Pourquoi les avocats ne touchent pas les IJ de la CPAM

Depuis le 1er juillet 2021, toutes les professions libérales rattachées à la CNAVPL bénéficient d'un socle d'indemnités journalières versé par la CPAM du 4e au 90e jour : 1/730e du revenu moyen, entre 26,33 et 197,51 €/jour en 2026. Médecins, ostéopathes, pharmaciens, experts-comptables, vétérinaires en bénéficient.

Les avocats, non. La CNBF est une caisse autonome, hors CNAVPL — c'est une singularité historique assumée. Résultat : sur les 90 premiers jours, la couverture d'un avocat ne dépend d'aucune règle nationale, mais de son barreau et du contrat collectif de prévoyance auquel celui-ci a éventuellement adhéré, de type LPA. Les repères publics situent la prestation autour de 61 €/jour sous conditions, mais le montant, le délai de franchise, la durée et les modalités d'adhésion varient réellement d'un ordre à l'autre. Un avocat parisien et un avocat d'un barreau de province peuvent avoir des couvertures sans rapport.

La première chose à faire. Appelez votre ordre et demandez par écrit : quel régime collectif s'applique, à partir de quel jour, pour quel montant journalier, pendant combien de temps, et si l'adhésion est automatique ou facultative. Tant que vous n'avez pas cette réponse, vous ne pouvez pas dimensionner un contrat individuel : vous risquez de payer deux fois la même période ou, à l'inverse, de laisser trois mois à découvert.

Chronologie d'un arrêt de travail d'avocat

Arrêt de travail d'un avocat (CNBF) — barèmes 2026, revenu de référence 70 000 €/an
PériodeQui verse ?MontantPart du revenu (191,78 €/j)
Jours 1 à 90 Barreau / contrat collectif LPA — pas la CPAM, pas la CNBF Ordre de 61 €/j sous conditions, très variable selon les barreaux ; 0 € en l'absence de régime collectif ≈ 32 % — ou 0 %
Jours 91 à 1 095 (3 ans) CNBF 90 €/j forfaitaires, quel que soit le revenu — montant inchangé depuis 2022 46,9 %
Invalidité (après 3 ans d'IJ) CNBF 9 577 €/an (798,08 €/mois), jusqu'à 62 ans, en cas d'impossibilité totale d'exercer 13,7 %
Décès CNBF Capital 50 000 € + rente orphelin 4 666 €/an ; pas de rente de conjoint spécifique (réversion uniquement)

Cotisation invalidité-décès CNBF 2026 : 68 €/an les quatre premières années, 170 €/an ensuite. Conditions du capital décès : être en activité, justifier d'au moins 3 mois d'exercice, cotisations à jour. Le montant de la pension d'invalidité provient d'une source tierce unique, hors barème officiel : voir l'avertissement ci-dessous.

Transparence sur nos chiffres. Les IJ (90 €/j), le capital décès (50 000 €), la rente orphelin (4 666 €/an) et les cotisations (68 / 170 €) proviennent du barème officiel CNBF 2026. Le montant de la pension d'invalidité — ≈ 9 577 €/an — provient en revanche d'une seule source tierce et n'a pas pu être recoupé sur une publication officielle de la caisse. Nous le publions parce que l'ordre de grandeur est utile à la décision, mais nous le signalons comme moins fiable que le reste de la page. La règle de calcul, elle, est établie : moins de 20 ans d'exercice, 50 % de la retraite de base entière ; au-delà, la retraite de base proportionnelle acquise. Notre méthodologie détaille nos niveaux de confiance.

Le chiffre clé

90 €/jour depuis 2022. Quatre exercices sans revalorisation, pour une indemnité déjà forfaitaire — c'est-à-dire identique pour tous les avocats de France, du premier collaborateur au grand associé. Rapportée à un revenu de 70 000 €, elle couvre 46,9 % ; à 140 000 €, 23,5 %.

