Prévoyance des indépendants

La réforme de l'assiette sociale : ce que l'abattement de 26 % change vraiment

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le 29 août 2026

Depuis la régularisation de vos cotisations 2025, opérée en 2026 après la déclaration de revenus, l'Urssaf ne calcule plus vos prélèvements sur deux bases différentes mais sur une seule : votre revenu brut de cotisations sociales, abattu de 26 %. L'abattement est encadré — il ne peut être inférieur à 1,76 % du PASS ni supérieur à 130 % du PASS, soit 828,96 € et 61 230 € pour les revenus 2025. En contrepartie, la CSG-CRDS baisse et les cotisations qui ouvrent des droits montent : retraite de base à 17,87 % au lieu de 17,75 %, complémentaire à 8,1 % au lieu de 7 %, maladie à 8,50 % au lieu de 6,70 %. Votre expert-comptable vous a expliqué le calcul. Cette page explique la suite : ce que ces cotisations en plus achètent réellement en droits, et ce qu'elles n'achètent pas.

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La réforme en une phrase — et pourquoi votre échéancier a bougé

En une phrase : l'État a remplacé la déduction de vos cotisations réelles par un abattement forfaitaire de 26 %, et il a relevé les taux pour compenser la baisse de CSG que cela produit. Rien de plus. Tout le reste est de la plomberie.

Le calendrier explique pourquoi vous découvrez cela maintenant. La base légale est l'article 18 de la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024, complété par le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024. Ce décret prévoit une application aux cotisations dues « au titre des périodes courant à compter du 1er janvier 2025 » pour les indépendants non agricoles, et du 1er janvier 2026 pour les indépendants agricoles.

Or vos cotisations d'une année sont d'abord appelées à titre provisionnel, puis régularisées quand le revenu réel est connu. C'est exactement ce que dit l'Urssaf : la base de calcul et les barèmes « vont évoluer à compter de la régularisation des cotisations de l'année 2025 (après la déclaration des revenus 2025, en 2026) ». La déclaration a ouvert en avril 2026, la régularisation est tombée dans la foulée — et c'est cet été que la plupart des indépendants ont vu leur échéancier changer, souvent sans explication jointe.

Deux montants dans le même courrier ne racontent donc pas la même histoire : le rappel ou l'avoir de régularisation porte sur 2025 sous les nouvelles règles ; le nouvel échéancier, lui, porte sur l'année en cours. Un solde en votre défaveur ne signifie pas mécaniquement que vous cotisez davantage.

L'ancienne usine à gaz contre la nouvelle assiette unique

Avant la réforme, un indépendant avait deux assiettes. Les cotisations étaient calculées sur le revenu brut diminué des charges d'exploitation et des cotisations sociales. La CSG-CRDS, elle, était calculée sur cette même base réaugmentée des cotisations déduites fiscalement — donc sur une base plus élevée. L'Urssaf le reconnaît sans détour : « la base de calcul de la CSG-CRDS des indépendants est plus élevée que la base de calcul des cotisations sociales ».

Cette double assiette avait un défaut structurel : pour connaître l'assiette, il fallait connaître les cotisations, qui dépendaient de l'assiette. D'où une circularité que les logiciels de paie et les experts-comptables résolvaient par itérations, et que personne ne savait expliquer à un client en trois phrases.

Ce qui change exactement — mécanique et barèmes avant / après la réforme de l'assiette sociale
Paramètre Avant Après (régularisation des revenus 2025, en 2026)
Nombre d'assiettes Deux : une pour les cotisations, une pour la CSG-CRDS Une seule, commune aux deux
Assiette des cotisations Revenu brut − charges d'exploitation − cotisations sociales réellement payées Revenu brut − charges d'exploitation, puis abattement forfaitaire de 26 %
Assiette CSG-CRDS Assiette des cotisations majorée des cotisations déduites fiscalement La même assiette abattue de 26 % : les cotisations n'y sont plus réintégrées
Encadrement de l'abattement Sans objet Plancher 1,76 % du PASS · plafond 130 % du PASS (art. D. 136-5 CSS)
Cotisation maladie, taux plein 6,70 % (artisans, commerçants, libéraux non réglementés) · 6,5 % (libéraux réglementés et praticiens) 8,50 % pour tous jusqu'à 3 PASS, 6,5 % au-delà — barème progressif aligné
Retraite de base, artisans, commerçants et libéraux non réglementés 17,75 % dans la limite de 1 PASS (17,15 + 0,60) · 0,60 % au-delà 17,87 % dans la limite de 1 PASS (17,15 + 0,72) · 0,72 % au-delà
Retraite complémentaire, artisans, commerçants et libéraux non réglementés 7 % jusqu'à 1 PASS · 8 % au-delà 8,1 % jusqu'à 1 PASS · 9,1 % au-delà
Retraite de base plafonnée, libéraux réglementés et praticiens 8,23 % 8,73 %
Retraite complémentaire Cipav 9 % jusqu'à 1 PASS · 22 % au-delà 11 % jusqu'à 1 PASS · 21 % au-delà
Cotisation indemnités journalières 0,5 % jusqu'à 5 PASS (artisans, commerçants, libéraux non réglementés) · 0,3 % jusqu'à 3 PASS (libéraux réglementés hors avocats) · assiette minimale 40 % du PASS Taux inchangés — mais appliqués à la nouvelle assiette

