Prévoyance des indépendants
Assurance perte d'emploi du dirigeant : la GSC actuelle et ses alternatives
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Publié le 1er septembre 2026
Un dirigeant qui perd son mandat n'a pas d'assurance chômage : le filet public (l'ATI) indemnisait moins de 650 personnes fin 2024. La seule vraie couverture est privée. La référence, la GSC, a changé d'offre le 25 septembre 2023 : ce n'est plus « 55 à 70 % du revenu » mais un montant choisi de 16 000 à 250 000 € par an, plafonné à 80 % du revenu net fiscal N-1 hors dividendes, servi 9, 12 ou 18 mois — après un délai d'attente de 12 mois (18 pour la formule 18 mois) et sous condition d'adhésion à une organisation patronale (MEDEF, CPME, U2P). April et Axa proposent des alternatives sans cette condition. Voici les trois offres, datées, et l'ATI en face.
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Le mandataire social — président de SASU, gérant, dirigeant assimilé salarié — ne cotise pas à l'assurance chômage des salariés : révoqué ou liquidé, il n'a pas d'ARE. Reste le filet public, l'allocation des travailleurs indépendants. Sa réalité mesurée par l'Unédic (état des lieux du 8 juillet 2025) : 1 550 ouvertures de droits en 2024 et moins de 650 personnes indemnisées fin 2024, contre 29 300 bénéficiaires anticipés en 2018 — environ 5 % de la cible. Montant : 26,30 € par jour au maximum, 182 jours, une fois tous les cinq ans, sous condition de ressources inférieures au RSA. Le détail est sur la page mère : chômage de l'indépendant : ce que l'ATI verse vraiment.
Conclusion opérationnelle : pour un dirigeant qui a un train de vie, un crédit ou une famille, la question n'est pas « ATI ou assurance privée » — l'ATI est un minimum social qu'il ne touchera probablement pas. La question est « assurance privée ou rien ». Trois acteurs structurent ce marché : la GSC (le régime historique adossé aux organisations patronales) et les contrats d'assureurs, dont April et Axa.
Le chiffre clé16 000 à 250 000 € par an : la fourchette de couverture au choix de l'offre GSC actuelle, plafonnée à 80 % du revenu net fiscal professionnel N-1 hors dividendes (FAQ gsc.asso.fr, offre en vigueur depuis le 25 septembre 2023).
La GSC 2026 : l'offre actuelle, pas celle des articles périmés
Le faux qui circule : « la GSC verse 55 à 70 % du revenu ». C'était l'ancienne offre, remplacée le 25 septembre 2023. L'offre actuelle ne raisonne plus en pourcentage du revenu mais en capital annuel choisi à la souscription. Une grande partie des pages qui se positionnent sur « GSC » décrit encore le produit disparu — vérifiez toujours la date de ce que vous lisez.
| Paramètre | Règle actuelle |
|---|---|
| Montant couvert | Au choix, de 16 000 à 250 000 € par an, plafonné à 80 % du revenu net fiscal professionnel N-1, hors dividendes |
| Durée d'indemnisation | 9, 12 ou 18 mois, selon la formule choisie |
| Délai d'attente | 12 mois entre l'adhésion et la couverture — 18 mois pour la formule 18 mois |
| Condition d'accès | Adhésion préalable à une organisation patronale : MEDEF, CPME ou U2P |
| Créateurs / repreneurs | Forfait dédié : 420 € par an |
| Cotisation | De l'ordre de 3 à 4 % selon l'ancienne grille — le tarif actuel ne s'obtient que via le simulateur GSC |
| Limites d'âge | Adhésion jusqu'à 65 ans, indemnisation jusqu'à 70 ans (recoupement de sources secondaires — à confirmer aux conditions générales) |
Deux lignes de ce tableau méritent qu'on s'y arrête. Le plafond de 80 % s'applique au revenu net fiscal professionnel, hors dividendes : un dirigeant qui s'est optimisé en se versant peu de rémunération et beaucoup de dividendes découvre que son assiette assurable est faible — le sujet croise directement les arbitrages de rémunération traités dans notre page dirigeant de holding. Et le délai d'attente de 12 à 18 mois signifie que ce contrat ne se souscrit pas quand l'orage approche : une révocation ou une liquidation survenant pendant le délai d'attente n'est pas couverte. C'est un contrat de temps calme.