Collaborateur libéral ou associé : deux situations, deux trous différents

La profession recouvre deux réalités économiques qu'il faut absolument distinguer avant de parler contrat.

  • Le collaborateur libéral n'est pas salarié. Il ne bénéficie donc ni du maintien de salaire d'un employeur, ni des IJSS du régime général. Sa protection sur les trois premiers mois dépend de ce que prévoit son contrat de collaboration en matière de maintien de rétrocession d'honoraires, du régime collectif de son barreau, et de rien d'autre. Pendant l'arrêt, ses charges continuent : URSSAF, CNBF, RCP, cotisation ordinale. Son revenu, lui, peut tomber à zéro. C'est le profil le plus exposé de la profession, et souvent le moins couvert parce que le plus jeune.
  • L'associé supporte en plus la quote-part des charges du cabinet : loyer, personnel, informatique, documentation juridique. Un arrêt long ne réduit pas seulement son revenu, il peut le rendre négatif si sa structure continue d'appeler les charges. C'est le cas typique où la garantie frais généraux se justifie, en plus des IJ.

Exemple chiffré : Julien, 38 ans, associé à Bordeaux, 70 000 € de BNC

Julien est associé d'une structure de quatre avocats. BNC : 70 000 €, soit 191,78 €/jour calendaire. Un épuisement professionnel — dossier pénal lourd, deux ans de tension — l'arrête 12 mois (365 jours). Deux scénarios, selon que son barreau dispose ou non d'un régime collectif :

Arrêt de 12 mois de Julien (avocat, 70 000 €/an) : deux scénarios selon la couverture du barreau
PériodeAvec régime collectif (61 €/j)Sans régime collectif
J1 – J90 (90 jours)90 × 61 = 5 490 €0 €
J91 – J365 (275 jours)275 × 90 = 24 750 €275 × 90 = 24 750 €
Total perçu sur 12 mois30 240 €24 750 €
Taux de couverture du revenu43,2 %35,4 %

Revenu non réalisé sur l'année : 70 000 €. Reste à charge : 39 760 € avec régime collectif, 45 250 € sans. Le calcul retient une prestation de 61 €/j sur l'intégralité des 90 premiers jours : les franchises et conditions réelles des régimes de barreau réduisent souvent ce montant.

Le piège supplémentaire est ici la nature de la pathologie. Le burn-out est une affection psychique, et les affections psychiques figurent parmi les exclusions les plus fréquentes des contrats d'entrée de gamme — ou sont soumises à des conditions restrictives, du type hospitalisation préalable. C'est le sujet central d'une prévoyance d'avocat : voir exclusions dos et psy.

Chiffrez votre cas. Le simulateur intègre la particularité des avocats — absence de socle CPAM puis relais CNBF à 90 €/j — et affiche votre manque à gagner : calculer mes indemnités journalières d'avocat.

Combien coûte une prévoyance d'avocat ?

Repère public pour un libéral à revenu élevé en couverture complète — IJ de 350 €/j dès le 30e jour, rente d'invalidité, capital décès de 350 000 € : 200 à 280 €/mois autour de 40 ans, à moduler selon le revenu assuré et la franchise. Le détail des paramètres est sur prix d'une prévoyance. Pour un avocat, trois arbitrages priment :

  • La franchise. Elle doit être calée sur ce que verse réellement votre barreau. Si le régime collectif indemnise correctement les 90 premiers jours, une franchise 90 jours divise la prime. S'il ne verse rien, il faut couvrir dès le 15e ou le 30e jour. Voir franchise et délai de carence.
  • Le traitement des affections psychiques, ligne à ligne. Un rachat d'exclusion coûte, mais c'est le risque numéro un du métier.
  • L'invalidité en barème professionnel. La CNBF n'indemnise que l'impossibilité totale d'exercer ; un avocat qui ne peut plus plaider mais peut encore rédiger n'entre pas dans la définition. Voir invalidité professionnelle ou fonctionnelle.