La dernière ligne est celle que personne ne commente, et c'est pourtant la seule qui touche directement votre couverture en cas d'arrêt. Nous y revenons plus bas.

Le calcul pas à pas sur un revenu de 50 000 €

Prenons un artisan au réel, revenu brut de cotisations sociales de 50 000 € au titre de 2025. Le PASS 2025 s'élève à 47 100 €.

  1. L'abattement. 26 % × 50 000 € = 13 000 €.
  2. Le contrôle plancher / plafond. Le plancher vaut 1,76 % × 47 100 = 828,96 €, le plafond 130 % × 47 100 = 61 230 €. 13 000 € est compris entre les deux : l'abattement est retenu tel quel.
  3. L'assiette unique. 50 000 − 13 000 = 37 000 €. C'est ce chiffre, et lui seul, qui sert désormais aux cotisations comme à la CSG-CRDS.
  4. Ce qui part en CSG-CRDS. 9,7 % × 37 000 = 3 589 €. Sous l'ancien régime, ce même 9,7 % s'appliquait à une base majorée des cotisations déduites, donc supérieure à l'assiette des cotisations. C'est là que se loge la baisse.
  5. Ce qui part en cotisations contributives. Retraite de base : 17,87 % × 37 000 = 6 611,90 €. Retraite complémentaire : 8,1 % × 37 000 = 2 997 €. Indemnités journalières : 0,5 % × 37 000 = 185 €.
  6. La maladie. 37 000 € représentent 78,6 % du PASS : le taux est progressif dans cette tranche, de 4 % à 6,5 %. Nous ne le chiffrons pas ici — la formule exacte figure au décret, et une valeur approchée n'aurait aucune valeur pour vous.

Les deux bornes de l'étape 2 méritent qu'on s'y arrête, parce qu'elles sont muettes dans presque tous les articles publiés sur le sujet. Le plafond d'abattement de 130 % du PASS est atteint dès que le revenu brut dépasse 5 PASS — 235 500 € pour 2025. Au-delà, l'abattement ne grandit plus : chaque euro supplémentaire de revenu entre intégralement dans l'assiette. Symétriquement, le plancher de 1,76 % du PASS protège les très petits revenus, en dessous d'environ 3 188 € de revenu brut, où l'abattement dépasse 26 %.

Pour les revenus 2026, ces bornes suivent le PASS 2026 de 48 060 € : plancher 845,86 €, plafond 62 478 €.

Gagnants et perdants : ce que les sources permettent d'affirmer

L'engagement officiel est explicite et il faut le citer tel quel : « Avec cette réforme, la globalité des prélèvements sociaux […] n'augmente pas. Par exemple, la part de la CSG-CRDS diminue mais celle de la cotisation retraite augmente. » Deux précisions honnêtes s'imposent aussitôt.

Premièrement, la neutralité est annoncée globalement, pas individuellement. Aucune source officielle ne publie de tableau gagnants / perdants par niveau de revenu, et nous n'en inventerons pas un. Ce que la mécanique permet de dire, en revanche, tient en une observation vérifiable : l'ancienne assiette déduisait vos cotisations réelles, la nouvelle déduit un forfait de 26 %. Si vos cotisations pesaient plus de 26 % de votre revenu brut, votre assiette monte ; si elles pesaient moins, elle baisse. Le taux de 26 % est un point d'équilibre moyen — vous êtes forcément d'un côté ou de l'autre.

