Prévoyance des indépendants
Ce que la réforme de l'assiette change à vos indemnités journalières
Yacine Sahnoune
Courtier en assurances
ORIAS n° 26004449
Mis à jour le 2 septembre 2026
Vos indemnités journalières ne sont pas calculées sur votre bénéfice fiscal, mais sur vos revenus cotisés : l'article D. 622-7 du code de la sécurité sociale retient 1/730e de la moyenne des « revenus pris en compte pour le calcul des cotisations d'assurance maladie » des trois années civiles précédentes. Or c'est exactement cette assiette que la réforme redéfinit depuis les revenus 2025 : revenu brut reconstitué avant cotisations, abattement forfaitaire de 26 %. Le lien est donc mécanique, et personne ne l'a neutralisé — D. 622-7 n'a pas bougé depuis le 14 juin 2021. Ce qui se déplace reste modeste et va dans les deux sens : de l'ordre de 2 € par jour pour un artisan à 40 000 €, à la hausse pour les profils fortement chargés, à la baisse pour les autres, avec un effet plein seulement en 2028. Cette page dit ce que les textes établissent, et ce qu'ils ne tranchent pas.
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Recevoir mon comparatif chiffré Ou calculer mes indemnités →Assiette → RAAM → IJ : la chaîne de textes, maillon par maillon
Trois articles du code de la sécurité sociale suffisent à établir le raisonnement. Le quatrième maillon, celui qui relie les deux premiers au troisième, est une lecture — solide, mais une lecture. Nous la présentons comme telle.
| Maillon | Ce que dit le texte | Niveau de certitude |
|---|---|---|
| L. 131-6 CSS | Les cotisations de sécurité sociale des travailleurs indépendants non agricoles sont assises sur l'assiette définie à l'article L. 136-3, pour les périodes courant à compter du 1er janvier 2025. Les micro-entrepreneurs de l'article L. 613-7 en sont exclus. | Établi — texte en vigueur |
| L. 136-3 CSS | Cette assiette « fait l'objet d'un abattement de 26 % », dont le plancher et le plafond sont fixés par décret : 1,76 % du PASS (845,86 € en 2026) et 130 % du PASS (62 478 €), par le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024. | Établi — texte en vigueur |
| D. 622-7 CSS | L'indemnité journalière est égale à 1/730e de la moyenne des revenus pris en compte pour le calcul des cotisations d'assurance maladie des trois années civiles précédant la constatation de l'incapacité, dans la limite du plafond de l'article L. 241-3. | Établi — dernière modification : décret n° 2021-755 du 12 juin 2021 |
| La jonction | À partir des revenus 2025, « le revenu pris en compte pour le calcul des cotisations d'assurance maladie » est l'assiette après abattement de 26 %. Le RAAM suit donc la nouvelle assiette. | Très probable — lecture directe, aucun texte contraire, aucune mesure de neutralisation. Mais aucune confirmation publiée par la Cnam ou l'Urssaf. |
| ameli | Le RAAM est « calculé sur la moyenne de vos revenus cotisés des 3 années civiles précédant la date de votre arrêt de travail ». | Cohérent avec la lecture ci-dessus · la page ne mentionne pas la réforme |
Deux faits négatifs comptent autant que les textes positifs. D'abord, le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024, qui met en œuvre la réforme, ne touche à aucun article du livre VI relatif aux prestations en espèces : il fixe le plancher et le plafond de l'abattement et ajuste les taux de cotisation, rien de plus. Ensuite, la réforme est née d'un amendement au PLFSS 2024, voie qui dispense d'étude d'impact — le Conseil national des barreaux l'avait relevé à l'époque. Personne n'a donc chiffré publiquement les effets sur les prestations en espèces. La communication officielle, de l'Urssaf à service-public.fr, ne parle que d'« amélioration des droits individuels » et de retraite.
Qui monte, qui descend : le point de bascule à 26 %
L'ancienne assiette, c'était votre revenu après déduction des cotisations sociales obligatoires. La nouvelle, c'est 74 % de votre revenu avant ces cotisations. Les deux se croisent en un point unique, et ce point est calculable.
Le point de bascule. Votre RAAM ne bouge pas si vos cotisations et contributions représentent exactement 26 % de votre revenu brut — soit environ 35 % de votre ancienne assiette. Au-dessus, votre RAAM monte et votre IJ avec lui. En dessous, il descend. L'abattement de 26 % est un taux moyen : votre taux de charges réel, lui, ne l'est pas.
Concrètement, quatre profils se dessinent — et trois populations ne bougent pas du tout.
