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Cumul emploi-retraite : ce qui change au 1er janvier 2027 — et faut-il liquider avant

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Mis à jour le 2 septembre 2026

L’article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) remplace le cumul emploi-retraite par un régime à trois tranches d’âge. Avant l’âge légal (62 ans et 9 mois à 64 ans selon la génération) : la pension est réduite à due concurrence des revenus — le cumul devient économiquement impossible. Entre l’âge légal et 67 ans : cumul libre jusqu’à un seuil fixé par décret, montant annoncé d’environ 7 000 € bruts par an, puis réduction de la pension de la moitié du dépassement. À partir de 67 ans : cumul intégral, sans plafond, avec de nouveaux droits. Le nouveau régime ne vise que les assurés dont la première pension de base prend effet à compter du 1er janvier 2027 : il n’est pas rétroactif. Ceux qui liquident avant gardent les règles actuelles à vie.

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Ce qui change, en une image : les trois tranches d’âge

Le régime actuel repose sur une porte d’entrée : le taux plein. Qui l’a atteint cumule intégralement ; qui ne l’a pas atteint cumule dans la limite d’un plafond — pour un libéral, le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026. Le nouveau régime supprime cette porte. Le critère du taux plein disparaît au profit du seul critère d’âge.

Cumul emploi-retraite : régime actuel et régime issu de l’article 102 de la LFSS 2026
Situation Règles actuelles (pension prenant effet avant le 1er janvier 2027) Nouveau régime (première pension de base à compter du 1er janvier 2027)
Avant l’âge légal
(62 ans 9 mois à 64 ans)
Cumul intégral possible en cas de départ anticipé à taux plein, notamment pour carrière longue Pension réduite à due concurrence des revenus : cumul quasi impossible, dès le premier euro
Entre l’âge légal et 67 ans Cumul intégral si taux plein ; sinon cumul plafonné (48 060 € pour un libéral) Cumul libre jusqu’à un seuil fixé par décret (montant annoncé : 7 000 €/an), puis pension réduite de 50 % du dépassement
À partir de 67 ans Cumul intégral si taux plein ; cumul plafonné dans le cas contraire Cumul intégral et libre, sans plafond, même sans tous ses trimestres, avec acquisition de nouveaux droits. Bascule automatique
Revenus pris en compte Revenus d’activité Revenus d’activité et revenus de remplacement : indemnités journalières, allocations chômage

Deux durcissements se cachent dans la dernière ligne. Le premier est l’entrée des revenus de remplacement dans l’assiette : un arrêt de travail long indemnisé peut désormais faire franchir le seuil à lui seul. Le second est la disparition du critère du taux plein, qui protégeait jusqu’ici ceux qui avaient fait une carrière complète. Le gouvernement chiffre les économies attendues à environ 0,4 milliard d’euros en 2027 et 1,9 milliard en 2030, régimes de base et complémentaires confondus.

Qui gagne, qui perd

La réforme n’est pas un durcissement uniforme. Elle assouplit franchement la situation d’un profil et ferme celle d’un autre.

Effet du nouveau régime selon le profil de l’assuré
Profil Effet Sens
Pension prenant effet avant le 1er janvier 2027, à taux plein Règles actuelles conservées à vie Rien ne change
67 ans ou plus en 2027 et après Cumul intégral, sans plafond, même sans taux plein Assouplissement pour les carrières incomplètes
Entre l’âge légal et 67 ans en 2027 et après Cumul plafonné à environ 7 000 €/an, contre 48 060 € aujourd’hui pour un libéral Durcissement massif
Carrière longue partie avant l’âge légal Pension réduite à due concurrence des revenus Cumul fermé
Retraite progressive Non concernée par les écrêtements Inchangée

Le grand perdant est identifié : la carrière longue. Un assuré parti en retraite anticipée à taux plein avant l’âge légal ne peut plus cumuler du tout tant qu’il n’a pas atteint cet âge. Interrogé au Sénat le 19 mai 2026, le ministre du travail et des solidarités a confirmé le maintien des réductions de pension pour ces départs, et renvoyé les intéressés vers la retraite progressive. À l’autre bout, la bascule automatique à 67 ans profite à ceux qui n’avaient pas tous leurs trimestres et qui, aujourd’hui, restent enfermés dans le cumul plafonné.