Deuxièmement, deux effets de seuil sont écrits noir sur blanc dans les textes et pèsent sur les revenus élevés. Le plafond d'abattement de 130 % du PASS fige l'abattement au-delà de 5 PASS de revenu brut. Et la cotisation maladie additionnelle de 6,5 %, qui ne frappait la part de revenu supérieure à 5 PASS pour les artisans, commerçants et libéraux non réglementés, s'applique désormais dès 3 PASS.

Le reste relève du cas par cas : votre caisse, votre niveau de revenu, la structure de vos charges. La seule méthode fiable est de poser côte à côte votre échéancier de l'an dernier et celui de cet été, ligne par ligne, plutôt que de raisonner sur un pourcentage global.

Étape suivante

Faire relire votre nouvel échéancier — et ce qu'il change à votre couverture

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26 %, et pourquoi ce taux précisément

Le chiffre clé

26 %. C'est le taux d'abattement forfaitaire inscrit au III de l'article L. 136-3 du code de la sécurité sociale : « L'assiette résultant de l'application des I et II du présent article fait l'objet d'un abattement de 26 %. » Il remplace, à lui seul, la déduction des cotisations sociales réelles. Il est encadré par un plancher de 1,76 % du PASS et un plafond de 130 % du PASS, fixés par l'article D. 136-5 du même code.

Pourquoi 26 et pas 30 ? Parce que ce taux est calibré pour reproduire, en moyenne, le poids des cotisations qu'il remplace. C'est ce qui rend l'opération globalement neutre — et c'est aussi ce qui la rend individuellement asymétrique : une moyenne ne décrit personne en particulier.

Retenez surtout que ce nombre n'a rien à voir avec un abattement fiscal. Il ne réduit pas votre impôt, il ne remplace pas les abattements micro de 71 %, 50 % ou 34 %, et il n'entre pas dans le calcul de votre plafond de déduction Madelin. C'est un paramètre de calcul de cotisations, rien d'autre.

Ce que ça change à vos droits — retraite, indemnités journalières

Voilà le point que les commentaires comptables laissent systématiquement de côté. Une cotisation n'est pas un impôt : selon la ligne sur laquelle elle tombe, elle achète un droit ou elle n'achète rien.

La CSG-CRDS n'ouvre aucun droit. Jamais. C'est un prélèvement de solidarité. Vous en payiez, sous l'ancien système, sur une base gonflée par vos propres cotisations. La réforme réduit cette part.

La retraite, en revanche, est contributive, et c'est là que va la contrepartie. L'Urssaf l'écrit sans ambiguïté : aligner les deux assiettes « permet d'augmenter la part des cotisations contributives dans le total des prélèvements, dont la cotisation retraite, et de réduire la part non contributive consacrée à la CSG-CRDS. Les droits retraite des travailleurs indépendants seront donc améliorés. » Les taux le confirment ligne par ligne, dans le tableau ci-dessus. Ce que nous ne pouvons pas vous dire, c'est de combien votre pension augmentera : cela dépend de votre régime, de vos points, de votre durée d'assurance. C'est votre caisse de retraite qui le chiffre, pas un courtier.

Les indemnités journalières, elles, méritent une réponse séparée — et prudente. Le taux de la cotisation IJ ne change pas : 0,5 % jusqu'à 5 PASS pour les artisans, commerçants et libéraux non réglementés, 0,3 % jusqu'à 3 PASS pour les libéraux réglementés hors avocats, avec une assiette minimale de 40 % du PASS. Pour les praticiens et auxiliaires médicaux, l'Urssaf indique expressément que les indemnités journalières sont « sans changement ». Mais le taux s'applique désormais à une assiette calculée autrement, et vos indemnités journalières se calculent sur un revenu d'activité moyen. Autrement dit : la cotisation ne change pas de taux, la base bouge, et le lien entre les deux mérite d'être établi proprement plutôt que supposé.

C'est précisément l'objet de la page sœur : l'impact de la réforme sur vos indemnités journalières, où nous détaillons ce que les sources officielles affirment, ce qu'elles laissent ouvert, et comment vérifier votre propre cas. Si vous voulez d'abord savoir ce que vous toucheriez aujourd'hui en cas d'arrêt de travail, le simulateur d'IJ le calcule caisse par caisse.