- Fortement chargé → à la hausse. Artisan ou commerçant au réel, taux de charges effectif supérieur à 35 % de l'ancienne assiette : la nouvelle assiette est plus élevée, le RAAM aussi. C'est le cas le plus fréquent aux revenus moyens.
- Faiblement chargé → à la baisse. Exonération Acre, dispositifs d'exonération zonés, première ou deuxième année d'activité, année de faible taux effectif : la reconstitution du revenu brut ajoute peu de cotisations, et l'abattement de 26 % retire davantage que ce que l'ancienne assiette retirait.
- Gros épargnant retraite → à la hausse. Les cotisations Madelin et les versements sur un PER, jusqu'ici déduits, sont réintégrés dans le revenu brut qui sert de base à l'abattement. Effet contre-intuitif : épargner pour sa retraite relève désormais son RAAM, donc son IJ. Point rapporté de façon concordante par les analyses professionnelles, non confirmé à ce jour par une page ameli.
- Micro-entrepreneur → aucun changement. Le régime micro-social de l'article L. 613-7 est resté hors du champ. Le RAAM reste la moyenne du chiffre d'affaires après abattement de 71 %, 50 % ou 34 %. Le décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 n'a modifié que la répartition du forfait entre les risques au 1er janvier 2026, pas l'assiette.
- Revenu au-dessus du plafond → aucun changement. Le RAAM est plafonné au PASS pour un artisan ou un commerçant, soit 48 060 € en 2026 : au-delà, l'indemnité est déjà au maximum de 65,84 €/jour. Pour le socle CPAM des professions libérales, le plafond est de 3 PASS, soit 144 180 €.
- Profession libérale réglementée → seule la tranche CPAM bouge. Les indemnités versées par votre caisse à partir du 91e jour sont forfaitaires ou déterminées par classe de cotisation : elles ne dépendent pas de votre assiette et ne bougent donc pas. Seuls les 4e au 90e jours sont concernés.
Un détail que personne ne relève, et qui est pourtant rassurant : ni le plancher ni le plafond de l'abattement ne jouent dans la fenêtre où les IJ se calculent. Le plafond de 62 478 € ne mord qu'au-delà de 240 300 € de revenu brut, très au-dessus du plafonnement des IJ. Le plancher de 845,86 € ne mord qu'en dessous d'environ 3 250 € de revenu brut — zone où l'IJ est de toute façon nulle, le seuil d'annulation étant fixé à 4 582 € de RAAM en 2026. Les deux bornes de l'abattement sont donc sans effet sur les indemnités journalières.
Étape suivante
Faire recalculer votre IJ sur vos assiettes réelles
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La transition : pourquoi l'effet complet n'arrive qu'en 2028
Le RAAM est une moyenne sur trois années civiles. Comme la nouvelle assiette ne s'applique qu'aux revenus à compter de 2025, les trois prochaines générations d'arrêts de travail sont calculées sur des années mixtes. La mécanique est arithmétique : si l'écart entre ancienne et nouvelle assiette vaut Δ pour une année, il vaut Δ/3 dans un RAAM qui ne contient qu'une année nouvelle.
| Arrêt commençant en | Années civiles retenues | Années sous nouvelle assiette | Part de l'effet |
|---|---|---|---|
| 2026 | 2023 · 2024 · 2025 | 1 sur 3 | 33 % |
| 2027 | 2024 · 2025 · 2026 | 2 sur 3 | 67 % |
| 2028 | 2025 · 2026 · 2027 | 3 sur 3 | 100 % |
Une inconnue subsiste pour les arrêts survenus au premier trimestre 2026 : l'assiette 2025 n'est définitive qu'après la déclaration de revenus ouverte en avril 2026. D. 622-7 prévoit bien une réduction proportionnelle lorsque les cotisations n'ont pas été intégralement versées, mais aucun texte ne dit ce que la caisse retient au titre d'une année déclarée mais non encore régularisée. C'est un point que seule la Cnam peut trancher.
2028. C'est la première année où votre indemnité journalière sera calculée à 100 % sur la nouvelle assiette. En 2026, un tiers de l'effet seulement est dans votre RAAM ; en 2027, deux tiers. Pour un artisan à 40 000 € de revenu, l'écart complet se chiffre autour de 2 € par jour — soit moins de 200 € sur un arrêt de trois mois. C'est réel, c'est mécanique, et c'est petit.
