Prévoyance des indépendants

Congé paternité d'un indépendant : 25 jours à 65,84 € — mode d'emploi

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le 30 août 2026

Un travailleur indépendant a droit à 25 jours de congé paternité — 32 en cas de naissances multiples — indemnisés 65,84 € par jour, soit 1 646 € au total. Sept de ces jours sont obligatoires et débutent le jour même de la naissance ; les 18 restants se fractionnent en trois périodes de cinq jours minimum, à prendre dans les six mois. Le montant est forfaitaire : il ne dépend pas de votre revenu. Pour un indépendant à 60 000 €, ces 25 jours représentent 40 % seulement du revenu qu'il aurait facturé — c'est la raison, chiffrée, pour laquelle beaucoup y renoncent.

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1 646 €Total perçu pour 25 jours
7 joursObligatoires dès le jour de la naissance
2 464 €Manque à gagner à 60 000 € de revenu

25 jours, 65,84 €/jour, 1 646 € : la réponse

Le calcul tient en une ligne : 25 × 65,84 € = 1 646 €. C'est ce que verse l'Assurance maladie à un travailleur indépendant — artisan, commerçant, professionnel libéral, micro-entrepreneur — qui prend l'intégralité de son congé paternité et d'accueil de l'enfant. En cas de naissances multiples, la durée passe à 32 jours, soit 2 106,88 €.

Deux conditions, pas une de plus. D'abord six mois d'affiliation à la date de la naissance. Ensuite une déclaration sur l'honneur d'interrompre toute activité professionnelle pendant les jours indemnisés : c'est cette déclaration, et non un arrêt de travail médical, qui déclenche le versement.

L'indemnité journalière de 65,84 € est un forfait égal à un 730e du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 ÷ 730). C'est exactement le même montant que l'indemnité journalière du congé maternité d'une indépendante. Elle ne dépend ni de votre chiffre d'affaires, ni de vos cotisations, ni de votre caisse de retraite : un plombier à 30 000 € et un consultant à 120 000 € touchent le même euro par jour.

Le calendrier : 7 jours imposés, 18 jours à placer

C'est la partie que la plupart des indépendants découvrent trop tard, alors qu'elle est la seule sur laquelle ils ont la main. Le congé paternité n'est pas un bloc de 25 jours à poser où l'on veut : il est coupé en deux régimes distincts.

Découpage du congé paternité d'un travailleur indépendant (barème 2026)
Période Durée Quand Fractionnable ?
Congé de naissance 3 jours Le jour de la naissance Non — obligatoire
Paternité obligatoire 4 jours Enchaînés immédiatement Non — obligatoire
Solde de paternité 18 jours (25 si naissances multiples) Dans les 6 mois suivant la naissance Oui — 3 périodes maximum, 5 jours minimum chacune
Total 25 jours (32 si multiples) 1 646 € (2 106,88 €)

Le délai de six mois est reporté en cas d'hospitalisation de l'enfant ou de décès de la mère.

Retenez le point qui compte : la période obligatoire de sept jours calendaires débute le jour même de la naissance. Elle n'attend pas le retour de la maternité, elle ne se décale pas d'une semaine parce qu'un chantier se termine, et elle ne se reporte pas. Elle conditionne par ailleurs l'accès au congé supplémentaire de naissance, examiné plus bas.

Le solde, lui, est votre marge de manœuvre. Trois périodes d'au moins cinq jours, réparties sur six mois : cela suffit à caler l'interruption sur les creux réels de votre carnet plutôt que sur vos semaines les plus facturées. Un plombier qui pose ses jours entre Noël et la mi-janvier, un consultant qui les place en août, un artisan du bâtiment qui évite les mois de livraison — c'est légal, c'est prévu par le texte, et cela change matériellement le coût du congé. Sans jamais transiger sur un point : pendant les jours indemnisés, l'interruption doit être totale. Pas de devis signé, pas de facturation, pas d'intervention d'urgence « juste une heure ».

Le montant, et le vrai coût : ce que le forfait ne couvre pas

1 646 €, c'est un montant brut de comparaison. Le chiffre qui décide, c'est l'écart entre cette somme et ce que vous auriez facturé sur la même période.