Claire, consultante en entreprise individuelle, 60 000 € de revenu

Claire, 41 ans, exerce en entreprise individuelle au réel comme consultante en organisation. Profession libérale non réglementée, elle relève du régime des indépendants pour sa retraite. Son revenu brut de cotisations sociales au titre de 2025 s'établit à 60 000 €.

Son assiette 2025, nouvelle formule :

  • Abattement : 26 % × 60 000 = 15 600 €, compris entre le plancher de 828,96 € et le plafond de 61 230 € — retenu tel quel.
  • Assiette unique : 60 000 − 15 600 = 44 400 €, soit un peu moins d'un PASS 2025 (47 100 €). Tout se joue donc dans la tranche plafonnée.

Ce que cette assiette produit :

  • CSG-CRDS : 9,7 % × 44 400 = 4 306,80 € — sans réintégration des cotisations, contrairement à l'ancien calcul.
  • Retraite de base : 17,87 % × 44 400 = 7 934,28 €. À assiette identique, l'ancien taux de 17,75 % aurait donné 7 881,00 €, soit 53,28 € de plus versés sur un compte contributif.
  • Retraite complémentaire : 8,1 % × 44 400 = 3 596,40 €. À assiette identique, l'ancien taux de 7 % aurait donné 3 108,00 € : 488,40 € de plus, là encore sur un poste qui ouvre des points.
  • Indemnités journalières : 0,5 % × 44 400 = 222 €, taux inchangé.

Lecture honnête de ces chiffres : la comparaison « à assiette identique » isole l'effet des taux, elle ne mesure pas l'effet total sur la facture de Claire. Pour cela, il faudrait connaître le montant exact de ses cotisations 2024, puisque c'est lui que l'ancienne assiette déduisait. Ce que l'on peut affirmer, c'est la direction : environ 540 € basculent de la solidarité vers ses droits propres, et sa CSG-CRDS porte sur une base réduite. Si son échéancier a monté cet été, une part de cette hausse n'est pas une charge perdue : c'est de la retraite achetée.

Ce qui n'a pas bougé, en revanche : son contrat de prévoyance Madelin, dont les garanties restent calibrées sur le revenu qu'elle déclarait avant la réforme. C'est le vrai sujet de l'année.

Le contre-discours : ne résiliez pas votre Madelin parce que les cotisations montent

Nous sommes courtier, et le réflexe qui nous arrangerait serait de vous vendre autre chose. Nous allons dire l'inverse, parce que c'est ce que la situation impose.

La réaction la plus fréquente devant un échéancier qui grimpe est de chercher où couper, et le contrat de prévoyance est la première victime : c'est une dépense volontaire, contrairement aux cotisations Urssaf. C'est presque toujours la mauvaise coupe. Trois raisons.

  1. La hausse et le contrat ne financent pas la même chose. Vos cotisations supplémentaires vont majoritairement à la retraite — un droit différé de vingt ans. Votre contrat prévoyance couvre l'arrêt de travail et le décès — un risque immédiat. Supprimer le second pour absorber le premier revient à vendre son extincteur pour payer son assurance-vie.
  2. Résilier se paie au retour. Une nouvelle souscription rouvre un questionnaire médical à l'âge que vous avez, pas à celui que vous aviez : exclusions, surprimes ou refus. La sortie est libre, la rentrée ne l'est pas.
  3. L'arbitrage se recalcule, il ne se devine pas. Vos cotisations obligatoires ont changé, votre bénéfice imposable aussi, donc votre disponible fiscal également. La bonne question n'est pas « faut-il garder ? » mais « à quel niveau de garantie, pour quel coût net d'impôt ? ». Le calculateur de plafond Madelin et celui du plafond PER donnent les deux bornes en quelques minutes.

Il existe un cas, un seul, où la coupe est justifiée : le contrat fait doublon avec ce que votre régime obligatoire verse déjà, ou ses garanties ne correspondent plus à votre statut. Cela se constate sur pièces, en comparant conditions générales et barème de caisse. Cela ne se décide pas devant un appel de cotisations.

Questions fréquentes

Pourquoi mes cotisations ont-elles changé en 2026 ?

Parce que la base de calcul de vos cotisations a changé, et les taux avec elle. L'Urssaf indique que la base de calcul et les barèmes des cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants évoluent à compter de la régularisation des cotisations de l'année 2025, après la déclaration des revenus 2025, en 2026. Concrètement, la nouvelle mécanique s'applique lorsque l'Urssaf régularise vos cotisations 2025 à partir de vos revenus réels, et l'échéancier des cotisations suivantes est recalculé dans la foulée. Ce n'est donc pas une revalorisation annuelle ordinaire : c'est un changement de règle de calcul, prévu par l'article 18 de la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024.

