Prévoyance des indépendants

Invalidité CARPIMKO : les rentes 2026, et ce que la réforme 2024-2025 a rogné

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le 31 août 2026

La CARPIMKO — la caisse des infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes et pédicures-podologues — verse en 2026 une rente d'invalidité totale de 20 160 €/an quand l'état de santé empêche tout exercice, et une rente partielle réduite de moitié, 10 080 €/an — soit 840 €/mois. Elle n'arrive qu'au 1er jour de la quatrième année d'arrêt, après trois ans d'allocation journalière à 55,44 €, et il faut la demander : le passage n'est pas automatique. Depuis la réforme 2024-2025, la majoration pour conjoint a été supprimée et la rente par enfant divisée par deux (3 024 €/an).

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Deux rentes : 20 160 € ou 10 080 €/an

Le régime invalidité de la CARPIMKO connaît deux situations, tranchées par son médecin conseil :

  • Invalidité totale — l'état de santé empêche tout exercice de la profession : rente entière de 20 160 €/an, soit 1 680 €/mois ;
  • Invalidité partielle — l'exercice reste possible mais amputé : rente réduite de moitié, 10 080 €/an, soit 840 €/mois.

À quel taux d'invalidité bascule-t-on en « partielle » ? Les sources concordantes situent la barre aux deux tiers (66 %), comme dans la plupart des caisses libérales — mais la CARPIMKO ne publie pas ce seuil sur ses pages : il relève de ses statuts et de l'appréciation de son médecin conseil. Nous le formulons donc avec cette réserve. En dessous de ce niveau, la caisse ne verse rien — c'est le grand angle mort décrit sur notre page pilier invalidité des indépendants.

S'ajoutent, le cas échéant, deux majorations — et seulement deux depuis 2025 :

  • tierce personne : 6 048 €/an, si l'aide d'un tiers est nécessaire pour les actes de la vie courante ;
  • 3 024 €/an par enfant à charge — montant divisé par deux au 1er janvier 2025.

Trois chiffres périmés circulent encore. La majoration pour conjoint, que de nombreux sites citent toujours, a été supprimée au 1er janvier 2025. La rente par enfant de « 6 048 € », encore affichée un peu partout, est périmée : elle est de 3 024 €/an depuis la même date. Et l'IJ par enfant n'est plus de 16,63 €/j mais de 8,06 €/j.

840 €/moisrente d'invalidité partielle 2026 — pour une infirmière comme pour un kiné
20 160 €/anrente entière, si tout exercice est devenu impossible
4e annéedébut de la rente, après 3 ans d'allocation journalière
Invalidité CARPIMKO 2026 : le récapitulatif
Élément Règle 2026
Rente entière (invalidité totale) 20 160 €/an — l'état de santé empêche tout exercice de la profession
Rente partielle 10 080 €/an (la moitié) — seuil des 2/3 (66 %) selon des sources concordantes, non affiché publiquement par la caisse
Majoration tierce personne 6 048 €/an — non imposable
Rente par enfant à charge 3 024 €/an — divisée par deux au 1er janvier 2025
Majoration conjoint Supprimée au 1er janvier 2025
Début du versement 1er jour de la 4e année d'arrêt, sur demande (pas de bascule automatique)
Cumul avec une activité Possible en partielle : rente maintenue si revenus pro ≤ 50 % de la moyenne des 3 derniers BNC
Conditions À jour de cotisations (un délai de paiement en cours = pas à jour) ; arrêt initial déclaré sous 6 mois
Fiscalité Rente imposable, sauf majoration tierce personne et capital décès
Cotisation invalidité-décès 2026 1 022 €/an — gelée

La réforme 2024-2025, datée poste par poste

La CARPIMKO a réformé son régime invalidité-décès en deux vagues, et il faut les dater précisément parce que la moitié des contenus en ligne décrit encore l'état antérieur. La logique, assumée par la caisse et résumée par la presse professionnelle : « baisse de prestations plutôt que hausse de cotisations » — la cotisation invalidité-décès est d'ailleurs restée gelée à 1 022 € en 2026.