Le seuil de 7 000 € : où en est le décret

La loi ne fixe pas de montant. Elle renvoie le seuil à un décret d’application. Le chiffre de 7 000 € bruts par an vient des travaux préparatoires, et il a été confirmé publiquement par le ministre du travail et des solidarités en séance au Sénat le 19 mai 2026, présenté comme « calibré » pour laisser la majorité des retraités en cumul hors de tout écrêtement.

État au 29 août 2026 : le décret n’est pas paru. Nous avons vérifié Légifrance et la fiche d’actualité de service-public.gouv.fr, qui indique elle-même que le décret fixant le seuil n’a pas été publié. Le montant de 7 000 € est donc à ce jour annoncé, pas réglementaire : il peut encore bouger, et les modalités de calcul (période de référence, revenus retenus, régularisation) ne sont pas connues. Cette page sera mise à jour dès la parution du décret, avec la référence exacte et le montant définitif.

Cette incertitude a une conséquence pratique qu’il faut assumer : personne ne peut aujourd’hui vous chiffrer au centime ce que vaudra votre cumul en 2027. On peut en revanche chiffrer très précisément l’écart entre les deux régimes sur votre situation, parce que l’ordre de grandeur — 7 000 € contre 48 060 € — est trop large pour que la décision dépende d’un ajustement de quelques centaines d’euros.

La date qui compte n’est pas le 31 décembre

Le critère légal est la date d’effet de la première pension de base : elle doit être antérieure au 1er janvier 2027. Mais une pension ne prend pas effet le jour où on la demande. Les caisses instruisent en plusieurs mois : reconstitution de carrière, régularisation des cotisations, coordination entre le régime de base et les complémentaires, contrôle des trimestres validés. Une demande déposée en novembre a peu de chances de produire une pension à effet du 1er décembre.

Les caisses l’ont anticipé et communiquent leurs propres dates limites. La CARCDSF, qui couvre les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes, publie une fiche pratique sur la réforme en précisant qu’elle vise « des démarches de retraites faites avant le 1er octobre 2026 ». Autrement dit : au-delà de cette date, la caisse ne garantit plus une date d’effet 2026, donc plus les règles actuelles.

Le chiffre clé

1er octobre 2026. C’est la date de dépôt indiquée par la CARCDSF pour que la démarche relève encore des règles actuelles. Les autres caisses ont leurs propres délais, mais la logique est la même : selon les caisses, la demande doit être déposée à l’automne 2026 au plus tard, souvent avant le 1er octobre. La date à connaître n’est pas celle de la loi, c’est celle de votre caisse. Demandez-la par écrit.

Ne raisonnez pas sur la date du 31 décembre 2026. Elle est exacte en droit et trompeuse en pratique : c’est la date d’effet, pas la date de dépôt. Un dossier déposé fin novembre en pensant « être dans les temps » peut très bien produire une pension à effet du 1er février 2027 — et basculer dans le nouveau régime.

Étape suivante

Votre fenêtre se ferme le 31 décembre 2026 : faites chiffrer les deux scénarios

Liquider en 2026 ou en 2027 ne se décide pas au jugé. Nous chiffrons côte à côte la pension, la surcote perdue, le cumul possible et ce que deviennent vos garanties de prévoyance dans chaque hypothèse.

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Faut-il liquider avant le 31 décembre 2026 ?

C’est la question posée telle quelle dans les courriers des lecteurs de la presse professionnelle depuis le printemps. La réponse honnête est : cela dépend de trois profils, et pour deux d’entre eux la réponse est non.

  1. Taux plein déjà atteint, et projet réel de poursuite d’activité entre l’âge légal et 67 ans. C’est le seul cas où la fenêtre 2026 a une vraie valeur, et elle est considérable : 48 060 € de plafond aujourd’hui contre environ 7 000 € demain. Si vous comptez réellement facturer 20, 30 ou 50 000 € par an pendant trois ou quatre ans, l’écart se chiffre en dizaines de milliers d’euros de pension.
  2. 67 ans atteints ou proches. Aucune urgence. Le nouveau régime vous ouvre le cumul intégral sans plafond, et il est même plus souple que l’actuel si vous n’avez pas tous vos trimestres, puisque le taux plein n’est plus exigé. Liquider dans la précipitation n’apporte rien.
  3. Pas de projet de cumul. La réforme est neutre pour vous. Si vous arrêtez votre activité en même temps que vous liquidez, le régime de cumul ne vous concerne pas. Ne modifiez pas votre calendrier de départ pour un dispositif que vous n’utiliserez pas.

