Prévoyance des indépendants

GAV et indépendant : utile, mais pas pour l'accident du travail

Courtier en assurances ORIAS n° 26004449 Publié le 1er septembre 2026

La garantie des accidents de la vie (GAV) indemnise les accidents corporels graves de la vie privée, en droit commun, avec un plafond d'au moins 1 M€ par victime pour les contrats labellisés — pour environ 120 à 360 € par an. Mais son socle exclut les accidents du travail et de trajet, les accidents de la route et la maladie, et elle ne verse aucune indemnité journalière : elle indemnise des préjudices après consolidation, pas votre revenu pendant l'arrêt. Pour un indépendant qui cherche à couvrir le vide AT/MP, ce n'est pas le bon outil — voici précisément pourquoi, et à quoi elle sert quand même.

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Ce qu'est une GAV, réellement

Le label « GAV », créé par la FFSA (aujourd'hui France Assureurs), impose un socle minimal aux contrats qui s'en réclament, décrit par l'Institut national de la consommation : intervention en cas de décès ou d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique (AIPP) d'au moins 30 % pour le contrat de base — en pratique, la plupart des contrats du marché déclenchent plus tôt, entre 5 et 15 % — et un plafond d'indemnisation d'au moins 1 million d'euros par victime.

Sa vraie singularité est son mode d'indemnisation : le droit commun, c'est-à-dire les barèmes de la jurisprudence, poste par poste — préjudice économique, préjudice esthétique, préjudice d'agrément (l'impossibilité de continuer une activité de loisir), souffrances endurées ; en cas de décès, frais d'obsèques, préjudice d'affection et pertes de revenus des proches. Aucune prévoyance forfaitaire ne raisonne ainsi. Pour une chute grave de bricolage ou de randonnée sans tiers responsable, c'est une couverture réelle, qu'aucun autre contrat ne fournit.

Les exclusions du socle : travail, route, maladie

La fiche de l'INC est sans ambiguïté sur le contrat de base : sont exclus les accidents du travail et de trajet, les accidents de la route et les expérimentations médicales — et la maladie l'est par définition, puisqu'il s'agit d'une garantie accidents. Le conducteur responsable d'un accident de la route n'est pas indemnisé par sa GAV mais par la garantie du conducteur de son assurance auto — vérifiez qu'elle y figure. Autrement dit, les trois causes d'arrêt les plus probables d'un indépendant — la maladie, la route, le travail — sont précisément hors du socle.

La zone grise TNS, contrat par contrat. Parce que les indépendants n'ont pas de régime AT/MP, certains assureurs étendent leur GAV aux accidents professionnels des TNS. C'est une extension contractuelle, pas une caractéristique du label : elle se vérifie dans les conditions générales de chaque contrat, avec ses propres seuils et plafonds. Ne souscrivez jamais une GAV « pour couvrir le travail » sans avoir lu la clause — et sans avoir compris que même étendue, elle ne versera pas d'IJ.

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Prix, et articulation avec la prévoyance

Une GAV coûte environ 120 à 360 € par an en individuel, de l'ordre de 240 à 420 € en formule famille. Le point qui décide de tout pour un indépendant : elle indemnise après consolidation de votre état — c'est-à-dire des mois après l'accident — et ne verse aucune indemnité journalière entre-temps. Prenez Sami, paysagiste : s'il tombe d'un arbre en mission, c'est un accident professionnel — exclu du socle GAV, sauf extension. S'il tombe de son propre toit un dimanche et garde des séquelles au-dessus du seuil contractuel, la GAV l'indemnise en droit commun — mais ses mois d'arrêt, eux, n'auront été couverts que par ses IJ maladie et sa prévoyance, GAV ou pas.

GAV, assurance volontaire AT/MP, prévoyance : trois outils, trois fonctions — 2026
Situation GAV (socle du label) Assurance volontaire AT/MP Prévoyance privée
Accident du travail Exclu (extension possible selon contrat) Soins 100 %, rente dès 10 % d'IPP — pas d'IJ IJ + rente d'invalidité selon contrat
Accident de la vie privée Couvert — indemnisation en droit commun dès le seuil d'AIPP Hors champ IJ + rente selon contrat
Accident de la route Exclu (conducteur responsable → garantie conducteur auto) Trajet professionnel : selon conditions du régime AT IJ + rente selon contrat
Maladie (y compris longue) Exclue par définition Hors champ Couverte — c'est le cœur du contrat
Revenu pendant l'arrêt (IJ) Jamais — indemnisation après consolidation Jamais Oui, dès la franchise choisie

Lecture rapide : une seule colonne remplace le revenu. Les deux autres indemnisent des soins ou des préjudices — utile, mais différent.

La conclusion est une question d'ordre, pas d'exclusive : pour un indépendant, la couverture prioritaire est celle du revenu — la prévoyance —, parce qu'elle couvre la maladie et l'accident, dès les premiers jours. La GAV vient ensuite, en complément familial pertinent (enfants, conjoint, accidents domestiques graves) ; l'assurance volontaire AT/MP s'y ajoute pour les métiers physiques. Le panorama complet du risque accident des TNS est sur la page pilier.

Questions fréquentes

La GAV couvre-t-elle les accidents du travail d'un indépendant ?

Pas dans son socle : le contrat labellisé exclut expressément les accidents du travail et de trajet, comme les accidents de la route. Certains assureurs étendent leur GAV aux accidents professionnels des TNS — extension à vérifier contrat par contrat, jamais une règle générale.

La GAV verse-t-elle des indemnités journalières ?

Non. Elle indemnise des préjudices en droit commun après consolidation, sous condition d'un seuil d'AIPP (30 % au socle, souvent 5 à 15 % sur le marché). Aucun revenu de remplacement pendant l'arrêt : pour cela, il faut des IJ de prévoyance.

Combien coûte une GAV ?

Environ 120 à 360 € par an en individuel, 240 à 420 € en formule famille selon les contrats. Le label garantit un plafond d'au moins 1 M€ par victime.

GAV ou prévoyance pour un indépendant ?

Deux fonctions différentes. La prévoyance remplace le revenu (IJ, rente), maladie comprise : c'est la priorité d'un TNS. La GAV indemnise les préjudices corporels graves de la vie privée en droit commun, ce qu'aucune prévoyance ne fait. Complément, jamais substitut.

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Yacine Sahnoune, courtier en assurances et fondateur de Prevoya

L’auteur de cette page

Yacine Sahnoune

Courtier en assurances · Fondateur de Prevoya (WeSave SAS) · Directeur de la publication

Il signe l’ensemble des contenus de ce site. Sa spécialité : traduire les barèmes des régimes obligatoires — treize caisses, des règles qui changent chaque année — en une décision claire pour un indépendant ou un dirigeant.

Sources