Exemple chiffré — Claire, 47 ans, présidente d'une SASU de travaux publics. Revenu net fiscal professionnel 2025 : 60 000 €, hors dividendes. Son plafond assurable GSC : 60 000 € × 80 % = 48 000 € par an. Elle choisit une couverture de 36 000 € par an sur la formule 12 mois, soit 3 000 € par mois en cas de perte de mandat, à partir de septembre 2027 (12 mois d'attente après une adhésion en septembre 2026). Sur l'ancienne grille, une cotisation de l'ordre de 3 à 4 % du montant couvert aurait représenté environ 1 080 à 1 440 € par an — chiffre indicatif uniquement : la tarification actuelle passe par le simulateur GSC, et il faut y ajouter la cotisation à l'organisation patronale.
Étape suivante
GSC ou contrat d'assureur : faire chiffrer les deux avant de signer
Délais d'attente, assiette hors dividendes, condition patronale, franchise : les écarts entre les offres se jouent dans les conditions générales, pas dans les plaquettes. Un courtier met les trois offres en face de votre statut réel et vous remet une comparaison écrite.
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Les alternatives assureurs : April et Axa
La GSC n'est pas seule. Deux offres d'assureurs, aux logiques différentes, se présentent régulièrement en face — avec un avantage commun : pas d'adhésion patronale exigée.
- April (conditions relevées via un distributeur, ADP — non datées, à confirmer au devis) : carence de 12 mois après la souscription, puis franchise de 30 jours au sinistre ; indemnisation au choix 9 mois à environ 80 % du revenu assuré, ou 15 mois à 50 %. La structure est donc proche de la GSC sur l'attente, différente sur la sortie : plus court et plus haut, ou plus long et plus bas.
- Axa (site assureur, consulté en août 2026) : un revenu de remplacement forfaitaire versé si la perte de fonction résulte d'une contrainte économique — sauvegarde, restructuration, liquidation, fusion, dissolution — avec une option couvrant la révocation. La logique est événementielle : c'est la liste des causes couvertes qui fait le contrat, à lire ligne à ligne.
Zone grise assumée : ni April ni Axa ne publient de grille tarifaire publique datée pour ces garanties, et les fourchettes de montants d'Axa ne sont pas détaillées publiquement. Les conditions ci-dessus sont attribuées à leur source ; le chiffrage réel passe par un devis nominatif.
ATI publique contre assurance privée : le tableau
Le tableau qui suit met le filet public et les trois offres privées sur les mêmes lignes : montant, durée, conditions, et — la colonne qui manque partout ailleurs — qui y a droit vraiment.
| ATI (public) | GSC | April | Axa | |
|---|---|---|---|---|
| Montant | 26,30 €/j max (~800 €/mois), plancher 19,73 €/j (~600 €/mois) | Capital choisi 16 000 à 250 000 €/an, plafonné à 80 % du revenu net fiscal N-1 hors dividendes | ~80 % ou 50 % du revenu assuré selon la formule | Revenu de remplacement forfaitaire (montants non publiés) |
| Durée | 182 jours, une fois tous les 5 ans | 9, 12 ou 18 mois | 9 mois (~80 %) ou 15 mois (50 %) | Selon contrat |
| Attente / carence | Aucune, mais inscription à France Travail sous 12 mois | Délai d'attente 12 mois (18 pour la formule 18 mois) | Carence 12 mois + franchise 30 jours | Selon contrat |
| Conditions d'accès | 2 ans dans la même entreprise · revenus ≥ 10 000 € · ressources < RSA (646,52 €/mois au 17/07/2026) · liquidation/redressement ou cessation non viable attestée | Adhésion MEDEF, CPME ou U2P · créateurs : forfait 420 €/an | Souscription individuelle, questionnaire assureur | Perte pour contrainte économique (sauvegarde, restructuration, liquidation, fusion, dissolution) · révocation en option |
| Qui y a droit vraiment | Moins de 650 indemnisés fin 2024 : conditions cumulatives de minimum social | Tout dirigeant assurable qui adhère 12-18 mois avant le pépin | Idem — la carence de 12 mois exclut les souscriptions tardives | Ceux dont la perte entre dans la liste des causes couvertes |
Pour qui l'assurance privée est rationnelle — et pour qui non
Une assurance perte d'emploi coûte cher, s'active rarement et comporte 12 à 18 mois d'attente. Elle est pourtant rationnelle dans trois situations précises.