Les cotisations sont déductibles via la loi Madelin pour l'avocat imposé au réel — conditions sur profession libérale.

Quand un avocat peut se contenter de la CNBF

Rarement, mais cela existe. Un avocat sans charges de structure — domiciliation légère, pas de personnel, pas d'emprunt — dont le foyer dispose d'un second revenu stable et d'une épargne de six à douze mois peut vivre avec 90 €/jour pendant un arrêt : c'est inconfortable, mais tenable. Pour lui, l'essentiel du budget doit aller à la couverture des 90 premiers jours si son barreau ne verse rien, et à l'invalidité, avant des IJ complémentaires longues qu'il n'utilisera probablement jamais.

À l'inverse, deux profils ne peuvent pas y échapper : le collaborateur qui vit intégralement de sa rétrocession, et l'associé qui porte des charges de cabinet et un emprunt. Pour eux, le trou mesuré plus haut — près de 45 000 € sur une année d'arrêt sans régime collectif — est sans commune mesure avec les 170 €/an de cotisation CNBF, qui est d'ailleurs la cotisation de prévoyance obligatoire la plus faible de toutes les caisses libérales. On obtient ce pour quoi on cotise. Dernier point, souvent source de confusion : votre contrat santé ne joue aucun rôle ici — mutuelle ou prévoyance, la différence.

Questions fréquentes

Un avocat touche-t-il les indemnités journalières de la CPAM ?

Non. La CNBF est hors CNAVPL : les avocats sont exclus du socle commun des libéraux créé le 1er juillet 2021. Les 90 premiers jours relèvent du barreau et de son éventuel contrat collectif de type LPA — ordre de grandeur relevé : 61 €/j sous conditions, avec de fortes variations d'un ordre à l'autre. À vérifier auprès de votre ordre, par écrit.

Combien verse la CNBF en cas d'arrêt de travail ?

90 €/jour, du 91e au 1 095e jour (3 ans maximum). Montant forfaitaire : identique pour un avocat à 40 000 € et pour un avocat à 200 000 €. Inchangé depuis 2022. Pour 70 000 € de revenu (191,78 €/j), il couvre 46,9 %.

Quelle est la pension d'invalidité d'un avocat ?

Environ 9 577 €/an, soit 798,08 €/mois, après épuisement des trois ans d'IJ et jusqu'à 62 ans, en cas d'impossibilité totale d'exercer. Ce montant provient d'une source tierce unique, hors barème officiel : nous le signalons comme moins fiable. La règle est en revanche établie : moins de 20 ans d'exercice, 50 % de la retraite de base entière ; au-delà, la retraite de base proportionnelle acquise.

Un collaborateur libéral est-il couvert pendant son arrêt ?

Pas par la CNBF avant le 91e jour. N'étant pas salarié, il n'a ni maintien de salaire ni IJSS. Tout dépend de son contrat de collaboration (maintien de rétrocession), du régime collectif de son barreau et de son contrat individuel. Ses charges — URSSAF, CNBF, RCP, cotisation ordinale — continuent pendant que sa rétrocession peut tomber à zéro.

Combien coûte la cotisation invalidité-décès de la CNBF ?

68 €/an les quatre premières années d'exercice, puis 170 €/an. C'est la cotisation de prévoyance obligatoire la plus faible de toutes les caisses libérales — ce qui explique largement le niveau des prestations servies.

Le burn-out d'un avocat est-il couvert par une prévoyance ?

Selon le contrat. Les affections psychiques sont fréquemment exclues des formules d'entrée de gamme, ou conditionnées à une hospitalisation préalable — alors que l'épuisement professionnel est l'un des premiers motifs d'arrêt long dans la profession. Vérifiez la clause ligne à ligne et rachetez l'exclusion si nécessaire : voir exclusions dos et psy.

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