Et même dans le premier cas, la décision ne se prend jamais sur le seul critère du cumul. Liquider plus tôt, c’est aussi : renoncer à la surcote que produiraient les trimestres travaillés au-delà du taux plein ; figer une pension plus faible si des trimestres manquent encore ; et — le point qu’on oublie systématiquement — éteindre votre prévoyance plus tôt. Beaucoup de contrats prévoient que la garantie arrêt de travail cesse à la liquidation de la retraite, même si vous continuez d’exercer. Anticiper la liquidation de six mois pour gagner un plafond de cumul, c’est parfois se retrouver sans couverture incapacité pendant les trois années où l’on travaille encore.

Notre position. Ne liquidez pas votre retraite pour un avantage de cumul que vous n’utiliserez peut-être jamais. Nous voyons passer des projets de « cumul » qui, en pratique, se traduisent par 4 000 € de vacations la première année puis plus rien : sous ce niveau, le nouveau seuil de 7 000 € ne change strictement rien. Chiffrez d’abord le revenu que vous comptez réellement tirer de votre activité après liquidation. C’est ce chiffre-là, et lui seul, qui rend la fenêtre 2026 précieuse ou indifférente.

Exemple : Sylvie, 63 ans, kinésithérapeute, taux plein en novembre 2026

Sylvie est masseur-kinésithérapeute libérale, affiliée à la CARPIMKO. Elle atteint le taux plein en novembre 2026 et souhaite continuer trois ans à mi-temps, pour un revenu d’environ 30 000 € par an. Elle hésite entre déposer sa demande maintenant et attendre le printemps 2027.

  • Scénario A — pension à effet décembre 2026. Elle relève des règles actuelles, définitivement. Taux plein atteint : cumul intégral, aucune limite de revenus. Elle perçoit sa pension entière et ses 30 000 € d’activité, pendant les trois ans et au-delà.
  • Scénario B — pension à effet mars 2027. Elle relève du nouveau régime, dans la tranche « âge légal – 67 ans ». Ses 30 000 € de revenus dépassent le seuil annoncé de 7 000 € de 23 000 €. La pension est réduite de la moitié de ce dépassement : 11 500 € de pension en moins par an, tant qu’elle n’a pas 67 ans.

Sur les trois années de mi-temps, l’écart entre les deux scénarios approche 34 500 € de pension. C’est le cas d’école où la fenêtre 2026 a une valeur réelle et mesurable — le profil (a) décrit plus haut.

Deux vérifications s’imposent malgré tout avant de déposer. D’abord la surcote : si Sylvie n’atteint le taux plein qu’en novembre, liquider immédiatement lui fait renoncer aux trimestres de surcote qu’elle aurait acquis en 2027 et 2028, et cette perte est viagère alors que l’avantage de cumul s’arrête à 67 ans. Ensuite sa couverture : si son contrat de prévoyance éteint la garantie incapacité à la liquidation, elle exercera trois ans sans indemnités journalières privées, avec pour seul filet ce que verse encore la CARPIMKO. Le calcul complet met ces trois lignes en regard. Le cumul n’en est qu’une.

Les alternatives, et ce qui ne change pas

La retraite progressive est la grande gagnante implicite de cette réforme : elle n’est pas concernée par les écrêtements du nouveau régime. Ouverte aux indépendants dès 60 ans sous condition de 150 trimestres, elle permet de percevoir une fraction de pension tout en réduisant son activité, sans plafond de 7 000 €, et continue de générer des droits. C’est explicitement la voie vers laquelle le gouvernement oriente les carrières longues, désormais privées de cumul avant l’âge légal.