Ce qui a changé à la CARPIMKO au 1er juillet 2024 et au 1er janvier 2025
Date d'effet Mesure Avant → après
1er juillet 2024 Prestations décès ouvertes aux partenaires pacsés Conjoint marié seul → mariage ou PACS
Suppression de l'allocation différentielle Prestation supprimée
Création du dispositif reconversion Rente dégressive : 6 mois à taux plein → 80 % pendant 12 mois → 40 % pendant 12 mois → suppression (réexamen si échec)
1er janvier 2025 Suppression de la majoration conjoint Majoration → 0 €
Rente par enfant divisée par deux 6 048 €/an → 3 024 €/an
IJ par enfant réduite 16,63 €/j → 8,06 €/j

Concrètement : un dossier d'invalidité totale avec deux enfants ouvert en 2026 rapporte 6 048 €/an de moins qu'un dossier identique liquidé avant 2025, rien que sur les rentes enfants — avant même de compter la majoration conjoint disparue. La protection obligatoire des paramédicaux n'a pas stagné : elle a reculé, à cotisation constante. C'est la donnée qui devrait déclencher la révision de tout contrat de prévoyance souscrit avant 2025 sur la base des anciens barèmes.

Le dispositif reconversion mérite un mot : avant juillet 2024, un invalide qui se reconvertissait hors de sa profession pouvait conserver sa rente ; désormais, elle s'éteint par paliers en trois ans (6 mois à 100 %, 12 mois à 80 %, 12 mois à 40 %), avec un réexamen possible si la reconversion échoue. La rente CARPIMKO n'est plus un revenu d'appoint durable pour une seconde carrière.

Du 91e jour à la 4e année : la chronologie

La rente d'invalidité est le dernier maillon d'une chaîne longue — bien plus longue qu'on ne l'imagine.

  1. Jours 1 à 3 : carence. Personne ne verse rien.
  2. Jours 4 à 90 : la CPAM. Depuis le 1er juillet 2021, les auxiliaires médicaux conventionnés sont indemnisés par l'Assurance maladie : 1/730e du revenu, plafonné à 197,51 €/j au 1er janvier 2026. Le détail est sur notre page arrêt maladie des professions libérales.
  3. Du 91e jour au dernier jour de la 3e année : la CARPIMKO. Allocation journalière forfaitaire de 55,44 €/j — environ 1 663 €/mois, quel que soit le revenu antérieur.
  4. 1er jour de la 4e année : la rente d'invalidité — si elle a été demandée et accordée.

Deux pièges à ce stade. D'abord, on lit souvent que la CARPIMKO intervient « dès le 90e jour » : c'est faux, c'est le 91e — la CPAM couvre jusqu'au 90e inclus. Ensuite et surtout, le passage de l'allocation journalière à la rente n'est pas automatique : c'est une demande à formuler auprès de la caisse, dossier médical à l'appui. Un assuré qui laisse filer l'échéance des trois ans sans rien demander se retrouve sans revenu de la caisse. En amont, l'arrêt initial doit avoir été déclaré dans les 6 mois, et il faut être à jour de ses cotisations — un délai de paiement en cours ne vaut pas « à jour ».

Deux points que la caisse ne documente pas publiquement, et que nous préférons signaler plutôt que trancher : l'attribution d'une rente sans période d'allocation journalière préalable (invalidité d'emblée définitive, sans trois ans d'IJ) n'est décrite nulle part dans ses pages ; et le sort de la rente à l'âge de la retraite — rente temporaire servie jusqu'au trimestre précédant l'âge du taux plein, invalidité définitive débouchant sur une retraite pour inaptitude — repose sur des sources de confiance moyenne. À faire préciser par la caisse sur dossier.

Cumul, cotisations retraite, fiscalité

Contrairement à la CARMF, qui exige la cessation définitive de toute activité, la CARPIMKO permet de travailler en invalidité partielle — dans une limite précise : la rente de 50 % est maintenue tant que les revenus professionnels ne dépassent pas 50 % de la moyenne des trois dernières années de BNC. Une infirmière qui gagnait 48 000 €/an peut donc conserver jusqu'à 24 000 €/an d'activité aménagée en gardant ses 10 080 € de rente. Au-delà, la rente n'est plus due.

Côté retraite, l'invalide n'est pas abandonné, mais il n'est plus servi à taux plein :

  • si l'incapacité d'exercice atteint 6 mois dans l'année, les cotisations des régimes de base et complémentaire sont exonérées ;
  • les trimestres du régime de base continuent d'être validés gratuitement ;
  • les points du régime complémentaire sont attribués gratuitement, mais réduits de moitié par rapport à une année cotisée — la retraite future s'érode donc pendant l'invalidité.