Manque à gagner d'un congé paternité de 25 jours selon le revenu annuel (indemnité forfaitaire 2026)
Revenu annuel Revenu par jour 25 jours de revenu Indemnités perçues Taux de remplacement Manque à gagner
24 032 € 65,84 € 1 646,00 € 1 646 € 100 % 0 €
35 000 € 95,89 € 2 397,26 € 1 646 € 69 % − 751,26 €
45 000 € 123,29 € 3 082,19 € 1 646 € 53 % − 1 436,19 €
60 000 € 164,38 € 4 109,59 € 1 646 € 40 % − 2 463,59 €
80 000 € 219,18 € 5 479,45 € 1 646 € 30 % − 3 833,45 €

Revenu par jour = revenu annuel ÷ 365. Le point d'équilibre se situe à 24 032 € de revenu annuel (65,84 × 365) : au-dessus, chaque euro de revenu supplémentaire creuse l'écart. Le tableau ignore les charges fixes de l'entreprise, qui continuent de courir pendant l'interruption.

Le forfait est donc d'autant moins protecteur que l'on gagne bien sa vie. C'est exactement l'inverse d'un salarié, dont l'indemnité suit son salaire. Et c'est la vraie raison pour laquelle une partie des pères indépendants ne prennent pas leurs 25 jours : non par indifférence, mais parce que 2 464 € de trésorerie manquante en un mois n'est pas une décision neutre quand on a des échéances de crédit-bail et une prime d'assurance à payer.

Un taux réduit à 10 % s'applique si votre revenu annuel moyen des trois dernières années est inférieur à 4 582 € : l'indemnité tombe alors à 6,584 € par jour, soit 164,60 € pour 25 jours. Le chiffre de 6,276 €/jour que l'on trouve sur certains sites spécialisés est faux : 10 % de 65,84 € font 6,584 €, pas 6,276 €. C'est une erreur de recopie, mais elle signale surtout qu'aucune source primaire n'a été consultée.

Pour un micro-entrepreneur, le revenu de référence n'est pas le chiffre d'affaires mais le CA après abattement forfaitaire : 71 % pour la vente, 50 % pour les services relevant des BIC, 34 % pour les BNC. Un artisan en micro qui facture 20 000 € de prestations de services déclare donc 10 000 € de revenu : largement au-dessus du seuil de 4 582 €, donc plein tarif à 65,84 €.

Étape suivante

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Médecins conventionnés : 2 232 € en plus — et personne d'autre

Une seule profession perçoit un complément pendant le congé paternité. Les médecins conventionnés bénéficient d'une aide financière conventionnelle versée par la CPAM au titre de la convention médicale, indépendamment des indemnités journalières.

  • 2 232 € pour un médecin de secteur 1 ou de secteur 2 adhérent à l'OPTAM.
  • 1 488 € pour un médecin de secteur 2 hors OPTAM.
  • Versement en une fois, au titre des 25 jours — ce n'est pas un montant mensuel.
  • Total pour un médecin de secteur 1 : 1 646 + 2 232 = 3 878 €, soit une majoration de 136 % du socle commun.

Le mécanisme est le même que pour l'aide maternité, et l'exclusion aussi. Chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes et sages-femmes conventionnés n'y ont pas droit : l'extension du dispositif aux autres professions de santé conventionnées, prévue au PLFSS 2024, a été supprimée en cours de débats parlementaires. À événement identique, dans le même cadre conventionnel et avec la même caisse d'assurance maladie, un médecin perçoit 2 232 € que son confrère kinésithérapeute ne percevra pas.

Ce barème est en vigueur mais non indexé depuis 2017 : la convention médicale 2024-2029 ne l'a pas revalorisé. Neuf ans d'inflation plus tard, l'aide vaut mécaniquement moins qu'à sa création.

Le prolongement de 2026 : enchaîner le congé supplémentaire de naissance

C'est le changement le plus important depuis la création du congé paternité de 25 jours. Depuis le 1er juillet 2026, un père indépendant peut enchaîner, après son congé paternité, un congé supplémentaire de naissance d'un ou deux mois. La condition d'entrée est précisément celle de la section 02 : avoir pris la période obligatoire de sept jours. Sans elle, le prolongement n'est pas ouvert.

Enchaînement complet paternité + congé supplémentaire de naissance pour un père indépendant (2026)
Étape Durée Indemnité Montant brut
Période obligatoire 7 jours 65,84 €/j 460,88 €
Solde de paternité 18 jours 65,84 €/j 1 185,12 €
CSN — 1er mois 30 jours 46,09 €/j brut (43,00 € net) 1 382,70 €
CSN — 2e mois 30 jours 39,50 €/j brut (36,85 € net) 1 185,00 €
Total 85 jours 4 213,70 €

Montants nets après CSG-CRDS de 6,7 %. Le congé supplémentaire doit débuter dans les neuf mois suivant la naissance et suppose six mois d'affiliation à la date de début du congé, ainsi qu'une cessation totale d'activité. Le congé de deux mois est fractionnable en deux périodes d'un mois.