- Le dirigeant révocable. Président ou directeur général nommé par un conseil ou des associés majoritaires : sa « perte d'emploi » peut être décidée par d'autres, du jour au lendemain, comme pour un salarié — mais sans ARE. C'est le profil pour lequel le produit a été conçu, et l'option révocation (explicite chez Axa, au cœur du régime GSC) est alors la clause déterminante.
- Le secteur cyclique. BTP, transport, commerce dépendant d'un donneur d'ordres : quand le retournement du marché peut emporter l'entreprise malgré une bonne gestion, le délai d'attente de 12 mois impose justement de souscrire en haut de cycle, pas au premier signal faible.
- Le crédit personnel élevé. Un dirigeant dont le train de vie repose sur une rémunération servant un emprunt personnel important n'a aucun amortisseur : l'assurance transforme une perte de mandat en transition financée, le temps de retrouver un revenu.
À l'inverse, notre conseil de courtier est de ne pas commencer par ce contrat dans deux cas. L'indépendant en nom propre qui ne peut être « révoqué » par personne et dont l'activité décline lentement plutôt qu'elle ne casse : pour lui, la voie ATI « cessation non viable » (attestée par expert-comptable) et une trésorerie de précaution font souvent mieux qu'une prime annuelle. Et surtout, tout dirigeant qui n'a pas encore couvert l'arrêt de travail : la maladie et l'accident sont des risques bien plus fréquents que la révocation, et se couvrent mieux. On assure le probable avant le possible. Enfin, si la fin d'activité se profile à moyen terme, la vraie stratégie n'est pas assurantielle mais patrimoniale : organiser la sortie plutôt que la subir — voir céder ou fermer : votre protection sociale après.
À noter pour les créateurs : le forfait GSC à 420 €/an rend la couverture accessible dès le lancement — mais le délai d'attente de 12 mois court aussi pour eux, et la première année d'activité est déjà celle où les indemnités journalières maladie font défaut. Les échéances sociales des mois qui viennent sont dans le calendrier de l'indépendant.
Questions fréquentes
La GSC couvre-t-elle 70 % du revenu ?
Plus maintenant — ce chiffre décrit l'ancienne offre, remplacée le 25 septembre 2023. L'offre actuelle ne raisonne plus en pourcentage : vous choisissez un montant annuel de couverture entre 16 000 et 250 000 €, plafonné à 80 % de votre revenu net fiscal professionnel N-1, hors dividendes. Un dirigeant au revenu net fiscal de 60 000 € peut donc assurer jusqu'à 48 000 € par an (calcul : 60 000 € × 80 %). Les pages qui annoncent encore « 55 à 70 % du revenu » décrivent un produit qui n'est plus commercialisé.
Quel est le délai d'attente de la GSC ?
12 mois entre l'adhésion et le début de la couverture — 18 mois pour la formule d'indemnisation de 18 mois. Une perte de mandat survenant pendant ce délai n'est pas indemnisée. C'est la caractéristique la plus structurante du produit : l'assurance perte d'emploi ne se souscrit pas quand la menace se précise, mais quand tout va bien. Chez April, la logique est la même : carence de 12 mois, plus une franchise de 30 jours au moment du sinistre (conditions relevées via un distributeur, non datées).
Combien coûte la GSC en 2026 ?