Fiscalité : la rente d'invalidité est imposable à l'impôt sur le revenu, sauf la majoration pour tierce personne et le capital décès, qui ne le sont pas. Les 840 €/mois d'une rente partielle sont donc des euros avant impôt.

Étape suivante

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CARPIMKO vs contrat privé : le forfait contre le sur-mesure

Le problème de la rente CARPIMKO n'est pas seulement son montant — c'est qu'elle est forfaitaire : 20 160 € ou 10 080 €/an, que vous gagniez 35 000 € ou 90 000 €. Et en dessous du seuil des deux tiers, rien. Un contrat privé bien construit inverse les deux logiques : la rente est proportionnée à votre revenu, et un barème professionnel — qui mesure l'impact de l'invalidité sur votre métier, pas sur la vie courante — la déclenche généralement dès 33 % d'invalidité (certains contrats descendent à 15-16 %). Entre 33 et 66 %, la formule la plus favorable, T/66, verse environ une fois et demie le simple prorata ; au-delà de 66 %, la rente entière est due dans la plupart des contrats. Le détail des barèmes et des formules est sur notre page barème croisé d'invalidité.

Ce que couvre la CARPIMKO vs un contrat de prévoyance privé (auxiliaire médical)
Situation CARPIMKO Contrat privé (barème professionnel)
Invalidité légère (< 33 %) 0 € 0 € en général (certains contrats dès 15-16 %)
Invalidité 33 à 66 % 0 € Rente proportionnelle — jusqu'à T/66 de la rente assurée
Invalidité partielle reconnue (≥ 2/3) 10 080 €/an, forfaitaires, quel que soit le revenu Rente entière dans la plupart des contrats, au montant choisi
Invalidité totale 20 160 €/an + majorations Rente entière, proportionnée au revenu assuré
Délai avant la rente 3 ans d'allocation journalière à 55,44 €/j d'abord Selon contrat — la rente peut prendre le relais des IJ dès la consolidation
Conjoint Aucune majoration depuis le 1er janvier 2025 Capital et rentes librement dimensionnés

Et quand la CARPIMKO peut-elle suffire ? Soyons honnêtes : pour un auxiliaire médical en fin de carrière, sans emprunt, dont le foyer dispose d'un second revenu, une rente totale de 20 160 € complétée de la majoration tierce personne (6 048 €, non imposable) peut couvrir l'essentiel des besoins. Le vrai risque à assurer en priorité n'est pas ce scénario-là : c'est l'invalidité en dessous des deux tiers — la tendinite chronique, l'épaule, le dos, qui amputent 40 ou 50 % de l'activité d'un kiné ou d'une infirmière — où la caisse verse zéro, par construction.

Exemple calculé : Claire, 41 ans, infirmière libérale

Claire, 41 ans, infirmière libérale en tournée, BNC moyen des trois dernières années : 48 000 € (4 000 €/mois). Deux enfants de 8 et 12 ans. Une atteinte chronique de l'épaule finit par être stabilisée après un long arrêt. Déroulons ses scénarios aux barèmes 2026.

  • Scénario 1 — invalidité partielle reconnue. Le médecin conseil admet que l'exercice est durablement amputé au-delà des deux tiers. Rente : 10 080 €/an, soit 840 €/mois — c'est le choc du chiffre : 21 % de son revenu antérieur. S'y ajoutent 2 × 3 024 € pour les enfants : total 16 128 €/an (1 344 €/mois). Elle peut conserver une activité réduite — vaccinations, coordination — tant que ses revenus restent sous 24 000 €/an (50 % de sa moyenne triennale).
  • Scénario 2 — invalidité totale. Plus aucun soin possible : rente entière 20 160 € + 2 × 3 024 € = 26 208 €/an, soit 2 184 €/mois avant impôt — contre 4 000 € auparavant. Le même dossier liquidé avant le 1er janvier 2025 aurait rapporté 6 048 €/an de plus (rentes enfants doublées), plus la majoration conjoint aujourd'hui disparue.
  • Scénario 3 — invalidité à 50 %. En dessous du seuil des deux tiers : 0 € de la CARPIMKO. Claire perd la moitié de ses tournées et la caisse ne verse rien. Seul un contrat privé à barème professionnel, souscrit avant, couvre cette zone.