Ce que cela change à l'équation est net : le père indépendant passe d'un plafond de 25 jours et 1 646 € à un plafond de 85 jours et 4 213,70 €. L'indemnité reste dégressive et toujours déconnectée du revenu — sur trois mois d'interruption, le taux de remplacement d'un indépendant à 60 000 € tombe à 30 %. Mais l'arbitrage n'est plus le même : ce n'est plus « un mois amputé », c'est un trimestre qui se planifie. Les conditions, le non-cumul avec les autres prestations et la démarche sont détaillés sur notre page dédiée au congé supplémentaire de naissance.

Le chiffre clé

1 646 €. C'est tout ce que perçoit un père indépendant pour ses 25 jours de congé paternité, quel que soit son revenu. Le même montant représente 100 % du revenu d'un indépendant à 24 032 € et 30 % de celui d'un indépendant à 80 000 €. Un forfait n'est pas une injustice en soi : c'est simplement une prestation qui ne se comporte pas comme une assurance de revenu, et qu'il faut donc traiter comme une ligne de trésorerie à provisionner, pas comme une compensation.

Exemple : Mehdi, 36 ans, plombier à 45 000 €, naissance en octobre

Mehdi est plombier-chauffagiste à son compte, affilié depuis huit ans. Son revenu annuel est de 45 000 €, soit 123,29 € par jour. Sa compagne accouche à la mi-octobre. Son activité connaît deux creux nets : la seconde quinzaine de décembre et la fin février. Il construit son congé dessus.

Mehdi, plombier à 45 000 € : plan de congé paternité fractionné et solde réel
Moment Ce qui se passe Montant
Mi-octobre Naissance — 7 jours obligatoires (3 + 4), dès le jour J + 460,88 €
Fin décembre 1re période fractionnée de 9 jours, sur le creux de fin d'année + 592,56 €
Fin février 2e période de 9 jours, avant la fin du délai de 6 mois + 592,56 €
Total perçu 25 jours à 65,84 € + 1 646,00 €
Revenu non facturé 45 000 × 25 ÷ 365 − 3 082,19 €
Manque à gagner 3 082,19 − 1 646,00 − 1 436,19 €

Deux périodes de 9 jours respectent la règle : maximum trois périodes, minimum cinq jours chacune. Le fractionnement ne change pas le montant perçu — il change la valeur des jours perdus.

Et s'il enchaîne un mois de congé supplémentaire de naissance ? En prenant le premier mois de CSN dans la foulée de ses sept jours obligatoires, Mehdi perçoit 1 382,70 € bruts de plus (1 290 € nets), contre 3 698,63 € de revenu non facturé sur ces 30 jours : un manque à gagner de 2 315,93 € pour ce seul mois. Sur l'ensemble des 55 jours, il perçoit 3 028,70 € face à 6 780,82 € de revenu non facturé, soit un trou de 3 752,12 €. C'est l'ordre de grandeur à provisionner — et il ne comprend ni son assurance décennale, ni son leasing de véhicule, ni ses cotisations, qui continuent de courir.

Le congé paternité ne se rentabilise pas : il se budgète

Voici le message qui va contre notre intérêt commercial immédiat, et c'est le plus utile de cette page. Aucun contrat de prévoyance ne compense un congé paternité. Ce n'est pas une lacune du marché : c'est logique. La prévoyance couvre un aléa — un accident, une maladie, une invalidité. Une naissance est un événement connu, daté et volontaire. Un assureur ne peut pas indemniser un événement que l'assuré choisit et programme, et un contrat qui le prétendrait serait tarifé à son coût exact, c'est-à-dire sans aucun intérêt pour vous.

Le manque à gagner de 1 436 € de Mehdi n'est donc pas un problème d'assurance. C'est un problème de trésorerie, et il se résout comme tel : trois mois de charges d'avance sur un compte séparé rendent les 25 jours possibles ; sans cette réserve, aucune garantie ne les rendra possibles à votre place. Provisionner 1 500 € sur les neuf mois de la grossesse, c'est 165 € par mois. C'est la seule ligne budgétaire qui transforme un droit théorique en congé réellement pris.