La GSC ne publie pas de grille tarifaire simple pour l'offre actuelle. L'ordre de grandeur qui circule — environ 3 à 4 % — correspond à l'ancienne grille, antérieure au 25 septembre 2023 : il ne peut servir que de repère indicatif, et le tarif réel s'obtient uniquement via le simulateur GSC. Deux coûts sont en revanche publics : le forfait créateurs et repreneurs à 420 €/an, et l'adhésion préalable obligatoire à une organisation patronale (MEDEF, CPME ou U2P), qui a son propre coût annuel.
Faut-il adhérer à une organisation patronale pour la GSC ?
Oui. L'adhésion à la GSC suppose l'adhésion préalable à une organisation patronale : MEDEF, CPME ou U2P. C'est une condition d'accès du régime, pas une option. Les contrats d'assureurs (April, Axa) n'ont pas cette exigence : c'est l'une des raisons de les mettre en concurrence avec la GSC avant de signer.
ATI publique ou assurance privée : que choisir ?
Ce ne sont pas deux options comparables : l'ATI est un minimum social (26,30 €/jour au maximum, plancher 19,73 €, 182 jours une fois tous les cinq ans, sous condition de ressources inférieures au RSA), que moins de 650 personnes percevaient fin 2024. L'assurance privée est le seul vrai revenu de remplacement : GSC de 16 000 à 250 000 €/an sur 9 à 18 mois, ou contrats assureurs équivalents. La vraie question n'est donc pas « ATI ou privé », mais « privé ou rien » — et la réponse dépend de votre profil : dirigeant révocable, secteur cyclique ou crédit personnel élevé, l'assurance se défend ; sinon, la priorité reste l'arrêt de travail, risque bien plus fréquent.
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Être rappelé par un courtier12 mois d'attente : le bon moment pour y penser, c'est quand tout va bien
GSC de 16 000 à 250 000 € par an, April, Axa : toutes ces couvertures imposent 12 à 18 mois entre la signature et la protection effective. Attendre le signal faible, c'est déjà être trop tard. Nous chiffrons les trois offres sur votre statut, votre revenu N-1 et votre horizon — et nous vous disons aussi si, dans votre cas, la réponse est « aucune des trois ».
Courtier indépendant, ORIAS n° 26004449 — étude gratuite, sans engagement, réponse sous 24 h ouvrées.
Sources
- GSC (gsc.asso.fr) — FAQ de l'offre en vigueur depuis le 25 septembre 2023 : montant choisi de 16 000 à 250 000 €/an plafonné à 80 % du revenu net fiscal professionnel N-1 hors dividendes, durées 9/12/18 mois, délai d'attente de 12 mois (18 pour la formule 18 mois), adhésion préalable MEDEF/CPME/U2P, forfait créateurs 420 €/an, simulateur tarifaire — consultée en août 2026.
- Unédic — fiche ATI (mise à jour du 17 juillet 2026) : 26,30 €/j, plancher 19,73 €/j, 182 jours une fois tous les 5 ans, conditions cumulatives ; « état des lieux » du 8 juillet 2025 : 1 550 ouvertures de droits en 2024, moins de 650 indemnisés fin 2024, 29 300 anticipés par l'étude d'impact 2018 — consultés en août 2026.
- Axa (axa.fr) — assurance perte d'emploi du dirigeant : revenu de remplacement forfaitaire en cas de perte pour contrainte économique (sauvegarde, restructuration, liquidation, fusion, dissolution), option révocation — consulté en août 2026.
- April — garantie perte d'emploi du dirigeant : carence de 12 mois, franchise de 30 jours, indemnisation 9 mois à environ 80 % ou 15 mois à 50 % (conditions relevées via un distributeur, ADP — document non daté ; à confirmer au devis).
- Cotisations GSC « de l'ordre de 3 à 4 % » : ancienne grille, antérieure au 25 septembre 2023 — valeur indicative uniquement ; tarif actuel via le simulateur du site gsc.asso.fr. Limites d'âge (adhésion 65 ans, indemnisation 70 ans) : recoupement de sources secondaires, à confirmer aux conditions générales.