Dans les trois cas, rappelez-vous la chronologie : avant toute rente, Claire aura passé trois ans à 55,44 €/j d'allocation journalière (environ 1 663 €/mois). Le simulateur reste à vivre en arrêt de travail chiffre cette première phase, mois par mois.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la rente d'invalidité CARPIMKO en 2026 ?

20 160 € par an (1 680 €/mois) si l'invalidité est totale, c'est-à-dire si elle empêche tout exercice de la profession, et 10 080 € par an (840 €/mois) si elle est partielle — la rente partielle est exactement la moitié de la rente entière. La décision revient au médecin conseil de la CARPIMKO. S'y ajoutent le cas échéant une majoration pour tierce personne de 6 048 €/an et une rente de 3 024 €/an par enfant à charge. Attention aux montants périmés qui circulent encore : la rente par enfant n'est plus de 6 048 € (divisée par deux au 1er janvier 2025) et la majoration pour conjoint n'existe plus depuis la même date.

Qu'est-ce qui a changé à la CARPIMKO en 2024 et 2025 ?

Deux vagues de réforme. Au 1er juillet 2024 : ouverture des prestations décès aux partenaires pacsés, suppression de l'allocation différentielle, et création d'un dispositif de reconversion à rente dégressive (6 mois à taux plein, puis 80 % pendant 12 mois, puis 40 % pendant 12 mois, puis suppression, avec réexamen possible en cas d'échec). Au 1er janvier 2025 : suppression de la majoration pour conjoint, rente par enfant divisée par deux (de 6 048 € à 3 024 €/an) et IJ par enfant ramenée de 16,63 € à 8,06 €/j. La logique assumée de la caisse : baisser les prestations plutôt qu'augmenter les cotisations — la cotisation invalidité-décès reste d'ailleurs gelée à 1 022 € en 2026.

Puis-je continuer à travailler avec une rente d'invalidité partielle CARPIMKO ?

Oui, et c'est une vraie différence avec d'autres caisses de professions de santé comme la CARMF, qui exige la cessation définitive. En invalidité partielle, la rente de 50 % (10 080 €/an) est maintenue tant que vos revenus professionnels ne dépassent pas 50 % de la moyenne de vos trois dernières années de BNC. Au-delà de ce plafond, la rente n'est plus due. Depuis juillet 2024 s'ajoute le dispositif de reconversion : si vous vous reconvertissez, la rente devient dégressive — 6 mois à taux plein, 80 % pendant 12 mois, 40 % pendant 12 mois, puis suppression, avec réexamen si la reconversion échoue.

Quand la rente d'invalidité CARPIMKO commence-t-elle à être versée ?

Tard. Du 4e au 90e jour d'arrêt, c'est la CPAM qui indemnise (régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, depuis le 1er juillet 2021). La CARPIMKO intervient à partir du 91e jour — pas du 90e, contrairement à ce qu'écrivent certains sites — avec une allocation journalière forfaitaire de 55,44 €/j, versée jusqu'au dernier jour de la troisième année d'arrêt. La rente d'invalidité prend le relais à compter du premier jour de la quatrième année. Le passage n'est pas automatique : il faut en faire la demande. Et l'arrêt initial doit avoir été déclaré à la caisse dans les 6 mois. Le cas d'une rente attribuée sans période d'indemnisation journalière préalable n'est pas documenté publiquement par la caisse.

La rente d'invalidité CARPIMKO est-elle imposable ?

Oui, la rente d'invalidité est imposable à l'impôt sur le revenu, à l'exception de la majoration pour tierce personne et du capital décès, qui ne le sont pas. Côté cotisations, l'invalide est mieux traité : si l'incapacité d'exercice dépasse 6 mois dans l'année, les cotisations des régimes de base et complémentaire sont exonérées, les trimestres du régime de base continuent d'être validés gratuitement, et des points du régime complémentaire sont attribués gratuitement — mais réduits de moitié par rapport à une année cotisée.

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Être rappelé par un courtier

840 €/mois en invalidité partielle, et une rente enfant divisée par deux depuis 2025. Faites chiffrer le complément.

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Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.

Sources