Deux mécanismes restent par ailleurs inchangés, et il est utile de le savoir avant de bâtir un scénario dessus. La seconde pension acquise en cumul intégral reste plafonnée à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 2 403 € par an en 2026 : cotiser en cumul ne reconstitue jamais une retraite. Et les règles de couverture ne bougent pas d’un iota — c’est toujours votre contrat, pas la loi, qui décide si vos garanties survivent à la liquidation, et c’est toujours votre caisse qui fixe le délai de carence, souvent 60 jours pour les libéraux. Le détail varie d’une caisse à l’autre.

Pour le fonctionnement complet du dispositif — conditions, démarches, articulation des régimes — voyez notre guide du cumul emploi-retraite, qui décrit le droit applicable aujourd’hui et le restera pour toute pension prenant effet avant 2027.

Questions fréquentes

La réforme s’applique-t-elle si je suis déjà en cumul emploi-retraite ?

Non. Le nouveau régime ne concerne que les assurés dont la première pension de retraite de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. Il n’est pas rétroactif : si votre pension a pris effet avant cette date, vous conservez définitivement les règles actuelles, cumul intégral ou cumul plafonné selon votre situation. Rien à faire, rien à déclarer de plus.

Quel est le nouveau plafond de cumul entre l’âge légal et 67 ans ?

La loi renvoie le montant à un décret d’application. Le montant annoncé par le gouvernement est d’environ 7 000 € de revenus bruts par an, chiffre confirmé par le ministre du travail et des solidarités en séance au Sénat le 19 mai 2026. Au-delà de ce seuil, la pension est réduite de la moitié du dépassement. Revérifié le 2 septembre 2026 : le décret n’est toujours pas paru. Le montant reste donc annoncé, pas encore réglementaire.

Que deviennent les indemnités journalières et le chômage dans le calcul ?

C’est l’un des deux durcissements les moins commentés. Dans le nouveau régime, les revenus de remplacement — indemnités journalières, allocations chômage — entrent dans les revenus pris en compte pour l’écrêtement de la pension, au même titre que les revenus d’activité. Un arrêt de travail long ou une période d’indemnisation peuvent donc, à eux seuls, faire franchir le seuil.

Jusqu’à quand puis-je liquider ma retraite sous les règles actuelles ?

Le critère légal est la date d’effet de votre première pension de base, qui doit être antérieure au 1er janvier 2027. Mais l’instruction d’une demande prend plusieurs mois : c’est la date de dépôt qui commande en pratique. La CARCDSF indique ainsi que sa fiche sur les nouvelles règles vise les démarches de retraite faites avant le 1er octobre 2026. Selon les caisses, la demande doit donc être déposée à l’automne 2026 au plus tard, souvent avant le 1er octobre. Vérifiez la date limite auprès de votre propre caisse.

Les carrières longues peuvent-elles encore cumuler emploi et retraite ?

Plus avant l’âge légal, dans le nouveau régime. Un assuré parti en retraite anticipée pour carrière longue, même à taux plein, voit sa pension réduite à due concurrence de ses revenus tant qu’il n’a pas atteint l’âge légal : le cumul devient économiquement impossible dès le premier euro. Le critère du taux plein disparaît au profit du seul critère d’âge. Le gouvernement renvoie ces assurés vers la retraite progressive.

La retraite progressive est-elle touchée par la réforme ?

Non. La retraite progressive n’est pas concernée par les écrêtements du nouveau régime de cumul : c’est même l’alternative que la réforme cherche à encourager. Elle est ouverte aux indépendants dès 60 ans, sous condition de 150 trimestres, et permet de percevoir une fraction de pension tout en réduisant son activité, sans plafond de cumul de 7 000 €.

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Être rappelé par un courtier

Votre caisse peut exiger un dépôt avant le 1er octobre 2026

Nous chiffrons les deux scénarios côte à côte — liquider en 2026 sous les règles actuelles, ou après le 1er janvier 2027 sous le seuil annoncé de 7 000 € — pension, surcote, cumul réel et garanties de prévoyance comprises. Y compris quand la conclusion est de ne rien précipiter.

Courtier indépendant, ORIAS n° 26004449 — étude gratuite, sans engagement, réponse sous 24 h ouvrées.

Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.