Ce que les textes disent, ce qu'ils ne disent pas, ce que nous avons demandé
Sur un sujet aussi neuf, l'honnêteté sur le niveau de preuve vaut mieux qu'une affirmation nette. Voici la ligne de partage, telle que nous la tenons au 29 août 2026.
Ce que les textes disent. Que l'assiette des cotisations sociales des indépendants non agricoles est, depuis les périodes ouvertes au 1er janvier 2025, celle de l'article L. 136-3, minorée de 26 %. Que l'indemnité journalière vaut 1/730e de la moyenne des revenus servant au calcul des cotisations d'assurance maladie. Que D. 622-7 n'a pas été retouché. Que le décret d'application de la réforme ne modifie aucune règle de prestation. Que les micro-entrepreneurs sont hors champ.
Ce qu'ils ne disent pas. Aucun texte n'énonce explicitement que le RAAM suit la nouvelle assiette : c'est une conséquence, pas une décision. Aucune page d'ameli ni de l'Urssaf ne mentionne l'effet de la réforme sur les prestations en espèces. Aucune mesure transitoire, aucun mécanisme de lissage, aucune clause de sauvegarde n'a été publiée. Et faute d'étude d'impact — la réforme étant passée par amendement —, l'effet net sur les IJ, les rentes d'invalidité et le capital décès n'a jamais été chiffré devant le Parlement.
Ce que nous avons demandé. Trois questions écrites, adressées à l'Assurance Maladie et à l'Urssaf : le revenu retenu au titre de 2025 pour le calcul du RAAM est-il l'assiette après abattement de 26 % ; quelle valeur est retenue pour une année déclarée mais non encore régularisée ; la même lecture vaut-elle pour la base des pensions d'invalidité, calculée sur dix années et dont l'effet complet ne serait alors atteint qu'en 2035. Cette page sera mise à jour, datée, dès réception des réponses — y compris si elles nous donnent tort.
Julien, artisan, 40 000 € : son RAAM sous les deux régimes
Julien, 41 ans, menuisier installé depuis douze ans, relève de la SSI. Son ancienne assiette sociale — le revenu après déduction des cotisations obligatoires — s'établit à 40 000 €, stable d'une année sur l'autre. Aujourd'hui, son indemnité journalière vaut 40 000 ÷ 730 = 54,79 €/jour.
Hypothèses affichées. Revenu stable sur les trois années · pas d'exonération · assiette inférieure au PASS, donc pas de plafonnement · le seul paramètre inconnu est le taux de charges effectif de Julien, que nous faisons varier au lieu de l'inventer.
| Hypothèse de charges | Revenu brut reconstitué | Nouvelle assiette (× 74 %) | IJ | Écart / jour |
|---|---|---|---|---|
| 30 % (12 000 €) | 52 000 € | 38 480 € | 52,71 € | − 2,08 € |
| 35,1 % (14 054 €) — bascule | 54 054 € | 40 000 € | 54,79 € | 0,00 € |
| 40 % (16 000 €) | 56 000 € | 41 440 € | 56,77 € | + 1,98 € |
Sur un arrêt de trois mois, soit 87 jours indemnisés du 4e au 90e, l'écart complet représente 181 € de moins dans l'hypothèse basse, 172 € de plus dans l'hypothèse haute. Et en 2026, seul un tiers de cet écart est déjà dans son RAAM : environ 0,66 €/jour, soit 57 € sur le même arrêt.
La conclusion utile n'est pas le signe, c'est l'ordre de grandeur. Le vrai problème de Julien n'est pas de savoir s'il touchera 52,71 € ou 56,77 € par jour : c'est que dans les deux cas, il touchera environ 1 660 € par mois là où son activité lui en rapporte plus du double. Le trou de couverture se compte en milliers d'euros ; l'effet de la réforme, en dizaines.
Le contre-discours : ne redimensionnez rien sur une estimation
Nous sommes courtier. Une réforme technique est exactement le genre d'occasion qu'un intermédiaire peut transformer en argument de vente. Nous préférons trois mises en garde.
- Ne modifiez pas votre contrat sur une estimation. Tant que vos assiettes 2025 ne sont pas régularisées et que la Cnam n'a pas confirmé la lecture ci-dessus, tout chiffrage reste une projection. Un ajustement de garantie fondé sur ±2 €/jour de régime obligatoire n'a aucun sens : c'est dans le bruit. Faites d'abord recalculer votre IJ réelle — par le simulateur, puis par un humain qui lira vos avis Urssaf.