Qu'est-ce que l'abattement de 26 % ?

C'est le forfait qui remplace la déduction de vos cotisations réelles. L'article L. 136-3 du code de la sécurité sociale prévoit que l'assiette « fait l'objet d'un abattement de 26 % ». Avant, l'Urssaf partait de votre revenu net de cotisations sociales pour calculer les cotisations, et d'une base majorée des cotisations déduites pour calculer la CSG-CRDS : deux assiettes. Désormais il n'y en a qu'une, égale au revenu brut de cotisations sociales diminué de 26 %. Cet abattement est encadré : il ne peut être inférieur à 1,76 % du plafond annuel de la sécurité sociale ni supérieur à 130 % de ce plafond, seuils fixés par l'article D. 136-5 du code de la sécurité sociale créé par le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024.

Suis-je concerné en micro-entreprise ?

Si vous êtes auto-entrepreneur au régime micro-social, non : l'Urssaf précise que les auto-entrepreneurs continuent de déclarer mensuellement ou trimestriellement leur chiffre d'affaires et que leurs cotisations restent calculées sur cette base. L'abattement de 26 % ne vous concerne pas. En revanche, la répartition de votre taux global évolue au 1er janvier 2026 : la part de CSG-CRDS diminue au profit des cotisations qui ouvrent des droits individuels. Attention à la nuance : un indépendant au régime micro-fiscal qui ne relève pas du micro-social se voit appliquer son abattement fiscal spécifique de 71 %, 50 % ou 34 % sur son chiffre d'affaires, et non l'abattement de 26 %.

Vais-je payer plus ou moins de cotisations ?

L'Urssaf annonce que la globalité des prélèvements sociaux n'augmente pas : la part de CSG-CRDS diminue, celle des cotisations augmente. Mais la neutralité est annoncée à l'échelle de l'ensemble des indépendants, pas garantie pour chacun. Deux paramètres déplacent le curseur individuellement. D'abord, l'ancienne assiette déduisait vos cotisations réelles : si elles pesaient plus de 26 % de votre revenu brut, votre nouvelle assiette est supérieure à l'ancienne, et inversement. Ensuite, l'abattement est plafonné à 130 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit un abattement figé au-delà d'un revenu brut de 5 fois ce plafond. Seul votre échéancier réel, comparé à celui de l'an dernier, donne la réponse pour vous.

Mes droits à la retraite augmentent-ils ?

C'est ce qu'affirme l'Urssaf, qui écrit que l'alignement des deux assiettes permet d'augmenter la part des cotisations contributives, dont la cotisation retraite, et de réduire la part non contributive consacrée à la CSG-CRDS, et que « les droits retraite des travailleurs indépendants seront donc améliorés ». Les taux le confirment : la retraite de base des artisans, commerçants et professions libérales non réglementées passe de 17,75 % à 17,87 % dans la limite d'un plafond annuel de la sécurité sociale, la retraite complémentaire de 7 % à 8,1 %, et la retraite de base des professions libérales réglementées de 8,23 % à 8,73 %. La CSG-CRDS, elle, n'a jamais ouvert de droit. Le montant de pension supplémentaire dépend ensuite de votre régime et de votre durée de cotisation : c'est votre caisse qui le chiffre, pas nous.

Le plafond de déduction Madelin change-t-il ?

La règle fiscale, elle, ne bouge pas : l'article 154 bis du code général des impôts continue de calculer le disponible prévoyance et santé sur le bénéfice imposable, soit 3,75 % du bénéfice imposable plus 7 % du plafond annuel de la sécurité sociale, dans la limite de 3 % de 8 plafonds — 11 534,40 € au maximum en 2026. La réforme de l'assiette sociale ne modifie pas cet article. Mais elle modifie le montant des cotisations sociales que vous déduisez, donc votre bénéfice imposable, donc mécaniquement le plafond qui en découle. L'effet est de second ordre et va dans les deux sens selon les situations : faites-le vérifier sur votre liasse plutôt que de le supposer. Le calculateur de plafond Madelin donne le chiffre à partir de votre bénéfice réel.

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Être rappelé par un courtier

26 % d’abattement : ce que ça change à vos cotisations, et surtout à vos droits

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Pour aller plus loin

Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.