Ce qui se couvre, en revanche, et qui est le vrai risque financier du foyer à ce moment précis, c'est l'arrêt de travail du père. Un indépendant qui se blesse trois mois après la naissance, alors que le foyer vient d'absorber une baisse de revenu et que le second parent est lui-même en congé, met en cause bien davantage que 1 646 €. Cet arrêt-là est aléatoire, il est long, et il est assurable — c'est l'objet de nos pages sur l'arrêt de travail d'un indépendant. Souscrivez pour ce risque-là ; budgétez pour la naissance.

Questions fréquentes

Un travailleur indépendant a-t-il droit au congé paternité ?

Oui, dans les mêmes durées qu'un salarié : 25 jours pour une naissance simple, 32 jours en cas de naissances multiples. Deux conditions seulement : six mois d'affiliation à la date de la naissance, et une déclaration sur l'honneur d'interrompre toute activité professionnelle pendant les jours indemnisés. Cela vaut pour les artisans, commerçants, professions libérales et micro-entrepreneurs, sans distinction. La différence avec le salarié ne porte pas sur le droit, mais sur le montant : l'indemnité est forfaitaire, à 65,84 €/jour, quand celle du salarié est calculée sur son salaire.

Combien vais-je toucher pendant mon congé paternité en indépendant ?

65,84 € par jour, soit 1 646 € pour 25 jours et 2 106,88 € pour les 32 jours d'une naissance multiple. C'est un forfait égal à un 730e du PASS, identique à l'indemnité journalière du congé maternité des indépendantes : il ne dépend pas de votre revenu. Sous 4 582 € de revenu annuel moyen sur trois ans, le montant tombe à 10 %, soit 6,584 €/jour et 164,60 € pour 25 jours. Attention au chiffre de 6,276 €/jour publié par certains sites : il est faux — 10 % de 65,84 € font 6,584 €. Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le CA après abattement de 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité.

Puis-je fractionner mon congé paternité ?

Le solde, oui ; les sept premiers jours, non. Après la période obligatoire qui débute le jour de la naissance, il reste 18 jours (25 pour des naissances multiples). Ce solde se découpe en trois périodes au maximum, d'au moins cinq jours chacune, à prendre dans les six mois suivant la naissance — délai reporté en cas d'hospitalisation de l'enfant ou de décès de la mère. C'est le seul levier d'optimisation réellement disponible : caler ces périodes sur les creux de votre activité plutôt que sur vos semaines les plus facturées.

Suis-je obligé de m'arrêter à la naissance de mon enfant ?

Oui, pour sept jours. La période de sept jours calendaires qui débute le jour même de la naissance est obligatoire : trois jours de congé de naissance et quatre jours de congé de paternité. Ces sept jours ne se fractionnent pas et ne se reportent pas. Ils conditionnent aussi l'accès au congé supplémentaire de naissance : sans eux, le prolongement d'un ou deux mois n'est pas ouvert. Pendant les jours indemnisés, l'interruption d'activité doit être totale — c'est l'objet de la déclaration sur l'honneur transmise à la caisse.

Puis-je enchaîner avec le congé supplémentaire de naissance ?

Oui, et c'est le principal changement de 2026. Depuis le 1er juillet 2026, un père indépendant qui a pris ses sept jours obligatoires peut enchaîner un congé supplémentaire de naissance d'un ou deux mois. L'indemnisation est dégressive : 46,09 €/jour brut le premier mois, 39,50 € le second (43,00 € et 36,85 € nets après CSG-CRDS). Le congé doit débuter dans les neuf mois suivant la naissance, la cessation d'activité doit être totale et six mois d'affiliation sont exigés à la date de début. Bout à bout : 7 jours + 18 jours + deux mois = 85 jours indemnisés pour 4 213,70 € bruts.

Les médecins ont-ils un complément pendant le congé paternité ?

Oui, et eux seuls. Les médecins conventionnés perçoivent une aide financière conventionnelle versée par la CPAM : 2 232 € en secteur 1 ou en secteur 2 adhérent à l'OPTAM, 1 488 € en secteur 2 hors OPTAM. Elle est versée en une fois pour les 25 jours et s'ajoute aux 1 646 € d'indemnités journalières, portant le total à 3 878 € en secteur 1. Comme l'aide maternité, elle ne concerne aucune autre profession de santé conventionnée : dentistes, infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes et sages-femmes n'y ont pas droit. Barème en vigueur, mais non revalorisé depuis 2017.

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Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.