- Si votre contrat est forfaitaire, la réforme ne vous concerne pas. Une garantie forfaitaire verse le montant souscrit quoi qu'il arrive : que votre régime obligatoire verse 52,71 € ou 56,77 €, votre assureur paie la même chose. C'est l'argument le plus honnête que nous puissions vous donner, et il ne nous rapporte rien : si vous êtes en forfaitaire, refermez cette page. Si vous êtes en indemnitaire, en revanche, votre contrat complète le régime obligatoire jusqu'à un pourcentage de revenu : quand l'IJ de la Sécu monte, la part de l'assureur baisse d'autant — le total ne bouge presque pas, la répartition oui. La différence entre les deux logiques est détaillée sur notre page forfaitaire ou indemnitaire.
- Le sujet à traiter n'est pas celui-là. Un artisan à 40 000 € perd environ 55 % de son revenu d'activité dès le 4e jour d'arrêt, et 100 % pendant les trois jours de carence. Comparé à cela, l'effet de la réforme est une décimale. Si cette page vous a amené à ouvrir le sujet, mesurez le trou complet avec le simulateur de reste à vivre en arrêt de travail — pas l'écart marginal.
Questions fréquentes
La réforme de l'assiette change-t-elle mes indemnités journalières ?
Selon toute vraisemblance oui, mécaniquement, et sans qu'aucun texte ne l'ait décidé exprès. L'article D. 622-7 du code de la sécurité sociale fixe l'indemnité journalière à 1/730e de la moyenne des revenus pris en compte pour le calcul des cotisations d'assurance maladie des trois années civiles précédentes ; ameli parle de « moyenne de vos revenus cotisés ». Or c'est précisément cette assiette que la réforme redéfinit depuis les revenus 2025 : revenu brut reconstitué avant cotisations, diminué d'un abattement forfaitaire de 26 %. L'article D. 622-7 n'a pas été modifié depuis le 14 juin 2021 et le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 ne touche pas aux prestations en espèces. Aucune mesure de neutralisation n'a donc été prise. Réserve importante : aucune page d'ameli ni de l'Urssaf ne confirme explicitement ce lien à ce jour.
Mes indemnités journalières vont-elles baisser ?
Pas nécessairement : l'effet est à double sens et dépend de votre taux de charges. La nouvelle assiette vaut 74 % de votre revenu avant cotisations, alors que l'ancienne était votre revenu après cotisations. Les deux se valent exactement lorsque vos cotisations et contributions représentent 26 % de votre revenu brut, soit environ 35 % de votre ancienne assiette. Au-dessus de ce seuil, votre revenu d'activité annuel moyen monte et votre indemnité journalière avec lui. En dessous — début d'activité, exonération Acre, dispositifs d'exonération zonés —, il descend. Trois populations ne bougent pas du tout : les micro-entrepreneurs, exclus de la réforme, les assurés dont le revenu moyen dépasse déjà le plafond annuel de la sécurité sociale et qui touchent donc l'indemnité maximale de 65,84 € par jour, et les professions libérales pour la part versée par leur caisse à partir du 91e jour, qui est forfaitaire.
À partir de quand l'effet se fait-il sentir sur mes IJ ?
Progressivement, parce que le revenu d'activité annuel moyen est une moyenne sur trois années civiles. Pour un arrêt commençant en 2026, la caisse retient 2023, 2024 et 2025 : une seule année sous la nouvelle assiette, donc un tiers de l'écart. Pour un arrêt en 2027, ce sont 2024, 2025 et 2026 : deux tiers. L'effet complet n'arrive que pour les arrêts commençant en 2028, calculés sur 2025, 2026 et 2027, entièrement sous la nouvelle assiette. Une inconnue subsiste pour les arrêts survenus tôt en 2026 : l'assiette 2025 n'est définitive qu'après la déclaration de revenus ouverte en avril 2026, et aucun texte ne dit ce que la caisse retient dans l'intervalle.
Mon contrat de prévoyance individuel est-il impacté par la réforme ?
Cela dépend d'une seule clause : forfaitaire ou indemnitaire. Une garantie forfaitaire verse le montant souscrit, par exemple 100 € par jour, quoi que verse votre régime obligatoire : la réforme ne change rien, ni en plus ni en moins. Une garantie indemnitaire complète les prestations du régime obligatoire jusqu'à un pourcentage de votre revenu : si votre indemnité journalière de la sécurité sociale monte, la part payée par l'assureur baisse d'autant, et inversement. Le total perçu reste à peu près stable, mais la répartition change. Deuxième effet à connaître : depuis la réforme, vos cotisations Madelin et vos versements sur un plan d'épargne retraite sont réintégrés dans le revenu brut servant de base à l'assiette, ce qui peut relever votre revenu d'activité annuel moyen. Le mécanisme est détaillé sur notre page forfaitaire ou indemnitaire.
Comment connaître le montant exact de mon indemnité journalière ?
En partant de vos assiettes réelles, pas d'une estimation. Trois sources : vos avis de situation Urssaf des trois dernières années, qui portent l'assiette effectivement retenue année par année ; votre compte ameli, qui indique le revenu d'activité annuel moyen pris en compte ; et, si vous voulez un ordre de grandeur immédiat, notre simulateur d'indemnités journalières, qui applique les barèmes 2026 des quatorze régimes. Le calcul de contrôle est simple : additionnez les trois assiettes, divisez par 3 puis par 730, et plafonnez au plafond annuel de la sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026 pour un artisan ou un commerçant. En dessous de 4 582 € de revenu moyen, l'indemnité est nulle.
Les micro-entrepreneurs sont-ils concernés par la nouvelle assiette ?
Non, pas pour le calcul de leurs indemnités journalières. Le régime micro-social de l'article L. 613-7 du code de la sécurité sociale est resté hors du champ de l'assiette unique : le revenu d'activité annuel moyen d'un micro-entrepreneur demeure la moyenne de son chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire de son activité, soit 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services commerciales et 34 % pour les activités libérales. Ce qui a changé pour eux est ailleurs : le décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 a modifié la répartition interne du forfait de cotisations entre les risques au 1er janvier 2026, en faveur des cotisations créatrices de droits. Cela affecte la retraite, pas la base de calcul des indemnités journalières.
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Être rappelé par un courtier2 € par jour d’un côté, 1 660 € par mois de l’autre : lequel faut-il traiter ?
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Pour aller plus loin
- La réforme de l'assiette sociale des indépendants
- Indemnités journalières des indépendants : le calcul 2026
- Arrêt de travail d'un indépendant : démarches et revenus
- Baromètre des IJ des indépendants
Sources
- Légifrance — article D. 622-7 du code de la sécurité sociale : IJ égale à 1/730e de la moyenne des revenus pris en compte pour le calcul des cotisations d'assurance maladie des trois années civiles précédentes ; version en vigueur depuis le 14 juin 2021 (décret n° 2021-755 du 12 juin 2021) — consulté en août 2026.
- Légifrance — article L. 131-6 CSS : cotisations des travailleurs indépendants non agricoles assises sur l'assiette de l'article L. 136-3, pour les périodes courant à compter du 1er janvier 2025 ; micro-entrepreneurs de l'article L. 613-7 exclus — consulté en août 2026.
- Légifrance — article L. 136-3 CSS : « l'assiette résultant de l'application des I et II du présent article fait l'objet d'un abattement de 26 % », plancher et plafond fixés par décret — consulté en août 2026.
- Légifrance — décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 : plancher de l'abattement à 1,76 % du PASS, plafond à 130 % du PASS, taux de cotisation maladie ; aucune disposition relative aux prestations en espèces — consulté en août 2026.
- Légifrance — articles D. 622-1 à D. 622-12 CSS : prestations maladie en espèces des travailleurs indépendants (D. 622-8, annulation de l'IJ sous 10 % du PASS moyen) — consulté en août 2026.
- ameli.fr — arrêt maladie des artisans et commerçants : Raam calculé « sur la moyenne de vos revenus cotisés des 3 années civiles », IJ maximale de 65,84 € et IJ nulle sous 4 582 € en 2026 — consulté en août 2026.
- urssaf.fr — réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations des indépendants (assiette unique, abattement de 26 %, application aux revenus 2025 déclarés en 2026) — consulté en août 2026.
- service-public.fr (entreprendre) — réforme de l'assiette sociale : base de calcul unique, « améliore les droits individuels en accordant une place plus importante à la part des cotisations contributives » (aucune mention des prestations en espèces) — consulté en août 2026.
- cnb.avocat.fr — réforme de l'assiette sociale des indépendants (PLFSS 2024) : réforme introduite par amendement, donc sans étude d'impact ; distinction entre assiette nette créatrice de droits et assiette « super-brute » CSG-CRDS — consulté en août 2026.
- Légifrance — décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 : taux globaux et répartition entre les risques des cotisations des micro-entrepreneurs au 1er janvier 2026 — consulté en août 2026.
- Légifrance — arrêté du 22 décembre 2025 fixant le plafond annuel de la sécurité sociale 2026 à 48 060 € — consulté en août 2026.